Imprimer

611 - Projets terrain en adaptation aux changements climatiques sur le plan régional : approches, défis et résultats d’étape

Le lundi 27 mai 2019

Les changements climatiques s’imposent à l’attention, notamment à l’échelle régionale et locale, car c’est souvent à ce niveau que les aléas et les dommages se font sentir, (rappelons les inondations de mai 2017, les vagues de chaleur de l’été 2018, des événements dont l’intensité fut exceptionnelle). Prendre cette question au sérieux suppose de poursuivre sur le plan social les efforts de transition énergétique et d’atténuation afin de faire diminuer l’émission de gaz à effet de serre. Toutefois ce n’est pas suffisant alors qu’il devient clair que rencontrer les objectifs des accords de Paris 2015 demeure tout un défi. Pendant que les décideurs semblent hésiter, les perturbations du système climatique se font sentir et vont continuer de le faire. Il faut donc que les communautés humaines s’adaptent, au Québec comme ailleurs, qu'il agisse de grandes villes ou de régions. Les villes posent des défis particuliers en raison de leur diversité et de leur étalement sur le territoire. Cette réflexion sur l’adaptation, elle doit se faire en tenant compte d’un certain nombre de paramètres : analyse de la vulnérabilité, des types de milieux et des populations, en tablant souvent sur des processus de gouvernance qui ne seront pas seulement le fait de certains experts, mais aussi quelque chose de partagé dans la population. Si les gens sont parfois un peu découragés de leur peu de pouvoir à l’échelle planétaire, à celle des régions des actions semblent encore possibles.

Ce colloque sur invitation permettra aux équipes de recherche, mais aussi aux membres du public de prendre une meilleure connaissance de ce qui se fait actuellement en adaptation aux changements climatiques dans les régions sur le territoire québécois. À ce titre, les projets en cours ont quelque chose d’exemplaire : ils pourraient être source d’inspiration ou, dans certains cas, permettre de reconnaître et peut-être d’éviter certains écueils. Le colloque sera l’occasion pour les chercheurs, pour les étudiants de maîtrise, de doctorat ou de postdoctorat rattachés aux différentes équipes, de venir faire le point sur leurs approches concrètes dans le traitement des questions, sur les défis qu’ils rencontrent et sur les résultats qu’ils ont commencé d’obtenir. Parler d’approches, c’est soulever la question des méthodologies, qui ont parfois quelque chose de souple; les équipes ont tout intérêt à mieux connaître les méthodologies mises en jeu par d’autres équipes et aussi à pouvoir discuter leurs manières d’obtenir des résultats. Les équipes invitées sont dans la plupart des cas en plein cœur de leur travail : on peut escompter que des défis auront besoin d’être exposés et analysés en profondeur. Dans certains cas, des résultats pourront être communiqués, mais il s’agira surtout de rapports d’étapes et non de bilans complets des recherches menées.

Lire la suite »
Remerciements

Nous tenons à remercier le consortium Ouranos, Mitacs, Cité-ID, le ROBVQ, la MRC de Memphrémagog et le Fonds Vert du Québec

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UdeS - Université de Sherbrooke
UdeS - Université de Sherbrooke
Geneviève Baril
ENAP - École nationale d'administration publique
Ajouter à mon horaire
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 30 à 11 h 00
Communications orales
Session 1
Présidence/Animation : Geneviève Baril (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.231
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 35
Adaptation et aménagement durable face aux changements climatiques au Québec : Le cas de la MRC de Memphrémagog
Guillaume B.Turenne (UdeM - Université de Montréal), Isabelle THOMAS (UdeM - Université de Montréal)

