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433 - De la gestion personnelle des informations à la gestion des connaissances : analyser les niveaux individuels, collaboratifs et institutionnels de la gestion de l’information

Du jeudi 30 au vendredi 31 mai 2019

La gestion de l’information et son organisation sont des enjeux contemporains majeurs pour les individus et les collectifs évoluant dans un univers informationnel de plus en plus complexe. Ceux-ci sont confrontés à un nombre croissant d’informations fragmentées entre différents dispositifs techniques et différents contextes (vie professionnelle, familiale, de loisirs) et doivent déployer d’importants efforts de gestion et d’organisation pour arriver à leur donner un sens et à mener à bien leurs projets.

Dans la littérature scientifique sur la gestion de l’information, différents niveaux d’analyse ont été développés :

● La gestion personnelle de l’information qui s’intéresse aux pratiques individuelles de gestion de l’information, en prenant en compte l’ensemble des activités que les individus mettent en place pour acquérir, créer, enregistrer, organiser, maintenir, utiliser et partager l’information afin d’atteindre leurs objectifs et de remplir leurs différents rôles, aussi bien dans un contexte privé que professionnel.

● La gestion collaborative de l’information qui s’intéresse aux mécanismes de gestion, de partage et d’organisation des informations développés par les individus pour soutenir les activités d’équipes et de groupes restreints.

● La gestion professionnelle de l’information et des connaissances qui s’intéresse à la manière dont les professionnels de l’information (par exemple, archivistes, bibliothécaires, documentalistes, experts en communication) travaillant au sein des organisations mettent en place des systèmes de gestion institutionnalisés et uniformes des informations afin de garantir le transfert et la pérennité de celles-ci au-delà des individus qui composent ces organisations.

Une approche multiniveaux et interdisciplinaire pourrait donc se révéler bénéfique dans plusieurs secteurs (par exemple, éducation, informatique, communication, archivistique, administration) en leur permettant d’analyser les liens entre pratiques individuelles, collectives et institutionnelles de gestion de l’information. Cette approche semble d’autant plus importante que la capacité à gérer l’information est un processus crucial pour l’épanouissement personnel des individus (par exemple, gestion des finances, de la santé, développement de la créativité), pour le développement du travail en équipe (par exemple, partage d’espaces d’information, rédaction en commun de documents) et pour le bon fonctionnement des organisations (par exemple, gestion des archives, transfert des connaissances). Cette approche complexe de la problématique de la gestion de l’information nécessite un travail de mise en réseau et de connexion des expertises auquel ce colloque propose de contribuer en réunissant à la fois étudiants, chercheurs et professionnels de l’information et de la communication.

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Remerciements

Les responsables de ce colloque souhaitent remercier le centre de recherche information, droit et société (CRIDS) de l'Université de Namur et l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal pour leur soutien dans l'organisation de cet événement

Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université de Namur
UdeM - Université de Montréal
UdeM - Université de Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 15
Communications orales
Ouverture du colloque
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15 à 10 h 45
Communications orales
Données, structures, intelligibilité (1)
Présidence/Animation : Dominique Maurel (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
09 h 15
Le constructivisme numérique pour penser l’Open Science
Lise Verlaet (Université Paul Valéry - Montpellier 3)

Nous observons depuis près de deux décennies des dynamiques liées aux démarches ouvertes ("Open") œuvrant à rendre la recherche scientifique, depuis les données jusqu'aux résultats d'analyse, accessible dans le cadre d'une société apprenante et intégrant une dimension collaborative entre les chercheurs de différents organismes. La science ouverte consiste aux partages de connaissances le plus souvent en libre accès avec des acteurs pluriels (universitaires, citoyens, entreprises, industriels…), aux motivations tout aussi diverses, réunis par des centres d’intérêt communs voire des problématiques similaires. Au-delà du partage de connaissance, l’objectif réside dans une forme d’économie contributive (Stiegler, 2015) par innovation interne, via l’intelligence collective (Lévy, 2013) des acteurs concernés.

S’il est important de penser les techniques qui vont contribuer à la science ouverte, il est de notre point de vue indispensable de considérer l’open science comme un projet de connaissance (Le Moigne, 2003) qui doit prendre en considération l’ensemble de l’écosystème scientifique. Il s’agit également de penser l’interdisciplinarité et donc de déterminer les objets et thématiques de recherches communs pour les mettre en interaction et de rendre les données issues des différentes disciplines interopérables afin de former un tout permettant de faire émerger de nouvelles inférences.

