625 - La conciliation études-travail-famille au collège et à l'université

La conciliation études-travail-famille est une réalité pour un nombre toujours croissant d’étudiantes et d’étudiants, ainsi qu’un nouvel enjeu pour les établissements d’enseignement supérieur qui tentent de leur offrir le soutien nécessaire à leur réussite. Cependant, les données de recherche disponibles ne nous permettent pas de dresser un portrait précis des effets de cette conciliation sur les parcours scolaires atypiques associés aux multiples occupations des étudiantes et des étudiants.

Le présent colloque se caractérise par une diversité d’approches et de perspectives. Une première conférence d’ouverture aborde la question sous l’angle du travail salarié des jeunes étudiantes et étudiants canadiens en analysant un échantillon de l’Enquête auprès des jeunes en transitions (EJET), de Statistique Canada. Cette communication est suivie de trois ateliers thématiques. Le premier présente une brève recension des connaissances sur l'incidence de la parentalité sur la persévérance aux études doctorales. Le deuxième atelier résumera les travaux préparatoires à un avis du Conseil supérieur de l’éducation sur les enjeux et les défis éducatifs liés à la triple conciliation. Le troisième atelier vise à faire état de risques méconnus associés au cumul études-travail et propose un projet de certification en conciliation études-travail effectué en collaboration avec des employeurs, des parents et des professeurs.

À ces quatre activités originales s’ajoute une synthèse critique reposant sur les analyses féministes de l’articulation travail-famille dans une perspective d’accès à l’égalité de droits et de faits entre les hommes et les femmes.

Responsables
  • Pierre Doray (UQAM - Université du Québec à Montréal)
  • (UQ - Université du Québec)
Communications orales

Session 1

Avant-midi > à
Présidence/Animation : Martin Ringuette UQ - Université du Québec
09 h 15

Mot de bienvenue

09 h 30

La conciliation études-travail-famille au postsecondaire : les défis des quantifications longitudinales

Stéphane Moulin (UdeM - Université de Montréal)

La présente communication vise à présenter les défis de la quantification des questions de conciliation études/travail et études/famille ainsi que les apports des approches longitudinales. La présentation partira d'une recension des écrits sur la conciliation ce qui permettra de mettre en perspective l'émergence de cette problématique. Elle abordera ensuite les problèmes que pose l'évaluation statistique des formes et de l'impact de la conciliation ainsi que les outils statistiques longitudinaux (analyse de survie et analyse de séquences) qui permettent de les traiter. Enfin, suivra une présentation de quelques résultats statistiques récents sur la question de la conciliation études/travail (résultats qui émergent d'un projet de recherche récent, le projet Transitions) ainsi que sur celle de la conciliation études/famille. 

10 h 30

Pause

10 h 45

Parentalité et persévérance aux études doctorales

Dominique Tanguay (Université Laval)

La persévérance aux études doctorales a peu retenu l'attention dans les recherches, en comparaison avec les autres niveaux d'études. Pourtant, c'est au niveau des études doctorales que l'on observe les taux d'abandon les plus élevés, tant au Canada qu'aux États-Unis. Une des causes de ces forts taux d'abandon pourrait être la présence de responsabilités familiales. Une meilleure compréhension de l'incidence des responsabilités parentales pourrait ainsi permettre d'identifier les éléments qui soutiennent les parents doctorants et suggérer des pistes d'intervention afin de peut-être ultimement, diminuer ces taux d'abandon.

La présente communication s'intéresse à l'incidence de la parentalité sur la persévérance aux études doctorales. Une brève recension des connaissances portant sur cette question sera présentée. Par la suite, la communication abordera les résultats de notre recherche doctorale. Trente-cinq étudiants au doctorat ou diplômés récents ont été rencontrés dans le cadre d'entretiens individuels, afin de comprendre leur parcours académique et leur organisation familiale. Quelles sont les caractéristiques de ces parents doctorants? Comment les parents doctorants expliquent-ils leur persévérance aux études doctorales? Quels sont les effets des responsabilités familiales sur leur parcours doctoral? Quels défis ont-ils dû relever, au quotidien? Quelles sont les sources de soutien et les stratégies qui se sont révélé les plus bénéfiques à leur persévérance aux études?

