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409 - Design, mise en oeuvre et gouvernance des politiques publiques de résilience

Le mardi 28 mai 2019

Devant le nombre de crises comme les catastrophes naturelles, les pannes d’infrastructures essentielles, les risques de pandémie et les attaques terroristes, l’adoption de politiques publiques sur la résilience semble une solution prometteuse. Cette solution est préconisée par la Stratégie internationale de prévention des catastrophes de l’ONU, l’Accord de Paris sur le climat, des initiatives philanthropiques comme le 100 Resilience Cities de la Fondation Rockefeller, la politique québécoise en matière de sécurité civile de 2014 ainsi que des politiques et des stratégies municipales comme celle adoptée par Montréal en 2018.

La mise en oeuvre des premières politiques en matière de résilience se bute toutefois à plusieurs défis. D’abord, le concept de « résilience » pose un défi particulier en matière de compréhension et de diffusion auprès des acteurs concernés, car il englobe une grande variété d’actions, de l’adaptation proactive aux risques, à la préparation, à l’intervention et au rétablissement postévénement. De plus, la mise en œuvre de la résilience nécessite de nouveaux modes de gouvernance avec un cloisonnement des spécialisations, une gestion horizontale des problèmes pernicieux et la mise en place de réseaux avec des organisations publiques et privées provenant de plusieurs juridictions. Jusqu’à présent, les premières études empiriques ont soulevé des obstacles tels que la négligence des problèmes sociaux et économiques pour le développement de la résilience, la persistance des solutions proposées précédemment, les limites imposées par les valeurs et les principes de l’administration publique, la sous-estimation des compromis à réaliser par les parties prenantes et les divergences de perceptions entre professionnels des différentes directions. Comment ces défis peuvent-ils être surmontés? Ce colloque propose d’aborder ces enjeux par le design, la mise en oeuvre et la gouverne de politiques publiques de résilience.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
ENAP - École nationale d'administration publique
ENAP - École nationale d'administration publique
Geneviève Baril
ENAP - École nationale d'administration publique
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Après-midi
13 h 00 à 13 h 15
Communications orales
Mot d'ouverture
Discutant : Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
13 h 15 à 14 h 15
Communications orales
Le rôle du capital social
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
13 h 15
Développement du capital social pour la transition équitable équitable et la résiliente: le cas de la Ville de Montréal
Irène Cloutier (Ville de Montréal)

En juin 2018, Montréal est devenue la première ville canadienne du réseau 100 Resilient Cities à lancer sa stratégie de résilience urbaine. Celle-ci vise, entre autres, à agir pour soutenir une communauté solidaire et sécuritaire. Pour appuyer cet objectif, la participation citoyenne, la bienveillance entre voisins et des mécanismes d’inclusion sont des éléments essentiels qui appuient également la qualité de vie des citoyens et le développement durable des quartiers.

La Ville de Montréal a une longue expérience dans la mise en œuvre d’initiatives qui appuient la socialisation et le verdissement de la ville. Le programme des ruelles vertes, la création d’espaces publics, les réseaux de grands parcs et de jardins communautaires sont autant de lieux qui favorisent la connectivité et combattent l’isolation.

De récentes études démontrent que les liens sociaux entre les citoyens, souvent appelé capital social, peuvent être liés à une plus grande résilience des communautés lors de situation d’urgence. La Stratégie montréalaise pour une ville résiliente cherche à mieux comprendre ce phénomène avec une préoccupation particulière pour ses populations plus vulnérables. En collaboration avec ses partenaires de la collectivité, la Ville de Montréal participe à trois projets de recherche qui sont complémentaires à ses efforts en matière de développement social et de sécurité civile. Ils seront présentés dans un contexte plus large de transition écologique équitable et résiliente.

