413 - Entre contraintes, résistances et care : violences, imputabilité et pratiques bienveillantes dans le réseau de la santé et des services sociaux
- Mardi 12 mai 2026
Responsables
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Mylène Barbe
UQO - Université du Québec en Outaouais
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Josée Grenier
UQO - Université du Québec en Outaouais
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Mélanie Bourque
UdeS - Université de Sherbrooke
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Isabelle Le Pain
UdeS - Université de Sherbrooke
Au Québec, les services publics sont mis à mal depuis plusieurs années (Grenier et al., 2016). Des tensions traversent le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) créé dans les années 1970 selon des principes d’universalité, de solidarité et de justice sociale. La conjoncture des années 1980 et 1990 a entraîné une transformation de la finalité de la protection sociale tendant vers une conception individualisée du risque (Esping-Anderson et al., 2001). Les logiques de la Nouvelle gestion publique (NGP) ont été introduites dans le RSSS pour en améliorer l’efficacité par l’adoption de la Loi sur l’administration publique en 2000, instaurant une culture de performance. Ce glissement structurel atteint les valeurs fondatrices de la protection sociale et participe à la production de violences institutionnelles. Ces violences prennent différentes formes : déshumanisation des soins et services, surcharge de travail, conflits éthiques, atteinte aux droits et à la dignité des personnes (Laforest et al., 2018). Elles se manifestent par des pratiques et des logiques de gestion qui, souvent entrent en contradiction avec les prémisses du soin et de l’accompagnement (Grenier et al., 2016). Ces formes de violences, qu’elles soient administratives, relationnelles, organisationnelles, symboliques ou structurelles, démontrent la présence de rapports de pouvoir, affectant à la fois les personnes destinataires des services que les personnes professionnelles du RSSS. Cette domination gestionnaire complexifie l’accès aux soins et services, compromet leur qualité et génère un climat de travail tendu provoquant épuisement, désengagement, démissions et perte de sens (Bourque et al., 2024). L'accent mis sur la responsabilisation individuelle rend difficile le développement d'actions solidaires et collectives. Malgré tout, des stratégies d’adaptation et de résistance sont développées, ouvrant la voie à une renégociation des rapports sociaux et une transformation sociale (Barbe, 2025).
Appel à communications
Colloque Acfas 2026
Entre contraintes, résistances et care : violences, imputabilité et pratiques bienveillantes dans le réseau de la santé et des services sociaux
Responsables du colloque
Mylène Barbe, professeure, Département de travail social, Université du Québec en Outaouais; Mélanie Bourque, professeure, École de travail social, Université de Sherbrooke; Josée Grenier, professeure, Département de travail social, Université du Québec en Outaouais; Isabelle LePain, professeure, École de travail social, Université de Sherbrooke
Date et lieu :
Mardi 12 mai 2026
Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
Dans le cadre du 93e Congrès de l’Acfas
Description du colloque
Au Québec, les services publics sont mis à mal depuis plusieurs années (Grenier et al., 2016). Des tensions profondes traversent le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS), fondé dans les années 1970 sur des principes d’universalité, de solidarité et de justice sociale. Les transformations des années 1980 et 1990 ont contribué à un glissement vers une conception plus individualisée du risque social (Esping-Andersen et al., 2001), tandis que l’introduction des logiques de la Nouvelle gestion publique (NGP), notamment par l’adoption de la Loi sur l’administration publique (2000), a instauré une culture de performance et de reddition de comptes.
Ce glissement structurel affecte les valeurs fondatrices de la protection sociale et participe à la production de violences institutionnelles et organisationnelles. Celles-ci prennent des formes multiples : déshumanisation des soins et des services, surcharge de travail, conflits éthiques, atteintes aux droits et à la dignité des personnes, contraintes administratives et injonctions paradoxales (Laforest et al., 2018 ; Grenier et al., 2016). Ces violences, qu’elles soient administratives, relationnelles, organisationnelles, symboliques ou structurelles, révèlent des rapports de pouvoir qui affectent à la fois les personnes destinataires des services et les professionnel·le·s du RSSS.
Dans ce contexte, la domination gestionnaire complexifie l’accès aux soins et aux services, compromet leur qualité et génère un climat de travail tendu, marqué par l’épuisement, le désengagement, les démissions et la perte de sens (Bourque et al., 2024; Le Pain et al., 2021). L’accent mis sur la responsabilisation individuelle rend également plus difficile le développement d’actions solidaires et collectives. Malgré ces contraintes, des pratiques de résistance, d’adaptation et de care émergent au quotidien, ouvrant des espaces de renégociation des rapports sociaux et de transformation sociale (Barbe, 2025).
Ce colloque vise à créer un espace de dialogue critique et interdisciplinaire autour des violences dans le RSSS, des mécanismes d’imputabilité qui les soutiennent ou les contestent, ainsi que des pratiques bienveillantes et émancipatrices développées dans les contextes de pratique, de gestion, de recherche et de formation.
Axes de réflexion (à titre indicatif)
Les propositions peuvent notamment porter sur :
- Les formes contemporaines de violences organisationnelles, institutionnelles et symboliques dans le RSSS
- Les effets des logiques de performance, de reddition de comptes et d’imputabilité sur les pratiques professionnelles
- Les expériences des personnes utilisatrices des services, des familles, des groupes et des communautés face aux contraintes institutionnelles
- Les conflits éthiques, la souffrance morale et psychique et la perte de sens au travail
- Les pratiques de care, de résistance, de contournement ou de solidarité dans les milieux
- Les initiatives collectives, alternatives organisationnelles ou innovations sociales
- Les apports théoriques (éthique du care, justice sociale, critique de la NGP, sociologie des organisations, sociologie du travail, travail social, etc.)
Publics cibles
Ce colloque s’adresse particulièrement :
- aux chercheur·e·s et étudiant·e·s en sciences sociales, travail social, sociologie, santé publique, sciences infirmières, gestion, etc.
- aux professionnel·le·s et gestionnaires du RSSS
- aux personnes issues des milieux communautaires et associatifs
- aux personnes concernées par les transformations du RSSS souhaitant contribuer à une réflexion critique et engagée
Les approches empiriques, théoriques, méthodologiques, cliniques ou issues de la recherche partenariale et participative sont les bienvenues.
Critères de sélection
Les propositions seront évaluées selon :
- leur pertinence par rapport à la thématique du colloque
- la clarté de la problématique et des objectifs
- la qualité de l’ancrage théorique et/ou empirique
- l’originalité de la contribution
- la cohérence du résumé et le respect des consignes
Une attention particulière sera portée à la diversité des perspectives (disciplinaires, méthodologiques et issues des milieux de pratique).
Format des propositions
- Format : communication orale (15 minutes) ou affiche
- Titre de la proposition : maximum 180 caractères (espaces comprises)
- Résumé : maximum 1 500 caractères (espaces comprises)
- Problématique et objectifs
- Cadre théorique et méthodologie
- Principaux résultats attendus ou pistes d’analyse
- Contribution au colloque
Date limite et soumission
- Date limite de réception des propositions : 13 février 2026
- Les propositions doivent être envoyées par courriel à : mylene.barbe@uqo.ca