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606 - Les femmes africaines face aux enjeux contemporains de développement des pays africains : quelles actions pour quels résultats?

Du mercredi 29 au vendredi 31 mai 2019

Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.  

Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?

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Remerciements

L'équipe du colloque 606 remercie par avance les participant-e-s dont les contributions permettront des échanges scientifiques de qualité et l'atteinte des objectifs de ce colloque. Veuillez recevoir nos meilleurs vœux pour l'année 2019.

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Université de Parakou - République du Bénin
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Hortensia ACACHA
Ecole Nationale d'économie appliquée et de management
EHESS, Paris - CIRCACIA, Cayenne
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 30
Communications orales
Conférence d’ouverture
Présidence/Animation : Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 40
Conférence d'ouverture
Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
09 h 10
Discussion
09 h 30 à 12 h 20
Communications orales
Éducation, émancipation, leadership et gouvernance : où en sont les femmes africaines?
Présidence/Animation : Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
09 h 30
Participation des femmes dans la gouvernance politique, économique et locale : le modèle ivoirien
Euphrasie KOUASSI épouse YAO (Côte d’Ivoire), AMENAN ROSE KOFFI-NEVRY (Côté d'Ivoire)

Face aux enjeux de développement, la Côte d’Ivoire a fait l’option de promouvoir la question du genre comme un des leviers de la performance de son développement. Aussi a-t-elle développé une stratégie au moyen des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) pour renforcer la visibilité et le leadership des femmes. Ce modèle ivoirien est le Compendium des Compétences Féminines (CCF), une solution pratique et innovante pour la participation des femmes dans la gouvernance politique tant nationale que locale. Cet outil au service des décideurs permet d’identifier les secteurs où les femmes sont sous-représentées afin d’inciter à la prise de mesures correctives dans le sens de l’équité et de la justice sociale. Les acquis majeurs sont, entre autres, la disponibilité d’une base de données dynamique et interactive de plus de 15. 000 membres qui jouent un rôle prépondérant dans la consolidation de la paix, un annuaire de plus de 1. 000 femmes cadres pour faciliter leur nomination, plus de 700 femmes promues aux postes de décisions, au moins 3. 000 femmes formées, le renforcement de la participation citoyenne et politique de plus de 500 femmes candidates aux élections locales, la mise en place d’un réseau solidaire et dynamique entre les membres. Ces résultats ont  permis à la Côte d’Ivoire d’être retenue par le PNUD en 2018 comme pays donateur de bonnes pratiques pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) en Afrique.

Résumé
09 h 50
Les filles en marge de l’école au Sénégal. De l’accès au système scolaire formel à l’émancipation
Nathalie Mondain (Université d’Ottawa), Lina Kim (Université d'Ottawa), Iain McDonald (Université d'Ottawa), Jade Pinard (Université d'Ottawa), McKinley Richards (Université d'Ottawa)

L’accès à l’éducation pour tous, prôné depuis la Conférence de Jomtien (1990) jusqu’aux Objectifs de Développement Durable (ODD) n’est synonyme ni de maintien à l’école ni d’apprentissage de qualité, questionnant ainsi le rôle supposé émancipateur de l’école. Ainsi, de nombreux pays en Afrique sud-saharienne font face à des indicateurs préoccupants quant à l’acquisition des compétences de base, notamment chez les filles. En effet, celles-ci, malgré les progrès observés en matière de scolarisation, restent exposées à l’exclusion du système scolaire pour différentes raisons. C’est dans ce contexte qu’une association, la Maison de l’éducation (MDE), à Ziguinchor (Casamance, Sénégal), offre un programme d’accompagnement aux filles ( 6-16 ans) en marge de l’école impliquant les familles, particulièrement les mères. En 2018, une enquête par questionnaire a été menée par quatre étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa auprès de toutes les filles du programme dans le cadre d’un terrain de recherche. L’objectif consistait à préciser les configurations sociales d’origine des filles pour mieux orienter les activités offertes par la MDE. Leurs analyses ouvrent des pistes de recherche quant au rôle de la structure familiale sur les parcours scolaires des filles, et au fait que plusieurs d’entre elles continuent à travailler en dehors des heures de l’école. L’importance de nuancer les relations complexes entre éducation, scolarisation et travail chez les jeunes filles est discutée.

Résumé
10 h 10
Articuler vie familiale et vie professionnelle à Dakar: une préoccupation quotidienne des femmes, un enjeu pour leur participation au développement
Laure Moguerou (IRD), Madon Awissi-Sall (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) du Sénégal / Université de Montréal/Canada), Awa Diop (Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Dakar / Sénégal)

Dans un contexte de scolarisation prolongée des filles et d’accroissement de la participation des femmes au marché du travail à Dakar, l’objectif de cette communication est d’abord de saisir la répartition des tâches domestiques, de la prise en charge (care) familiale et des dépenses du travail au sein des ménages. On verra que l’essentiel du travail domestique repose sur les femmes mariées et que les hommes sont peu impliqués. Pourtant, l’investissement des femmes dans le budget des ménages est loin d’être négligeable. La communication vise ensuite à éclairer les stratégies que les femmes mariées mettent en place pour combiner activités domestiques, activités de care familial et activités génératrices de revenus. On verra qu’avoir du personnel domestique est une des principales stratégies des femmes qui en ont les moyens et l’espoir de celles qui ne les ont pas. La communication s’appuie sur une méthodologie mixte [enquête inédite par questionnaires menée en 2018 à Dakar (1. 200 ménages et 1. 000 femmes) et entretiens qualitatifs auprès de femmes de milieux sociaux diversifiés, mariées, mères et actives]. Bien étudiée dans les pays occidentaux, la division socio-sexuée du travail domestique et du care familial reste une problématique de recherche encore peu explorée en Afrique de l’Ouest, particulièrement en milieu urbain. Il s’agit pourtant d’une question majeure, au cœur des réflexions sur l’émancipation des femmes et sur leur participation au processus de développement.

Résumé
10 h 30
Période de questions
10 h 50
Pause
11 h 00
Impacts de l’action civique des femmes sur l’amélioration de la responsabilité parentale dans l’éducation des filles dans les ménages au Nord-Bénin
Esther OGOUNIYI ADIMI (Université de Parakou ), Yvette Onibon Doubogan (Université de Parakou - République du Bénin), Sylviane Evelyne YAOU (Université de Parakou)

L’objectif de cette communication est de présenter les résultats d’une recherche sur les impacts de la démarche communautaire des Clubs de mamans sur le renforcement de la responsabilité parentale dans le maintien des filles à l’école au nord du Bénin.

Deux cent trente (230) parents dont cent quinze (115) ayant bénéficié de l’accompagnement des Clubs de mamans ont été sélectionnés. L’analyse a porté sur les changements au niveau de trois bonnes pratiques: les dépenses pour l’éducation des filles, le dialogue entre parents et filles et la redistribution des tâches domestiques entre enfants en faveur des filles. Les résultats de la recherche montrent que l’hypothèse d’une démarche communautaire pour renforcer le leadership des femmes dans les changements sociaux en faveur de l’éducation des filles est vérifiée. En effet, la responsabilité parentale à l’endroit de l’éducation des filles est améliorée avec en moyenne une contribution de 22% de la prise en charge des dépenses d’éducation des filles, de 59% sur le renforcement du dialogue entre parents et filles et de 67% sur la redistribution des tâches domestiques entre enfants en faveur des filles.

Résumé
11 h 20
Analyse critique des inégalités entre les sexes dans l’enseignement post-primaire et secondaire au Burkina Faso
Amado Kaboré (Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST))

Depuis 2012 le Burkina Faso a débuté la mise en œuvre du Projet d’Enseignement Post-Primaire (PEPP), phase II. Les actions de ce projet touchent aussi bien l’enseignement général que l'enseignement technique et la formation professionnelle. Cette recherche entreprend de faire une analyse situationnelle du point de vue du genre au niveau de l’enseignement secondaire afin d’identifier les problèmes spécifiques auxquels les filles sont confrontées.

