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536 - Récits de vie et savoirs : enquêtes narratives et procédés d’analyse

Du mercredi 29 au vendredi 31 mai 2019

Le récit de soi comporte une puissance qui conjugue les dynamiques de formation de soi et de compréhension du monde (Dominicé, 1990; Leray, 1995; Pineau, 2006). Par le passage de l’expérience au langage et le travail de mise en mots du vécu, des processus de compréhension de soi et d’intercompréhension biographique peuvent advenir, permettant de produire de nouvelles connaissances (Breton, 2017). Dans ce colloque, nous interrogeons les usages contemporains des récits de vie en situant leurs ancrages théoriques et en déployant des aspects méthodologiques afin de caractériser les effets de compréhension qu’ils génèrent à la fois chez les chercheurs et chez les sujets qui s’impliquent.

L’utilisation des récits de vie en sciences sociales et humaines à des fins de recherche est loin de s’épuiser si l’on considère l’élargissement et la multiplicité de son emploi dans différents champs. Initialement employés en histoire, en anthropologie et en sociologie (Gottschalk, Kluckhohn et Angell, 1945), ils le sont à présent dans d’autres domaines (psychologie, travail social, sciences de la santé, sciences de l’éducation, etc.). La diversité des applications touche les aspects méthodologiques de l’emploi des récits de vie et concerne aussi les ancrages théoriques qui les orientent (interactionnisme symbolique, phénoménologie, ethnométhodologie, herméneutique, entre autres) (Bernard, 2014; Breton, 2019; Finger, 1984; Legrand, 1992; Malet, 2000; Woods, 1990). Les personnes et groupes sociaux concernés par les récits sont également diversifiés et les objets théoriques sont pluriels : décrochage scolaire, résilience, incidents critiques, événement biographique, pour en nommer quelques-uns (Barrère, 2002; Bessin, 2009; Demba, 2012; Lani-Bayle et Slowik, 2016). Le colloque est l’occasion, par l’exposition de recherches provenant des champs de l’éducation, de la formation et de la santé, d’examiner, de caractériser et de mettre à jour : les protocoles de recherche mobilisant le récit dans une visée compréhensive; les procédés de catégorisation propres à l’analyse de contenu lors des enquêtes narratives; les effets de compréhension et les connaissances produites par les approches narratives et biographiques (Delory-Momberger, 2017; Poirier, Clapier-Valladon et Raybaud, 1996).

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Remerciements

Nous remercions l'Association internationale des récits de vie en formation et de recherche biographique en éducation (ASIHVIF), le Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) et l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) pour le soutien offert pour la réalisation de ce colloque.

Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
Université Laval
Université de Tours
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 30
Communications orales
Bienvenue
Présidence/Animation : Marie-Claude Bernard (Université Laval)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
09 h 20
Mot de bienvenue
09 h 30 à 10 h 30
Communications orales
Conférence d’ouverture
Présidence/Animation : Marie-Claude Bernard (Université Laval)
Discutant : Hervé BRETON (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
09 h 30
Émergence et devenir d’une approche interactive d’histoire de vie.
Gaston Pineau (UQAM - Université du Québec à Montréal), Carmen Poirier (retraitée)

À partir d’une co-réflexion des deux co- auteur.e.s – Marie-Michèle/Carmen Poirier et Gaston Pineau – de l’ouvrage Produire sa vie : autoformation et autobiographie, édité une première fois en 1983 et réédité près de 40 ans après en 2012, la communication présentera l’émergence et le devenir d’une approche interactive de construction d’une histoire de vie, associant chercheur et acteur. À côté des modèles biographiques et autobiographiques, cette approche interactive en formation vise à développer par le dialogue, un modèle dialogique de co-investissement des acteur.e.s impliqué.e.s dans les opérations d’énonciation et de travail sur l’énoncé d’une vie vécue à configurer et refigurer historiquement (Pineau, Le Grand, Les histoires de vie, PUF, 2019 pp. 96-103). La conférence est vue comme moment important d’une recherche-formation participative à long terme pour construire sa vie au cours du temps avec soi, les autres et les choses.

