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601 - La communication non verbale : recherches, enjeux et dialogues interdisciplinaires

Le mercredi 29 mai 2019

La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés qui obtiennent plus d’attention de la part d’une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Italie, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique et l’éthologie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Tant pour le grand public que pour le milieu professionnel, les sciences de la communication non verbale représentent une incroyable source de connaissances afin de favoriser la prise de décisions éclairées et le développement de meilleures pratiques sur divers enjeux liés, entre autres, à des questions de ressources humaines ainsi que de santé, d’éducation et de justice. Malheureusement, leur incidence dans la francophonie soulève des questions. En effet, le nombre de publications scientifiques en français par rapport à celles en anglais est négligeable. De plus, au Québec et en France, depuis quelques années, des techniques et des approches n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ont gagné en popularité auprès du grand public et du milieu professionnel. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les connaissances douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées et au développement de meilleures pratiques, mais, pendant ce temps, les connaissances scientifiques qui pourraient les favoriser sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie s’avère nécessaire et urgente.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UdeM - Université de Montréal
UdeM - Université de Montréal
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Avant-midi
08 h 45 à 09 h 35
Communications orales
Ouverture du colloque et première présentation keynote
Présidence/Animation : Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
08 h 45
Mots d'ouverture du colloque
Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal), Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal)
09 h 00
La reconnaissance des expressions faciales : des mécanismes visuels fondamentaux aux influences socioculturelles
Caroline Blais (UQO - Université du Québec en Outaouais)

La capacité à reconnaitre l’expression faciale d’un individu est cruciale pour l’humain, tant au niveau de sa survie qu’au niveau de son adaptation sociale. D’ailleurs, Darwin suggérait déjà, en 1872, que les mouvements faciaux effectués durant l’expression de certaines émotions (p.ex., la peur, la colère, le dégoût) ont évolué pour maximiser les chances de survie de l’humain. Encore aujourd’hui, cette proposition est d’actualité (Susskind et al., 2008), bien qu’elle soit aussi remise en question par plusieurs (Russel, 1994; Jack et al., 2012). Alors qu’une majeure partie des études dans le domaine de l’expression faciale a porté sur la caractérisation du signal émotionnel transmis par celles-ci, il importe aussi d’investiguer les stratégies développées par le système visuel pour arriver à décoder ce signal. Cette présentation explorera cette question sous différents angles. Nous verrons que les mouvements faciaux représentant le cœur d’une expression faciale n’ont pas tous la même importance pour le système visuel. Nous verrons aussi comment l’ajout de propriétés rendant une expression plus naturelle (p.ex. expressions dynamiques vs. statiques, expressions spontanées vs. posées) influence l’information utilisée par le système visuel. Finalement, nous discuterons de la façon dont les expressions faciales d’émotion de même que les stratégies de décodage du système visuel peuvent être influencées par l’environnement socioculturel dans lequel un individu se développe.

Résumé
09 h 40 à 10 h 40
Communications orales
Communication non verbale et psychopathologie
Présidence/Animation : Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
09 h 40
La communication non verbale et son intérêt dans l’étude de la psychopathie
Ingrid Demoly (UdeM - Université de Montréal)

En dépit de déficits émotionnels et interpersonnels, certaines personnalités psychopathiques semblent pouvoir s’engager dans des comportements prosociaux, apparaître dignes de confiance et ainsi occuper de hauts postes (Babiak et al., 2010; Gao & Raine, 2010; Lilienfeld, Watts, & Smith, 2015). Toutefois, les émotions étant cruciales à toute interaction sociale (Gross & John, 2003; Srivastava et al., 2009), un paradoxe réside entre leur pauvreté affective et leur capacité d’adaptation sociale. Fondées sur des modèles neurocognitifs, certaines théories stipulent que la communication non verbale constituerait l’essentiel de la capacité à interagir avec autrui (Gallagher, 2005, 2008). Encodés sous la forme de représentations mentales, les individus auraient accès à un répertoire de comportements non verbaux dont ils pourraient faire usage tant pour comprendre autrui que pour transmettre des informations ou des émotions. Les personnalités psychopathiques, elles-mêmes sensibles aux indices non verbaux d’autrui (Book, Costello & Camilleri, 2013; Dinkins, 2015), semblent accéder à de telles représentations qu’elles pourraient par ailleurs solliciter afin de communiquer un message émotionnel à leurs interlocuteurs. Dans cette perspective, la communication non verbale pourrait représenter un mécanisme d’adaptation sociale des personnalités psychopathiques, leur permettant de palier leurs déficits émotionnels et interpersonnels.