L’objectif est de mettre en évidence les problèmes qui empêchent les filles d’accéder à l’enseignement secondaire, de s’y maintenir et de réussir. Spécifiquement, il s’agit de déterminer les situations des filles dans les régions considérées et d’identifier les principales raisons de ces situations.

Pour ce faire, nous avons adopté une démarche mixte prenant en compte tant les aspects quantitatifs que les aspects qualitatifs. L’exploitation des données statistiques a été complétée par des interviews auprès des responsables des secteurs des régions concernées: Centre-Est, Est, Nord, Plateau Central et Centre. Les récits de vie des élèves filles et de garçons en difficultés ont contribué à éclairer davantage la nature des problèmes selon le sexe et les conséquences de ces difficultés sur le cursus scolaire. Les analyses effectuées ont permis d'appréhender la situation des filles par rapport à l’accès et au maintien au niveau des enseignements post-primaires et secondaires.

Résumé
11 h 40
La place des femmes dans le leadership politique: une analyse comparative Côte d’Ivoire/Dominique
Gerard Jean-Jacques (Bureau du Premier ministre), Chantal Dali (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Bien que les femmes soient des agents essentiels du développement, les stratégies et les politiques de développement ne prennent pas suffisamment en compte leurs priorités, leurs besoins et leurs contributions. Ceci génère une persistance des inégalités de genre et une mise à mal de l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). C’est ce constat qui nous a amenés à effectuer une analyse comparative de la place occupée par les femmes dans le leadership politique en Côte d’Ivoire et à la Dominique dans l’objectif de dégager les facteurs qui inhibent la pleine émancipation des femmes et de mettre en lumière de meilleures pratiques, dont ces deux pays pourraient s’inspirer. Pour atteindre cet objectif, nous avons procédé à une revue analytique de la place des femmes dans le leadership politique dans ces deux pays. De cette analyse comparative, il ressort qu’en Dominique, petit État insulaire des Caraïbes, du fait qu’une femme ait occupé le poste de premier ministre pendant une quinzaine d’années, les femmes ont depuis longtemps eu l’opportunité d’influencer les politiques de développement du pays. Ceci est différent en Côte d’Ivoire, grand pays producteur de cacao, où les hommes dominent la scène politique depuis plus d’un demi-siècle. En effet, en Côte d’Ivoire, malgré des avancées notables dans plusieurs domaines, la précarité et la pauvreté demeurent le lot des femmes.

Résumé
12 h 00
Période de questions
Dîner
12 h 20 à 13 h 10
Dîner
Dîner libre
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
Après-midi
13 h 10 à 15 h 10
Communications orales
Revenus et vie familiale des Africaines
Présidence/Animation : Salmata OUEDRAOGO (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
13 h 10
Rapports sociaux de sexe et gestion des ménages à Ouagadougou
Yisso Fidèle BACYE ( Laboratoire Genre et développement de l'université Ouaga 1 Pr joseph KI6zerbo), Fatoumata BADINI/KINDA (Université Ouaga1, Pr Joseph KI ZERBO)

La hiérarchisation sexuelle s’est constellée dans les schèmes de perception des individus, qui ensuite la conçoivent comme une norme sociale. À travers cette historicisation des hiérarchies sexuelles, des rôles sont définis et attribués à l’homme et à la femme jusque dans la gestion des ménages. Dans les faits de gestion des ménages, à l’homme est attribué le rôle de mobilisation des ressources et à la femme les activités d’entretien. Seulement, de nos jours à Ouagadougou, l’inflation endigue l’épanouissement des ménages. La femme se voit obliger de participer à la mobilisation des ressources. Entre, donc, les représentations sociales, la division sexuelle des rôles, la protection du statut de l'homme et la survie du ménage, comment sont gérés les ménages à Ouagadougou? Notre objectif est de montrer les répercussions de la division sexuelle des rôles familiaux sur les faits de gestion des ménages dans cette ville. À l’aide de la méthode qualitative, nous avons mené des entretiens auprès de femmes et d’hommes et organisé deux "focus groups": un mixte et un masculin. Il ressort des enquêtes que, dans les ménages, les dépenses sont réparties en dépenses de souveraineté et dépenses d’assujettissement. Certains hommes sont des obstacles à l’émancipation économique de leurs épouses et à leur participation financière à la gestion du ménage. Des mécanismes invisibles à la communauté sont en outre développés afin d’assurer l’épanouissement des ménages.

Résumé
13 h 30
Statut socio-économique des femmes et responsabilité familiale en Afrique subsaharienne : cas des femmes du Tchad
Médard NDOUTORLENGAR (Université de Sarh, Tchad), Jonathan T MADJITHA (CREIDS International ), K. Vincent NGUEZOUMKA (CARE- IFA)

L’institution familiale en Afrique sudsaharienne et particulièrement au Tchad est fortement marquée par les mutations sociales en cours. De nouveaux modèles familiaux apparaissent alors que, de manière paradoxale, les structures familiales traditionnelles se maintiennent notamment par besoin de solidarité face à la crise économique et à la pauvreté. Les résultats de nos travaux illustrent le besoin de comprendre et de faire savoir que le type d’activité, le niveau de revenu et le taux d’activité sont trois dimensions de l’activité des femmes qui s’ajustent non seulement entre elles, mais aussi s’articulent entre la vie active et la vie familiale de ces dernières. Les liens structurels découlent des modes de gestion de l’articulation entre la vie familiale et celle professionnelle pour les femmes tchadiennes en activité. Or, notre étude montre que dans les sociétés tchadiennes réputées patriarcales, la place de la femme est inféodée à celle de l’homme. L’objet de cette communication est de chercher à comprendre la manière selon laquelle les tâches domestiques sont gérées et prises en charge lorsque les femmes tchadiennes sont en activité. L’approche par les « capabilités » de l’économiste Amartya Sen a été prise pour modèle d’analyse et les entretiens semi-directifs constituent le cadre pratique de l’étude.

Résumé
13 h 50
Analyse de l’influence du statut de la femme dans les dépenses du ménage
Hortensia ACACHA (Ecole Nationale d'économie appliquée et de management)

Sous l’angle des rapports hommes-femmes, de très nombreux auteurs à travers le monde (Irving et al., 2008; Schneider et al., 2010, Seebens, 2009; Hofman et al., 2007; Mayoux, 2007; Bouyo, 2010), ont montré que les femmes ont une plus grande tendance que les hommes à réaliser des dépenses de santé, d’éducation, d’alimentation et d’intérêt général dans le cadre du bien-être du ménage. En quoi les dépenses du ménage selon le genre influencent-elles le bien-être du ménage? Quels sont les facteurs déterminant les dépenses effectuées par la femme dans le ménage?

La présente recherche analyse l’impact de la contribution des femmes dans les dépenses des ménages béninois. Elle a exploité les données de l’Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des Ménages (EMICoV) réalisée en 2015. 22. 080 ménages, à raison de 10. 872 ménages en milieu urbain (soit 49,24%), contre 11. 208 ménages en milieu rural (50,76%) on été tirés. 

Des analyses descriptives et  des modélisations économétriques (régression logistique binaire) au moyen de logiciels statistiques comme SPSS et Stata 12 ont été effectuées.

Des résultats de cette recherche, il ressort que le milieu de résidence, la taille du ménage, l’âge de la femme, son niveau d'instruction, sa capacité à avoir accès à la terre apparaissent comme les facteurs-clés qui influencent les dépenses du ménage.