Résumé
10 h 20
Discussion
10 h 30 à 12 h 05
Communications orales
Session 1 – Enquêtes narratives : finalités, procédés et rapports aux savoirs
Présidence/Animation : Hervé Prévost (Université de Tours)
Discutant : Hervé Prévost (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
10 h 30
Pause
10 h 40
L’AUTOBIOGRAPHIE RAISONNÉE De la réflexion sur soi à la construction du lien social
Davide Lago (Université de Padoue (Italie))

Inventé par le sociologue français Henri Desroche (1914-1994) comme exercice d’entretien en profondeur, l’autobiographie raisonnée est devenue au fil des jours une pratique d’autoformation et d’orientation, avec des rétombées en termes de construction du lien social. Expérimentée à grande échelle dans les années 1970-80 au sein de l’Université coopérative internationale (Desroche, 1990 ; Pineau, 2014), cette pratique biographique connaît aujourd’hui des usages multiples et des applications nouvelles (Draperi, 2017). Néanmoins, elle demeure peu connue et ne semble trouver que lentement sa place dans l’ensemble des histoires de vie.

La présente communication s’articule sur trois volets. D’abord, l’autobiographie raisonnée sera observée dans son évolution historique, afin d’en devoiler les caractères originaires. Ensuite, nous montrerons qu’elle est susceptible de donner de la cohérence aux parcours de vie (Draperi, 2016), favorisant aussi le repère d’un fil rouge qui peut se deploier dans un projet de recherche-action. Enfin, nous verrons comment « elle permet d’analyser les rapports d’interdépendance entre le micro-niveau de l’histoire de la personne, le méso- niveau des organisations ou groupes dans lesquels elle s’est intégrée, et le macro-niveau sociohistorique » (Galvani, 2014), dans le cadre d’une dialectique continue entre formation personnelle et transformation sociale.

Résumé
11 h 10
L’enquête narrative, entre durée et détail
Hervé BRETON (Université de Tours)

L’enquête narrative en sciences humaines et sociales a pour spécificité de chercher à comprendre le vécu des personnes enquêtées en mobilisant les récits d’expérience. Une manière de différencier les régimes narratifs de cette enquête est d’en interroger les effets sur les modes d’appréhension des phénomènes expérientiels selon les échelles temporelles qui sont ciblés. Ainsi, entre l’enquête biographique – qui s’intéresse à l’expérience vécue dans la durée (parcours de vie, périodes de transition, moments apprenants) – et l’enquête micro-phénoménologique – qui procède par exploration et creusement d’instants très courts –, les procédés de guidance et les modes d’appréhension des phénomènes varient. L’enjeu de cette communication est de caractériser ces régimes narratifs, d’en formaliser les procédés, et de spécifier les types d’effets sur la production des connaissances scientifiques de chacun d’entre eux. Pour ce faire, différentes recherches seront présentées (conduites en contexte d’éducation thérapeutique ou de VAE), chacune d’entre elles ayant mobilisé l’entretien biographique et/ou l’entretien micro-phénoménologique. Entre exploration du vécu dans la durée et examen de l’expérience dans ses détails les plus fins, les effets et apports de l’enquête narrative en sciences sociales sont ainsi interrogés à partir des connaissances générées par les procédés de narration et de description. 

Résumé
11 h 40
Discussion
Dîner
12 h 05 à 13 h 30
Dîner
Dîner (déjeuner) libre
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
Après-midi
13 h 30 à 15 h 15
Communications orales
Session 2 – Enquêtes narratives : finalités, retombées et savoirs
Présidence/Animation : Hervé BRETON (Université de Tours)
Discutant : Hervé BRETON (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
13 h 30
Récits de vie intergénérationnels des entrepreneurs et des travailleurs immigrés : valeurs, motivation, esprit d'entreprise
livia cadei (université Catholique )

L'implication des nouvelles générations dans les engagements et les motivations familiales est sans aucun doute l'une des phases les plus délicates de l'histoire familiale, dans la mesure où les mêmes équilibres familiaux sont menacés. Un dicton populaire dit: "la première génération crée, la seconde maintient et la troisième détruit".

La recherche a pour but d’examiner les facteurs de motivation et d’investissement qui ont marqué les trajectoires de vie à la fois de sujets qui ont créé des entreprises et de ceux qui y travaillent après un parcours de migration.

L'étude vise en particulier à identifier les éléments récurrents, communs ou divergents dans les dimensions des valeurs, de la motivation, de la créativité et de l’orientation au risque dans la transmission intergénérationnelle soit dans les processus familiaux des fondateurs d'entreprises que des travailleurs immigrés, afin de définir les stratégies de transférabilité possibles et d’éducabilité.

La méthode narrative permettra de rassembler des histoires, d'accéder à des connaissances expérientielles et à des apprentissages se manifestant dans le monde du travail, dans la formation, au cours de la vie ; dès la mise en forme de l’expérience et de l’analyse, les acquisitions expérientielles et les cadres conceptuels ressortirons complexifiés.

Les entretiens permettront d’identifier dans les récits de vie les spécificités soit du mythe fondateur que du progéniteur à l’origine de la ligne migratoire.

