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Présentateur des activités scientifiques

610 - Penser les jardins : savoirs, pratiques et enjeux contemporains

  • Mardi 12 mai 2026
  • Mercredi 13 mai 2026

Responsables

Les jardins sont reconnus comme étant des dispositifs soutenant la santé et le bien-être, à l’échelle individuelle comme collective. Ils sont associés à des finalités diverses : amélioration de l’alimentation et sécurité alimentaire (Turner, 2011), adaptation aux changements climatiques et protection de la biodiversité (Fauzia et al., 2024), renforcement du tissu social et des liens intergénérationnels, réhabilitation psychosociale (Spano et al., 2020) et fonctions thérapeutiques (Carroll et al., 2024). Parallèlement, on observe une reconnaissance croissante du statut patrimonial de certains jardins et espaces naturels, inscrivant leurs usages dans des dynamiques de mémoire, de transmission culturelle et d’attachement au lieu. Malgré cet essor, ces projets demeurent fragiles : dépendances aux financements publics, vulnérabilité aux transformations urbaines et aux aléas climatiques, précarité des initiatives citoyennes. 

Cette fragilité accentue la nécessité de développer une réflexion interdisciplinaire sur leur rôle et leur portée, en s’appuyant sur la sociologie et l’anthropologie médicale et culturelle, qui permettent de dépasser les approches biomédicales. Les recherches en sciences sociales proposent en effet de penser les jardins comme des microcosmes sociaux et écologiques où s’expérimentent et se négocient normes, valeurs et rapports de pouvoir : relations interpersonnelles, rapports de genre, partages de responsabilités et cohabitations entre humains et non-humains. Ils invitent à interroger les capacités sensibles et attentionnelles que suscite le soin porté à la terre, aux plantes et aux écosystèmes. Souvent envisagés comme des communautés soignantes et des communs, les jardins sont aussi présentés telle une réponse polymorphe aux crises sociales, environnementales et sanitaires contemporaines, et proposés comme des manières d’ouvrir des perspectives esthétiques, éthiques et politiques sur la manière d’habiter la planète et de faire communauté, en nourrissant un champ de savoirs interdisciplinaires. Toutefois, comme le montrent plusieurs travaux (Egerer et Fairbairn 2018), ces communs sont traversés par des tensions, des rapports de pouvoir et des mécanismes d’inclusion et d’exclusion qui en complexifient la portée.


Appel à communications

La mise en place de ce symposium s’inscrit dans un contexte où les jardins et les pratiques de jardinage, malgré leur essor et leurs usages multiples, demeurent encore peu conceptualisés comme objets de savoirs interdisciplinaires. Leur précarité institutionnelle et matérielle accentue l’urgence d’une réflexion collective sur leur place et leurs potentialités dans nos sociétés contemporaines. Ce symposium vise à rassembler des chercheur·e·s issu·e·s de divers horizons (sociologie, anthropologie, santé publique, design et aménagement, histoire, géographie, foresterie, études environnementales, etc.) afin d’interroger la portée scientifique, sociale, culturelle et politique des jardins. Il s’agira de dépasser les approches qui les envisagent seulement ou principalement comme des instruments de santé publique (nutrition, activité physique, gestion des symptômes) pour mettre en lumière leurs dimensions symboliques, relationnelles, esthétiques et épistémiques. Les jardins offrent en effet des terrains privilégiés pour analyser la cohabitation intergénérationnelle, les rapports de genre, la circulation et la reconnaissance des savoirs, la construction des communs et la recomposition des liens entre humains et nonhumains.  

En favorisant le croisement des perspectives, ce symposium permettra d’examiner ce qui se joue « dans les jardins » et au travers des pratiques jardinières :  

  • Quelles formes de soin émergent ?
  • Quelles capacités sensibles et attentionnelles se développent ?
  • Quels apprentissages inattendus surgissent ?
  • En quoi ces microcosmes sociaux et écologiques éclairent-ils les transformations plus larges de nos systèmes de santé, nos pratiques de soin et nos manières d’habiter le monde ?
  • Y a-t-il des exclusions ou des fragilités qui demeurent ignorées, voire invisibilisées ?  