Résumé
14 h 10
Étude sur les problèmes spécifiques que rencontrent les femmes commerçantes sur le corridor Abidjan Lagos
Faridath Atchabi ABOUDOU (Université de Parakou/ Laboratoire d'Analyse et de Recherche sur les dynamique économiques et Sociale de la Faculté d'Agronomie), Bio Goura SOULE (Hub rural )

Le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux joue un rôle important aux plans économique et alimentaire en Afrique de l’Ouest. Les femmes y sont majoritaires, représentant environ 80% des personnes impliquées dans ce secteur. Ce travail analyse les difficultés des femmes dans le commerce transfrontalier des produits agro-pastoraux. Les données quantitatives et qualitatives sont obtenues à partir de plusieurs sources. Au total, 240 commerçants dont 200 femmes et 40 hommes ont été interviewés aux frontières et sur les principaux marchés des capitales des cinq pays concernés par notre étude. Les échanges commerciaux des femmes portent sur les produits du cru, les produits localement transformés et les produits de réexportation (riz et produits carnés). Les femmes ne sont pas dans le commerce du bétail et des petits ruminants, mais plutôt dans le commerce des abats et des œufs. Les résultats montrent que 98,8% des usagères ont déclaré connaître des difficultés dans cette activité. Les femmes subissent des tracasseries administratives aux frontières du fait que la majorité d’entre elles sont analphabètes ou n’ont pas une bonne connaissance des dispositions réglementaires en vigueur. Ces femmes rencontrent des problèmes relatifs au transport des produits et sont aussi confrontées aux problèmes d’insécurité liés à leur personne et à leurs biens. Certaines parmi les femmes interviewées ont fait l'objet de harcèlement de la part des transporteurs et des gardes frontières.

Résumé
14 h 30
Croissance économique, emploi et genre: le cas du Plan Sénégal Émergent (PSE)
Mame Cheikh Anta SALL (Laboratoire de recherches sur les Institutions et la Croissance (UCAD)), François Joseph CABRAL (Université Cheikh Anta Diop de Dakar)

La question principale de cette communication est la suivante: la croissance économique induite par la mise en œuvre du PSE est-elle plus favorable à la main d’œuvre masculine ou à la main d’œuvre féminine?  Même si plusieurs études se sont intéressées à analyser l’impact des inégalités entre les hommes et les femmes sur la croissance (Arora, 2012; Jacquet et Sargeson, 2012), peu d’entre elles ont pris le couloir inverse. Cette recherche s’inscrit dans ce cadre en essayant de disséquer l’impact que pourrait avoir la croissance économique sur les inégalités entre ces deux groupes en termes de profils d’emplois créés. Cette étude est sous-tendue par l’hypothèse selon laquelle la croissance économique favorisée par la mise en œuvre du PSE ne permet pas, à elle seule, de résoudre les disparités de genre en termes d’accès à l’emploi. Aux fins d’évaluer l’impact du PSE sur la croissance et l’emploi, nous avons construit un modèle d’équilibre général calculable dynamique (MEGC-D). Les résultats de nos recherches ont montré que les investissements substantiels drainés par la mise en œuvre du PSE ont permis de placer l’économie sénégalaise sur une bonne dynamique de croissance économique. En conséquence, la création d’emplois a suivi l’expansion des secteurs de l’économie qui ont augmenté leur demande de travail suite à la hausse de capital. Toutefois, cette demande a évolué différemment suivant les différentes catégories socio-professionnelles et le genre. 

Résumé
14 h 50
Période de questions
15 h 10
Pause
15 h 20 à 17 h 00
Communications orales
Genre et financement en Afrique
Présidence/Animation : Yvette Onibon Doubogan (Université de Parakou - République du Bénin)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
15 h 20
La sensibilité genre dans le développement du secteur de la micro finance en Afrique: cas du Bénin
Martin LOGBETODE (UADC-Université Africaine de Développement Coopératif)

La vision genre s’impose depuis plus de deux décennies comme approche susceptible de promouvoir le développement équitable. En effet, la quatrième conférence internationale de Beijing en 1995, a suffisamment insisté sur ce point. Et la micro finance poursuit justement l’inclusion financière. Pourtant, moins de 15% des femmes ont un compte bancaire (Banque mondiale 2017), dans un contexte plutôt nataliste de croissance démographique effrénée, avec un Produit Intérieur Brut (PIB) par tête n’évoluant pas du tout au même rythme. L’objectif ici visé est d'analyser la situation en vue de la renverser. De façon spécifique, il s’agira de : 1- Décrire l’état de la situation dans le secteur de la micro finance au Bénin ; 2- Identifier les causes et les défis à relever ; 3- Définir des actions en vue d’atteindre des résultats significatifs.

 

Résumé
15 h 40
Micro finance et autonomisation économique des femmes: cas des femmes Gouro en Côte d’ivoire
Zohoré Olivier KOUDOU (Université Félix Houphouet Boigny d'Abidjan ), Akissi Marie Andrée KADJO (Université Félix Houphouet Boigny Abidjan ), Ange Baudelaire BATE (Université Félix Houphouet Boigny Abidjan)

Représentant plus de 50% de la population et malgré les efforts engagés par le Gouvernement et la Communauté internationale pour faciliter leur épanouissement et leur insertion dans l’économie, les femmes demeurent la couche de la population la plus touchée par la pauvreté en Côte d’Ivoire. Pour survivre et satisfaire les besoins de leurs familles, elles exercent de nombreux petits métiers et créent des activités génératrices des revenus.

Toutefois, malgré cet engouement pour les activités entrepreneuriales, les femmes, et surtout les femmes Gouro (femmes revendeuses des vivres frais), trouvent difficilement des financements auprès des Institutions de Micro Finance (IMF), pourtant chargées de trouver une réponse adéquate aux besoins de financement de ceux qui ont difficilement accès aux services bancaires.

Dans ce travail, l’objectif est de relever les facteurs qui constituent les obstacles au financement des activités des femmes Gouro par les IMF. Il est aussi question de mettre en relief, dans le cas des activités génératrices de revenus, le lien entre sources de financement des femmes Gouro et leurs objectifs d’autonomisation économiques. Il s’agit aussi et surtout d’entrevoir les solutions pour que les IMF financent l’activité des femmes Gouro, activité importante pour leur émancipation dans le cadre du développement durable.

Résumé
16 h 00
La micro finance comme mécanisme d’élargissement et de renforcement des capacités professionnelles et financières des femmes bénéficiaires
Ndeye Faty Sarr (Université Clermont en Auvergne)

Cette communication présente les résultats de ma recherche doctorale sur les effets des microcrédits sur l’autonomisation (empowerment) économique, sociale et politique des femmes. L’approche qualitative a été privilégiée. Plusieurs sources de données ont été construites à partir d’entrevues, de l’observation participante et de sources documentaires. Notre corpus était composé de 40 femmes, 13 employés, quatre notes d’observation et six comptes-rendus de discussions informelles.

La perspective théorique basée sur l’approche globale nous a permis d’analyser et de comprendre les caractéristiques, le fonctionnement et les effets économiques et sociaux de la diffusion du microcrédit comme mécanisme ou modalité de développement chez les femmes. Des indicateurs du concept d’autonomisation dans ses dimensions économique, sociale et politique ont permis l’élaboration de ce modèle d’analyse.

Les résultats révèlent que l’accès des femmes aux microcrédits favorise leur autonomisation économique avec la création et le renforcement de leurs activités professionnelles et leur autonomie financière. Leur accès durable aux ressources financières participe à leur intégration aux processus de reprise économique observés dans les sociétés africaines. De plus, le renforcement de cette autonomisation économique par des mesures d’accompagnement axées sur une approche genre est susceptible d’être convertible en autonomisation sociale et politique et ce, malgré les rigidités de l’idéologie patriarcale.

Résumé
16 h 20
L’apport féminin à la réalisation des politiques africaines de développement
Toh Jean-Claude OUATTARA (Université Alassane Ouattara de Bouaké)

L’apport des femmes à la réalisation des politiques africaines de développement est incontournable. Plusieurs rapports l’attestent puisque l’implication insuffisante des femmes constitue un frein considérable au développement de l’Afrique. La réalité semble être, de toute évidence, en contradiction avec le rôle décisif socio-économique que jouent les femmes africaines et la place politique quasi-inexistante accordée à celles-ci dans les prises de décisions, de gestion des institutions et de mise en œuvre des politiques publiques de développement. Cela se constate par la marginalisation de ce maillon important de l’organisation de la société, la favorisation de la vulnérabilité et la marginalisation des femmes des instances décisionnelles. Au regard de l’impact négatif de cette attitude discriminatoire, l’interrogation qui surgit est celle de la pertinence de l’apport des femmes. Faut-il impliquer les femmes dans la réalisation des politiques africaines de développement? La réponse s’avère affirmative à l’aune du rôle important que jouent les femmes africaines au sein de notre organisation socio-économique. Cette implication pourrait se faire par la garantie d’un quota de 50% de l’effectif au sein des organes de décisions politiques au profit des femmes et aussi par le partage équitable des postes à pourvoir entre hommes et femmes.

