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506 - Philosophie de l'éducation, histoire et études comparatives

Le dimanche 12 juin 2016

Ce domaine est organisé autour de deux sessions qui comportent leurs orientations particulières.

La première session regroupe des communications orales qui sont relatives à l’éducation morale et à la philosophie de l’éducation. La deuxième session réunit des présentations qui mettent en évidence des réflexions en éducation et sur l’éducation.

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Domaine
Section 500 - Éducation
Responsables
Patrick Charland
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Éducation morale et philosophie de l'éducation
1
Le saint graal des recherches en éducation? Une critique des travaux de John Hattie par un statisticien
Pierre-jérôme Bergeron (Université d’Ottawa)

Les travaux de John Hattie sur l'enseignement comportent, semble-t-il, ce qu'il y a de plus compréhensif comme synthèse des recherches dans le domaine de l'éducation. Son livre Visible Learning est considéré par plusieurs comme une Bible ou un Saint Graal. Par contre, ses travaux , ayant peu de visibilité en dehors des facultés d'éducation, n'ont pas vraiment passé sous la loupe de critiques scientifiques sérieuses, à quelques exception près.

L'intention d'Hattie est d'utiliser des données concrètes et des analyses statistiques pour évaluer ce qui « fonctionne » en enseignement, ce qui va de soit pour avoir une certaine rigueur scientifique. Par contre, l'exécution des analyses comporte de sérieuses lacunes dans l'utilisation et la mise en œuvre des méthodes statistiques, au point de réduire la synthèse à une bouillie de chiffres pseudoscientifique. On explique par une brève analyse statistique que les « savants calculs » d'Hattie et son équipe ont été faits sans aucune consultation avec des experts en statistique. On propose également des solutions pour mieux recueillir, comprendre et analyser des données et ainsi aider à ajouter une vraie rigueur scientifique aux recherches en éducation.



Résumé
2
Les positions scientifiques et spirituelles des étudiants du baccalauréat et du doctorat en psychologie
Caroline MONTIGNY (UQAM - Université du Québec à Montréal), Pier-Olivier Caron (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jacques FORGET , Philippe Valois (UQAM - Université du Québec à Montréal), Alexandre GELLEN-KAMEL (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La majorité des courants en psychologie s’accorde vers une conception scientifique de la discipline. Cependant, l’internalisation implicite de la psychologie populaire et non scientifique chez les étudiants peut nuire à sa scientificité. Il devient essentiel de vérifier si ces conceptions peuvent changer, particulièrement au baccalauréat, période à laquelle l’étudiant est exposé à la psychologie scientifique.

L’objectif de l’étude est d’évaluer les positions scientifiques et spirituelles d’une cohorte d’étudiants de psychologie de première année au baccalauréat et d’une cohorte de début de parcours au doctorat. Un questionnaire incluant 8 questions en accord avec une position scientifique et 8 questions en accord avec une position plus spirituelle est administré.

Les résultats montrent que les étudiants au baccalauréat sont en accord à 77% avec une position scientifique et à 32% avec une position spirituelle. Les résultats sont de 73% et 30% respectivement chez les étudiants au doctorat. Il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes. Par contre, autant les étudiants du baccalauréat que du doctorat adoptent significativement plus une position scientifique que spirituelle, t = 10,30, p < 0,001.

Ces résultats suggèrent que les étudiants en psychologie, peu importe leur niveau d’étude, considèrent que l’être humain peut être étudié scientifiquement. Ces résultats montrent également que le parcours du baccalauréat n’influence pas les positions des étudiants.

Résumé
3
La contribution de l’AQEM à l’enseignement moral dans les écoles primaires et secondaires au Québec de 1990 à 2010
Jean Paul Ndoreraho (UdeS - Université de Sherbrooke), France Jutras (UdeS - Université de Sherbrooke)

L’Association québécoise d’enseignement moral (AQEM) fondée en 1990 au début de la mise en œuvre sur l’ensemble du Québec des programmes d’enseignement moral a été mise en veilleuse au moment où ces programmes et ceux d’enseignement moral religieux confessionnels ont été abolis et remplacés par le programme d’éthique et culture religieuse offert à tous les élèves du primaire et du secondaire depuis 2008. Cette association professionnelle visait à orienter la formation initiale et continue des maîtres et la pédagogie de l’éducation morale. L’objectif est de faire l’historique de la contribution de l’AQEM au développement de l’enseignement moral dans le curriculum scolaire du Québec, la pédagogie qui lui est propre et la formation des maîtres en ce sens. Deux collectes de données ont été réalisées: 1) une recherche documentaire exhaustive (Mertens, 2010) pour rassembler les procès-verbaux des réunions, les avis et mémoires présentés à diverses instances, les articles publiés, les numéros de sa revue professionnelle; 2) des entrevues auprès des acteurs clés de l’AQEM de sa naissance à sa dissolution (Savoie-Zacj, 2010). Les résultats des analyses de contenu effectuées permettent de saisir les enjeux sociaux, pédagogiques et professionnels reliés au développement de l’enseignement moral au Québec, les orientations de la pédagogie privilégiée et les difficultés rencontrées au moment où l’école devait s’adapter aux changements dans les mœurs, la culture et la composition sociale. 

