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619 - Dialogue interdisciplinaire sur l’enseignement dans une perspective de changement social : entre valeurs égalitaires et pratiques discriminantes, comment s’en sortir?

Le lundi 7 mai 2018

Organisé sous l’égide du Réseau québécois en études féministes (RéQEF), le colloque a pour sujet la persistance et les reconfigurations des formes de discrimination dans le champ de l’éducation et de l’enseignement. Dans un contexte où les établissements d’enseignement sont soumis à des impératifs de productivité et des logiques de concurrence, où les inégalités sont naturalisées via des concepts empruntés aux neurosciences au détriment d’une approche sociologique, mais aussi par la prégnance des discours masculinistes et la dénégation des discriminations liées à l’origine ou au sexe, les exposés et les discussions de ce colloque visent à faire avancer la réflexion logée au cœur des questions suivantes : comment se doter des outils critiques propices à l’élaboration d’un cadre éducatif porteur d’émancipation? Comment générer un processus de conscientisation du corps enseignant qui prenne en compte les positions des uns et des autres dans les rapports sociaux? Comment actualiser les positionnements qui peuvent en découler? Enfin, quelles sont les pratiques pédagogiques à implanter pour favoriser une meilleure compréhension de la dynamique des rapports sociaux, de même que le développement d’une position réflexive sur les effets des différents rapports de pouvoir à l’œuvre dans le champ de l’éducation et de l’enseignement?

Dans la dernière partie du colloque, sous le thème « Savoirs, pratiques et défis : faire de la recherche et de l’enseignement féministes dans différents contextes », une invitation est lancée à tous ceux et celles qui souhaitent participer à un échange sur les enjeux et les défis que rencontrent les enseignants et enseignantes en études féministes, et à ceux et celles qui inscrivent une perspective féministe ou de genre dans leur enseignement. Nous y discuterons des questions suivantes : quels sont vos plus importants défis comme chercheures et enseignantes féministes, en considérant votre ancrage géographique et institutionnel? Quels sont les problèmes et enjeux spécifiques qui, selon vous, font actuellement obstacle au développement des études et de la recherche féministes? Et, enfin, quelles stratégies vous semblent les plus efficaces pour les surmonter?

Par ailleurs, peu de recherches ont été menées à ce jour au sujet de l’intégration de la classe virtuelle dans les pratiques d’enseignement féministe. Une question s’impose dans ce cas : comment envisager le développement de l’enseignement en ligne pour offrir des solutions aux problèmes structurels et aux défis éducationnels auxquels font face les femmes, surtout hors des grandes villes universitaires? Ou encore, quel peut être l’apport de l’enseignement en ligne pour les études féministes au regard des formules pédagogiques et du rôle très important du groupe dans les cours en études féministes?

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
Joëlle Magar
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Session 1
Présidence/Animation : Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6170
09 h 00
Mot de bienvenue et présidence de la session
Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
09 h 10
Agir sur la socialisation de genre en milieu scolaire : pistes de réflexion.
Hélène Charron (Conseil du statut de la femme)

 

 

Résumé
09 h 30
Les croyances de finissantes en Technique d’éducation à l’enfance (TÉE) à l’égard du genre et de l’éducation à l’égalité.
Josée TRUDEL (Université Laval), Caroline Bouchard (Université Laval)

Les croyances à l’égard du genre et de l’éducation à l’égalité peuvent avoir des répercussions dans les pratiques éducatives (CSF, 2016) et contribuer à l’intégration de stéréotypes sexuels et de naturalisation des différences entre les sexes chez les enfants, notamment à travers le processus de socialisation différenciée selon le sexe (Dafflon-Novelle, 2006). Alors qu’une étude de ces croyances a été effectuée auprès d’enseignant.e.s québécois.e.s (CSF, 2016) et que d’autres recherches se sont penchées sur les éducatrices en exercice (Hellman, 2010; Cresson, 2010; Amboulé-Abath, 2009; Chick et al., 2002; Martin, 1998), rarement s’est-on intéressé aux croyances de futures éducatrices, soit avant leur entrée dans la profession.