Résumé
13 h 35
Le capital social des jeunes comme voie de transformation innovante pour la résilience
joris Arnaud (ENAP - École nationale d'administration publique)

Les villes sont de plus en plus sujettes à des stress (changements climatiques, pauvreté) et chocs (terrorisme, évènements climatiques extrêmes), ce qui les pousse à se tourner vers le développement de la résilience. Un aspect important de ce développement est le capital social, qui représente l’ensemble des ressources sociales offertes par une communauté de citoyens et qui permet une bonne réaction de la population aux évènements imprévus.

Cette communication présentera les résultats d’un projet de recherche-action au sujet du capital social engendré par le programme d’engagement environnemental C-Vert du YMCA Québec pour les jeunes de 14 à 17 ans dans plusieurs quartiers de Montréal.  Le projet a permis de développer une méthodologie afin de mesurer le capital social chez les jeunes au début et après 7 mois de participation au programme d’engagement environnemental C-Vert et d’en quantifier les effets. Les mesures sont constituées d’une combinaison de données quantitatives recueillies par questionnaire (avant et après) et de données qualitatives obtenues à partir d’observations sur le terrain. Nous discuterons également des mécanismes du programme qui permettent de développer les différentes composantes du capital social. Cette étude est menée par le Cité-ID Living Lab, en collaboration avec la Maison de l’innovation Sociale (MIS) et le Bureau de la résilience de la Ville de Montréal.

Résumé
13 h 55
Capital social et résilience à l'échelle d'un quartier de Montréal
Morgan Chelihi (UdeM - Université de Montréal), Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique), Julie-Maude NORMANDIN (ENAP - École nationale d'administration publique)

Le capital social est un déterminant important de la résilience d’une communauté face aux évènements catastrophes (Aldrich, 2012; Aldrich & Meyer, 2015). Il est défini comme l’ensemble des caractéristiques de l’organisation sociale tels que les réseaux, les normes, et la confiance, qui facilitent la coordination et la coopération dans l’optique du bien collectif (Putnam, 1995). Ce projet vise l’augmentation du niveau de préparation des citoyens aux évènements catastrophes et le développe ment de réseaux, à l’échelle locale. Pour se faire, le Cité-ID mène une recherche-action en collaboration avec le Bureau de la résilience de la Ville de Mont réal, la Maison de l’Innovation Sociale et la Coopérative de solidarité Transition NDG (TNDG).
L’objectif de cette communication est de présenter les résultats de la recherche-action visant à soutenir TNDG dans l’élaboration d’ateliers de sensibilisation à la préparation d’urgence et sur le capital social. Nous présentons d’abord les résultats d’un questionnaire sur le capital social distribué au sein du quartier NDG auprès de 400 répondants. Ensuite, nous présentons les résultats de nos analyses qualitatives sur les effets des ateliers et le capital social des participants. À l’issu de cette étude, nous aurons développé une meilleure connaissance des mécanismes de collaboration public-privé-citoyen, des bonnes pratiques pour la sensibilisation aux situations d’urgence et l’augmentation des liens au sein d’une communauté.

Résumé
14 h 15 à 14 h 40
Panel
La mise à l'échelle du capital, comment voir plus grand
Présidence/Animation : Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique)
Discutant : Irène Cloutier (Ville de Montréal), joris Arnaud (ENAP - École nationale d'administration publique), Morgan Chelihi (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
14 h 40 à 15 h 20
Communications orales
L'apprentissage terrain : transformations postcatastrophe
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
14 h 40
Approche territoriale de la résilience aux catastrophes naturelles : éléments d'apprentissage de Kamaishi, Japon
diane alalouf-hall (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jean-Marc Fontan (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Malgré un historique chargé en interventions post catastrophes et les apprentissages réalisés, certaines gestions ayant subi des événements catastrophes réussissent bien à passer cette épreuve (Japon 2011), alors que d’autres présentent des ratés importants (Katrina aux États-Unis, 2005) et que certaines sont connaissent des échecs (Haïti 2010). Dans ce contexte, nous mobilisons le paradigme de la perspective territoriale pour aborder la problématique de la vulnérabilité et de la résilience face aux catastrophes naturelles. Cette approche met moins l’accent sur l’état dans lequel se trouvent les personnes concernées par un événement que sur les processus qui provoquent cet état.