Résumé
10 h 00
Étude des effets du chien d’assistance sur les capacités de traitement des expressions faciales de l’enfant TSA.
Nicolas Dollion (UdeM - Université de Montréal), Marine Grandgeorge (Laboratoire Ethos, Université de Rennes), Nathalie Fontaine (UdeM - Université de Montréal), Dave Saint-Amour (UQAM - Université du Québec à Montréal), Anthony Hosein Poitras Loewen (Département de psychologie, Université du Québec à Montréal), Marcel Trudel (Département de psychoéducation, Université de Sherbrooke), Noël Champagne (Fondation MIRA), Nicolas Saint-Pierre (Fondation MIRA), Éric Saint-Pierre (Fondation MIRA), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)

La problématique des Troubles du Spectre Autistique revêt un enjeux sociétal important, avec 1 enfant sur 66 atteint au Canada. Bien qu’elle soit une pierre angulaire de nos compétences sociales, la capacité à traiter, reconnaitre et agir selon les expressions faciales d’autrui est déficitaire chez les enfants TSA (Trevisan & Birmingham, 2016). Il est considéré que ce déficit découlerait en partie d’une altération dans les stratégies visuelles d’exploration du visage (Pelphrey et al., 2002). De nombreuses études rapportent la présence de bienfaits de l’animal sur les habiletés psychosociales de l’enfant TSA (Berry et al, 2013). Il est notamment observé que la présence d’un chien au domicile est associée à une diminution des comportements problématiques et de la rigidité comportementale, ainsi qu’à une amélioration du développement socio-émotionnel de l’enfant (Carlisle, 2012; Grandgeorge, 2015). L’objectif de cette étude est d’investiguer si l’impact du chien d’assistance sur le développement socio-émotionnel de l’enfant TSA s’étend aussi à ses capacités de traitement des expressions faciales. Pour cela, un groupe d’enfants bénéficiaires d’un chien d’assistance Mira a été comparé à un groupe contrôle au cours d’une tâche informatisée de reconnaissance d’expressions faciales. Parallèlement à leur catégorisation d’expression, les mouvements oculaires des enfants ont été récoltés afin de déterminer si une différence dans les stratégies d’exploration visuelle est observable.

Résumé
10 h 20
Réactions émotionnelles faciales et liens avec les traits d’insensibilité émotionnelle chez des adolescentes
Nathalie Fontaine (UdeM - Université de Montréal), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)

Les personnes ayant des traits d’insensibilité émotionnelle élevés (p. ex., manque d’empathie, faible sentiment de culpabilité) sont enclines à avoir de la difficulté à traiter les expressions faciales d’émotions (Blair, 2005). Elles ont aussi tendance à faiblement réagir lorsqu’elles sont exposées à des signaux de détresse (p. ex., peur et tristesse) manifestés par les autres (Fanti et al., 2017). Ces caractéristiques sur le plan du traitement des émotions pourraient expliquer, du moins en partie, pourquoi les personnes ayant des traits d’insensibilité émotionnelle élevés présentent certaines difficultés dans leurs interactions sociales. Dans cette étude, nous avons examiné les liens entre les réactions faciales d’adolescentes (n = 200) alors qu’elles étaient exposées à des stimuli émotionnels et leurs scores de traits d’insensibilité émotionnelle. Les adolescentes ont effectué une tâche de reconnaissance des émotions pendant laquelle leurs réactions faciales étaient enregistrées. La tâche était composée de personnages virtuels animés démontrant de la joie, de la tristesse, de la colère ou de la peur (Cigna et al., 2015). Les réactions faciales des participantes ont été analysées à l’aide du logiciel FACET (iMotions, Inc.). Les résultats préliminaires suggèrent que les traits d’insensibilité émotionnelle chez les adolescentes sont associés à des expressions faciales réduites en réaction à des stimuli émotionnels. 