Cette présentation vise à explorer les enjeux liés à l’adaptation aux changements climatiques et à l’aménagement du territoire en contexte québécois. Elle est le résultat de la participation de Guillaume B.Turenne à une recherche-action réalisée en collaboration avec Ouranos et la MRC de Memphrémagog. Au sein de cette MRC, la préservation de la qualité de l’environnement et du patrimoine naturel face aux changements dans les modes d’occupation du sol constitue un enjeu d’adaptation primordial pouvant influencer la vulnérabilité territoriale et les risques climatiques. Misant sur la co-construction et la planification, cette recherche-action fut fondée sur l’implication de l’ensemble des acteurs concernés dans un processus participatif ayant comme objectif le développement d’une stratégie d’adaptation et d’actions subséquentes. Pour atteindre cet objectif, le groupe de recherche s’est donné des objectifs intermédiaires afin d’évaluer la situation actuelle de la MRC et de mettre en lumière ses forces, faiblesses, blocages et opportunités. Pour y parvenir, une méthode d’analyse des outils d’adaptation, basée sur un ensemble d’indicateurs découlant des théories du développement durable et de la résilience, fut développée. Les résultats obtenus à la suite de l’analyse multicritère de ces outils disponibles au sein de la MRC de Memphrémagog ont mené à l’élaboration d’une série de recommandations visant à orienter la suite du projet de recherche-action.

 

Résumé
09 h 20
La planification de l’adaptation aux changements climatiques : le cas du secteur touristique de la municipalité régional de comté (MRC) de Memphrémagog
Céline Bouffard (UdeS - Université de Sherbrooke)

L’organisation Ouranos fait état de potentielles perturbations du climat. En effet, le consortium s’attend à ce que le régime de précipitations soit perturbé et qu’une hausse des températures survienne au Québec (Ouranos, 2015). Ce réchauffement des températures est susceptible d’entraîner notamment une baisse des précipitations sous forme de neige (Ouranos, 2015). Puisque le secteur touristique dépend directement des ressources naturelles et des conditions climatiques, il est affecté par ces changements. Les centres de skis se voient touchés de façon plus directe par la baisse des précipitations sous forme de neige. Ceci s’avère être préoccupant puisque les centres de ski représentent un élément structurant du développement touristique d’un territoire car l’offre de services touristiques a tendance à se développer en complémentarité avec les centres de ski. Notre étude s’attarde sur le cas du secteur touristique de la MRC de Memphrémagog, soit un territoire considéré comme un important pôle récréotouristique à l’est de Montréal avec ses centres de ski. À la suite d’une analyse thématique du contenu d’un corpus discursif, nous avons pu mettre en évidence le fait que le secteur touristique de la MRC de Memphrémagog est vulnérable aux changements climatiques en raison d’enjeux financiers, de gestion, de préservation et de protection, ainsi que de synergie.

Résumé
10 h 05
Perspectives et attitudes de la relève agricole de la MRC Memphrémagog face aux changements climatiques attendus à l’horizon 2050
Sarah Dubord-Fortin (UdeS - Université de Sherbrooke)

Il est désormais reconnu que les changements climatiques affectent l'agriculture. Le territoire est sous la constante influence des acteurs locaux qui ont leur rôle à jouer dans l’adaptation. Dans le cas présent, ce sont les changements climatiques attendus en production végétale dans la MRC Memphrémagog pour l’horizon 2050 qui sont étudiés. Comme c’est la relève agricole qui sera particulièrement confrontée au changement, il semble pertinent de se demander quelles sont leurs perspectives face aux changements climatiques attendus, quelles sont leurs attitudes par rapport à ces changements et est-ce que celles-ci sont favorables et adéquates à l’adaptation? Des discussions préalables ont eu lieu avec certains acteurs du milieu dans le cadre du projet de recherche « Stratégies durables d’adaptation aux changements climatiques à l’échelle d’une MRC : Quels processus de gouvernance? Quelles démarches résilientes? » (Létourneau, A. et Thomas, I). Sur cette base, on peut penser que les agriculteurs de la relève sont au courant que des changements climatiques ont cours et ont une idée générale de ce qui est attendu pour l’horizon 2050. Il est également possible qu’ils aient un sentiment de confiance par rapport à leur capacité d’adaptation, mais que ces acteurs ne dissocient pas les mesures d’adaptation aux changements climatiques des mesures environnementales encadrant l’agriculture. Nous expliquerons brièvement ces hypothèses et notre méthodologie de recherche pour les tester.