Les notions de causalité territorio-développementale et de responsabilité des acteurs impliqués fournissent un contexte propice à une bonne ou à une moins bonne application des procédures entre les institutions locales et celles situées à l’international. Ces facteurs joueraient un rôle clé dans la capacité de résilience aux catastrophes naturelles.

À des fins démonstratives, nous aborderons la municipalité de Kamaishi frappée par le Grand Tohoku en 2011. Cette étude de cas permettra de documenter le travail réflexif sur l’implantation de mesures post-catastrophes par la municipalité, un centre de recherche et le corps enseignant local. La réflexivité post-catastrophe et l’effort de codification par les acteurs concernés ont permis de bonifier très positivement les mesures de prévention.

Résumé
15 h 00
Retour d’expérience sur les inondations printanières de 2017 et la reconstruction : Étude de cas d’une municipalité locale
Catherine P. Perras (UdeM - Université de Montréal), Isabelle THOMAS (UdeM - Université de Montréal)

Au printemps 2017, des inondations d’une ampleur exceptionnelle ont touché 291 municipalités québécoises et inondé près de 5300 résidences. Selon Ouranos (2018), « les inondations sont un phénomène récurrent pour la province et correspondent au principal aléa occasionnant des impacts sociaux, environnementaux et économiques dont les coûts et conséquences sont supportés par l’État et la société ». Pour renforcer la résilience des collectivités face à ce risque, il est primordial d’effectuer des retours d’expériences. Cette présentation repose sur un projet de recherche-action, mené avec le ministère de la Sécurité publique, visant le développement d’une méthode de retour d’expérience spécifique aux inondations et au contexte québécois. La méthode porte sur les quatre dimensions de la sécurité civile : prévention, préparation, intervention, rétablissement. Puis, la présentation s’attarde aux résultats d’une étude de cas concernant la reconstruction post-inondation dans une municipalité. Dans cette étude, les impacts de la mise en œuvre de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI), du Décret 777-2017 et de la planification et règlementation d’urbanisme sur la reconstruction du territoire sont analysés. Les points de vue des sinistrés et des acteurs locaux sont rapportés. Les conclusions apportent une réflexion sur le contenu et la mise en œuvre des politiques publiques encadrant la gestion du risque d’inondation en urbanisme.

Résumé
15 h 20 à 15 h 40
Panel
L'utilisation des apprentissages terrain pour la transformation des politiques publiques : les leçons apprises
Présidence/Animation : Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique)
Participants : Catherine P. Perras (UdeM - Université de Montréal), diane alalouf-hall (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
15 h 40 à 16 h 40
Communications orales
Transformation de paradigmes : la mise en marche
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218
15 h 40
De la technologie de rupture à la rupture technologique
Gaëtan Chevalier (Université de Technologie de Troyes), Patrick Laclémance (Université de Technologie de Troyes), Guillaume Delatour (Université de Technologie de Troyes)

Les changements qui accompagnent nos sociétés, qu’ils soient d’ordre sociologique ou plus globaux tel que le réchauffement climatique, génèrent un questionnement sur l’évolution des organisations. La résilience et les systèmes de réponse opérationnelle et de gestion des crises sont impliqués dans cette considération.

D’une part, la marche du progrès pousse à s’intéresser aux systèmes innovants et aux nouvelles technologies. Certaines, identifiées comme étant « de rupture », viendraient en remplacement des anciens usages améliorer les systèmes actuels. L’objectif étant de mettre à profit les adaptations induites dans un processus d’amélioration de la performance des secours.

D’autre part, le concept de rupture technologique doit interroger sur la capacité pour un système donné à supporter une évolution technologique majeure. En effet, si l’on peut qualifier de technologie de rupture, une technologie qui efface la précédente de manière irréversible, peut-on considérer comme en rupture technologique la technologie qui dépasserai la capacité d’adaptation du système dans lequel elle s’intègre ? De l’abandon des usages, à l’absence d’acceptabilité sociale ou encore une désorganisation structurelle face au changement ?