Cette communication porte sur les résultats d’une collecte de données effectuée auprès de trente-trois (n=33) finissantes en TÉE concernant leurs croyances à l’égard du genre et de l’éducation à l’égalité, et ce, à l’aide du questionnaire sur les croyances des enseignant.e.s développé par le CSF (2016), puis adapté pour les éducatrices. Les analyses préliminaires montrent notamment qu’une majorité de ces femmes soutiennent certaines croyances différenciées selon le sexe des enfants, mais dans une proportion moindre que leurs collègues de l’enseignement

Résumé
09 h 50
Dévoiler le sexisme des traditions religieuses dans le cours d’éthique et culture religieuse : est-ce que les enseignants ont le droit ?
Bruce Maxwell (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Sivane Hirsch (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Les enseignants d’Éthique et culture religieuse (ÉCR) ont-ils le droit de proposer des activités d’apprentissage qui mènent les élèves à porter un regard critique sur les traditions religieuses étudiées en classe ? Cette communication tente d’apporter une réponse à cette question en prenant comme étude de cas le traitement dans un cours d’ÉCR d’attitudes misogynes, sexistes et patriarcales incarnées dans certaines croyances et pratiques religieuses et textes sacrés. Nous pouvons identifier essentiellement deux écoles de pensée sur cette question. Selon une perspective, pour des raisons épistémologiques, pédagogiques et juridiques, les enseignants d’ÉCR se doivent de créer un lieu d’apprentissage qui privilégie la compréhension du phénomène religieux et évite scrupuleusement la critique (ex. Leroux 2016). À l’opposé de ce point de vue, certains estiment que la pensée critique à l’égard des religions est permissible voire un élément essentiel dans l’enseignement d’ÉCR, mais que, pour des raisons structurelles et idéologiques, le cours tend vers une représentation excessivement généreuse des pratiques, croyances et récits religieux (ex. Conseil du statut de la femme 2016). Dans le but de considérer l’adéquation de ces deux perspectives contradictoires, nous les examinons à lumière des prescriptions officielles sur la posture d’impartialité préconisée en ÉCR, les finalités et les compétences du programme, et l’articulation entre ses trois volets pédagogiques.

 

Résumé
10 h 10
Discussion
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Session 2
Présidence/Animation : Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-6170
11 h 00
Présidence de la session
Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)
11 h 10
Les pratiques pédagogiques féministes dans la transformation des savoirs en milieu universitaire : quels enjeux dans la lutte contre les in/justices sociales et inégalités?
Anastasie Amboulé Abath (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Le milieu universitaire, comme tout champ social, est traversé par l’imbrication des rapports de pouvoir et de domination dans la transmission des savoirs. Les pratiques pédagogiques féministes en tant que processus d'enseignement - apprentissage multidimensionnel - visent le changement des valeurs sociales dominantes à travers la dénonciation et la déconstruction des rapports sociaux de sexe, classe sociale et de race. Inspirées des théories féministes et conçues pour lutter contre les mécanismes sociaux de domination, d’exclusion et de hiérarchisation sociale, les pratiques pédagogiques féministes souvent décrites comme une pédagogie de conscientisation, de libération, voire comme une pédagogie humaniste rendent visibles les dispositifs d’action, les savoir-faire et agir pour lutter contre les injustices sociales et les inégalités à l’origine des discriminations dans les lieux dédiés à la formation (Lampron 2016; Martìn 2016; Mozziconacci 2015). Cette contribution s’appuie sur les conceptions et les pratiques pédagogiques féministes de vingt-trois (23) membres du Réseau québécois en études féministes (RéQEF) recueillies lors d’un sondage interne réalisé de novembre 2014 à janvier 2015. Elle a pour double objectif : 1) de revisiter quelques définitions de la pédagogie féministe et 2) d’explorer son apport potentiel dans la transformation des pratiques de transmission des savoirs pour de véritables changements socioculturels dans l’enseignement supérieur.  

Résumé
11 h 30
Enquête sur la microphysique du pouvoir à l’école
Joëlle Magar (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Afin de comprendre comment se perpétuent les inégalités dans l’espace scolaire malgré les intentions  manifestes des acteurs et actrices de l’école d’aller à leur encontre, il importe d’analyser par quels moyens  les rapports sociaux s’y matérialisent. L’enquête ethnographique dont il est question dans cette intervention a permis de mettre en évidence comment « se fait » le genre (West, Fenstermaker 1995)  à l’école par et avec les autres rapports sociaux qui s’y imbriquent (Kergoat 2001). Menée dans des établissements scolaires en France et au Québec entre 2013 et 2016, la perspective comparative met en évidence les mécanismes d’invisibilisation et de naturalisation des rapports de domination qui structurent le champ scolaire. Par l’étude fine des interactions, des dispositifs et des encadrements institutionnels, il est possible de procéder à une véritable enquête sur la circulation du pouvoir  à l’école, soit sa microphysique (Foucault 1975). Les résultats de cette démarche conduisent à réinscrire le geste éducatif dans sa dimension politique et à tracer des pistes concernant la formation des acteurs et des actrices de l’éducation ancrées dans les pratiques de la pédagogie critique.