Résumé
14 h 00
Les histoires de vie : levier de compréhension du cours de son existence
Hervé Prévost (Université de Tours)

Dans cette communication, je propose d’explorer la relation complexe entre l’expression de la vie et sa compréhension, entre l’expérience vécue et l’appropriation de connaissances, en prenant comme point d’appui ma recherche sur l’autoformation de jeunes adultes.

En 2005, ma thèse publiée sous le titre « Commencer à gagner sa vie sans la perdre » mobilisait les histoires de vie dans une recherche « académique » pour comprendre comment les jeunes adultes se forment. Elle a permis de montrer les articulations et les enchevêtrements entre vie professionnelle et personnelle, entre savoirs expérientiels et savoirs d’existence. Aujourd’hui, après une carrière professionnelle dans la formation des adultes, ma contribution à  l’animation du module « histoires de vie en formation » à l’université de Tours et  mon implication dans la vie de l’Association Internationale des Histoires de Vie en Formation je reviens sur ces expériences dans le but d’en tirer des enseignements.

Cette première mise à distance de mon parcours, mobilisant les histoires de vie, pose « les faits temporels vécus en première personne ». Ensuite, il s’agira d’appréhender, à partir de la relecture de mes derniers écrits autobiographiques, les thématiques et les savoirs à l’œuvre : ceci dans le but de mettre en lumière les questions posées par le récit, d’appréhender les visées d’existence et d’y puiser la force de nouveaux commencements.

Résumé
14 h 30
Discussion
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 20
Communications orales
Retour sur la conférence de Pineau
Présidence/Animation : Hervé BRETON (Université de Tours)
Discutant : Hervé BRETON (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
16 h 00
Mot de clôture
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Avant-midi
09 h 30 à 11 h 30
Communications orales
Session 3 – Examen et analyse de récits de vie : démarches, catégories et conceptualisation
Présidence/Animation : Hervé Prévost (Université de Tours)
Discutant : Hervé BRETON (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
09 h 30
Raconter sa vie en se reconnaissant vulnérables : apport des récits de vie de personnes atteintes dans leur santé
Marie-Claude Bernard (Université Laval), Emmanuelle Jouet (Laboratoire de recherche GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences), Luce Assad (Organisme communautaire en santé mentale)

L’emploi des récits de vie en recherche-action-formation daterait d’une quarantaine d’années tant en sciences de l’éducation qu’en éducation thérapeutique. Dans les deux domaines, les récits de vie sont considérés comme des formes de construction de savoirs qui travaillent sur le sens que les acteurs donnent à leur parcours de vie, à leur vécu. Le passage par le récit permettrait de structurer le vécu et favoriserait sa compréhension à la fois par la personne qui met en mots son récit et par celles qui le reçoivent.

Dans cette communication, nous présenterons l’analyse de matériaux narratifs recueillis auprès de quatre personnes en rétablissement en santé mentale. Les trois aspects suivants : réflexivité, résultats du partage du récit ou du témoignage, et apprentissages tirés de l’expérience, feront l’objet d’une analyse croisée avec quatre autres récits recueillis auprès de membres d’une association de patients en rhumatologie. La visée de l’analyse croisée est de comprendre le rôle de la mise en récit dans le positionnement de «redevenir auteur» de sa propre vie (reauthoring) et dans la reprise du pouvoir d’agir (empowerment) des sujets tout en tenant compte de l’écart éventuel entre sphère psychique et sphère somatique. Nous chercherons également à cerner la notion de vulnérabilité tout en valorisant les savoirs des personnes blessées/atteintes dans leur santé et la reconfiguration que cela induit dans les relations avec le système de soin et leur professionnel.

Résumé
10 h 00
Récits de vie d'enseignants de l'école primaire et démarche inductive de construction conceptuelle : l’exemple de l’éducation à la vie au Japon
Sunami Inoue (Université de Strasbourg)

Au Japon, depuis les années 2000, on observe chez les écoliers des problèmes sur les plans psychologique et social se manifestant de plusieurs façons : faible estime de soi, refus d’aller à l’école, tendance dépressive et suicide notamment à la suite d’expériences de violence à l’école. C’est dans ce contexte que ce qu’on appelle l’éducation à la vie se développe en prônant et en enseignant le respect de la vie – se respecter, puis respecter les autres.