Résumé
09 h 45
La donnée, l’ingénieur et le chercheur : gérer l’information scientifique avec les bases de données, un défi collaboratif
Pauline Lefebvre (MNHN), Frédérique Chlous (Muséum National d’Histoire Naturelle), Cécile Callou (Muséum National d’Histoire Naturelle), Serge Cohen (Muséum National d’Histoire Naturelle)

Alors que l’open science se développe, la gestion des données de la recherche n’est pas uniformisée. En utilisant les méthodes de la socio-anthropologie, l’objet de cette étude est de comprendre les freins au partage de l’information scientifique dans l’utilisation des bases de données entre les chercheurs entre eux et la société civile. La structuration des communautés de recherche est analysée à différents niveaux, individuels, collaboratifs et institutionnels, en termes disciplinaires et professionnels, de concepteur et d’utilisateur. Ces interactions génèrent des frictions, traduites en négociations, permettant ainsi la production de nouvelles connaissances. L’étude porte sur quatre projets de bases de données sur les matériaux anciens. Des entretiens et des observations sont menés et des objets grapho-numériques, compris comme des objets intermédiaires, sont également collectés. Il n’existe pas de simple reproductibilité lors de la création d’une base de données, car chacune connaît un paradigme différent selon la nature des informations qu’elle détient et produit, ce qui rend son acceptabilité difficilement prévisible. L’information scientifique est stratégique et sa gestion requiert des compétences spécifiques dont la transmission reste partielle. La base de données vit par ses utilisateurs et leur détermination à en faire un vecteur de communication. Les collaborations interdisciplinaires sont en effet moins importantes après la création de la base de données.

Résumé
10 h 15
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Données, structures, intelligibilité (2)
Présidence/Animation : Sabine Mas (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
10 h 45
Gérer ses références bibliographiques en classant et en étiquetant: une étude exploratoire de la gestion des informations personnelles par des chercheurs en sciences sociales
Pierre Fastrez (Université Catholique de Louvain), Jerry Jacques (Université de Namur)

Les recherches sur le Personal Information Management (PIM) étudient depuis longtemps les pratiques d’organisation de collections d’informations pour aider la conception d’outils de gestion de ces collections. Nous présentons les résultats d'une ethnographie cognitive exploratoire des pratiques de PIM de cinq chercheurs. Dix entretiens semi-directifs ont été réalisés (deux par informant, à trois ans d’intervalle), incluant une “visite guidée” de leur environnement de travail numérique. Nous examinons ici comment ces chercheurs s’approprient le classement par dossiers et par étiquettes (tags) dans leurs gestionnaires de références bibliographiques (Zotero et Mendeley).

Notre cadre théorique sémio-cognitif décrit les relations entre leur activité informationnelle, les propriétés techno-sémiotiques des logiciels qu’ils utilisent, et leurs modèles conceptuels de ces outils. Ces modèles sont autant de réseaux d'intégration conceptuelle multi-niveaux intégrant différentes métaphores conceptuelles, et jouant un rôle de médiation entre les affordances des outils et les activités qu’ils soutiennent.

Les usages différenciés des dossiers et des étiquettes que nos informants développent illustrent comment ils créent, modifient et coordonnent des représentations externes qui rendent l'organisation conceptuelle de leur travail perceptible, structurant ainsi leur activité. Nos résultats suggèrent des recommandations pour la conception de futurs outils de PIM.

Résumé
11 h 15
La data-littératie comme condition d'agencement des intelligences collectives de la captologie citoyenne : cas du collectif Ambassad’Air.
Béatrice Arruabarrena (DICEN CNAM IDF Paris), Anne BERTHINIER-PONCET (CNAM - Conservatoire national des arts et métiers), maryse carmes (Conservatoire national des arts et métiers)

