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16 - Science décousue, public confus : comment mieux communiquer la recherche pour redonner confiance dans la science

Le jeudi 30 mai 2019

Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.

En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.

Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.

 


 

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Remerciements

Les organisatrices du colloque tiennent à remercier sincèrement toutes les personnes ayant soumis des propositions, ainsi que les conférencier.ère.s, animateur.rice.s d'atelier et les communicateur.rice.s scientifiques ayant accepté de partager avec nous leur savoir, leur expérience et leurs réflexions sur les enjeux de la communication scientifique auprès du public.

Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
Estelle Chamoux
Bishop’s University
Sonya Anvar
Bishop’s University
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Avant-midi
09 h 30 à 10 h 15
Communications orales
Conférence principale – Manipulations et pseudosciences : reconnaître les stratégies pour mieux les déboulonner
Présidence/Animation : Serge Larivée (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0236
09 h 30
Conférence plénière
Serge Larivée (UdeM - Université de Montréal)

Serge Larivée a fait ses études doctorales aux universités de Genève et Lausanne. Il est professeur à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal depuis 1977 et directeur de la Revue de psychoéducationdepuis 1979. Son champ d’expertise est double. Depuis 1977, ses recherches portent sur  les théories et les mesures relatives à l’intelligence. D’autre part, il s’intéresse au fonctionnement de la science sous l’angle des fraudes scientifiques et des pseudosciences. Ses travaux sur ce sujet lui ont valu le prix «Sceptiques du Québec» en 2002. Il a à son actif 363 publications (incluant des articles scientifiques, des chapitres de livres, cinq livres, des recensions d’ouvrage) et 335 communications dans des congrès internationaux, nationaux et locaux, dont 180 sur invitation. De plus, il a reçu le prix d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal en 1994 et le Prix du Mérite du Conseil Interprofessionnel du Québec en 2014.

Résumé
10 h 30 à 12 h 30
Communications orales
Communications orales sélectionnées – Les enjeux et les succès en dissémination des sciences
Discutant : Jean-Marc Fleury (Université Laval), Alexandre JAY (Acfas - Association francophone pour le savoir), Ano Jean-Louis ANO (Université Alassane Ouattara (Bouaké, Côte d'Ivoire)), Nicolas Beck (UL - Université de Lorraine)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0236
10 h 30
La communication savoirs-communautés rurales en santé publique : la rhétorique et la littératie comme facteur de création et de consolidation de la confiance en la science médicinale
Ano Jean-Louis ANO (Université Alassane Ouattara (Bouaké, Côte d'Ivoire)), Kouakou KOUAME (Université Alassane OUATTARA)

La prévalence et l’incidence des épidémies en Côte d’Ivoire ont suscité la multiplication d'initiatives visant la réduction de leur propagation et le soutien des victimes. Cependant, les observations sur l’évolution de ces épidémies prouvent que ces initiatives n’ont pas réussi à atteindre les objectifs escomptés. Ces échecs seraient dus à descampagnes de sensibilisation porteuses de discours pathogéniques hautement techniques et d’une complexité sémiotique inaccessibles à des populations cibles qui souffrent d’un déficit verbal et de littératie. A cette incompréhension du discours par les populations cibles, s’ajoute l’incompétence communicationnelle des agents sensibilisateurs qui, souvent, victimes eux aussi d’une performativité discursive, ne parviennent à rendre ces discours clairs et simples. Les recommandations proposées face à cette situation semblent ne pas, elles aussi, insister sur la dimension linguistique de la question et particulièrement sur la rhétorique. Cette communication vise à montrer que, dans un environnement miné par l’analphabétisme et le déficit de littératie, pour être efficace, la transmission des savoirs aux communautés rurales ne peut s’affranchir de la rhétorique et de la littératie. Nous formulons cette hypothèse parce que selon nous, cet arrimage permet, d’une part, une facile appropriation de ces savoirs et instaure, d’autre part, une confiance en la science médicinale.

Résumé
10 h 50
Comment les médecines alternatives paraissent-elles efficaces? Discernement raisonnable au service des patients et des thérapeutes - Une étude philosophique de l’ostéopathie
Benoît Hogedez (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les médecines alternatives et complémentaires occupent désormais une place importante dans le paysage de la médecine conventionnelle occidentale dite Evidence-based medicine (EBM) et semblent gagner en popularité auprès des patients. De ce constat, nous nous sommes interrogés sur la rationalité de l’ostéopathie. Notre objectif est d’inciter les thérapeutes et les patients à l’examen critique et éthique d’une croyance en l’efficacité d’une thérapie alternative.

Dans un premier temps, nous ferons la distinction entre les concepts d’efficacité subjective, d’efficacité causale objective et de paradoxe de l’efficacité thérapeutique . De ces présupposés, nous en déduirons les raisons expliquant l’efficacité supposée d’une thérapie n’ayant pas fait ses preuves selon l’EBM. Nous aborderons les notions deparalogisme « cum hoc ergo propter hoc » et des explications alternatives à la guérison (évolution spontanément résolutive d’une maladie, régression à la moyenne, évolution cyclique des symptômes de la maladie). De là, nous décrirons les facteurs contextuels non spécifiques de guérison et les facteurs communs cognitifs d’un traitement par la description du biais de confirmation et de la dissonance cognitive en santé. Enfin, l’ensemble de ces biais de raisonnement ou d’interprétation seront regroupés dans la description de l’effet placebo (biais de désirabilité, de réciprocité, effets suggérés attendus et cérémonial).