Résumé
16 h 40
Période de questions
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 45 à 12 h 10
Communications orales
Les contributions des femmes rurales africaines
Présidence/Animation : Ndeye Faty Sarr (Université Clermont en Auvergne)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
08 h 45
Les savoirs et pratiques agricoles féminins et l’enjeu de la sécurité alimentaire au Cameroun
Chantal NDAMI (Université de Toulouse Jean Jaurès)

Le Cameroun a connu, à partir des années 1950, une transformation radicale des modèles de production agricole familiale due à l’introduction des cultures d’exportation. Ces cultures ont contribué à bousculer les rapports sociaux, notamment ceux de genre, en renforçant les inégalités préexistantes et en réduisant le poids économique des femmes. Concrètement, dans des sociétés où la production agricole vivrière reposait essentiellement sur le travail des femmes, la diffusion de ces cultures a fait peser une menace réelle sur l’équilibre alimentaire des familles. Au Cameroun, en pays bamiléké, c’est l’un des arguments évoqués par l’administration coloniale pour justifier ses mesures restrictives à l’accès à la culture du café. Ces cultures ont en effet transformé les modalités d’accès à la terre ou encore d’utilisation de la main d’œuvre, notamment celle des femmes. Pour ces dernières, il a fallu s’adapter à la nouvelle donne, d’autant plus qu’au même moment, la croissance des villes et la demande en produits vivriers des citadins offraient des opportunités aux agricultrices.

Cette contribution explore la manière dont les femmes ont mobilisé leurs savoirs et leurs expertises dans le travail agricole. Ces savoirs sont aujourd’hui largement ignorés dans les politiques de développement, pour faire face aux contraintes imposées par l’économie de plantation et assurer l’autosuffisance alimentaire de leurs familles, tout en luttant contre l’érosion de leurs droits économiques.

Résumé
09 h 05
La participation des groupements agricoles des femmes rurales dans la gestion de la cantine scolaire à Korhogo (Côte d’Ivoire).
Amoin Kanou Rébéka Kakou épse Agnimou (Université Félix Houphouet Boigny d'Abidjan), Ekian Noël N'GORAN (Université Félix Houphouët-Bigny, Abidjan Côte d'Ivoire), François AGNIMOU (Université Africaine de Développement Coopératif)

Cette étude se propose d’analyser la contribution des femmes pour soutenir les cantines scolaires dans le département de Korhogo, une zone rurale située au nord de la Côte d’Ivoire. Elle se fonde sur le constat que les besoins en vivres, en matériels et économiques des cantines scolaires demeurent insuffisamment pourvus, malgré les initiatives du gouvernement ivoirien et les appuis des institutions nationales et internationales à travers les différents projets.

Sur cette base, les femmes des villages se sont groupées pour apporter un appui aux différentes cantines scolaires de leur zone.

À travers une approche qualitative, des entretiens semi-structurés et des focus groups ont été utilisés. Ces entretiens ont mobilisé les responsables coutumiers, les dirigeantes de groupements de femmes, les productrices de vivriers, des commerçantes, des personnels d’encadrement agricole et des enseignants.

Les résultats de ce travail montrent que les groupements de femmes sont un cadre d’instrument qui aide les enfants à aller à l’école à travers le fonctionnement des cantines scolaires. Ils sont des outils de mobilisation des ressources financières; de construction et de réhabilitation des infrastructures. Enfin, les groupements de femmes constituent une base de gouvernance locale et d’identité villageoise.

Résumé
09 h 25
Place et rôle des femmes dans les initiatives de développement local durable: cas des cantines scolaires au Bénin
Médétonwan Olivier GUÉDÉ (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

L’autonomisation des femmes dans les pays en développement a été depuis 2000 une préoccupation mondiale avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Elle revient en 2015 avec les Objectifs de Développement Durable (ODD). Le Projet d’alimentation scolaire initié par le gouvernement béninois et appuyé par le Danemark de 2007 à 2011 en a permis la réalisation avec la création et la gestion des cantines scolaires dans 52 villages. Il s’inscrit dans une politique publique (PASEB[1]) et l’objectif était de permettre l’accès, le maintien et la performance des enfants à l’école avec la participation des femmes. Chaque école responsabilisait une femme pour l’alimentation des enfants à base d’AGR conformément aux prescriptions techniques du projet et au code d’hygiène publique. La concertation, le partenariat, l’implication et la responsabilisation des femmes dans la gestion des cantines a permis leur autonomisation et l’entrepreneuriat local. La régularité et la qualité des prestations, l’amélioration de l’environnement scolaire et du taux de scolarisation des enfants en sont les corollaires. Ce projet est une initiative de développement local durable, exportable pour réaliser certains ODD. Cette communication vise à présenter le projet et son approche communautaire de gestion; la contribution des femmes à son succès et les retombées sur celles-ci, les élèves et la communauté.  Des liens avec les ODD seront présentés.

[1] Programme d’Appui au Secteur Éducatif au Bénin

Résumé
09 h 45
Période de questions
10 h 00
Pause
10 h 10
Diffusion et adoption d'innovations technologiques dans la trituration artisanale d'arachide au Sénégal: le cas de la table de traitement de l'aflatoxine
Aminata DIAGNE (Université Laval), Patrick Mundler (Université Laval), Lota Dabio Tamini (Université Laval)

La présence d’aflatoxines dans l’huile artisanale d’arachide consommée en zones rurales est un fléau au Sénégal. Or, plusieurs recherches au Sénégal (Diom, 1978; Martin et al.,1999; Noba et al., 2014) et dans le monde (Turner et al. 2003; Filbert et Brown, 2012; Gajate-Garrido et al., 2016; Njoroge et al., 2016; Matumba et al. 2018) ont montré les conséquences des aflatoxines sur la santé, tant humaine qu'animale. La recherche agricole, en partenariat avec la Banque Mondiale a diffusé, auprès de 105 groupements de femmes trituratrices, une innovation appelée table permettant d’éliminer la teneur en aflatoxines dans l’huile d’arachide à 90%.

Toutefois, aucune étude qualitative n’a encore évalué l’adoption de cette technologie dans le Bassin arachidier du Sénégal. Cette recherche adopte une approche qualitative pour étudier l’adoption partielle, totale ou l’abandon de cette table par les groupements de femmes trituratrices. Le modèle de diffusion des innovations de Rogers (1962, 1995), enrichi de la théorie de Buckin et Kerret (2018) a servi de cadre d’analyse. Le verbatim issu des entrevues de groupes a été analysé à travers la méthode d’analyse inductive. Les résultats montrent une très faible connaissance de l’aflatoxine chez les groupements. L’adoption de la table est fortement liée à son avantage relatif, sa compatibilité avec les valeurs des femmes, sa faible complexité, sa testabilité et son observabilité en matière de résultats.

Résumé
10 h 30
Stratégies d’autonomisation des femmes en milieu rural dans le département de Katiola
Seydou OUATTARA (Université Alassane OUATTARA)

La présente recherche s’inscrit dans le cadre d’une analyse qualitative. L’analyse méthodologique qui sous-tend ce travail repose sur une étude de cas.  La méthode d’échantillon par choix raisonné, à partir d’un guide d’entretiens semi-directifs, a permis d’échanger avec trente (30) femmes de Fronan et de Touro pour identifier et analyser les stratégies et les contraintes liées à l’autonomisation des femmes rurales. En effet, en vue de leur autonomisation, les femmes rurales se réunissent en d’associations qui visent à promouvoir le rôle et l’importance des femmes dans le processus de développement économique et social. Aussi développent-elles des activités agricoles et commerciales leur permettant de se prendre en charge financièrement et de s’occuper de leurs familles. Par ailleurs, c’est le secteur informel, notamment la coiffure, la couture et le petit commerce qui occupent et qui soutiennent l’autonomisation économique et sociale des jeunes filles et des femmes rurales de Fronan et Touro. Cependant, les femmes remplissent un devoir conjugal, maternel, familial et communautaire qui leur impose  une charge physique, mentale et émotionnelle,  empêchant leur contribution sociale et limitant les possibilités de leur propre épanouissement. L’analphabétisme constitue également une entrave à  l’autonomisation des femmes rurales.