Alors que se déploient au niveau mondial des dispositifs de "métrologie distribuée", nous proposons d’examiner les conditions de développement de la captologie citoyenne au prisme de ses dimensions sociocognitives et des apprentissages collectifs liés. La data littératie de type "participative" s'envisage ici selon les approches sociotechniques et la sociologie pragmatique. Notre terrain d'observation est le collectif Ambassad’Air à Rennes : conception de capteurs et analyse de données à l'échelle de l'habitat (pollution interne et externe). Nous montrons la nécessité (et les difficultés) du passage d'un mode de simple collecte des données à l'extension des moyens (distribués) de leur exploitation par les habitants. Au regard des enjeux de la transition écologique, le défi technopolitique est alors de favoriser la dissémination de ces moyens de "physicalisation des données" et d’interprétation de celles-ci en s’appuyant sur des configurations favorisant « des métrologies alternatives » (non expertes) selon des modes sémiotiques et d'accompagnements différents. Cette recherche interroge également le positionnement des fablabs en tant qu’intermédiaires de connaissances par rapport aux autres instances impliquées dans la mesure de la qualité de l'air. La data littératie se présente ici comme condition de développement de compétences instrumentales, comportementales mais aussi réflexives (filtrage, catégorisation, modélisation collective, mise en débat…).

Résumé
11 h 45
Journalisme de données : gestion collaborative de sources massives d’information
Bruno DAVID (Université Toulouse 3 Paul Sabatier)

Le projet de cette communication est d’explorer les formes de gestion collective de données massives à l’œuvre dans le domaine du data journalism (Parisie, 2011 ; Cardon, 2011). Nous étudierons des exemples de coopérations internationales mises en œuvre pour exploiter, à l’aide de technologies informatiques partagées, de profondes bases de données. 

L’affaire des « Panama papers », énorme scandale d’évasion fiscale, a fédéré 370 journalistes issus de 109 médias du monde entier pour travailler sur 2,6 teraoctets de données traitées, 11,5 millions de documents accumulés. Elle nous permettra ici de questionner l’émergence de formes singulières d’agencements de travail collectif à la croisée du monde du développement informatique (la programmation, la gestion de bases de données, les logiques algorithmiques…), de la mise en forme visuelle des données (datavisualisation) et des techniques d’investigation du journalisme traditionnel. Le mouvement de fond du Big Data qui progresse via les inter-connexions des innombrables bases de données produites par les systèmes informatiques mondiaux, ouvre ainsi de nouvelles perspectives de productions journalistiques en faisant évoluer les pratiques professionnelles orientées sur la gestion de sources d’information partagées.

J’appuierai ce travail sur des d’entretiens conduits auprès de journalistes membres de l’ICIJ et sur l’analyse de propos réflexifs de journalistes (tirés d’un corpus de 600 articles de presse) impliqués dans le consortium.

Résumé
Dîner
12 h 15 à 13 h 45
Dîner
Repas de midi (libre)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
Après-midi
13 h 45 à 15 h 15
Communications orales
Gestion de l’information au sein des organisations (1)
Présidence/Animation : Lise Verlaet (Université Paul Valéry - Montpellier 3)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
13 h 45
Pratiques d’informations organisationnelles dans le contexte du bâtiment
Bruno Chaudet (Université Rennes 2)

Cet article se propose de rendre compte d’un travail d’observation mené pendant une année auprès des acteurs impliqués dans des processus de conception, de réalisation et de gestion des logements menés à l’aide de ce qu’il est convenu d’appeler le BIM. Le BIM, pour Building Information Model/Modeling/Management renvoie à un ensemble d’outils-méthodes (Hémont, Mayère, 2014)  visant à équiper les organisations qui oeuvrent dans le secteur du bâtiment. Le BIM se matérialise notamment par la co-construction d’une maquette numérique et des informations associées. L’objectif est d’améliorer la coopération et la coordination entre tous les acteurs du processus considérés comme trop segmentés pour produire la qualité attendue (Delcambre, 2014). Ainsi, la mise en œuvre du BIM auprès de six maîtres d’ouvrages publics et leurs partenaires sélectionnés au terme d’un appel à manifestation d’intérêt  diffusé au niveau national nous a permis d’enquêter via des observations et des entretiens semi-directifs. Notre objectif de recherche était alors de mettre en perspective les attentes et promesses du BIM au regard des pratiques que nous pouvions observer au niveau individuel et organisationnel.

Résumé
14 h 15
Gérer en commun les espaces d'information: une compétence clé du travail collaboratif à distance
Valèria Ligurgo (UCLouvain), Jerry Jacques (Université de Namur), Pierre Fastrez (Université Catholique de Louvain), Anne-Sophie Collard (Université de Namur)

Le monde du travail a vu ces dernières années apparaître de nouveaux modèles organisationnels encourageant le travail en équipe, le télétravail et le recours aux espaces de travail partagés. Ces initiatives reposent sur les technologies numériques, encourageant les travailleurs à utiliser appareils mobiles, collecticiels et applications basées sur l'informatique en nuage. Ces transformations impliquent la mobilisation de compétences relevant de la littératie médiatique et numérique des travailleurs.

