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Présentateur des activités scientifiques

454 - De la sociomatérialité critique à la critique de la matière : quelles postures en communication organisationnelle ?

  • Jeudi 14 mai 2026
  • Vendredi 15 mai 2026

Responsables

Ce colloque porte sur les approches sociomatérielles en communication des organisations et pose la question suivante : quelle(s) matérialité(s) pour une communication organisationnelle critique ? Le terme de matérialité apparaît dans les approches critiques traditionnelles (plutôt marxistes) dans un sens très différent de celui qui lui est conféré par la théorie de l’acteur-réseau par exemple (Latour, 1994). Le terme de sociomatérialité, quant à lui, a au moins deux sens différents, associés soit à Leonardi (2013) soit à Orlikowski (2007) qui, elle, puise dans le nouveau matérialisme féministe de Karen Barad (2003). Ces approches développent des dimensions critiques différentes qui amènent parfois à des confusions quant à la définition de la matière qui est pourtant au centre des réflexions. De Moura et De Souza Bispo (2020) rappellent pour leur part que la sociomatérialité en études organisationnelles (EO) approfondit les connaissances des phénomènes organisationnels. De plus, la communication organisationnelle (CO) s’est emparée de cette épistémologie pour penser la constitution des organisations (Ashcraft et al., 2009; Cooren, 2020) notamment à travers l’agentivité des non-humains (Bencherki, 2016, 2018) et les degrés de matérialisation de diverses entités à ontologie variable qui font émerger de l’organisation (Cooren, 2020). Les approches sociomatérielles se sont donc montrées particulièrement pertinentes pour prendre en compte des éléments invisibilisés et pour déconstruire les binarités (Cooren, 2020; Moura & Bispo, 2020), mais ont eu tendance à être dépolitisées et notamment en communication des organisations où les potentialités critiques de ces approches ont été évacuées. Ainsi, à la suite de plusieurs tentatives (cf. Aradau & Blanke, 2015; Hung, 2024; Kuhn et al., 2017; Mumby, 2019) ce colloque propose de réfléchir à la place de la critique dans la sociomatérialité en particulier en remettant à leur juste place les processus capitalistes dans les réflexions. 

La problématique soulève la difficulté de saisir de manière critique la « matière » dans les approches sociomatérielles en communication des organisations. Cette dernière, en tant que discipline étudiant les organisations au cœur même du système capitaliste se doit de réfléchir à ces processus (Del Fa & Kärreman, 2022; Parker, 2014). Le colloque invite donc à remettre en discussion les approches critiques de la sociomatérialité en questionnant les matérialités dont il est question, mais aussi la manière dont ces approches peuvent aider à remettre le capitalisme au centre de la réflexion et de l’analyse des organisations. Trois axes sont proposés pour aborder ces questions et pour évaluer les propositions. Ces trois axes vise à englober différentes sphères organisationnelles et différentes méthodologies à mobiliser dans le cadre du sujet traité. 


Appel à communications

La problématique soulève la difficulté de saisir de manière critique la « matière » dans les approches sociomatérielles en communication des organisations. Cette dernière, en tant que discipline étudiant les organisations au cœur même du système capitaliste se doit de réfléchir à ces processus (Del Fa & Kärreman, 2022; Parker, 2014). Le colloque invite donc à remettre en discussion les approches critiques de la sociomatérialité en questionnant les matérialités dont il est question, mais aussi la manière dont ces approches peuvent aider à remettre le capitalisme au centre de la réflexion et de l’analyse des organisations. Plus généralement, le colloque vise à créer un espace de discussion afin d’actualiser la sociomatérialité en communication des organisations en rassemblant des spécialistes qui mobilisent les approches sociomatérielles dans une perspective critique allant du matérialisme historique de Marx au féminisme contemporain (Calas & Smircich, 2003) et traitant à la fois des processus organisationnels que des technologies. Les discussions porteront sur les enjeux de ces approches pour penser différents types d’organisations et les relations de pouvoir hégémoniques qui les traversent, soit en façonnant et renforçant le capitalisme, soit en entrant en résistance avec lui. Trois axes sont proposés pour aborder ces questions et pour évaluer les propositions. Ces trois axes vise à englober différentes sphères organisationnelles et différentes méthodologies à mobiliser dans le cadre du sujet traité. 
Axe 1 : Capitalisme de plateforme et capitalisme algorithmique : la sociomatérialité du numérique 
Si la plateformisation renvoie en premier lieu à l’hégémonie de modèles infrastructurels qui cloisonnent la circulation des contenus et les interactions sociales (Helmond, 2015), les plateformes elles-mêmes sont, pour leur part, des entités plurielles, complexes, hiérarchiques et interconnectées (Van Dijck, 2021). Dans ce premier axe, il s’agira donc d’interroger la matérialité des API, des pipelines de données, des outils de modération interne et des algorithmes des plateformes, sans les dissocier des situations concrètes ni des acteur·ices (pratiques, normes, significations, résistances). 
Axe 2 :  « Être contre et ne pas être comme » : matérialiser les luttes et les marges

Cet axe vise à réfléchir à la constitution matérielle de formes organisationnelles moins étudiées en communication des organisations et notamment l’ensemble des organisations qui se situent dans le champ très large des « organisations alternatives » (Del Fa & Vásquez, 2019; Dorion, 2017; Parker et al., 2014; Vijay et al., 2025) et/ou de résistances (Del Fa et al., 2022). Nous encourageons ainsi les propositions qui questionnent la fabrique de l’alternative comme un processus de différantiation marqué par une oscillation entre « être contre et ne pas être comme » l’ordre dominant (Del Fa & Vásquez, 2019) ou comme un processus performatif et réflexif d’exclusions et d’altérations permanentes (Dorion, 2017) qui se matérialise à travers les corps, les espaces et les objets (Vijay et al., 2025). 
Axe 3 : La sociomatérialité affective : Affects, corporalité(s) et approches sensibles. 

Ce troisième axe réunira des contributions qui enrichissent les travaux qui s’intéressent aux dimensions matérielles des affects (Bencherki, 2017; Bencherki et al., 2024; Brummans et al., 2024) et la manière dont ces derniers s’incarnent au sein des organisations, mais aussi sur les terrains et les méthodologies mobilisées. Si la CCO a largement démontré l’agentivité des textes et des objets dans les processus organisationnels (Cooren, 2020; Bencherki, 2016), nous proposons ici d’étendre cette réflexion à la performativité des corps et des affects dans ces mêmes processus. 

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