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12 - Le genre des STIM : enjeux et pistes d’action

Le mardi 28 mai 2019

La question de la place des femmes au sein de la communauté scientifique est un thème récurrent dans le milieu de la recherche (congrès de l’ACFAS 2013, CDEACF 2017, etc.). De nombreuses recherches et rencontres se sont penchées sur cette question. La plupart du temps, celles-ci sont porteuses de mauvaises nouvelles, malgré des avancées réelles et des mesures pertinentes. Il est donc nécessaire de poursuivre la réflexion et d’engager les décideurs, l’ensemble de la communauté scientifique et les milieux scolaires afin d’explorer la complexité du phénomène et de les mobiliser encore plus activement. La question n’est pas uniquement celle de la participation numérique des femmes en STIM ou des embûches à l’accès, mais bien aussi celle de la façon dont sont perçus leurs projets, de l’estime qui leur est accordée, des équipes de travail auxquelles elles sont appelées à participer, des responsabilités qui leur seront ou non confiées, des promotions qui leur seront offertes et des contrats qui leur seront accordés. 

Malgré les mesures proposées par différentes institutions, tant au Québec qu’ailleurs, les données relatives à l’inscription des femmes dans les universités et celles de leur participation à des activités scientifiques ou au marché du travail confirment la persistance de clivages importants dans les STIM. Il s’agit d’une situation bien documentée qui tarde à trouver résolution.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette réticence des jeunes femmes face aux STIM, réticence qui entraîne un problème de relève, nuit au parcours professionnel des diplômées et fait l’impasse sur leurs talents, leur savoir-faire et leur créativité. Parmi ceux-ci, on retrouve l’action pédagogique des milieux scolaires à tous les niveaux d’enseignement, les représentations des jeunes femmes à l’égard des sciences, de même que la « pénalité à la maternité », les stéréotypes sexistes et autres préjugés souvent inconscients véhiculés par la famille, l’école, les médias et la population en général.

Avec cette table ronde, le Réseau québécois en études féministes vise à susciter une réflexion-bilan collective autour de la question de l’efficacité des mesures et des actions proposées par les établissements d’enseignement et les instances gouvernementales pour éliminer les barrières à l’orientation des jeunes femmes et des jeunes filles vers les métiers scientifiques et technologiques dès le niveau secondaire, et renforcer leur position dans des univers traditionnellement masculins. Optant pour une formule hybride entre table ronde et colloque, le programme de la rencontre est organisé de manière à accorder un temps substantiel aux échanges entre panélistes et participantes et participants. 

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Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Le genre des STIM : enjeux et pistes d’action
Présidence/Animation : Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louise Caroline Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal), Eve Langelier (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : F0129-0130
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
Observations et réflexions à propos de la sous-représentation des femmes en sciences et en génie
Eve Langelier (UdeS - Université de Sherbrooke)

La sous-représentation des femmes en sciences et en génie prend origine dans la construction des genres, les stéréotypes et biais associés aux genres, l’état d’esprit, la formation des maîtres, le manque d’information sur les carrières en sciences et en génie, les évaluations et promotions basées sur un parcours traditionnel et plus encore. Elle débute à la petite enfance et se poursuit jusqu’au marché du travail. Malgré les nombreuses interventions, le progrès est lent, car la problématique de sous-représentation des femmes en sciences et en génie est complexe et multidimensionnelle. Pour un progrès plus rapide, des interventions doivent être développées et mises en place de façon coordonnée à tous les niveaux avec la lunette de l’intersectionnalité et en tenant compte des résultats de recherche. Un leadership fort est primordial.

Résumé
09 h 40
Ces sciences qui ignorent leurs sexismes, et les femmes qui s’y intéressent
Louise Caroline Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Malgré toutes les initiatives mises en place pour promouvoir et augmenter la place des femmes en sciences, certains domaines scientifiques demeurent des chasses gardées masculines, résistantes à l’influence féministe qui depuis des décennies œuvre à corriger les biais sexistes de notre culture et notre société.

J’ai mené pour l'Institut de recherches et d'études féministes (IREF) une enquête sur les obstacles à la venue et au maintien des femmes en sciences. Autant dans la littérature spécialisée qu’en sondant des étudiantes aux cycles supérieurs à la Faculté des sciences de l'UQAM, j’ai pu constater qu’il restait plusieurs obstacles à leur épanouissement en sciences qui sont imperceptibles sans une perspective féministe radicale sur cette situation et sans une analyse qui embrasse le cheminement des femmes depuis la petite enfance jusqu’aux reconnaissances telles qu’un Nobel, en passant par leur expérience sur les campus universitaires et les discours qu’on déploie pour les y recruter.

Les outils transdisciplinaires de l’analyse féministe, la prise en compte des récits et témoignages des femmes en sciences, ainsi que la mise au centre de leur intérêt, renversent certaines évidences et permettent de comprendre la stagnation des effectifs féminins dans certaines filières des sciences alors que d’autres ont atteint la parité. Ceci éclaire des pistes radicales mais fertiles par lesquelles intervenir et faire des sciences un milieu plus riche et plus humain. 