Résumé
11 h 50
La performativité et les féminités: les trajectoires de vie et la résistance des enseignantes au mouvement conservateur dans les écoles brésiliennes.
Kelly Russo (UdeM - Université de Montréal), Ivan Amaro (Faculté d'éducation de l'Université d'État de Rio de Janeiro – UERJ, Brésil.), Luciana Abreu (Professeure du réseau public d'éducation à Rio de Janeiro.)

Au cours des vingt dernières années, la discussion sur le genre a été établie dans le domaine de l’éducation brésilienne. Cependant, ces deux dernières années, le mouvement conservateur “Escola sem partido” (l’école sans parti) a pris de l’ampleur et tente de censurer tous les débats sur la question du genre dans les écoles. Ils essaient d’imposer une logique hétéronormative selon laquelle les femmes doivent se plier à un modèle unique de féminité basé uniquement sur des attributs tels que l’amour, la maternité et le renoncement à soi. Cette recherche a utilisé des trajectoires de vie pour comprendre le sens de l’enseignement et de la féminité à travers les histoires de cinq enseignantes participant à la recherche. Du concept de Judith Butler, performativité, cette recherche montre comment les enseignantes pensent leur sens des féminités de multiples façons, et les différentes manières, dont elles construisent des formes de résistance dans le quotidien scolaire.

Résumé
12 h 10
Discussion
12 h 30
Pause
Dîner
12 h 30 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
14 h 00 à 15 h 15
Communications orales
Session 3
Présidence/Animation : Joëlle Magar (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQAC
Local : P1-6170
14 h 00
Présidence de la session
Joëlle Magar (UQAM - Université du Québec à Montréal)
14 h 10
De l'importance du point de vue situé dans la relation pédagogique : la toile des rapports sociaux comme outil de réflexion critique
Jacynthe Caron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le collectif de formatrices Les Mécaniciennes a conçu une démarche de formation à destination des professionnel.le.s de l’éducation dont l’objectif est de favoriser l’identification et la compréhension de la dynamique des rapports sociaux actifs dans les milieux de l’enseignement, l’éducation et la formation. L’atelier propose l’expérimentation d’un outil intitulé « la toile des rapports sociaux »  qui permet de travailler les processus d’assignation et d’identification à l’œuvre dans les interactions pédagogiques. La prise en compte des émotions générées par l’activité participe à nourrir les questions et réflexions qu’elle suscite en s’appuyant sur l’hypothèse que l’émotion elle-même est un  vecteur de savoir et de transformation (hooks 1994).

Les participantes et les participants du Colloque 619 sont invités à poursuivre la réflexion dans le cadre du Colloque 620 - Savoirs, pratiques et défis : faire de la recherche et de l'enseignement féministes dans différents contextes - qui commencera après la pause.  

Résumé
14 h 45
Discussion
15 h 15
Pause
15 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Savoirs, pratiques et défis : faire de la recherche et de l’enseignement féministes dans différents contextes
Présidence/Animation : Anne Martine Parent (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6170
15 h 30
Présentation de l'objectif de la rencontre
Anne Martine Parent (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
15 h 45
Le continuum de la pensée féministe québécoise : d'hier à aujourd'hui
Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)

En guise d'introduction à la discussion, un bref aperçu du développement du champ des études féministes en milieu universitaire québécois sera présenté sous deux angles différents. Le premier propose un retour sur les différentes phases de développement des études féministes au Québec depuis le début des années 1970.  Le second donne un aperçu de  la cartographie actuelle des études féministes, sur les femmes/women’s studies/études de genre. 

Résumé
16 h 00
Discussion
17 h 00
Synthèse
Soir
17 h 30 à 19 h 00
Cocktail
Vin de la solidarité offert par le Réseau québécois en études féministes (RéQEF)
Batiment : UQAC
Local : P1-6170
17 h 30
Accueil et présentation du RéQEF
Sandrine Ricci (UQAM - Université du Québec à Montréal)