Dans le cadre du projet LITME@WORK, nous avons cherché à définir les compétences impliquées dans le travail de bureau collaboratif et à distance sur base de l’analyse qualitative des pratiques de 61 informants rapportées (en entretiens) et observées dans 10 organisations belges. L'aboutissement de ce projet prend la forme d'une matrice de compétences, combinant activités à maîtriser et dimensions transversales des situations de collaboration à prendre en compte pour mener à bien ces activités.

Cette contribution présentera les résultats concernant la compétence liée à la gestion des espaces d'information partagés, ainsi que ceux concernant la dimension "informationnelle" transversale aux différentes activités. En recourant à des études de cas pratiques, les résultats illustreront les principaux enjeux identifiés par les informants rencontrés et l'importance des compétences de gestion de l'information dans les pratiques professionnelles collaboratives.

Résumé
14 h 45
Pause
15 h 15 à 16 h 15
Communications orales
Gestion de l’information au sein des organisations (2)
Présidence/Animation : Elsa Drevon (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
15 h 15
Besoin informationnel des dirigeants du réseau télécom dans le contexte de la transformation numérique
Dijana Lekic (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis), Anne Lezon Rivière (Université Paris 8), Madjid Ihadjadene (Université de Paris 8)

L’implémentation de nouvelles technologies de l’information et de la communication impacte et modifie les pratiques informationnelles des acteurs des organisations et leur rapport à l’information. Réciproquement, la réussite des projets numériques dépend de ces acteurs et, en particulier, des dirigeants – acteurs clés du “change digital”. Pour mener à bien les activités et atteindre les objectifs visés, le dirigeant se nourrit et traite des informations en permanence. Ses décisions sont ancrées dans ses connaissances et appuyées par ses sources informationnelles.

Cette communication présente les résultats de notre étude empirique menée au sein de l’entreprise Orange, opérateur français de télécommunications. Elle se concentre sur le besoin informationnel de 22 dirigeants des unités de réseau télécom dans le contexte de la transformation numérique. Nous apporterons les réponses aux questions d’enquête posées : dans un environnement numérique évolutif, quels sont les besoins informationnels des dirigeants et les facteurs les influençant ? Quels sont les types d’informations et de sources informationnelles utilisés par ces acteurs dans le cadre de leurs activités et en situations quotidiennes de travail ? Quelles sont les interdépendances entre les rôles endossés par les dirigeants et leur besoin informationnel ?     

Cette étude qualitative a été conduite selon la méthodologie de construction de sens (SMM de B. Dervin) et la méthodologie de théorisation enracinée.

Résumé
15 h 45
Vers une lecture englobante des besoins informationnels d’une organisation - De la difficulté à concilier les nécessités stratégiques et opérationnelles
Sylvain Senécal (À determiner)

La présentation porte sur une analyse réalisée en entreprise en 2018. Sous un mode de recherche-action, elle visait à établir les bases d’une planification stratégique d’intervention intégrant les initiatives en gestion documentaire et en transfert de connaissances en tentant un alignement commun aux objectifs d’affaires de l’organisation et en cohérence avec les enjeux de main d’œuvre et de développement des compétences pour l’ensemble du périmètre identifié. 

Les différents enjeux et défis d’un tel exercice seront exposés. Un premier tourne autour des objets qui diffèrent d’une discipline à l’autre - l’information, l’expérience usager, la performance humaine, le processus -  qui tracent des contours d’intervention toujours un peu différents et décalés qui ne se laissent pas facilement amalgamer. Il faut aussi pouvoir concilier des démarches en organisation qui diffèrent ; des ressources qui ont leurs propres rôles, logiques et priorités d’action. De plus, les méthodologies utilisées afin de renseigner l’analyse sont très variées, produites de façon ad hoc, pour des finalités différentes et offrant un degré de subjectivité variable.