Communications orales

Session 2

Après-midi > à
Présidence/Animation : Martin Ringuette UQ - Université du Québec
13 h 30

Les défis que posent les réalités étudiantes à l'université : travail rémunéré, parentalité, parcours atypiques

Mélanie Julien (CSE - Conseil supérieur de l'éducation)

La présente communication vise à présenter les travaux en cours au Conseil supérieur de l'éducation sur « les défis que posent les réalités étudiantes à l'université », travaux menés dans le cadre de l'élaboration d'un avis adressé à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport qui devrait être rendu public au début de 2013. S'appuyant sur une recension des écrits et un repérage d'indicateurs statistiques, ces travaux dégagent un certain nombre de constats sur les étudiants universitaires québécois, notamment en ce qui a trait au travail pendant les études, à la parentalité et aux parcours atypiques (interruptions des études, changements de parcours et études à temps partiel). Sur la base de ces constats, le Conseil repèrera des enjeux et défis pour les universités et l'ensemble de la société québécoise de manière à formuler, dans la suite de ses travaux, des recommandations à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport ainsi qu'à la communauté universitaire.

14 h 30

Pause

14 h 45

Les effets négatifs potentiels du cumul études-travail : intervenir au-delà du simple nombre d'heures hebdomadaires travaillées

, Pascal LÉVESQUE (CREPAS - Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean)

Le cumul études-travail comporte des risques potentiels pour la réussite scolaire et la santé des jeunes. D'abord, les jeunes travailleurs de 15 à 24 ans courent un risque plus élevé de subir un accident de travail que les travailleurs âgés de 25 ans et plus, si l'on tient compte du nombre d'heures hebdomadaires travaillées. Ceci est dû en grande partie au fait qu'ils occupent plus souvent des emplois dits atypiques (à temps partiel, temporaire, sur appel, pigiste, etc.) et qu'ils sont dès lors susceptibles de cumuler plusieurs emplois et plusieurs contraintes de travail.

Notre communication a pour objectif d'une part de faire état de risques méconnus associés au cumul études-travail et, d'autre part, de proposer de concevoir les emplois des jeunes non pas seulement en termes d'heures travaillées par semaine, mais en termes de contraintes physiques, de contraintes organisationnelles et de contraintes liées à l'horaire de travail. En bref, il faut considérer toute la complexité des conditions d'exercice du travail des jeunes pour améliorer autant les interventions éducatives que celles liées à la santé et à la sécurité du travail. Nous présenterons finalement un projet de certification des entreprises en conciliation études-travail mis sur pied au Saguenay–Lac-Saint-Jean en collaboration avec des employeurs, des parents et des professeurs.

Communications orales

Conférence de clôture

Après-midi > à
15 h 45

Articulation famille-études-travail : une réflexion sur l'expérience scolaire et les différentes dimensions de la vie extrascolaire

Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Au terme du colloque, il s'agit de dégager les lignes directrices des différentes présentations et leurs points de convergences afin de susciter une réflexion collective sur les besoins et les réalités des parents étudiants.  Pour ce faire, notre intervention sera guidée par les approches qui pensent les tensions entre l'expérience scolaire et les différentes dimensions de la vie extrascolaire (conditions de vie, sociabilité et appartenance sociale), de même que par les analyses féministes portant sur l'articulation travail-famille. A cet égard les perspectives théoriques pensées en termes d'entrée dans la vie adultes et d'articulation entre famille-éducation-travail serviront à lire les enjeux collectifs et individuels relatifs à l'accès et à la persévérance en milieu universitaire. Cette lecture s'inscrit dans la continuité d'une réflexion globale sur les conditions et stratégies à développer, non seulement pour garantir une égalité de droits et de faits entre les hommes et les femmes, mais encore pour favoriser leur égalité devant et au cours des études.