Résumé
10 h 50
Participation des femmes au fonctionnement des exploitations agricoles du Bénin. Une approche qualitative de l’autonomisation des femmes dans l’agriculture
Yvette Onibon Doubogan (Université de Parakou - République du Bénin), Boni Florent TASSO (Université d'Abomey-Calavi)

Cette communication se propose d'analyser la participation des femmes au fonctionnement des exploitations agricoles du Bénin à partir d’une analyse qualitative de l’indice d’autonomisation des femmes dans l’agriculture. De nature descriptive et analytique, cette recherche s’appuie sur un échantillon raisonné composé de chefs d’exploitation agricole, de femmes, de dignitaires religieux, de jeunes et d’élus locaux, sélectionnés suivant la méthode des itinéraires dans les départements de l’Alibori et du Borgou, au Bénin. La recherche documentaire, les entretiens individuels approfondis et de groupes, ainsi que l’observation directe ont permis la collecte des données de terrain. Le corpus empirique a été traité à partir de l’analyse de contenu et des systèmes de représentations. La triangulation des données de terrain révèle que les femmes rurales du Bénin sont au cœur de la production agricole, et se démarquent des hommes par la spécificité de leur contribution axée sur l’endurance. Elles détiennent des connaissances et un savoir-faire spécifiques en matière de semences, de récoltes et de conservation des produits agricoles. Cependant, elles doivent faire face à la domination masculine dans le contrôle des ressources productives et des revenus. De même, la prégnance du système patriarcal favorise une infériorisation des femmes, très peu impliquées dans les instances de prise de décision d’une part, et entrave une meilleure gestion du temps des femmes d’autre part.

Résumé
11 h 10
Femmes dans les systèmes de production cotonnière au Nord Bénin: quel travail pour quel revenu?
Faridath Atchabi ABOUDOU (Université de Parakou/ Laboratoire d'Analyse et de Recherche sur les dynamique économiques et Sociale de la Faculté d'Agronomie), Michel FOK (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement(CIRAD))

En zone cotonnière, les femmes combinent les activités agricoles aux non agricoles pour sécuriser leurs revenus. Cette étude mesure la répartition du temps de travail des femmes entre les différentes activités et la part de revenu qu’elles en tirent. Les données sont collectées auprès de 320 exploitations des zones cotonnières avec des questionnaires spécifiques. L’influence du temps de travail sur l’importance du revenu est testée par une approche d’analyse des avantages comparatifs. Les résultats montrent que les journées des femmes sont longues, près de 17 heures en moyenne. Sur cette durée, les activités renseignées couvrent un peu moins de 13 heures, dont près de 10 heures pour les activités à dimension économique ou ménagère. Hormis les activités de ménage, tous les types d'activité ne sont pas exécutés par les femmes tous les jours du mois. Les femmes vont aux champs de leurs maris pratiquement six jours sur 10 suivis, contre moins de quatre jours sur 10 suivis pour leurs propres champs. La contribution moyenne des femmes est de 14,1 jours par hectare de champ de coton de leurs maris, en s'impliquant dans le semis, la récolte, le transport et le stockage. Les femmes s’impliquent également dans la transformation et le commerce des produits agricoles, les revenus issus de la transformation des produits agricoles et ceux de la vente des céréales sont les gains les plus importants. Les femmes externalisent une part importante du travail sur leurs propres activités.

Résumé
11 h 30
Le dioula comme langue des affaires et du commerce en Côte d’Ivoire : enjeu identitaire ou défaillance linguistique chez les femmes originaires du Nord de la Côte d’Ivoire : le cas du grand marché de Bouaké
Ano Jean-Louis ANO (Université Alassane Ouattara (Bouaké, Côte d'Ivoire)), Kouakou KOUAME (Université Alassane OUATTARA), Chantal Dali (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Bien qu’on en dénombre plus d’une soixantaine en Côte d’Ivoire, le dioula demeure la langue majoritairement usitée. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre, le dioula a une fonction véhiculaire dans les échanges courants de la société et notamment dans le commerce. Dans les marchés urbains et ruraux, les femmes d’ethnie dioula semblent l’imposer comme principal moyen d’achalandage. La question que nous nous posons alors est de savoir si l’usage du dioula comme langue des affaires et du commerce en Côte d’Ivoire est lié à un enjeu identitaire ou est-ce que ce phénomène est simplement le fait d’une défaillance linguistique chez les femmes originaires du Nord de la Côte d’Ivoire; autrement dit, est-ce qu’elles parlent dioula simplement parce qu’elles ne sont pas scolarisées? Notre questionnement et notre réflexion s’inscrivent dans une problématique plus large du positionnement des langues locales par rapport à la langue du colonisateur. Notre contribution met en lumière le rôle majeur que jouent ces femmes d’ethnie dioula dans la construction de la société ivoirienne et dans la cohésion sociale en général car la langue créé un lien social.

Résumé
11 h 50
Période de questions
Dîner
12 h 10 à 13 h 00
Dîner
Dîner libre
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
Après-midi
13 h 00 à 14 h 20
Communications orales
Genre, sécurité et démocratie en Afrique
Présidence/Animation : Alhassane Keita (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
13 h 00
Femmes et initiatives de paix en Casamance
Doudou Dièye GUEYE (Université Assane Seck de Ziguinchor - Sénégal)

En Casamance sévit un conflit de plus de trois décennies qui oppose le MFDC à l’Etat du Sénégal. Ce conflit est venu augmenter les souffrances des femmes casamançaises déjà très affectées par la pauvreté. C’est dans ce contexte que la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC) se mobilisera pour une paix durable dans une région meurtrie. Le conflit en Casamance a eu pour conséquences un recul des conditions économiques des femmes; il y avait donc nécessité pour elles de prendre leur propre destin en main. Pour ce faire, elles vont se positionner comme des actrices essentielles dans le processus de paix. Notre communication explore cette mobilisation strictement féminine en saisissant les dynamiques mises en œuvre et en proposant une analyse de cette mobilisation au niveau des pays riverains (Guinée-Bissau et Gambie). On s’intéressera aux diverses initiatives de la PFPC en décryptant les mécanismes qui ont favorisé son ouverture vers l’international. Y a-t-il un profil-type de leader pour les initiatives de mobilisation? Quels en sont les enjeux? Il nous sera ainsi donné de voir que, grâce à leur ancrage local combiné à leurs capitaux d’expériences biographiques, les femmes casamançaises parviennent à obtenir des résultats significatifs dans l’acquisition d’une paix définitive. Pour éprouver cette étude, il a été mené des entretiens auprès des femmes qui constituent la PFPC. Nous avons également exploité des mémoires d’étudiants de master 2.

Résumé
13 h 20
Égalité de genre et transition démocratique en Tunisie
Imen Ben Rejeb (Tunisie)

La présence des femmes a été un élément moteur dans l’évolution du processus révolutionnaire et démocratique. Tout au long de cette période, les femmes tunisiennes ont dû faire face à des défis importants dans la mesure où leurs acquis ont fait l’objet d’une dangereuse dérive. Partant de cet état de fait inédit, les femmes tunisiennes ont poursuivi leur combat pour la constitutionnalisation de leurs droits et la consolidation de leurs acquis. Il n’en demeure pas moins que le travail doit être poursuivi afin de rendre effectives les garanties constitutionnelles sur la base de la parité et de l’égalité des chances.