Après avoir illustré ces éléments méthodologiques, je présenterai la forme générale des résultats de cette analyse et j’indiquerai certaines conditions nécessaires au déploiement d’une telle méthodologie intégrée (document, connaissance, main-d’œuvre), qui sont au cœur d’une réelle transformation numérique des organisations.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Gestion de l’information dans le domaine de la santé
Présidence/Animation : Dominique Maurel (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
09 h 00
La gestion de l’information dans le domaine de la santé : des pratiques plurielles dominées par des enjeux individuels
Celine Paganelli (Université Paul Valery Montpellier 3), Viviane Clavier (Université Grenoble-Alpes)

La santé est une question vive dans nos sociétés et l’information qui l’entoure fait intervenir de nombreux acteurs : professionnels, pouvoirs publics et citoyens sont confrontés à la gestion d’informations en lien avec la santé publique ou leur propre bien-être. La recherche d’information, dans le cadre personnel ou professionnel, est une activité complexe qui s’étend de la récupération d’informations à leur diffusion et partage en passant par leur traitement et exploitation.

Si les pratiques de gestion d’informations de santé sont plurielles et interviennent aussi bien en contexte personnel que professionnel, si les dispositifs proposés favorisent une gestion collective de ces informations, ces pratiques sont pourtant dominées par des enjeux individuels, en raison, sûrement, des particularités qui entourent la santé et les informations qui la concernent : urgence, affect, responsabilisation du patient à l’égard de sa santé, information contradictoire.

A partir d’études de terrain reposant sur des méthodologies variées (entretiens et analyse de corpus), nous proposons une analyse de pratiques en contextes personnel et professionnel. Les points de rencontre entre ces études soulèvent de nombreuses questions : comment s’articulent les pratiques individuelles et en équipe ? Quels dispositifs se déploient en parallèle des plateformes institutionnelles et, plus largement, quelles sont les logiques d’accès à l’information de santé ?

Résumé
09 h 30
Une intelligence artificielle pour réduire la surcharge informationnelle à l’hôpital : Un cas de design participatif avec des professionnels de la santé
Sylvie Grosjean (Université d’Ottawa)

L’objectif de cette communication est de présenter une recherche ayant pour objectif de concevoir une technologie qui doit aider les professionnels de la santé à gérer différentes formes de surcharges informationnelle (‘information overload’) et communicationnelle (multiplication et superposition de systèmes d’information). La méthodologie repose sur une approche du design participatif. Dans ce cas, le but n’est pas d’anticiper les usages futurs de la technologie en fonction d’un idéal type d’utilisateurs, mais de rendre compte des pratiques de gestion de l’information afin de comprendre comment une technologie pourrait les soutenir et/ou les simplifier. Cette méthode a reposé sur un processus itératif au cours duquel nous avons organisé des ateliers de design participatif et des rencontres de rétroaction avec les soignants tout au long du processus de conception. Nous présenterons la manière dont les soignants contribuent à la conception d’une technologie reposant sur le développement d’une intelligence artificielle en leur qualité de co-créateurs. Nous montrerons comment à partir d’une analyse de leurs pratiques de gestion de l’information clinique, les professionnels de la santé s’engagent collectivement dans un processus de « réflexion dans l’action » soutenant l’émergence de connaissances et la co-construction d’une solution reposant sur le développement d’un algorithme d’apprentissage (‘Machine Learning’).

Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Gestion de l’information et enseignement (1)
Présidence/Animation : Sylvie Grosjean (Université d’Ottawa)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
10 h 30
Pratiques numériques collaboratives des étudiants: entre division du travail et intelligence collective
Anne-Sophie Collard (Université de Namur), Anne-Catherine Lahaye (Université de Namur), Jerry Jacques (Université de Namur)

Le monde professionnel évolue vers davantage de collaboration et de travail à distance soutenu par les technologies de l'information et de la communication (TIC). Ces modes de travail induisent de nouvelles pratiques et exigent de nouvelles compétences numériques, informationnelles et médiatiques, qui deviennent une préoccupation de l’enseignement universitaire. L’éducation à la littératie numérique constitue dès lors un enjeu pour un enseignement qui ne lui est traditionnellement pas dédié. Comment l’enseignement universitaire peut-il parvenir à développer ces compétences en encourageant des pratiques collaboratives et l’usage des TIC ? Comment sont-elles acquises par les étudiants, alors qu’elles sont souvent initiées au cours de la réalisation de travaux de groupe sans qu’elles constituent nécessairement un objectif pédagogique explicite ni un volet de l’évaluation ?

