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Edmonton et Montréal, le 28 février 2020 - L’Acfas s’inquiète des compressions importantes annoncées en enseignement postsecondaire dans le budget déposé par le gouvernement de l’Alberta jeudi, et des effets délétères qu’elles ne manqueront pas d’avoir sur la recherche et sur les programmes universitaires de langue française en Alberta. 

Les compressions réduiront les capacités de recherche de l’Alberta. Ces capacités ont pourtant doté la province d’universités de réputation internationale, de centres d’innovation admirés et de chercheur-se-s de renom venant de différents pays, contribuant toutes et tous à l’avancement de la société. En l’absence d’un climat de soutien à la recherche, ces chercheur-se-s voudront aller ailleurs, tout comme leur relève. Ces départs priveront donc la province d’importantes connaissances et données probantes, fondamentales dans la prise de décisions gouvernementales éclairées.

Ces coupes en éducation forceront aussi les universités à éliminer les cours comptant moins d’étudiant-e-s, une mesure qui touchera directement les cours offerts en français au Campus Saint-Jean, en raison du caractère minoritaire de la population francophone en Alberta. De telles mesures mettront en péril les cours de 3e et de 4e année de plusieurs programmes en français, et les conséquences de telles compressions sont potentiellement dévastatrices : impossibilité de terminer un programme en français, difficulté à recruter des assistant-e-s de recherche pour les professeur-e-s, minorisation encore plus marquée du fait français dans la vie universitaire.

« Le maintien de programmes en français en Alberta est pourtant crucial pour que les étudiant-e-s francophones ou venant des programmes d’immersion française puissent continuer à maîtriser notre langue et à vivre dans celle-ci, et pour que des étudiant-e-s anglophones puissent apprendre le français dans un environnement qui le permet », soutient Valérie Lapointe-Gagnon, présidente de l’Acfas-Alberta. D’autant plus qu’à ces coupes en éducation s’additionne une réduction du budget du Secrétariat francophone de 25 000 $.

À l’approche du 1er avril, date d’implantation du nouveau modèle de financement universitaire albertain basé sur la performance, l’Acfas invite aussi le gouvernement de cette province à consulter les chercheur-se-s pour déterminer quels en seront les indicateurs. L’Acfas soutient une saine gestion des universités, mais craint que les indicateurs annoncés puissent eux aussi avoir un impact dommageable sur la société. Par exemple, des indicateurs comme le salaire après diplomation et le taux d’emploi des diplômés pourraient inciter les universités à éliminer certains programmes au terme desquels il est plus long de se placer sur le marché du travail ou qui sont associés à des salaires plus bas. Pourtant, ces programmes et les emplois qui en découlent sont cruciaux dans la capacité d’une société à faire face à des situations complexes, comme le vieillissement de la population, qui exigent l’apport d’une grande variété de domaines.

L’Acfas est particulièrement inquiète pour l’avenir du Campus Saint-Jean, qui est une institution cruciale au maintien du bilinguisme individuel dans la province. En effet, le Campus Saint-Jean est non seulement un lieu d’éducation en français, mais aussi un milieu de vie de la francophonie albertaine. « Le Campus Saint-Jean est aussi le seul endroit en Alberta où des chercheur-se-s présentent régulièrement leurs travaux en français. Les universités ont un rôle à jouer dans la protection des intérêts de certains groupes marginalisés ou minoritaires au sein de la société, comme les francophones, et elles ne pourront y arriver si elles font face à des coupes liées à leurs caractéristiques mêmes », déclare Lyne Sauvageau, présidente de l’Acfas.

Le ministre albertain des Études supérieures a aussi annoncé que les universitaires devraient réduire leurs déplacements et diminuer les invitations lancées à des chercheur-se-s venant d'ailleurs. Les professeur-e-s sont bien conscient-e-s de l’importance de limiter leurs voyagements aux situations essentielles, vu les coûts qui y sont associés et l’impact environnemental qu’ils engendrent. Encourager la fin de ces déplacements et invitations brime toutefois la liberté académique des chercheur-se-s. Ceux-ci et celles-ci doivent diffuser les savoirs de différentes façons et rencontrer leurs homologues, comme le font d’ailleurs les élu-e-s dans le cadre de leurs fonctions, pour faire avancer les connaissances dans leurs domaines et en faire bénéficier la société et la population. 

Pour toutes ces raisons, l’Acfas invite le gouvernement de l’Alberta, dans le cadre des compressions envisagées, à soutenir davantage la recherche et à se montrer sensible à la réalité du Campus Saint-Jean et à celle des programmes qui font vivre la francophonie au sein de la province et du Canada. Le gouvernement devrait envisager d’attribuer un statut particulier au Campus Saint-Jean, seul lieu d’études universitaires francophone de la province. Il devrait aussi consulter les chercheur-se-s avant d’établir les indicateurs du nouveau modèle de financement des universités. L’Acfas et l’Acfas-Alberta se tiennent à la disposition du gouvernement pour discuter de ces sujets.

À propos de l’Acfas
L’Acfas fait rayonner les savoirs comme moteur de développement de nos sociétés en rassemblant les actrices et acteurs de la recherche au sein de la francophonie. Résolument tournée vers l’avenir, elle est un puissant vecteur de démocratisation et de communication scientifique. Elle valorise les chercheuses et chercheurs de toutes les disciplines, ainsi que l’excellence en recherche.

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Source :
Acfas

Contact :
Laura Pelletier
Chargée de projets services aux membres et au développement de la francophonie canadienne
Courriel : laura.pelletier@acfas.ca