Résumé
4
Les apports de l’approche par les capabilités pour évaluer le droit et l’égalité en éducation
Sandrine Gris (UdeM - Université de Montréal)

Cette communication a pour objectif de discuter de la question de l’évaluation de l’effectivité du droit à l’éducation et à l’égalité au prisme de l’approche par les capabilités (Sen, 1992). La pertinence scientifique de cette proposition est double : d’une part, la perspective des capabilités appliquées au droit appelle un déplacement théorique dont l’évaluation de son effectivité permet de se focaliser sur les divergences entre le formel et le réel; entre les principes normatifs et les usages du droit; d’autre part, l’approche par les capabilités permet de repenser l’analyse de l’égalité et l’inégalité en déplaçant la problématique de l’égalité d’accès aux ressources ou aux institutions vers une évaluation des égalités de traitement à l’intérieur des institutions et de l’égalité des opportunités en termes de liberté d’accomplir certaines réalisations. C’est dans la perspective ouverte de l’égalité des capabilités qui croise celle des droits fondamentaux dans la mise en œuvre des politiques d’inclusion scolaire que nous esquissons le modèle de l’évaluation du droit et de l’égalité en éducation au prisme de l’approche par les capabilités. Nous exposerons brièvement l’approche par les capabilités, avant de présenter un modèle d’évaluation du droit et de l’égalité en éducation. Finalement, nous dégagerons quelques retombées scientifiques et pratiques du modèle pour l’évaluation des politiques d’inclusion scolaire. 

Résumé
5
Raison, enfance et éducation : limites et fractures dans la tradition philosophique rationaliste
Arianne ROBICHAUD (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les thèses des plus importants philosophes rationalistes sont bien connues au sein de la littérature propre aux champs de la philosophie de l'éducation et de la pédagogie: les réputations de Socrate et Platon, comme premiers penseurs des finalités de l'éducation, ou encore de Descartes et Kant, comme précurseurs d'un innéisme aux fondements des sciences cognitives influentes en psychopédagogie, ne sont certes plus à faire au sein de ces disciplines. Pourtant, une question fondamentale échappe à l'ensemble de leurs théories respectives: en effet, la tradition philosophique rationaliste, à l'exception de quelques contemporains, ne reconnaît point à l'enfant le statut d'être rationnel, et ce, de Platon à Leibniz, d'Aristote à Habermas. Dès lors, comment évaluer cette tradition et son impact sur l'éducation occidentale, considérant sa négation partagée de l'enfance comme période rationnelle? Aux fondements de nos traditions éducatives, comment concilier le paradoxe d'une éducation à la Raison qui suppose, de façon contradictoire, que la rationalité est innée, mais que l'enfant et l'élève ne la possèdent pas? À la lumière de récentes recherches en psychologie de l'enfance, cette communication propose, en lien avec les conclusions de notre recherche doctorale, le renouvellement urgent d'une tradition qui, malgré son influence sur la pensée éducative, participe à la prolongation d'une asymétrie autoritaire entre le maître connaissant et l'élève inférieur, « troué », irrationnel. 



Résumé
6
Ibn Khaldoun : est-il toujours d’actualité à l’ère des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE)?
Razika TAHI (Université de Boumerdes UMBB), Farida BOUARAB-DAHMANI (UMMTO de Tizi ouzou)

A l’ère du numérique, et ses répercussions sur lasurcharge informationnelle, peut-on considérer que les écrits d’Ibn Khaldoun, sur l’apprentissage du savoir, sont toujours d’actualité ?

Déjà, au XIV siècle, Ibn Khaldoun considérait que « Parmi  les causes qui nuisent à la recherche de la science…, il faut citer le grand nombre d’ouvrages ».

Dans ce qui suit, nous nous limitons à l’évaluation de l’information.

Ibn Khaldoun résumait en sept points (esprit partisan, ignorance des faits, etc.) comment biaiser l’information par le mensonge et la manipulation.

Pour vérifier la véracité de ces causes, nous avons effectué une recherche empirique basée sur une analyse statistique et un questionnaire. Les données utilisées sont l’évaluation d’un cours, sur  l’information, dispensé à deux groupes. Le premier a suivi ce cours selon un modèle pédagogique béhavioriste, et pour le second, nous avons axé le cours sur la discussion, car pour Ibn Khaldoun  « L’entrainement convenable le plus simple, c’est sans doute l’exercice de la parole dans les conversations et les débats scientifiques ». 

Les résultats obtenus ont été significativement différents (nettement meilleurs dans le second groupe), et vérifiés par un test d’hypothèse. Le questionnaire a permis de comprendre et confirmer les raisons de ces résultats.

Ces deux retours d’expériences ont permis de mettre en exergue l’importance de la communication dans l’enseignement, et prouvés que les écrits d’Ibn Khaldoun sont encore d’actualité.

Résumé