La recherche s’appuie sur l’observation des pratiques d’étudiants dans le cadre de la réalisation d’un travail de groupe pour le cours de sémiotique à l’UNamur. Elle se centre sur la répartition des tâches, la production collective de documents ainsi que le partage et la gestion des informations. La méthode combine des entretiens de type “visite guidée” des environnements de travail et l’analyse de carnets de notes tenus par les étudiants. Les résultats mettent en lumière l’articulation de pratiques prescrites et parallèles ainsi que le rôle du dispositif pédagogique, en particulier de la consigne du travail.

Résumé
11 h 00
De l’individuel au collectif : les mécanismes de transfert des connaissances dans une association étudiante universitaire
Elsa Drevon (UdeM - Université de Montréal), Dominique Maurel (UdeM - Université de Montréal)

Le transfert des connaissances, dans les associations étudiantes, est soumis à des défis comme l’engagement de courte durée et l’absence d’une permanence. Au-delà des valeurs associatives, les étudiants doivent acquérir une culture informationnelle sur laquelle fonder des pratiques durables de gestion des connaissances. Cela semble caractériser les petites associations qui, faute de stratégies adéquates, encourent l’éparpillement de la mémoire collective et des savoir-faire acquis. Des caractéristiques sont nécessaires pour qu’une culture informationnelle se développe dans une collectivité, dont des flux de communication efficaces, un accès ouvert à l’information, des pratiques de travail collaboratives, et des politiques et procédures documentées.

Un projet de recherche exploratoire, mené de 2015 à 2018, a étudié le cas d’une association étudiante universitaire. Il visait à examiner les mécanismes à privilégier pour assurer le transfert des connaissances à travers la succession des exécutifs étudiants, à l’aide d’entrevues semi-dirigées, d’observations de réunions et de documents d’activité de l’association. Les résultats issus de l’analyse de ces données ont mis en évidence 28 mécanismes de transfert de connaissances catégorisés de l’individuel au collectif. À travers les initiatives individuelles, il a été possible d’observer comment se sont instituées des pratiques collectives, premiers pas vers une culture informationnelle visant la durabilité des efforts.

Résumé
11 h 30
Défis et enjeux de la gestion de l’information des enseignants à l’aune de la relation « école-famille », une revue critique de la littérature
Florent Michelot (UdeM - Université de Montréal)

Les relations école-famille doivent être renforcées (Bronfenbrenner, 1979; Herman et Yeh, 1983; Hobbs et al., 1984), tandis que la croissance de l’information a fait céder les schémas traditionnels de gestion de l’information. L’enseignement impose des attentes croissantes dont la relation « parents-profs » est symptomatique. La gestion collaborative de l’information peut être exigeante : même si elle permet aux parents de mieux prendre part au développement de leur enfant (Gelfer, 1991), l’implantation d’ENT peut être perçue comme une surcharge (Prieur et Steck, 2011).

On peut s’interroger sur l’apport des TIC dans la facilitation de ces relations. Plus précisément, la numérisation de la relation école-famille à laquelle on assiste depuis plusieurs années pose la question des conditions assurant l’adoption d’une collaboration informationnelle parents-enseignants.

Nous présenterons une revue systématique de la littérature, notamment quant au processus de collecte, d’évaluation et de synthèse des connaissances sur le sujet (Uman, 2011). Retenons ici que les interventions éducatives ont plus de chances de réussir lorsqu’il y a communication et collaboration entre enseignants et parents (Sheridan et Kratochwill, 1992), mais la facilité d’usage des outils de communication est un préalable à l’acceptation (Codreanu et al., 2017). Pour faire face à la faible maîtrise des outils, il importerait que les équipes éducatives soient dûment formées (Coen et Schumacher, 2006).

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 30
Dîner
Repas de midi (libre)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Gestion de l’information et enseignement (2)
Présidence/Animation : Celine Paganelli (Université Paul Valery Montpellier 3)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
13 h 30
À la recherche de la ressource perdue, schème et connaissances mobilisées dans une situation de recherche
Anita Messaoui (École Normale supérieure de Lyon (France))

Notre contribution, située dans l’axe 1 du colloque, porte sur l’analyse du travail documentaire des enseignants (Gueudet & Trouche, 2012) : quelles sont les compétences mises en œuvre dans les situations d’interaction avec les ressources en contexte professionnel ? Nous proposons un modèle multidimensionnel de l’expertise documentaire des enseignants qui englobe plusieurs champs de compétences sollicités dans les situations d’interaction avec les ressources. Pour étudier ces compétences, nous mobilisons le concept de schème (Vergnaud, 2011) qui associe un but, des règles d’action, de prise d’information et de contrôle, des inférences et des invariants opératoires, c’est-à-dire des connaissances en actes.