Un des objectifs de cette recherche – effectuée dans le cadre de mon doctorat – consistait à mieux comprendre ce qui amène les enseignants à s’engager dans l’éducation à la vie, tout en examinant le lien avec leur histoire personnelle et leurs expériences professionnelles. S’appuyant sur la stratégie globale de la grounded theory, plus techniquement sur l’analyse des données qualitatives proposée par Miles et Huberman, 14 récits de vie ont été examinés et analysés non seulement en tant qu’étude de cas mais aussi en vue de la construction conceptuelle.

Ce travail m’a permis d’identifier trois éléments conduisant l’enseignant à pratiquer l’éducation à la vie : l’amour pour les élèves, la responsabilité à leur égard, et la conviction pour exercer ce métier. Enfin, je conclus que les deux dernières catégories rejoignent respectivement l’éthique de la responsabilité et l’éthique de la conviction, selon les conceptualisations opérées par Marx Weber.

Résumé
10 h 30
Approche biographique en recherche-formation Pratique décoloniale en contexte d’injustice épistémique
Jeanne-Marie Rugira (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Diane LÉGER (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

 Cette communication propose d’examiner la contribution des approches biographiques et narratives au courant des études décoloniales dans les contextes culturels et géopolitiques actuels. Au moment où nos cercles académiques ne cessent de s’internationaliser, il importe de constater que « Le temps de l’accueil d’étudiants étrangers à formater selon les critères de la pensée universaliste occidentale est révolu » (Maesschalk, 2015, p.10). Il devient alors important de désenclaver nos modes de pensée, nos pratiques à la mesure de la transculturalité des publics qui habitent nos cités et fréquentent nos institutions de formation et de recherche.

En autorisant le sujet à revenir sur les expériences de sa propre existence, les approches biographiques posent un acte formateur (Dominicé, 1990; Josso, 2000), de transformation du sujet (Rugira, 1995), de production et de partage de savoirs émancipateurs (Finger, 1984). En misant sur la primauté du sujet et de son expérience, sur le dialogue intersubjectif et la revalorisation des savoirs locaux, une telle démarche constitue en soi une forme de désobéissance épistémologique et une avancée vers plus de justice épistémique. Les approches narratives opèrent ici le renversement que propose Grosfoguel (2013), soit de nous extraire du mythe universaliste où le sujet qui pense reste toujours caché, recouvert et effacé de l’analyse et de sa localisation dans les relations de pouvoir et dans son rapport à l’épistémologie.

Résumé
11 h 00
Discussion
Dîner
11 h 30 à 13 h 00
Dîner
Dîner (déjeuner) libre
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
Après-midi
13 h 00 à 14 h 40
Communications orales
Session 4 – Enquêtes narratives et articulations méthodologiques innovantes
Présidence/Animation : Marie-Claude Bernard (Université Laval)
Discutant : livia cadei (université Catholique )
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
13 h 00
Contribution des récits de vie d’élèves du secondaire à une étude sur les représentations des violences scolaires au Cameroun
IBRAHIM GBETNKOM (Université Laval)

Avant leur utilisation en sociologie et plus tard, en éducation, les récits de vie ont été une voie concurrente aux méthodes quantitatives pour éclairer les problématiques diverses en sciences sociales. Selon cette approche, les individus cessent d’être de simples « unités statistiques », devenant ainsi des acteurs qui donnent sens à leurs expériences (Passeron, 1999). C’est cette approche que je compte déployer pour étudier les violences scolaires à travers les représentations d’élèves, d’enseignantes et enseignants et des parents d’élèves du secondaire au Cameroun. Relevant des méthodes qualitatives, les récits de vie pourraient accorder un intérêt particulier aux discours des membres de la communauté éducative, à la manière dont ils comprennent les violences auxquelles sont exposés les élèves dans le cadre de leurs interactions.  En s’appuyant sur des écrits de référence autour des récits de vie, cette intention de communication vise à démontrer le bien-fondé du choix des récits de vie d’élèves, d’enseignantes et enseignants et des parents d’élèves dans la (dé)construction du sens qu’ils donnent aux violences scolaires que subissent les apprenants. En tenant compte du contexte socioculturel, le concept de « l’arbre à palabres » développée par Leray et Hamey-Warou (2014) sera mobilisé comme support opérationnel de cette méthode. Le cadre théorique choisi est celui de l’interactionnisme symbolique qui suggère que le sens se construit dans l’interaction (Goffman, 1974).