Résumé
10 h 50
Pause
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Session 2
Présidence/Animation : Anthony Voisard (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.231
11 h 00
Le projet Agriclimat et l’adaptation selon Mark Pelling
Charles Talon (UdeS - Université de Sherbrooke), Sarah Delisle (Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec)

Il ne fait plus de doute que les changements climatiques provoquent des réflexions et des actions dans les communautés humaines. C’est dans ce contexte que se développe le concept de l’adaptation, employé comme notion phare dans de nombreux projets visant à répondre à ces changements climatiques. C’est le cas du projet Agriclimat, une initiative qui vise à offrir des outils et des informations aux agriculteurs québécois afin qu’ils s’adaptent aux changements climatiques. Mais de quelle adaptation est-il question dans ce projet? Car l’adaptation est un concept polysémique qui change souvent de sens selon l’acteur ou le groupe d’acteurs qui en fait usage. Les implications de l’adaptation ne sont pas les mêmes pour tous. C’est ce que cherche à nous démontrer Mark Pelling, dans son œuvre Adaptation to Climate Change : From Resilience to Transformation (2011), selon lequel il y aurait trois sentiers de l’adaptation. Le premier sentier viserait à la résilience d’un système, tandis que le second offrirait une transition progressive et que le dernier serait une transformation profonde du système. Chacun de ces sentiers mènerait à une société différente. Si l’on prend la typologie de Mark Pelling, à quel type de sentier d’adaptation le projet d’Agriclimat pourrait-il correspondre? Il s’agit donc ici d’amorcer une réflexion philosophique sur l’application pratique de la typologie de Mark Pelling au projet d’Agriclimat.

Résumé
11 h 45
Aménager la participation citoyenne dans un processus de gouvernance en réseau visant l’adaptation aux changements climatiques
Alain Létourneau (UdeS - Université de Sherbrooke)

Le Québec s’est doté d’une politique visant l’adaptation aux changements climatiques; les grandes villes se sont déjà donné un tel plan, mais aucune MRC ne l’a encore fait.  Depuis 2018, avec ma co-chercheure Isabelle Thomas professeure d’urbanisme à l’Université de Montréal, et avec le soutien d’Ouranos et de la MRC Memphrémagog ainsi que du Centre Sève, je dirige un projet de recherche-action en impliquant les partenaires du milieu, dans une approche structurée qui se développe sur trois ans. Il faudra dire de quelles façons une philosophie pratique peut contribuer à une telle démarche. Le but visé par le projet est d’aider la MRC mentionnée à se donner non pas un plan, mais bien une stratégie d’adaptation aux changements climatiques. Il faudra donner le sens de cette nuance, en lien avec la présentation du projet, tout en précisant là où nous en sommes pour le moment dans nos démarches (année 2). Nous faisons appel à un processus de gouvernance en réseau, qui repose sur certaines prémisses qu’il faudra rappeler; on montrera en quoi elles permettent de concrétiser une participation citoyenne. Ce dernier enjeu sera expliqué, et les choix qui ont été faits seront détaillés. Il est sans doute trop tôt pour faire un bilan, mais nous pouvons faire le point et dresser le bilan sur ce qui a été accompli à ce jour.  

Résumé
Dîner
12 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.231
Après-midi
13 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Session 3
Présidence/Animation : Alain Létourneau (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.231
13 h 30
L’approche de laboratoire vivant : quelle pertinence en terrain d’adaptation aux changements climatiques?
Anthony Voisard (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les communautés locales doivent planifier des mesures d’adaptation afin de limiter le plus possible les coûts sociaux et environnementaux associés aux impacts du dérèglement climatique sur les territoires. Dans le cas spécifique du réservoir d'eau potable Beaudet à Victoriaville, le changement climatique se traduit par une accentuation de l'ensablement du réservoir provenant notamment d'un déséquilibre morphologique de la rivière Bulstrode. En 2016, la municipalité de Victoriaville faisait appel à l’équipe multidisciplinaire du CISA pour accompagner une expérimentation de laboratoire vivant qui visait à harmoniser les enjeux des acteurs en amont et ceux liés à la restauration du réservoir d’eau. Le déploiement effectif du laboratoire vivant permet d'instaurer une dynamique d’échange entre les parties prenantes sous la forme de processus collaboratifs, regroupant dans un même ensemble savoirs scientifiques, savoirs professionnels et savoirs d’expérience afin de favoriser l’émergence d’innovations. L’approche de laboratoire vivant se caractérise ainsi par le fait qu’elle est « portée par les usagers » qui sont eux-mêmes issus de plusieurs champs d’activités. À la lumière du parcours de recherche-action réalisé, et selon un point de vue de philosophie pratique, la présente communication vise à examiner les points forts identifiés du modèle de laboratoire vivant, tout autant que ses limites et sa pertinence pour les travaux terrain en adaptation aux changements climatiques.