Résumé
10 h 50 à 12 h 10
Communications orales
Communication non verbale appliquée à la psychologie et à l’éducation
Présidence/Animation : Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
10 h 50
Mouvement des mains dirigé vers soi, que nous disent-ils lors d’une situation de provocation.
Florence Landry (University of Toronto), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal), Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal), Isabelle Ouellet-Morin (UdeM - Université de Montréal)

Dès leur premier article sur la communication non-verbal, Ekman et Friesen (1969) proposent que dans certaines circonstances le mouvement des mains dirigé vers soi pourrait révéler un haut niveau émotionnel. Depuis, ce comportement a été associé avec le stress, l’anxiété, les processus attentionnels, ou même le type d’information présentée (Troisi, 2002 ; Heaven & McBrayer, 2000). Le but de cette étude est de pousser notre compréhension de la présence et la fonction de ce comportement en caractérisant la relation entre le mouvement des mains dirigé vers soi, le stress perçu et les émotions perçues et vécues lors d’une tâche de provocation sociale élicitant des émotions négatives. La fréquence du mouvement des mains a été obtenue grâce à la codification de vidéos enregistrées lors de la tâche de provocation, alors que le stress et les émotions perçues ont été obtenus grâce à des questionnaires auto-rapportés remplis avant et après la tâche. Les émotions vécues ont quant à elle été obtenues grâce au logiciel FACET (iMotions, inc) qui a permis l’autocodification des expressions d’émotion faciale durant la tâche. Les résultats démontrent la présence et l’augmentation du mouvement des mains dirigé vers soi durant la tâche, et que cette augmentation est associée à moins de stress perçu après la tâche et à plus d’expression de tristesse durant la tâche confirmant que dans certaine circonstance ce comportement pourrait servir de stratégie d’adaptation pour gérer un état interne.

Résumé
11 h 10
La précision interpersonnelle : Un enjeu pour le stress et l’épuisement professionnel des intervenants exerçant auprès de jeunes en difficulté ?
Sylvain DUFOUR (UdeS - Université de Sherbrooke), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)

La précision interpersonnelle (PI) peut se définir comme la capacité à juger avec exactitude les émotions, traits, intentions et caractéristiques sociales d’une personne à partir des informations non verbales (Hall, 2011; Schlegel & al., 2017). Il s’agit, ici, d’étudier la nature des liens entre stress, épuisement professionnel et PI avant et après la passation d’un programme de bonification des stratégies de coping. Un total de 443 intervenants a rempli, à trois temps différents, des questionnaires mesurant ces construits: avant la passation du programme (T0), sept semaines (T1) et douze semaines après celui-ci (T2). Les résultats à T0 montrent des corrélations positives entre PI et deux dimensions de l’épuisement professionnel (épuisement émotionnel et déshumanisation). Des régressions multiples ont permis de constater que l’âge et la régulation émotionnelle jouent également un rôle. À T2, le programme a permis de diminuer le stress perçu des participants et les liens entre PI, épuisement émotionnel et déshumanisation ont disparu. Ces résultats indiquent que la PI peut être associée à un plus grand risque d’épuisement professionnel mais qu’il est nécessaire d’intégrer d’autres variables pour mieux comprendre les facteurs en jeu et ainsi adapter les interventions à venir. De plus, l’engagement dans un programme qui diminue le stress pourrait permettre de contrecarrer les effets potentiellement négatifs de la PI tout en préservant les atouts qu’elle confère.

Résumé
11 h 30
Miroir, miroir … me rends-tu heureux? La relation entre être perçu de façon juste, se sentir perçu de façon juste, et le bien-être
Marie-Catherine Mignault (Université McGill)

La transparence (être perçu de façon juste quant à sa personnalité) et le sentiment d’être transparent (se sentir perçu de façon juste) sont deux concepts connexes liés au bien-être (Human, Mignault, Rogers, & Biesanz, 2019; Reis, Sheldon, Gable, Roscoe & Ryan, 2000). À ce jour, ces deux concepts n’ont pas été examinés dans une même étude, ce qui soulève trois questions : 1) la transparence et le sentiment d’être transparent sont-ils liés, c’est-à-dire, les gens ont-ils conscience de leur propre niveau de transparence, 2) la transparence et le sentiment d’être transparent sont-ils des indicateurs indépendants du bien-être d’une personne, et 3) y a-t-il une interaction entre ces indicateurs pour prédire le bien-être, de sorte que l’augmentation concomitante de la transparence et du sentiment d’être transparent optimise le bien-être? En utilisant la méthode round robin(Kenny, 1994; N=544, Ndyades=2861), une association positive émerge entre la transparence lors de premières impressions et le sentiment d’être transparent. De plus, les résultats démontrent que ces deux concepts sont liés au bien-être indépendamment l’un de l’autre et n’interagissent pas de manière à prédire un bien-être plus élevé. Finalement, lorsque la transparence d’une personne est élevée, ses proches rapportent avoir une relation plus positive avec celle-ci. En somme, même si être perçu avec justesse et se sentir perçu avec justesse vont de pair, ces deux concepts ont des liens distincts avec le bien-être.