Résumé
13 h 40
Cartographie de l’espace loméen de la cause des femmes : alliances locales, régionales et internationales
Maude Jodoin Léveillée (UdeM - Université de Montréal)

À l’automne 2018, plusieurs associations de la société civile togolaise se sont regroupées au sein du Collectif « Non, c’est non » pour dénoncer les violences sexuelles perpétrées à l’égard des femmes. Un an après le mouvement #Metoo, ce collectif togolais s’inscrit dans une vague de revendications « féministes » et transnationales particulièrement d’actualité, qui démontre que les associations féminines constituent un lieu propice où observer différentes formes d’action collective et de luttes politiques, mais aussi d’alliances locales et transnationales. Cette proposition vise ainsi à esquisser la cartographie du réseau d’acteurs et d’associations loméennes actifs dans la cause pour les droits des femmes, mais aussi à rendre compte de leurs principales revendications et de la manière dont celles-ci s’insèrent dans des enjeux et des réseaux plus larges autant aux niveaux local, national qu’international. Les résultats proviendront d’une enquête ethnographique de 5 mois, réalisée à Lomé, combinant des observations et des entretiens semi-directifs et informels ainsi qu’une analyse textuelle de la littérature grise de 3 associations étudiées, une ressource encore sous-valorisée. La nature des liens noués entre ces associations militant pour les droits des femmes avec leurs consœurs loméennes, leurs bailleurs de fonds, les agences internationales de développement ainsi que des réseaux transnationaux de militantes à l’échelle régionale et du Sud globalisé sera explicitée.

Résumé
14 h 00
Période de questions
14 h 20
Pause
14 h 30 à 16 h 10
Communications orales
Les savoirs féminins dans les projets de développement selon le genre
Présidence/Animation : Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
14 h 50
L’implication des matrones de la région du Tonkpi dans la relance agricole et la résolution des problèmes de santé des enfants de moins de cinq ans
N'Nan Sarah KANE (Université Félix Houphouët-Boigny )

Dans la région du Tonkpi, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, plusieurs projets agricoles ont échoué en raison de l’attachement limité des populations à l’exploitation de la terre. Plusieurs cas de malnutrition  ont été enregistrés chez des enfants de moins de cinq ans. Or, dans cette région, les matrones du village sont les personnes les plus écoutées en ce qui concerne la santé des femmes et des enfants. Dans cette vision, ne serait-il pas important de susciter chez les populations, en particulier chez les femmes un regroupement en association agricole, en cultivant des aliments pouvant aider leurs enfants dans leur croissance? Pour ce faire, des guides d’entretien ont été administrés à trente (30) matrones, vingt (20) femmes enceintes,  deux (2) spécialistes en agriculture, et cinq (5) leaders communautaires. Il en ressort que plusieurs cultures vivrières et pérennes pourront être favorables à la zone. Aussi est-il nécessaire d’amener les groupements à investir dans la micro finance de la place pour une pérennisation de l’activité agricole groupée.

Résumé
15 h 10
De la prévention des grossesses précoces à la marginalisation éducative des filles-mères dans les écoles africaines: un enjeu de scolarisation à portée sexiste
Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Salmata Ouedraogo (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Dans la foulée du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM, 2016), l’appel lancé par l’UNESCO pour instaurer « une éducation universelle et de qualité pour tous » dans l’optique de « créer des avenirs durables pour tous » nous amène à questionner les alternatives éducatives offertes aux filles-mères qui souhaitent poursuivre leurs études dans les écoles africaines. D’après l’OMS (2018), près de 16 millions de filles de 15 à 19 ans et un million de filles de moins de 15 ans mettent au monde des enfants chaque année dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. En Afrique sudsaharienne, les statistiques sur le maintien des filles-mères dans le système scolaire sont très faibles et de nombreux pays éprouvent des difficultés à apporter des alternatives aux filles-mères sorties du système éducatif. Selon Human Rights Watch, malgré le fait que 26 pays africains aient adopté des politiques pour aider les filles-mères, soit en assurant leur maintien à l’école, soit en aidant leur retour aux études, «la mise en œuvre de leurs lois et de leurs politiques est souvent insuffisante et le suivi de la réinsertion des mères adolescentes dans l'éducation reste globalement fragile ». Notre contribution se base sur une revue de littérature et propose une analyse socioéconomique des inégalités scolaires. Ce faisant, une réflexion sur le raccrochage scolaire des filles-mères dans les systèmes éducatifs ne constitue-t-il pas un enjeu contemporain majeur de développement des pays africains?

Résumé
15 h 30
Les rapports sociaux de genre à l’aune de la spécialisation technique des femmes des médias au Burkina Faso
Lassané YAMEOGO (Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, Ouagadougou)

Cette recherche vise à saisir les rapports du genre au journalisme à travers une analyse des clivages sexués à l’œuvre dans la spécialisation technique des femmes des médias au Burkina Faso. S’appuyant sur l’idée que le genre est un construit social autour duquel s’organise et se réalise l’activité journalistique (Yaméogo, 2017), elle formule l’hypothèse que la division ou la dichotomisation des sexes masculin / féminin socialement construite dans la société se reproduit dans le champ médiatique. Le genre étant considéré comme le produit d’un processus de socialisation qui définit les rôles des deux sexes par des prescriptions de comportements, de normes et de valeurs sexués, l’assignation ou l’auto-affectation à des tâches techniques peuvent donner lieu à des inégalités genrées.

S’inscrivant dans la perspective de la sociologie du genre et de la sociologique du journalisme (Neveu, 2000), la présente communication tente de répondre aux questions suivantes : 1) La division sociale des sexes se traduit-elle et se reproduit-elle dans le champ médiatique, notamment dans les métiers techniques ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi? 2) Trouve-t-on des femmes dans les métiers techniques comme le montage, la prise de son, la photographie, le cadrage, etc.? Si oui, quels résultats fournissent-elles? 3) Les conditions féminines constituent-elles un obstacle à l’accès aux métiers techniques? Si oui, à quelles contraintes et à quelles formes de violence les femmes sont-elles exposées?

Résumé
15 h 50
Période de questions
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Avant-midi
08 h 40 à 12 h 15
Communications orales
Entrepreneuriat, activités économiques et autonomisation des femmes africaines
Présidence/Animation : Chantal Dali (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
08 h 40
L’émergence de l’entrepreneuriat féminin dans les processus de développement local: Quels facteurs à prendre en compte en milieu rural?
Chantal Dali (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Ayi AYAYI (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

L’objectif de cette communication est de mieux connaître les facteurs d’émergence de microentreprises féminines dans les processus de développement local en milieu rural ivoirien. À partir du processus de développement local de la sous-préfecture de Gadouan en Côte d’Ivoire, l’étude examine l’impact des capacités entrepreneuriales, du soutien du milieu et de la mise en œuvre d’une stratégie de planification qui favorise la participation des femmes sur l’émergence d’une dynamique entrepreneuriale féminine. Les résultats montrent que les capacités entrepreneuriales ont un impact important sur l’émergence de la dynamique entrepreneuriale féminine dans son ensemble. Par ailleurs, le soutien du milieu et la prise en compte du genre favorisent la participation des femmes à toutes les étapes du processus de développement local. 

Résumé
09 h 00
Analyse des enjeux et perspectives de l’entrepreneuriat féminin en Afrique : le cas des transformatrices de poissons dans le Delta du Saloum au Sénégal
Alhassane Keita (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Marie Fall (Université du Québec à Chicoutimi)

Le processus d’autonomisation à travers le renforcement de l’entrepreneuriat féminin constitue incontestablement l’un des défis majeurs pour le développement de l’Afrique car, toute politique de création de richesse donc de la croissance implique nécessairement la mise en exergue de la diversité et de l’inclusion. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat féminin connaît une nette progression en Afrique, cette prise de conscience certes lente des politiques publiques sur l’autonomisation de la femme est révélatrice de l’importance du rôle de celle-ci à tous les niveaux de la vie socio-économique. En effet, l’intérêt manifesté depuis ces quinze dernières années par les États africains et leurs partenaires au développement, ont eu pour conséquences, de promouvoir et de hâter le processus de conscientisation sur le droit des femmes à travers de nouveaux partenariats, l’accompagnement, les subventions des projets nationaux et régionaux le tout concourant au développement de l’entrepreneuriat féminin en Afrique.