Résumé
11 h 10
Science et bande dessinée font bon ménage !
Nicolas Beck (UL - Université de Lorraine)

Depuis 2016, l’Université de Lorraine accompagne ses doctorants à pratiquer la médiation scientifique à travers un média original : la bande dessinée. Un travail de formation a été réalisé auprès de jeunes chercheurs, accompagnés par des médiateurs scientifiques et des dessinateurs, pour scénariser et illustrer les travaux de recherche de 33 doctorants sélectionnés pour les finales du concours Ma Thèse en 180 secondes. La collaboration a donné lieu à des échanges durant plusieurs semaines pour s’accorder sur la narration, sur le style choisi, sur l’image du doctorant dans la bande dessinée, et bien entendu sur le contenu scientifique vulgarisé. Le résultat de cette formation s’est concrétisé par l’édition de 4500 ouvrages ainsi qu’une édition nationale sortie en librairie. Une déclinaison sous forme d’exposition a été produite, tandis qu’une version numérique a été publiée sur The Conversation France.

Cette communication propose de présenter les grandes lignes de ce projet, afin d’apporter un témoignage concret de collaboration originale médiateur scientifique / illustrateur / chercheur. Nous nous interrogerons sur la façon de penser une telle production, sur ses objectifs précis, sur le message à faire passer et sur les publics ciblés. Comment la bande dessinée permet-elle de briser des frontières entre publics et chercheurs ? Quelle est la valeur ajoutée de ce média et quelles en sont ses limites ? Comment travailler avec des chercheurs ou doctorants pour réaliser une BD ?

Résumé
11 h 30
RaccourSci, une plateforme pour former les chercheurs à la communication scientifique en français
Alexandre JAY (Acfas - Association francophone pour le savoir)

En recherche, l’anglais domine largement les pratiques en matière de communication, que ce soit auprès des pairs ou du grand public. Il est alors difficile de faire prévaloir auprès de la communauté scientifique l’importance de diffuser leurs résultats de recherche en français. Et quand ils sont prêts à faire le geste, les chercheuses et chercheurs sont confrontés à différentes difficultés : manque d’expérience, manque de temps de préparation, mauvaise connaissance de leur audience, etc. D’autant plus qu’une grande majorité des ressources, conseils et formations disponibles en ligne sont en anglais. Comment alors améliorer ces compétences et soutenir les chercheurs et chercheuses francophones à prendre plus facilement la parole dans l’espace public ou lors de grandes conférences avec leurs confrères? Pour répondre à cette problématique, l’Agence universitaire de la Francophonie s’est associée (AUF) avec l’Acfas pour développer la première plateforme numérique visant à outiller et former la communauté scientifique à communiquer leurs résultats de recherche à divers publics. Intitulée, RaccourSci, la communication scientifique sans détour, propose des ressources en français tant sur la rédaction d’articles que sur la prise de parole ou la réalisation d’une affiche scientifique.

Résumé
11 h 50
Poser une question à l’ensemble du savoir scientifique… et obtenir une réponse
Jean-Marc Fleury (Université Laval)

Les scientifiques du monde entier vivent une révolution : les connaissances qu’ils génèrent deviennent accessibles. Les articles scientifiques publiés en accès libre comptent maintenant pour la moitié des articles scientifiques, leur proportion augmente rapidement et l'on peut envisager un avenir où toute publication scientifique sera disponible immédiatement et gratuitement sur internet. 

Le projet Pèse-savants, financé par le programme intersectoriel Audace des Fonds de recherche du Québec, a pour objectif le développement d’algorithmes utilisant les descripteurs des articles pour, d’abord, partitionner le corpus scientifique selon différents thèmes, éventuellement selon différentes questions, puis, dans une seconde étape, indiquer quelles conclusions font consensus, lorsqu’il y a consensus.

Initialement, le Pèse-savants sera conçu afin de répondre aux besoins des médias, en particulier des journalistes scientifiques – par exemple, pour leur souligner la relative marginalité des conclusions de certains articles; ultimement, il sera accessible au public, gratuitement, sur l'internet.

Le Centre d’étude sur les médias de l’U. Laval dirige l’équipe de recherche qui comprend des spécialistes du département de Physique de l’U. Laval, de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’U. de Montréal, du Science Media Centre d’Allemagne, de Retraction Watch des É.-U. et de la Chaire de journalisme scientifique Bell Globemedia de l’U. Laval.

Résumé
12 h 10
Période de questions
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Panel
Atelier – S’outiller pour mieux communiquer
Discutant : Sonya Anvar (Bishop’s University), Estelle Chamoux (Bishop’s University)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0236
15 h 15 à 16 h 45
Panel
Atelier – S’engager dans le débat constructif
Discutant : Serge Larivée (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0236
Soir
18 h 00 à 19 h 30
Cocktail
6 à 8 – Dans la peau d’un communicateur scientifique - bar Le Minotaure au 3 rue Kent, Gatineau, J8X 3J8
Discutant : Jean-René Dufort (Radio-Canada), Jonathan Jarry (Université McGill), Olivier Bernard (Le Pharmachien), Anne-Marie Desbiens (La Foodie Scientifique)
Batiment : Extérieur du site du congrès
Local : Extérieur du site du congrès
18 h 00
Discussion