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448 - Classes sociales et morphologie

Section 400 - Sciences sociales

  • Jeudi 7 mai 2020
  • Vendredi 8 mai 2020

Responsables

Au-delà de la disparition annoncée de manière récurrente des classes sociales, que faire aujourd'hui de ce
concept fondamental en sciences sociales et aujourd'hui très peu utilisé ici et comme ailleurs (Hugrée,
Penissat et Spire, 2017) ? Bien que le concept ne soit pas complètement disparu, nous avons l'impression
que son usage sert davantage à délimiter un champ d'analyse (les classes populaires par exemple),
regroupant bien quelques indicateurs communs (revenu, scolarité, etc.), qu'à titre d'élément explicatif de la
vie en société? D'où la difficulté toujours présente d'articuler pour ainsi dire la raison statistique du
sociologue à celle des enquêté.es. Est-ce en raison d'une conscience de classe absente que les classes
sociales n'existeraient pas ou s'agirait-il d'une difficulté bien réelle de la part des sociologues à analyser le
classement effectué par les individus en société? Si la définition même de ce que seraient les classes
sociales demeurent problématique, les individus continuent pourtant à classer ou à catégoriser leur
expérience sociale. Est-il par conséquent possible que ce soit la définition théorique usuelle des classes
sociales, souvent réduite à des "conditions socio-économiques", qui ne permet plus de rendre compte de
l'existence de classes sociales? Le colloque sera l'occasion de réfléchir à cette difficulté actuelle à penser
les classes sociales et ce de différentes manières: 1) Genèse de l'usage du concept de classes sociales en
sciences sociales; 2) Les tentatives actuelles de réactualisation ou de redéfinition; 3) Réflexions sur son
usage dans les enquêtes sociologiques et anthropologiques tant en méthodologie quantitative et
qualitative. 4) Comment penser l'articulation de la diversité des rapports sociaux (de classes, de genre et
d'ethnie ou de race, de nation, etc.)? Est-ce que le concept de classes sociales peut encore contribuer à
expliquer les mobilisations citoyennes actuelles à travers le monde ?


Appel à communications

En dépit d'un écart de richesse toujours prononcé et des rapports de pouvoir qui n'ont jamais disparu,
comment expliquer que le discours sociologique analyse moins la réalité humaine à partir d'une
problématisation des classes sociales? Des sociologues ont montré que la conscience de classe n'avait pas
pour autant disparu, notamment au sein des groupes économiquement les plus dominants. Se peut-il que
cet abandon relatif du concept renvoie à une définition théorique trop restrictive fondée surtout sur les
rapports sociaux de production capitaliste à l'époque d'un capitalisme financiarisé ? Peut-on justement
concevoir une définition sociologique plus extensive qui se rapprocherait par exemple de la morphologie
sociale chez les durkheimiens ou de processus sociaux ? Si certains chercheurs expliquent la moins forte
prégnance des analyses classistes par la prolifération des études sur les minorités raciales et sexuelles,
nous préférons nous questionner sur l'articulation des rapports sociaux plurielles. Une nouvelle théorisation
des classes sociales est-elle possible sans reconduire les oppositions entre classes-sexe-race? L'étendue
sociale des mobilisations citoyennes actuellement dans plusieurs pays fondées sur des problèmes d'accès
aux infrastructures collectives (transport, communication,eau, etc.) suscite un renouvellement en
profondeur du concept de classes sociales afin de les expliquer.

Les contributions choisies devront faire état de réflexions théoriques, méthodologiques ou éthiques à
propos de l'usage du concept de classes sociales dans les sciences sociales en général et en sociologie et
anthropologie en particulier. Les propositions de communication seront évaluées à partir des
critères suivants:
1) Pertinence en regard du sujet et de la problématique du colloque;
2) Perspective critique et non polémique qui cherche à cumuler les expériences de recherche plutôt de que
les concurrencer;
3) Bien que ce ne soit pas un critère absolu, une préférence ira pour les propositions qui articulent théorie
et expérience.

L'appel à communications s’adresse aux chercheur.es, ainsi qu’aux étudiante.s à la maîtrise et au doctorat, provenant de l’ensemble des sciences humaines et sociales.

La proposition de communication doit inclure :

  • Nom, affiliation institutionnelle, statut professionnel et courriel
  • Titre de la proposition (180 caractères maximum, espaces compris)
  • Résumé de la proposition (1500 caractères maximum, espaces compris)

La proposition doit être transmise en format Word, au plus tard le 10 février 2020, à parent.frederic@uqam.ca et à paul.sabourin@umontreal.ca