Ainsi, notre communication consistera dans un premier temps, en une revue de littérature sur cette thématique socio-économique qui nous permettra d’analyser dans un deuxième temps, certaines dimensions de l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Dans la troisième partie de notre analyse, nous tenterons d’appréhender quelques défis et perspectives de l’entrepreneuriat féminin au Sénégal avec pour cas d’étude, les femmes transformatrices de poissons dans l’île du Delta du Saloum.

Résumé
09 h 20
Les déterminants de l’accès des femmes entrepreneures aux sources formelles de financement au Burkina Faso
PAULINE SODRE/COMPAORE (Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST/INSS)

Cette étude porte sur la problématique de financement de l’entreprenariat féminin au Burkina Faso. Son objectif est d’identifier les déterminants de l’accès des femmes entrepreneures aux sources formelles de financement. Les données utilisées sont collectées par le Ministère la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille (MFSNF) au Burkina Faso en 2014. Deux approches méthodologiques sont utilisées: une analyse descriptive et une analyse économétrique à l’aide d’un modèle Logit.

Les résultats, conformément aux hypothèses de l’étude, montrent que les caractéristiques propres aux femmes et à leurs entreprises déterminent l’accès aux sources formelles de financement.

En effet, l’âge, le capital humain, la connaissance des procédures d’accès aux sources formelles de financement liée au capital social des femmes, influencent positivement et significativement leurs chances d’accès aux sources formelles de financement. Quant aux entreprises, l’âge, le niveau de formalité, le secteur d’activité, la taille, la forme juridique, l’expérience d’une gestion non réussie et l’aspect géographique ont une influence significative sur l’accès au financement. Ainsi les caractéristiques des femmes et de leurs entreprises déterminent leur accès aux sources formelles de financement au Burkina Faso.

A la lumière de ces résultats, l’étude recommande des actions de politiques économiques à l’endroit de l’État, des institutions financières et des femmes entrepreneures.

Résumé
09 h 40
Entrepreneuriat féminin et renforcement de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Côte d’Ivoire
Djamilatou HAMADOU (GROUP EXPERT CÔTE D'IVOIRE (GECI)), Iraoki Issouf OUATTARA (GROUP EXPERT CÔTE D'IVOIRE (GECI)), Lamine KALLO (GROUP EXPERT CÔTE D'IVOIRE (GECI)), Amenan Nadia KOUADIO (GROUP EXPERT CÔTE D'IVOIRE (GECI))

En Côte d'Ivoire, la Constitution indique que « Le principe du quota d’au moins trente pour cent (30 %) de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics ». Dans la réalité, on retrouve les femmes beaucoup plus dans l’économie informelle que dans l’économie formelle. Malgré la sous-estimation de leur contribution économique, les femmes assurent la résilience de l’économie ivoirienne. La présence massive des femmes dans cette partie de l’économie où dominent les échanges personnels est aussi susceptible d’être le point de départ d’une démarche bottom-up de développement socio-économique. Ce qui nous amène à poser la question suivante: quel rôle jouent les femmes entrepreneures dans l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Côte d’Ivoire? Comment renforcer leur participation dans cette branche importante de l’économie nationale?

Nous argumentons le fait que les femmes ont une vision cor­recte de l’organisation économique de la société. Au-delà de la recherche de revenus ou mieux de gagne-pain, elles entre­prennent, quitte à développer un entrepreneuriat de subsistance, et constituent la base de la structuration de l’ESS en Côte d’Ivoire. Dès lors, nous proposons que les mécanismes institutionnels visant à renforcer l’ESS se fondent sur une approche d’entre­preneuriat féminin.

Résumé
10 h 00
Période de questions
10 h 20
Pause
10 h 35
L’entrepreneuriat des femmes en Afrique: le cas de la Plateforme de Femmes de Forêt Modèle de Campo-Ma’an (PLAFERCAM) au Cameroun
Christine Ntyam (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Depuis plusieurs décennies, les conditions de vie de la population rurale africaine se sont dégradées, en particulier celle des femmes. Ainsi, la problématique de l’entrepreneuriat se pose avec acuité dans le processus de développement local. Dès lors, les femmes de PLAFERCAM ont vu leurs conditions de vie améliorées à travers leurs rôles de stimulation des initiatives économiques ayant pour but d’atténuer les effets pervers de la pauvreté au sein des familles et des communautés. Si l’entrepreneuriat est reconnu comme un levier de croissance et de rayonnement pour les femmes, le nombre de celles intéressées par la dynamique de transformation de la société va croissant. À cet effet, ces initiatives et les actions d’accompagnement peuvent contribuer à la promotion socioéconomique des femmes et à la valorisation de leur statut social.

Rendre les femmes de PLAFERCAM autonomes et productives est une préoccupation majeure. Leur implication dans toutes les étapes du développement local s’avère importante, et devient une clef de succès incontestable dans une perspective de développement durable. Longtemps marginalisées, les femmes de PLAFERCAM tendent de nos jours à être prises en compte dans la mise en œuvre des mécanismes de croissance.

Comme résultat, PLAFERCAM a mis sur pieds des stratégies de développement telles que les micro-entreprises et peuvent avoir accès au crédit pour leur accompagnement. Toutefois, leur reconnaissance reste au centre de l’action collective.

Résumé
10 h 55
Entrepreneuriat féminin à Ouagadougou: figures de l’autonomisation (empowerment) et de l’émancipation économique des femmes
Bertin YAMEOGO (Université Laval)

Phénomène émergent, l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso reste mal aisé à cerner, en ce qui concerne sa contribution économique. Le nombre de femmes porteuses de projets est inférieur à celui des hommes, alors que les femmes représentent plus de 51 % de la population. Par ailleurs, mesurer la contribution des femmes entrepreneures bute de prime abord sur la rareté des statistiques. Plusieurs éléments désavantagent les femmes, notamment la division sexuelle du travail et les structures traditionnelles genrées. Ce travail repose sur une enquête engagée de mai à aout 2013 dans la ville de Ouagadougou. La communication s’appuiera sur les données obtenues dans le cadre de trois mois d’observation participante et de participation aux rencontres de l'organisation d’activités collectives, ainsi que sur des entretiens semi-directifs réalisés auprès d’une quinzaine de femmes entrepreneures.

Nous posons la question à savoir comment et en quoi la possession d’une entreprise permet-elle aux femmes de contribuer à leur émancipation économique à la fois au sein de leurs ménages et au sein de la société? Cette émancipation économique est-elle suffisante pour garantir l’autonomisation (empowerment) des femmes dans le contexte d’une économie fragile et des contraintes fortes qu’elles subissent? À travers leurs itinéraires, nous présenterons ces quelques figures, nées des combinaisons des habiletés personnelles et collectives et des capacités à saisir des opportunités.

Résumé
11 h 15
Place des femmes dans la commercialisation des fruits et légumes: cas de la ville de Niamey
Hassoumi DJIBO (Université Boubacar BA/ TILLABERI/NIGER), Abdoul Salam KORONNEY (Université de Tillabéri/Niger)

Quelle est la place des femmes dans l’approvisionnement de Niamey ? Cette question de recherche est secondée par l’hypothèse selon laquelle l’enclavement du Niger est un obstacle au développement du commerce de produits frais. L’objectif principal de cette étude est de démontrer l’implication des femmes dans la filière fruits et légumes de Niamey. Ce travail s’est intéressé à soixante (60) vendeuses et vendeurs dont une partie est composée de natifs de Niamey, une autre partie étant originaire de l’arrière-pays. Une démarche exploratoire a été privilégiée dans la réalisation de l'étude. Cette démarche est accompagnée d’une enquête au cours de laquelle un questionnaire est adressé aux différent-e-s vendeuses et vendeurs. Les résultats obtenus ont permis de montrer l’existence de trois circuits dans la filière fruits et légumes dans lesquels les femmes jouent un rôle prépondérant.