De l’expression d’une doctrine opérationnelle à l’aide à la prise de décisions, ces technologies paraissent devenir indispensables dans un proche avenir. Il s’agit pour le décideur politique de répondre à un enjeu stratégique dont la clé semble être l’anticipation.

Résumé
16 h 00
Le Comité Rivière comme expérimentation favorable à une (autre) gouvernance climatique locale
Jean-Michel Gagné (Université Laval), Marc-André Demers (Regroupement des organismes de bassins versants du Québec), Geneviève Cloutier (Centre de recherche en aménagement et développement, Université Laval)

La notion d’expérimentation de gouvernance climatique est utilisée pour réfléchir au développement de stratégies qui intègrent l’incertitude environnementale et les variabilités locales (Bulkeley et al., 2015). Pour les auteurs qui en font la promotion, l’expérimentation est à la fois une approche et un processus qui favorisent les apprentissages écologiques (Loorbach, 2007; Berkes et al., 2015). Les expérimentations de gouvernance auraient ainsi le potentiel de faire apparaître des pratiques en faveur de la résilience du milieu et de servir à la construction d’un référent commun pour faire face aux changements climatiques.

À Saint-Raymond, le Comité Rivière (CR) correspond à plusieurs égards à une expérimentation de gouvernance climatique (Cloutier et Demers, 2017). Il constitue un cas intéressant pour réfléchir aux mécanismes favorables à la diffusion d’idées, au transfert de savoirs, aux débats qui sous-tendent les interactions entre les citoyens, les experts et les gestionnaires. Quels apprentissages font les acteurs sociaux et les décideurs? Quel rôle joue l’organisme de bassin versant CAPSA? De quelle façon le CR parvient-il à dépasser la volonté primaire d’une action visible et structurelle? En utilisant le cadre théorique des expérimentations, la présentation tentera de fournir quelques réponses à ces questions.

Résumé
16 h 20
Le design des politiques comme fondement de la mise en oeuvre de la résilience urbaine
Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique), Julie-Maude NORMANDIN (ENAP - École nationale d'administration publique)

 

La résilience, en tant qu'objectif politique et paradigme organisationnel, est considérée comme une rupture radicale de l'approche de gouvernance traditionnelle où les stratégies de commandement et contrôle sont utilisées pour atteindre des objectifs politiques prédéterminés dans un environnement relativement stable (Bourgon, 2009). Quant à elle, la résilience repose sur des principes comme la «flexibilité» et la «réactivité» et devrait, par conséquent, s’accompagner de transformations profondes en matière de politiques, de procédures et de structures administratives.

 

À l’échelle locale, il est nécessaire de mieux comprendre en quoi l’adoption de la résilience, en tant qu’objectif politique, modifie la manière dont les villes sont organisées et élaborent leurs politiques. Sans un certain degré de changement dans l’organisation des administrations, la résilience pourrait s’avérer un engagement essentiellement rhétorique ayant peu d'impact réel.

L'objectif de cette communication consiste à proposer un cadre conceptuel pour analyser la transformation de la gouvernance urbaine multipartite pour développer la résilience urbaine. Nous nous intéressons plus spécifiquement à la manière dont les administrations publiques gèrent la coexistence entre la rigidité des processus et les capacités de réactivité et de flexibilité. Ce cadre conceptuel est axé sur les capacités des administrations publiques pour établir les objectifs et les moyens des politiques.

Résumé
16 h 40 à 17 h 00
Panel
La mise en oeuvre de la résilience : les changements à envisager
Présidence/Animation : Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique)
Participants : Marie-Christine Therrien (ENAP - École nationale d'administration publique), Jean-Michel Gagné (Université Laval), Gaëtan Chevalier (Université de Technologie de Troyes)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0218