Résumé
11 h 50
Création et évaluation d'un bref programme d'amélioration des capacités empathiques auprès de futurs intervenants en relation d'aide
Chloé Béland (UdeM - Université de Montréal), Nathalie Fontaine (UdeM - Université de Montréal), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)

Être empathique avec leur client, souvent en difficulté, est une caractéristique des professionnels en relation d'aide (Wacker & Dziobek, 2016). Les intervenants seraient aussi parmi les professionnels les plus à risque d'épuisement professionnel (Felton, 1998), ce qui pourrait être lié au niveau d’empathie requis (Gleichgerrcht & Decety, 2013; Lamothe, Boujut, Zenasni, & Sultan, 2014; Tei et al., 2014; Thirioux et al., 2016). Une étude récente de Buchanan, Bagley, Stansfield et Preston (2012)suggère qu'un individu ayant de bonnes capacités d'empathie serait plus enclin à être contaminé par le stress des autres. Cette contagion émotionnelle peut être bénéfique si celui qui la reçoit sait comment gérer cette émotion. Lorsqu’un intervenant perd le contrôle de la contagion émotionnelle, il en résulte une détresse empathique (Wacker & Dziobek, 2016). Le développement de la précision interpersonnelle émotionnelle (PIÉ), c'est-à-dire la capacité à identifier les émotions des autres avec exactitude à partir de leur non verbal, pourrait être un moyen de freiner la détresse empathique. Des chercheurs se sont appliqués à l'entraîner avec succès chez les médecins (Blanch-Hartigan, 2012; Blanch-Hartigan & Ruben, 2013). Le but de ce projet est la création et l'évaluation d'un programme d'amélioration de la PIÉ auprès d'une trentaine d'étudiants en psychoéducation à l'Université de Montréal. Il est attendu que le programme améliore l'empathie et diminue le stress des participants.

Résumé
Dîner
12 h 10 à 13 h 30
Dîner
Pause-déjeuner
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
Après-midi
13 h 30 à 14 h 05
Communications orales
Deuxième présentation keynote
Présidence/Animation : Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
13 h 30
Mieux comprendre les expressions émotionnelles du jeune enfant autiste par un contexte stimulant : La Situation de stimulation de Montréal
Claudine Jacques (UQO - Université du Québec en Outaouais), Valérie Courchesne (Hôpital Rivière-des-Prairies), Laurent Mottron (Département de psychiatrie, Université de Montréal)

Des études rapportent que les enfants autistes expriment peu d’émotions positives et plusieurs émotions négatives (Macari et al., 2018). Toutefois, ces études privilégient souvent des contextes qui ne sont pas intéressants pour ces enfants (Hirschler‐Guttenberg, Golan, Ostfeld‐Etzion, & Feldman, 2015). Afin de contribuer à combler cette lacune, trente-sept enfants autistes et 39 enfants typiques ont été exposés à la Situation de stimulation de Montréal-SSM composée d’objets d’intérêt des enfants autistes et de périodes de jeu avec différents niveaux de directivité (Jacques et al., 2018). Leurs expressions émotionnelles ont été cotées en utilisant le logiciel Observer. Les résultats montrent qu’il n’y a pas de différences significatives entre les enfants autistes et les enfants typiques dans la fréquence, la durée et la proportion d’enfants qui expriment des émotions positives, négatives et neutres (p’s > 0,09). Les émotions positives étaient omniprésentes et les émotions négatives étaient rares dans les deux groupes. Uniquement chez les enfants autistes, des expressions émotionnelles ont été cotées comme « inconnues » (p < 0,001). Cette étude montre que, dans un contexte intéressant pour eux, les enfants autistes expriment beaucoup d’émotions positives et peu d’émotions négatives. De plus, cette étude souligne l’importance de mieux comprendre tout le répertoire émotionnel de ces enfants pour améliorer la qualité de la relation établie avec eux.

