513 - Programmer à l’école : quelles finalités ? Entre curriculum et pratiques enseignantes
- Jeudi 14 mai 2026
- Vendredi 15 mai 2026
Responsables
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Mélanie Tremblay
UQAR - Université du Québec à Rimouski
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Mireille Saboya
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Michèle Couderette
UPEC
L’intégration de la programmation dans les systèmes éducatifs internationaux est une réalité. Tant en France qu’au Québec, les textes officiels encouragent le développement de la pensée informative (MEES, 2019) et prescrivent l’analyse, la conception et la traduction d’algorithmes en langage informatique (MENJ, 2019). Ces textes traduisent des finalités variées et parfois floues : former à la culture numérique, soutenir les apprentissages disciplinaires ou préparer une formation scientifique spécialisée. Pour autant, les prescriptions curriculaires ne suffisent pas. Il ne s’agit pas seulement de proposer de nouvelles stratégies d’enseignement, mais bien d’interroger les croyances sur la nature du savoir, le rôle de l’enseignant·e et la place des élèves dans cette construction de savoirs (Laplante, 1997).
Des travaux en didactique des mathématiques nourrissent déjà cette réflexion. Couderette (2016) et Haspekian et Nijimbéré (2016) précisent que la polysémie du terme « algorithmique » engendre des tensions liées au statut hybride entre mathématiques et informatique. St-Cyr (2022) propose une caractérisation opératoire de la pensée algorithmique en mathématique (PAM), souvent confondue avec la pensée informatique, et la définit comme une forme de pensée mathématique à part entière. Elle distingue la mobilisation, la conception et l’étude d’algorithmes, et met en lumière des registres de représentation (mathématique, pseudocode, langage informatique) ainsi que des raisonnements séquentiels, itératifs ou récursifs. De leur côté, Boileau (2020), Tremblay et Pelletier-Tremblay (2023) et Venant (2024) explorent de nouvelles tâches (Python, Scratch, robot Root) qui cherchent à rendre cette articulation plus accessible aux élèves comme aux enseignant·es. Ces recherches mises en dialogue avec les travaux (Knuth, 1968 ; Papert, 1980 ; Wing, 2006), montrent la nécessité de réfléchir à l’articulation entre pensée mathématique, pensée algorithmique et pensée informatique.