Appel à présentations 

Pour notre colloque, nous invitons des présentations originales de travaux issus de multiples disciplines (sciences sociales, humanités, arts et culture, sciences forestières, géographie, aménagement, sciences de la santé, etc.) pour réfléchir avec nous à ce que sont ou peuvent être les jardins, à ce qu’ils rendent possibles ou impossibles et ce, dans une diversité de contextes. Nous invitons les chercheur·e·s, les étudiant·e·s, ainsi que les personnes usagères et/ou citoyennes partenaires à soumettre une proposition de communication sur les thématiques suivantes : 

  • Qu’est-ce qu’un jardin ? Définitions, frontières, hybridations (ex: jardin/forêt, jardin/friche).  
  • Jardins et relations au vivant. Écologies, relations multi-espèces, interdépendances, décentrement de l’humain.
  • Jardins, soin et bienveillance. Éthiques du care, pratiques plurielles du et des soins, réparation, hospitalité.
  • Jardins, santé et bien-être. Pratiques soignantes, thérapeutiques et cliniques. Prévention, rétablissement, réhabilitation, auto-gestion. Usages et limites.
  • Jardins, savoirs et transmissions. Savoirs (situés, autochtones, professionnels). Controverses et limites. Modalités sensibles et méthodologies (im)possibles. Intergénérationnalité.
  • Justice, accès et exclusions. Équité, inclusion, accessibilité. Frontières sociales et négociation des présences et absences.
  • Gouvernance et techniques. Règles, contrôles, infrastructures. Distinctions « low-tech/hightech » et innovations ordinaires. Contexte normatif et idéologique.
  • Pluri-crises, futurs possibles, et pratiques spéculatives. Science-fiction, science fabulatives imaginaires. Transitions, tensions et contradictions. 

Les propositions portant sur d’autres milieux verts (forêts, parcs, friches, milieux humides, fermes urbaines, etc.) sont les bienvenues, dans la mesure où elles permettent un dialogue avec les jardins (par comparaison, mise en relation, continuité, hybridation, etc.). 

Votre proposition doit être envoyée avant le 10 février par courriel dans un document word à l‘adresse emilie.dionne.3@ulaval.ca, et inclure les renseignements suivants :

  • 1. Un titre (180 caractères maximum, espaces compris)
  • 2. Un résumé (1 500 caractères maximum, espaces compris)
  • 3. L’axe thématique dans lequel s’inscrit la proposition
  • 4.La liste des personnes autrices de la communication, avec les précisions suivantes :
    • a. Prénom et nom, ainsi que le(s) pronom(s) d’usage
    • b. Statut, affiliation professionnelle (université ou autre organisation)
    • c. Courriel

Critères de sélection 

  • Originalité de la proposition
  • Clarté de la proposition, lisibilité et cohérence
  • Clarté de la méthodologie, l’objet, contexte(s) et pertinence (dans le cadre de l’appel)
  • Alignement avec l’appel à communications
  • Complémentarité avec les autres propositions reçues, pour favoriser les échanges qui suivront

Calendrier

  • Date limite pour soumettre une proposition : 10 février 2026
  • Dévoilement du programme final : 27 février 2026

Format des participations

Veuillez prendre note que le colloque aura lieu en format hybride (en personne et en ligne). Nous encourageons vivement les personnes conférencières à participer en personne lorsque possible.

La durée maximale sera de 15 minutes. Toutes les présentations doivent être en français. 

Toute méthodologie est la bienvenue. Les contributions peuvent inclure: 

  • des textes individuels ou collectifs
  • des approches créatives
  • des réflexions méthodologiques
  • des ateliers
  • des écrits universitaires expérimentaux. 

Informations complémentaires 

Les personnes conférencières dont la proposition aura été retenue par le comité organisateur du colloque devront s’inscrire au congrès de l’ACFAS. 

Le symposium se déroulera sur une journée et demie. La première journée comprendra une introduction par les coresponsables, trois panels entrecoupés de moments d’échanges se culminant sur une synthèse collective. La deuxième demi-journée sera consacrée à des activités interactives : table ronde et atelier « hors-mur ». Cet atelier intitulé Créer et penser depuis le jardin proposera une sortie dans un espace vert. Les participant·e·s seront invité·e·s à s’imprégner du lieu et à produire une création sensible (ex: texte, dessin, cartographie, etc.). La mise en commun des créations favorisera une discussion collective, pour tisser un dialogue original entre recherche, expérience incarnée et pratiques de soin, en continuité avec les thématiques du symposium. 

Pour toute autre informations, communiquez avec Émilie Dionne : emilie.dionne.3@ulaval.ca 

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