À partir de la méthodologie de l’investigation réflexive, nous avons développé un dispositif d’auto-captation du travail documentaire, où l’enseignant se filme seul à l’aide d’un logiciel de vidéographie qui enregistre aussi ce qui se passe sur son écran. Dans le même temps, il explique ce qu’il fait selon le procédé de la pensée à voix haute.

Nous analysons le cas de Marie qui, dans le cadre de la préparation d’une leçon sur l’algorithmique, ne retrouve plus la ressource qu’elle a commencé à concevoir quelques jours plus tôt. Dans cette situation, Marie active un schème documentaire, supporté par des connaissances informationnelles, qui guide la recherche dans son système de ressources numériques en suivant deux stratégies, navigation puis recherche par mot-clé.

Résumé
14 h 00
Comment les enseignants gèrent leurs ressources ?
Magali Loffreda (Ecole normale supérieure Paris-Saclay (France))

Cette contribution rend compte d’un travail de thèse en cours sur l’activité d’organisation des ressources par les enseignants. Selon nous cette activité caractérise le travail enseignant, en particulier la préparation des cours, et permet aux enseignants de s'approprier des connaissances leur permettant d’agir sur leur environnement en tant que professionnels en devenir et en développement Nous avons choisi un cadre d'analyse macro-méso-micro, ainsi que des apports théoriques des travaux menés dans plusieurs champs notamment le Personal Information Management et l’anthropologie des savoirs, des sciences et des techniques. Notre contribution s’appuie sur les données issues d’une enquête de type ethnographique dans un lycée où nous avons interrogé une vingtaine d’enseignants. Ces données sont enrichies d’entretiens menés à domicile et d’un corpus de photographies. Un autre corpus concernant les discours institutionnels, d’éditeurs scolaires, et de collectifs enseignants a aussi été élaboré. Les premiers résultats soulignent la complexité des pratiques mises en œuvre par les enseignants en matière d’organisation. Ces dernières recouvrent plusieurs actions, s’appuient sur des supports hétérogènes, se manifestent par des formes de bricolages, et recouvrent plusieurs dimensions. Il apparaît que la question de l’organisation matérielle des ressources, encore peu documentée par la recherche, dévoile un aspect central du métier enseignant.

Résumé
14 h 30
Organiser ses informations personnelles numériques: une comparaison des activités des étudiants avec celles des enseignants-chercheurs
Jerry Jacques (Université de Namur), Sabine Mas (UdeM - Université de Montréal), Dominique Maurel (UdeM - Université de Montréal)

L'objectif de la communication est de présenter les résultats d’une étude qui s’est intéressée, au sein des pratiques de personal information management (PIM), à l'activité d'organisation en comparant les pratiques d'étudiants avec celles d'enseignants-chercheurs.

Sept entrevues d'enseignants-chercheurs, focalisées sur leurs pratiques d'organisation de leurs informations personnelles en lien avec leurs activités professionnelles, ont été réalisées. Ces interviews sont comparées avec 58 entrevues d'étudiants analysées dans le cadre d'une recherche antérieure sur leurs pratiques de PIM.

L'analyse comparative permet d'identifier les différentes stratégies mises en place par les enseignants-chercheurs pour organiser leurs informations personnelles liées à leur vie académique. Elle permet de préciser quatre activités impliquées dans l'organisation des informations personnelles: l'inclusion, l'exclusion, l'appréhension et l'implémentation. Elle met également à jour les différences dans la capacité des enseignants-chercheurs à analyser leurs propres pratiques. Finalement, elle questionne le rapport au temps et à la mémoire des pratiques de PIM, analysé grâce au concept de virtualité. Cette recherche s'inscrit dans le projet de faciliter les interactions des individus avec leurs informations personnelles, que cela soit par le développement d'applications, ou d'activités d'éducation visant à développer une littératie de PIM.

Résumé
15 h 00 à 15 h 15
Communications orales
Fin des travaux
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1006
15 h 00
Mot de clôture