Résumé
13 h 30
La méthodologie heuristique d’inspiration phénoménologique au service d’une recherche autobiographique sur l’expérience de conversion au contact de la joie
Jean-Philippe Gauthier (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Cette communication est inspirée d’une recherche doctorale en sciences sociales (Université Fernando Pessoa, Porto) réalisée au carrefour de la psychosociologie (Lhotellier, 2001; Pilon, 2003, de Gaulejac, 2009; Gauthier, Lapointe, Léger et Rugira, 2013) et de la psychopédagogie perceptive (Bois, 2009, 2006; Bois et Austry, 2007; Berger, 2006). De type autobiographique (de Villers, 2011; Gomez, 2013; Pineau et Marie-Michèle, 2012) j’avais l’ambition de m’appuyer sur une expérience vécue et incarnée de conversion au contact de la joie pour tenter de répondre à la question : « En quoi et comment un chemin d’exploration et de compréhension d’une expérience de conversion au contact de la joie permet-il d’identifier et de systématiser les enjeux et les défis du processus d’accompagnement d’un tel phénomène? » Je souhaite présenter quelques principes et attitudes d’une méthodologie heuristique d’inspiration phénoménologique (Craig, 1978; Moustakas, 1990) ainsi que la place de la métaphore (Wunenburger, 2000) comme événement de la compréhension qui m’ont permis d’arpenter cette recherche autobiographique et d’explorer une expérience intime tout en produisant des savoirs contextuels mais partageables.

Résumé
14 h 00
Discussion
14 h 30
Mot de clôture
Soir
17 h 30 à 19 h 00
Cocktail
Souper en ville
Batiment : Extérieur du site du congrès
Local : Extérieur du site du congrès
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Session 5 – Enquêtes narratives du point de vue des sujets qui « mettent en mots » leur parcours de vie
Présidence/Animation : IBRAHIM GBETNKOM (Université Laval)
Discutant : Hervé BRETON (Université de Tours)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : C1309
09 h 00
Raconter son parcours de vie dans une démarche de développement professionnel dans l’enseignement au secondaire : bilan d’une expérience d’apprentissage
Isabelle Lavoie (Université Laval)

Dans une démarche de développement professionnel, la « mise en récit de soi », selon l’expression de Niewiadomski et Delory-Momberger (2013), a contribué à la compréhension de mon parcours en tant qu’enseignante de biologie (sciences et technologie) au secondaire. La démarche entreprise a consisté à raconter à rebours mon récit de vie en mettant l’accent sur mon parcours d’enseignante. Cette mise en récit a une portée réflexive importante qui va au-delà de la sphère professionnelle touchant aussi celles personnelle et familiale. L’analyse de cette expérience, articulée aux éclairages théoriques proposées plus particulièrement par Pineau (1984) et Dizerbo (2017), a permis de relever, notamment, le sens de mon parcours de vie dont la bienveillance a émergé comme une constante. Ce travail met en exergue que la réalisation d’un récit de vie peut aider à comprendre le développement professionnel enseignant comme une construction au fil des ans (Dominicé, 1990), à donner un sens au cheminement et peut être un outil fécond dans une perspective d’« éducation tout au long de la vie » (Hess, 2016). 

Résumé
09 h 30
Trouver la voi(e)(x) : l’auto-récit radiophonique
Melissa Plet-Wyckhuyse (Radio Campus Tours)

Un atelier d’écriture à l’École de la Deuxième Chance Val de Loire devient une émission de radio sur la radio étudiante, Radio Campus Tours. La voix ainsi portée, anonyme, s’adressant à des anonymes, fait de la radio un outil de soin. Raharimanana fut journaliste à RFi; en tant qu’auteur, il intervient à l’École de la Deuxième Chance dans le cadre d’ateliers d’écriture poétique. Les objectifs, pour les stagiaires, sont de dompter l’expression écrite et orale, de dire et dépasser par l’écrit certains passages difficiles de leurs parcours personnels. Ils viennent de pays différents, n’ont pas tous la même maîtrise de la langue française. La langue poétique permet de transcender ces obstacles.

Ayant déjà été interviewé dans mon émission Le Dahu, il me sollicite pour avoir un pendant sonore de son atelier, et pour permettre aux stagiaires de découvrir ce qu’est une radio associative locale, étudiante, porteuse d’un agrément jeunesse et éducation populaire; un média duquel ils pourraient être acteurs.

Cette expérience suscite quelques questions : Comment le cadre sécurisant du studio radio devient-il un lieu de réparation de soi? Comment le média radiophonique peut-il s’inscrire dans une démarche d’art-thérapie? Comment une démarche d’éducation aux médias peut-elle avoir une dimension soignante à l’échelle personnelle et à l’échelle de la société? Comment s’hybrident des compétences de soignant et de journaliste? L’éclairage des récits de vie permettrait de les approcher.

Résumé
10 h 00
Discussion
10 h 30
Plénière
11 h 30
Mot de clôture