Résumé
10 h 05
Discussion
10 h 30
Pause
11 h 05
Femmes en génie : du constat numérique à l’action pédagogique
Donatille Mujawamariya (Université d’Ottawa)

La sous-représentation des femmes en génie n’est pas un phénomène social nouveau. Certes, depuis les années 1970, les pourcentages de femmes aux études universitaires en génie ont augmenté et ont plafonné dans les années 1990. Cependant, aujourd’hui on dépasse à peine le 20 % (Engineers Canada, 2015; Condition féminine Canada, 2013, Mujawamariya et Mavriplis, 2016) de femmes en génie aux études comme en carrières, malgré la mise en œuvre d’une multitude de programmes de sensibilisation auprès des jeunes filles depuis bientôt 30 ans. Mais qu’est-ce qui pose problème? Et comment remédier à ce problème? Nous proposons une réflexion ancrée dans un modèle féministe (Cronin et Roger, 1999) qui prône un changement de culture du génie et nourrie par des résultats de recherche de nos études. Quelles actions pédagogiques privilégier, afin d’adapter le génie à toutes et à tous, pour une meilleure participation des femmes au génie? Tel sera le focus de notre présentation

Résumé
11 h 30
Équité, diversité et inclusion en sciences naturelles et génie : leçons apprises et pistes d’action au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Laurence Clennett-Sirois (Conseil de recherches en sciences naturelles et génie)

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) se penche depuis plusieurs années sur l’importante question de la sous-représentation des femmes dans les diverses disciplines des sciences naturelles et du génie (SNG), reconnaissant que l'équité, la diversité et l'inclusion (EDI) renforcent le milieu scientifique ainsi que la qualité, les retombées et l'utilité pour la société des travaux de recherche. Cette communication propose un regard nouveau sur les initiatives et programmes mis en place au CRSNG au cours des dernières décennies. Tout en notant les avancées rendues possibles par les diverses initiatives (par exemple, PromoScience, Programme de chaires pour les femmes en sciences et en génie, Prix L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science), cette communication propose également les pistes d’action futures. Ces pistes d’action, qui s’ajoutent aux initiatives établies, visent à identifier des mesures favorisant une EDI accrue dans le domaine des SNG. Grâce aux récents développements comme la tenue du Gender Summit, l’adoption de l’initiative Athena SWAN au Canada, les Subventions de renforcement de la capacité des établissements en matière d’EDI et la mise en œuvre d’un cadre de référence interorganismes sur l’EDI, le CRSNG est en mesure de faire appel aux approches intersectionnelles et d’encourager une meilleure collecte de données, permettant la prise de décisions basée sur des faits probants.

Résumé
11 h 55
Discussion
12 h 30
Pause
Après-midi
14 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Le genre des STIM : enjeux et pistes d’action
Présidence/Animation : Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Francine Descarries (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louise Caroline Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal), Eve Langelier (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : F0129-0130
08 h 30
Mot de bienvenue
14 h 00
De femmes « opérateurs » à technicienne en pétrochimie : qu’est-ce qui achoppe?
Diane Gagné (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Attendu qu’il est  maintenant le temps de trouver des solutions quant aux décevants résultats tant statistiques que qualitatifs, et surtout de répondre à la question, mais qu’est-ce qui achoppe encore? Comment faire changer les choses? L’objectif de la présentation sera de partager une réflexion critique sur les différentes mesures mises de l’avant, dans les secteurs de la pétrochimie, du raffinage et du gaz,  dans le but d’augmenter le bassin de femmes œuvrant dans ces secteurs.

Nous présenterons d’abord très brièvement le contexte de notre étude, « Femmes « opérateur » trente ans plus tard, qu’avons-nous appris? »,  incluant le portrait du secteur et des  femmes œuvrant dans les secteurs de la chimie, de la pétrochimie, du raffinage et du gaz, la démarche empirique et les enjeux de la recherche sur la mixité en emploi. Après avoir fait le constat de la précarité des acquis et identifié certaines raisons du succès mitigé de l’intégration des femmes dans ces secteurs, nous complèterons avec quelques pistes d’actions devant favoriser l’accès des femmes à des emplois mieux protégés et mieux rémunérés.  Cependant, une question se pose encore: le milieu est-il prêt à travailler de concert?

Résumé
14 h 25
Femmes en recherche au Québec : en quête d'un changement de culture et de pratiques
Fanny Eugène (Fonds de recherche du Québec)

Femmes en recherche au Québec : en quête d'un changement de culture et de pratiques
Fanny Eugène (Fonds de recherche du Québec)

La sous-représentation persistante des femmes en sciences naturelles, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) témoigne de la complexité des enjeux liés à l’attraction et à la rétention des filles et des femmes dans les études et les carrières dans ces domaines. Bien que certains défis soient spécifiques au secteur des STIM, certains semblent plutôt liés, de façon plus large, aux carrières en recherche. En effet, on observe une diminution de la part des femmes avec l’avancement en carrière, même dans les secteurs où elles sont majoritaires dans les programmes de formation, comme les sciences de la santé et les domaines des sciences sociales et humaines, arts et lettres. De façon encore plus large, des enjeux sociétaux influencent les parcours, et ce, dès un très jeune âge. Tous ces éléments doivent être pris en compte, dans une approche concertée, si l’on veut transformer les pratiques et rendre le milieu de la recherche plus équitable et plus inclusif.

 

Résumé
14 h 50
Synthèse