451 - Le travail réel de la recherche-intervention : comment rapproche-t-on le management de la question du travail ?
- Mardi 12 mai 2026
- Mercredi 13 mai 2026
Responsables
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Martin Chadoin
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Stéphanie Gentil
Nantes Université
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Rachelle Guitard
UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis longue date, diverses disciplines en sciences sociales décrivent la tendance du management à se construire à distance physique et symbolique des réalités opérationnelles, ignorant ainsi les difficultés, les dilemmes, les sacrifices, les opportunités, les stratégies, et le sens que vivent et développent les personnes au travail. Dans la francophonie, et principalement en contexte français, il s'est développé tout un pan de la recherche qui oeuvre à rapprocher le management du travail réel. Cela passe par l’élaboration de recherches-interventions (RI) qui accompagnent les milieux de manière soutenue dans la transformation organisationnelle. En coopérant avec le terrain pour combiner les savoirs pratiques et théoriques, la RI est considérée comme étant foncièrement créative. Elle développe continuellement des méthodes innovantes pour résoudre des problèmes et produire des connaissances utiles. Elle doit toutefois composer avec des difficultés découlant, d’une part, de l’arrimage difficile entre les exigences du terrain et ceux de la recherche (leurs temporalités, leurs rythmes, leurs contraintes de productivité, leurs jeux politiques, etc.) et relevant, d’autre part, des tensions inhérentes à un processus qui poursuit à la fois la critique et la transformation. Or, les écrits sont largement silencieux sur les stratégies mises en œuvre par les chercheurs et chercheresses pour composer avec ces difficultés. Comment, alors, la recherche peut-elle rapprocher le management du travail réel si elle peine à discuter des enjeux concrets de son propre travail? Comment peut-elle transmettre et faire évoluer les stratégies qu’elle développe pour y faire face? Ce colloque offre d'amorcer une discussion sur ces sujets à travers des discussions et réflexions collectives sur le travail réel de la recherche-intervention, à partir de la mise en commun de récits d’intervention visant à rapprocher le management du travail réel.
Appel à communications
Dans le cadre du 93e congrès de l’ACFAS, qui se tiendra en mai 2026 à Trois-Rivières (Québec), Stéphanie Gentil (IAE Nantes) et Martin Chadoin (UQAM) organisent un colloque sur le travail réel de la recherche-intervention qui tente de rapprocher le management de ce que font réellement les gens dans le quotidien de leur travail, et/ou de démocratiser le travail de gestion. Cette distinction, tout comme la définition de la recherche-intervention, seront ouvertes à discussion, mais à travers la mise en commun de récits d’intervention par des chercheur·es qui tentent, par exemple, d’ouvrir des espaces de discussion sur le travail ou de soutenir des processus d’enquête collective. En invitant les personnes à centrer leurs récits sur un dilemme ou un problème pratique, nous voulons créer une opportunité de réfléchir collectivement aux caractéristiques, obstacles, leviers et stratégies de la recherche-intervention centrée sur le travail, afin de nourrir à la fois le travail des chercheur·es et la réflexion théorique qui s’y rapporte. En rassemblant des chercheur·es de la France et du Québec, chevronnées comme apprenties, nous espérons nourrir un regard croisé sur les conditions à la fois situationnelles et institutionnelles de la recherche-intervention. Nous encourageons également les étudiant·es au doctorat à participer.
Date du colloque: Mardi 12 mai (9h à 16h30) et mercredi 13 mai (9h à 12h30).
Exigences pour participer à titre de conférencier·ère:
Dans un document word ou PDF, nous faire parvenir un résumé de la recherche-intervention centrée sur le travail (actuelle ou passée) que vous voulez raconter et qui met de l’avant un dilemme ou des problèmes pratiques particuliers sur lesquels vous aimeriez réfléchir dans le cadre d’une recherche-intervention (en cours ou passée) centrée sur le travail. Par exemple, cela peut concerner l’arrimage entre les exigences de l’organisation et de l’université (leurs temporalités, leurs rythmes, leurs contraintes de productivité, leurs règles formelles, leurs jeux politiques, etc.). Il peut s’agir de questionner les opportunités de transformation en relation aux risques d’instrumentalisation, de poser les tensions entre la critique et la coopération, ou encore de souligner des difficultés dans la construction de la confiance, dans le travail de sortie ou dans l’écriture.
Taille du résumé : 1500 caractères maximum (espaces compris).
Titre de la présentation: 180 caractères maximum (espaces compris).
Inclure votre prénom, nom, statut, et affiliation.