Résumé
14 h 15
Les défis de la gouvernance des risques des systèmes essentiels en contexte de changements climatiques : les cas des MRC d’Argenteuil et de Brome-Missisquoi
Yannick Hémond (Polytechnique Montréal), Geneviève Baril (ENAP - École nationale d'administration publique), Caroline Lépine (ENAP - École nationale d'administration publique)

Les systèmes essentiels (SE) sont de plus en plus soumis à des perturbations et certains équipements ont été conçus à partir de données climatiques historiques aujourd'hui remises en cause. Les municipalités sont extrêmement dépendantes des services ou ressources fournis par les SE. Il devient donc primordial d’apprécier les risques induits à ces systèmes. Ceci passe par une gestion partagée des risques qui tient compte du contexte de juridiction variable des SE, de même que du nombre d’organisations qui doivent se coordonner pour gérer un événement qui provoquerait des échecs en cascade.

Le projet est réalisé par des chercheurs du Centre risque & performance (Polytechnique Montréal) et de Cité-ID LivingLab (ÉNAP) en collaboration avec Ouranos, à titre de partenaire scientifique et financier. L’objectif du présent projet consiste à construire une démarche globale d’appréciation des risques des SE dans un contexte de changements climatiques à l’échelle des MRC d’Argenteuil et de Brome-Missisquoi, appuyée par un processus de gouvernance collaborative. La présentation vise à rendre compte de l’approche, des défis et des résultats préliminaires.

Ce projet est financé par le Fonds vert dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement du Québec.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 15
La gestion intégrée de l’eau par bassin versant pour l’adaptation aux changements hydroclimatiques
Marc-André Demers (Regroupement des organismes de bassins versants du Québec), Geneviève Audet (SCABRIC)

Selon certains, l’un des défis  de l’adaptation aux changements climatiques est d’intégrer le concept de gestion intégrée des ressources en eau (Giupponi et Gain, 2017) ou plus particulièrement, que le cadre de la gestion intégrée de l’eau par bassin versant (GIEBV) soit un lieu de la mise en œuvre de l’adaptation (Turcotte, Cyr et Audet, 2014).

Au Québec, le réseau des organismes de bassins versants (OBV) s’affaire à la mise en œuvre de la GIEBV. Pour que les acteurs d’un milieu fassent plus qu’appliquer les principes théoriques de la GIEBV et que celle-ci prenne son sens pour la population, les techniques et pratiques traditionnelles de gestion de l’eau doivent laisser place à des structures de concertation, à des processus collaboratifs de prise de décision, à l’exploration de nouvelles techniques et formes de collaboration (Cloutier et Demers, 2017). Dans cet ordre d’idée, le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) tente depuis 2017 de créer une communauté de pratique en adaptation aux changements hydroclimatiques : la Rés-Alliance.

Dans un champ de pratique réputé hautement diversifié et pas du tout unifié (Létourneau, 2017), quels sont les impacts de la Rés-Alliance dans la pratique des OBV et pour les communautés qu’ils accompagnent ?

Résumé
16 h 00 à 17 h 00
Panel
Table ronde finale : points de recoupement, convergences et différences
Présidence/Animation : Alain Létourneau (UdeS - Université de Sherbrooke)
Participants : Geneviève Baril (ENAP - École nationale d'administration publique), Isabelle THOMAS (UdeM - Université de Montréal), Anthony Voisard (UdeS - Université de Sherbrooke), Marc-André Demers (Regroupement des organismes de bassins versants du Québec)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.231