Résumé
11 h 35
Égalité des sexes, autonomisation économique des femmes: quels défis pour un développement durable au Maroc?
Wafaa SAJID ( Université Hassan II, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ain Chock Casablanca)

Les femmes sont actives dans tous les domaines, et notamment dans le domaine économique. Elles se retrouvent ainsi agricultrices, employées, entrepreneures, etc. Elles constituent le pilier de toutes les activités menées dans la société. Malgré cette place importante et ce grand rôle dans la société, les femmes restent quotidiennement assujetties aux tâches les plus lourdes et sont encore confrontées à toute une série d’obstacles qui les empêchent de jouer pleinement leur rôle potentiel. Ces obstacles constituent des freins à la réalisation du potentiel de développement du Maroc. L’adoption de mesures visant à combler les disparités fondées sur le genre pourrait générer des retombées profondes et durables. Une participation pleine et entière des femmes est en effet essentielle pour maximiser les ressources humaines. Plusieurs projets ont été mis en place pour l’autonomisation des femmes, s’inscrivant dans le Plan d’action sur l’égalité des sexes au Maroc (2016-2020) et dont le but est d’améliorer les conditions de vie et l’autonomisation socio-économique des femmes et des filles.

Il sera question ici d’explorer les différentes relations entre la dimension genre et le développement durable, d’examiner comment ces projets peuvent contribuer à l’égalité de genre et au développement durable, et de quelle manière l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes peuvent aussi jouer un rôle essentiel dans l’atteinte d’un développement durable.

Résumé
11 h 55
Période de questions
Dîner
12 h 15 à 13 h 00
Dîner
Dîner libre
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
Après-midi
13 h 00 à 14 h 20
Communications orales
La dimension sociale de la contribution des femmes africaines
Présidence/Animation : Agnès BADOU (Université d'Abomey-Calavi (Bénin))
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
13 h 00
Fardeau familial, silence social et politique: les femmes face aux soins à domicile des enfants handicapés au Bénin
Agnès BADOU (Université d'Abomey-Calavi (Bénin))

Dans un contexte marqué par la quasi inexistence de protection sociale dans la gestion du handicap à domicile, cette étude s’est intéressée au genre, à la production de soins et aux difficultés socioprofessionnelle, familiale et sanitaire rencontrées par les proches aidants des enfants handicapés. Il s’agit d’une étude qualitative faite d’observations, d’entretiens et d’études de cas. Les résultats révèlent que la majorité des proches aidants sont des femmes. Il leur incombe la charge psychologique, l’hygiène corporelle, le déplacement, la recherche de soins médicaux ou de thérapie spirituelle et traditionnelle, l’aide à l’alimentation et aux exercices de rééducation. Des conséquences sur la vie professionnelle, il s’avère que les proches aidants salariés se distinguent par un fort taux d’absentéisme. À la longue, les mères perdent leur emploi ou réduisent leur production pour se consacrer à l’enfant handicapé-e. Les proches aidantes sont limitées dans leurs loisirs et s’enferment dans la solitude réduisant ainsi leur cercle relationnel. Les conséquences sur leur santé sont également évoquées. Loin de vouloir encourager la sous-traitance des soins à domicile au profit des enfants handicapés, cette contribution jette un regard sur l’univers des proches aidants familiaux exclus de toutes les interventions et politiques en matière de prise en charge du handicap au Bénin et appelle à plus de solidarité et d’équité autour du handicap, qui demeure le fardeau de la femme seule.

Résumé
13 h 20
Penser le phénomène des fillettes placées, « petites bonnes » non salariées (vidomègon), au Bénin: aporie entre catégorisation sociale et/ou source de développement
Montserrat Fitó (EHESS, Paris - CIRCACIA, Cayenne)

La majorité des enfants placés non salariés du Bénin (vidomègon en langue fon) est actuellement de sexe féminin et d’origine rurale. Cette réalité semble faire consensus parmi les chercheurs tant nationaux qu’internationaux (Attenoukon et alii, 2010; Morganti, 2014; Hounyoton, 2017; etc.). D’après des enquêtes de terrain, nous analyserons la catégorisation sociale concernant ces domestiques et petites vendeuses au regard des mesures de développement endogène. Puis notre réflexion s’élargira aux concepts utilisés dans certaines politiques locales présentées à l’international comme relevant du développement durable (Fitó, 2009). Enfin, en un jeu de miroir, nous nous interrogerons sur le rapport entre ces deux logiques, montrant, depuis une perspective de dialogue entre la philosophie et les sciences humaines, la complexité inhérente à une pensée sur la place de ces femmes en  devenir dans le contexte analysé. De cette confrontation ressort l’aporie (contradiction, difficulté embarrassante à résoudre un problème) entre la catégorisation sociale des fillettes soumises au travail forcé et la lecture qui parfois est faite de leur contribution au développement économique de leurs tutrices ou patronnes et de leurs familles.

Résumé
13 h 40
Mendier pour la survie de la famille: l’exemple des « mères de jumeaux » dans les rues de Ouagadougou
Honorine Pegdwendé SAWADOGO (Université Laval)

La pratique actuelle de la mendicité par les « mères de jumeaux » serait-elle un accomplissement du rite culturel jadis prescrit? Pour comprendre les logiques de mendicité actuelle des « mères de jumeaux » dans la ville de Ouagadougou, nous avons identifié 198 « mères de jumeaux » sur 39 sites de mendicité et nous nous sommes entretenue avec 30 « mères de jumeaux » qui ont accepté de répondre à nos questions. Nos résultats montrent que la pratique de la mendicité est une conséquence de la précarité des revenus. En effet, de leur avis, la naissance de jumeaux vient bouleverser la vie quotidienne déjà précaire. La difficulté de combiner la garde des enfants avec d’autres métiers amène certaines femmes à abandonner leurs activités, qui constituent pourtant leurs seules sources de revenus.  Lorsque le problème de la santé et de l’alimentation des enfants se pose, elles se voient obligées d’aller chercher les ressources nécessaires aux besoins de leur progéniture. Mais, le plus souvent, la solidarité n’est plus agissante en milieu urbain et, sans recours, elles exposent leur misère à tout le monde à travers la pratique de la mendicité. La pratique de la mendicité par les mères de jumeaux semble alors davantage répondre à un besoin de survie qu’à un souci d’accomplissement d’un rite culturel.

Résumé
14 h 00
Période de questions
14 h 20
Pause
14 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Bilan critique de l’apport de la femme africaine au développement
Présidence/Animation : Marie Fall (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Discutant : Christine Ntyam (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0106
14 h 30
Conférence de clôture: Forces et opportunités des femmes pour leur pleine participation au développement des pays africains (exemple du Sénégal)
Son Excellence Madame Viviane Laure Elisabeth Bampassy (Ambassade de la République du Sénégal au Canada)
15 h 15
Discussion
16 h 30
Présentation d'ouvrage: ENTREPRENEURIAT FÉMININ ET DÉVELOPPEMENT AU BÉNIN - Préface du Pr John Igué
Yvette Onibon Doubogan (Université de Parakou - République du Bénin)

Les femmes constituent-elles un levier pour le développement des pays africains au sud du Sahara ? Si oui, à quelles conditions ? C'est à cette question que tente de répondre cet ouvrage qui porte sur un cas concret, en l'occurrence l'entrepreneuriat féminin au service de l'autonomisation des femmes et par conséquent du développement, dans le contexte particulier du Bénin. S'appuyant sur des éclairages théoriques et interdisciplinaires complémentaires renforcés par des enquêtes de terrain, il rend compte de la dynamique des femmes dans les différents segments de la vie économique.

Yvette ONIBON DOUBOGAN est maître de conférences en sociologie du développement et enseignante chercheuse à l'Université de Parakou au Bénin. Elle est coordonnatrice du Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie Appliquées (LaSoAA).


Broché - format : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 978-2-343-16057-3 • 7 mars 2019 • 186 pages 
EAN13 : 9782343160573
EAN PDF : 9782140115967 

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