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Ivan L. Simoneau
Prix Acfas Denise-Barbeau

Ivan L. Simoneau

Cégep de Sherbrooke

Le prix Acfas Denise-Barbeau 2018, pour la recherche au collégial, est remis à Ivan L. Simoneau, enseignant-chercheur au Cégep de Sherbrooke.

Le lauréat a réussi avec brio à mettre une technologie de simulation haute-fidélité au service de la formation en sciences infirmières. Cette technologie imite les soins à donner aux patients, mais encore faut-il en faire un bon usage. C’est là que le chercheur se distingue, car son approche de pédagogie active mène, rien de moins, à une acquisition durable des connaissances. Aussi, la dimension affective des apprentissages dans ce contexte techno est au cœur de ses préoccupations. Aujourd’hui, ce sont des étudiantes et des étudiants en soins infirmiers qui ont la chance de tirer parti de son engagement remarquable envers leur pratique, et demain…

En 1988, Ivan L. Simoneau débute son parcours de chercheur par une maîtrise en kinanthropologie à l’Université de Sherbrooke, soit l’étude de l’être humain en mouvement. Il débute sa carrière d’enseignant au collégial à la même période. Il joint d’abord le Cégep de Granby, mais dès 1990, il se joint au Département de soins infirmiers du Cégep de Sherbrooke, où il œuvre toujours. En 1993, il entame un doctorat en sciences de l’éducation avec une spécialité en psychopédagogie, à l’Université de Montréal. En 2011, lors d’une formation postdoctorale à l’Institute of Medical Simulation and Advanced Learning (IMSAL) de l’Université Harvard, il se penchera sur la question de la simulation comme outil pédagogique pour l’usage des formateurs dans leur pratique. Depuis, ses intérêts de recherche s’articulent finement avec son enseignement.

Ses travaux de recherches sont d’abord menés par un souci de développement des connaissances et de l’amélioration de la pratique professionnelle des infirmières et des infirmiers. La simulation haute-fidélité (SCHF) est l’axe de recherche du lauréat menant à cette amélioration. Par sa capacité à simuler la réalité clinique, cette technologie contribue à un changement de paradigme dans le domaine de l’enseignement, notamment dans les champs des soins infirmiers et de l’inhalothérapie.

Considérant les risques liés aux gestes cliniques, le lauréat et ses collaborateurs ont démontré que le contact avec des mannequins en simulation clinique haute-fidélité (SCHF) permet aux étudiant-e-s d’apprivoiser leur futur travail dans un contexte où l’impact des erreurs est minimisé. La disparition de cette charge de stress rend l’apprenant-e plus disponible à tout ce qui compose ses apprentissages. Ils et elles entrent dans le monde hospitalier pour des fins de stages plus expérimentés, plus conscients et plus confiants de leurs moyens. Conséquemment, il est réaliste de penser que cette approche pédagogique engendre des répercussions positives sur la qualité des services offerts aux patientes et aux patients. Soulignons qu’il n’existait aucune recherche empirique faisant valoir l’impact de ce type de simulation sur la préparation clinique d’étudiantes et d’étudiants les champs des soins infirmiers et de l’inhalothérapie.

Parmi ses nombreuses collaborations scientifiques, mentionnons le Consortium national de formation en santé (CNFS), un organisme paragouvernemental composé, entre autres, de 11 établissements d’enseignement universitaire et collégial, qui contribue au mieux-être des communautés francophones canadiennes. Membre actif du Consortium, il intervient notamment au sein du Comité sur la recherche et le développement de la pédagogie par la simulation clinique haute-fidélité. À l’international, en coopération avec l’Université Auburn d’Alabama, il participe à une étude portant sur l’effet de la pédagogie par la simulation clinique haute-fidélité sur le niveau d’anxiété situationnelle des étudiantes et des étudiants dans le contexte de la formation en soins infirmiers. M. Simoneau a également collaboré avec l’Université de Moncton pour l’utilisation d’instruments de mesure ainsi que pour la formation des professeurs en sciences infirmières portant sur la pédagogie par la simulation clinique haute-fidélité. Les gens du département des sciences de la santé publique de l’Université de Liège, en Belgique, ont également fait appel à son expertise pour qu’il les accompagne dans la réflexion, le développement et la mise en opération d’un centre de simulation.

La mise en place du Centre de recherche et de formation par simulation (CEREFS) découle directement des travaux de recherche menés par Monsieur Simoneau. Il s’agit du tout premier centre francophone collégial d’apprentissage assisté par mannequins simulateurs haute-fidélité. Entourés de ses collègues, il a conçu des scénarios visant à maximiser le potentiel des mannequins simulateurs sous un angle pédagogique différent, tout à fait unique.  Le Centre constitue également une percée interordre et intersectorielle, notamment en regard de la formation d’étudiantes et d’étudiants d’autres programmes d’études, dont le programme Techniques d’inhalothérapie. De plus, il ouvre la voie à de nouvelles avenues en matière de simulation avec les programmes universitaires, le programme Techniques policières ou les services paramédicaux.

En conclusion, on peut souligner que son parcours fait ressortir un engagement profond envers la pratique professionnelle des infirmières et des infirmiers du Québec, visant tant la formation initiale que la formation continue.