Résumé
14 h 10 à 15 h 50
Communications orales
Communication non verbale et intersectorialité
Présidence/Animation : Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
14 h 10
La compétence pathémique: une proposition préliminaire d’un modèle théorique d’une compétence non verbale émotionnelle et langagière
Matthieu JOSSELIN (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Mariane Gazaille (Département des langues modernes et de traduction, Université du Québec à Trois-Rivières)

La compétence pathémique est la capacité à adapter et réguler l’expression non verbale des émotions dans les interactions interpersonnelles, en fonction de la situation et des personnes présentes. Le développement de cette compétence influencerait positivement la qualité des relations sociales et la satisfaction de vie (Herndon et al., 2013). Cette compétence non verbale, foncièrement pragmatique, est peu documentée en sciences du langage et en sciences de l’éducation (Wagener & Gazaille, 2013; Matthews, 2014). Cette recherche interdisciplinaire vise à proposer un modèle théorique qualitatif décrivant les constituantes de la compétence pathémique et son fonctionnement. Des entretiens d’explicitation ont été menés auprès de participants adultes analysant leur propre comportement non verbal et affectif lors d’interactions interpersonnelles. Cette communication présente une proposition préliminaire de modèle de la compétence pathémique, issu des analyses par théorisation enracinée des entretiens (Luckerhoff & Guillemette, 2012). Les résultats préliminaires montrent différents types de conscience sociale et langagière autour de l’expression kinésique de l’émotion, qui permettent l’anticipation des effets interactionnels, la production d’énoncés faciaux intentionnels et l’entretien des relations interpersonnelles. Les résultats issus de cette recherche permettront d’éclairer les formations en non verbal et les projets de développement de la compétence pathémique chez l’adulte.

Résumé
14 h 30
L’observation du fond tonico-postural : une clé pour identifier la singularité expressive de l’individu
Nicole Harbonnier (UQAM - Université du Québec à Montréal), Geneviève Dussault (UQAM - Université du Québec à Montréal)

A l’issue d’une recherche au cours de laquelle nous avons croisé les observations de seize analystes du mouvement, experts pour moitié en Laban Movement Analysis (LMA) (Laban, 1994; Goldman, 1994) et pour l’autre moitié en Analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé (AFCMD), deux approches d’analyse du mouvement qui sont enseignées au niveau universitaire et pour lesquelles existe une certification professionnelle, nous avons élaboré un nouveau cadre d’observation-analyse du mouvement (OAM) (Harbonnier et al, 2016, soumis) qui nous permet d’intégrer les différents éléments fonctionnels et expressifs qui constituent la signature corporelle d’un individu. Parmi les trois sphères qui structurent l’OAM, on retrouve le Fond tonico-postural (Godard, 1990, 1992, 1994) qui inclut les composantes d’alignement corporel, de respiration, d’attitude (Trognon, 2016), de relation à la gravité et d’état tonique global du corps. Ce fond constituerait la toile, support expressif de tous les choix de mouvements de l’individu. Il se manifeste aussi de manière visible dans les zones d’intersection avec les deux autres sphères (Espace et Dynamique), à savoir les zones de l’intention, de l’engagement et de la coordination. À l’aide d’un exemple vidéo, nous partagerons le vocabulaire que nous avons développé dans l’OAM pour identifier les différents éléments observables de ce fond postural qui permettent de faire ressortir la singularité expressive de chaque individu.

Résumé
14 h 50
La communication non verbale des textes
Jesse SCHNOBB (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Véritable science hybride, la communication non verbale est issue de nombreuses disciplines, notamment : la psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, l’informatique, et l’éthologie. Ancrée dans le courant des études sur les sciences et les technologies, cette recherche souhaite bonifier l’éventail des sciences contribuant à la communication non verbale afin d’en augmenter la portée. C’est la Théorie de l’acteur-réseau (Latour, 2007) qui permet de réaliser une enquête d’anthropologie philosophique afin d’étudier la principale production scientifique : les textes. Ainsi, l’étude des signes textuels, la sémiologie graphique (Bertin & Barbut, 2005), permet de montrer avec un cas comment la construction d’instruments de collecte et d’analyse de données d’une méthodologie communique textuellement certains signes. L’agencement de ces signes par un auteur-chercheur communique sa représentation du monde, par exemple son rapport au temps. Parallèlement, la sémiologie graphique fait officieusement partie du continuum de formation universitaire. En ce sens, la trajectoire estudiantine passe obligatoirement par la maîtrise de la pratique scientifique ce qui inclut la sémiologie graphique. En mettant l’emphase sur la sémiologie graphique à travers la formation universitaire, les textes deviennent des moyens d’introduire les étudiants à la communication non verbale afin d’augmenter leur intérêt à l’étudier.

Résumé
15 h 10
Les expressions faciales de la douleur chez les chats : développement et validation de la « Feline Grimace Scale »
Marina Cayetano Evangelista (UdeM - Université de Montréal), Ryota Watanabe (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal), Vivian Leung (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal), Beatriz Monteiro (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal), Elizabeth O'Toole (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal), Daniel S.J. Pang (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal), Paulo V. Steagall (Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal)

Les expressions faciales ont été utilisées pour évaluer la douleur chez différentes espèces non verbales (Langford et al., 2010; Sotocinal et al., 2011; Dalla Costa et al. 2014). L'objectif notre étude était de développer et valider la « Feline Grimace Scale » (FGS). Trente-cinq chats appartenant à des clients et 20 chats contrôles (non douloureux) ont été filmés dans leurs cages pendant 6 minutes. Les chats douloureux ont reçu un traitement analgésique et ont été filmés une heure plus tard. Cinq unités d'action (UA) ont été identifiées à partir des images : position des oreilles, fermeture des yeux, tension du museau, position des vibrisses et position de la tête. Quatre observateurs ont évalué indépendamment 110 images de chats contrôles ou en douleur, à deux reprises à 30 jours d'intervalle, en utilisant les UA. Les scores FGS étaient plus élevés chez les chats douloureux que chez les contrôles. Une très forte corrélation avec un instrument validé pour l’évaluation de la douleur chez le chat a été observée, ainsi qu'une bonne fiabilité inter-observateur, excellente fiabilité intra-observateur et excellente cohérence interne. La FGS a détecté la réponse au traitement analgésique (les scores après l'analgésie étaient plus bas qu'auparavant) et un seuil pour l’analgésie a été déterminé (≥0.39/1.0). La FGS est capable de discriminer les chats douloureux de ceux qui ne les sont pas. Il s’agit d’un outil valide et fiable pour évaluer la douleur aiguë chez le chat.

Résumé
15 h 30
Approche automatisée pour l’étude de la communication non verbale chez les personnes âgées
Helmi Garraoui (ÉTS - École de technologie supérieure), Sylvie Ratté (Département de génie logiciel et des TI, École de Technologie Supérieure)

La communication non verbale joue un rôle important dans la transmission de messages chez tous les individus et en particulier chez les personnes âgées. Plusieurs travaux ont mis l’accent sur l’analyse des gestes à partir d’enregistrements filmés de conversations spontanées (Madeo, Wagner, & Peres, 2013). Toutefois, la plupart de ces études impliquent un codage manuel et, par conséquent, sont fastidieux, coûteux et souvent appliquées à de très petits échantillons. L’automatisation de ce processus peut être considéré comme une contribution importante. L’approche proposée vise à automatiser l’annotation des mouvements de la tête afin de fournir une alternative rapide et, ce faisant, à contribuer à une meilleure compréhension de la communication non verbale des personnes âgées. Pour atteindre cet objectif, trois techniques d'apprentissage machine, arbre de décision (DT), les plus proches voisins (PPV), machine à vecteurs de support (SVM) ont été utilisées pour annoter 3657 images extraites de conversations spontanées rassemblées dans un corpus appelé CorpAGEst (Bolly & Boutet, 2018). Notre approche montre comment des techniques automatisées pourraient être utilisées pour annoter des vidéos conformément à une norme. Celle-ci a réussi à couvrir tous les mouvements en respectant les standards développés par les experts (vérité terrain). Les techniques utilisées ont donné des taux de précision différents. Le SVM et le PVV avaient tous deux 93% de précision alors que le DT 68%.

Résumé
16 h 00 à 16 h 30
Panel
Discussion intersectorielle sur les enjeux de l’émergence des sciences de la communication non verbale dans nos sociétés
Présidence/Animation : Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal)
Participants : Sylvie Ratté (ÉTS - École de technologie supérieure), Nicole Harbonnier (UQAM - Université du Québec à Montréal), Caroline Blais (UQO - Université du Québec en Outaouais), Claudine Jacques (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
16 h 30 à 16 h 45
Communications orales
Fermeture du colloque
Présidence/Animation : Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.005
16 h 30
Mots de fermeture du colloque
Vincent Denault (UdeM - Université de Montréal), Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)