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621 - Interactions et trajectoires d’insertion dans les régions du Québec : stratégies des immigrants et des institutions

Du mardi 28 au mercredi 29 mai 2019

Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.

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Remerciements

L'ÉDIQ remercie le comité organisateur et l'ensemble de ses membres pour leur collaboration soutenue à la préparation de ce colloque. L'ÉDIQ remercie également les professionnels issus des milieux de pratiques et l'ensemble des chercheurs qui ont accepté l'invitation à ce colloque. L'ÉDIQ est subventionnée par le Fonds de recherche Société et culture du Québec - soutien aux équipes en partenariat.

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Stéphanie Arsenault
Université Laval
Université Laval
UQO - Université du Québec en Outaouais
Université Laval
Les Partenaires communautaires Jeffery Hale
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Avant-midi
08 h 30 à 08 h 45
Communications orales
Accueil et mot d’ouverture
Présidence/Animation : Richard Walling (Les Partenaires communautaires Jeffery Hale)
Discutant : Stéphanie Arsenault (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 45 à 10 h 30
Communications orales
Accueil des immigrants et des réfugiés : perspectives régionales
Présidence/Animation : Marie-Laure Dioh (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
08 h 45
L'action communautaire au service d'une meilleure intégration. Des expériences de projets concertés
Roxana Cledon (Centre intégré universitaire de santé et services sociaux de l'Estrie -CHUS), Céline Duval (Association féminine d'éducation et d'action sociale), Serigne Touba Mbacké GUEYE (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

L’organisation communautaire s’adresse aux communautés. C’est une modalité d’intervention leur permettant d’agir sur des facteurs collectifs. Elle cherche à améliorer la qualité de vie, la santé et le bien-être de ces communautés. Elle s’adresse surtout aux populations vulnérables dans une « optique de justice sociale et d’équité, de démocratie et de redistribution du pouvoir, d’enracinement et de participation sociale » (RQIIAC, 2010). L’intersectorialité se traduit par des collaborations entre des acteurs mobilisés autour de questions de santé publique et de bien-être. L’action intersectorielle réunit « des ressources de divers secteurs d’activités, possédant des mandats complémentaires et des fonctionnements parfois différents, afin de mettre en place un plan d’action global pour résoudre un problème complexe » (Ouellet, Paiement et Tremblay, 1995). Des actions concrètes sur le terrain reflétant le travail des partenaires intersectoriels d’une communauté sont présentées dans cette communication. L’objectif de ces actions est d’améliorer la participation citoyenne, l’intégration et la qualité de vie des personnes immigrantes sur notre territoire, la Haute-Yamaska.

Résumé
09 h 05
Accueillir et accompagner les processus d’intégration en région éloignée, des personnes réfugiées prises en charge par l’état : Pratiques gagnantes, défis et enjeux de partenariat et de concertation inter-institutionnelles
Chantal Dionne (Accueil Intégration Bas Saint-Laurent)

Dans cette communication, je souhaite faire un retour réflexif sur ma pratique de coordonnatrice auprès des personnes réfugiées à Rimouski, plus précisément au sein de l’organisme « Accueil et intégration bas Saint-Laurent (AIBSL) ». Rappelons que c’est seulement au mois de janvier 2017 que Rimouski a été nommée 14e ville d’accueil des personnes réfugiées prises en charge par l’État. Rimouski devra donc accueillir 200 personnes réfugiées prises en charge par l’État entre le premier janvier 2017 et le 30 juin 2019. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a donné le mandat et les moyens à AIBSL, son partenaire privilégié en région, d’accueillir et de faciliter l’installation des personnes réfugiées ou protégées à titre humanitaire outre-frontières et de les aider à s’adapter à leur nouvel environnement et à mieux comprendre le fonctionnement de la société québécoise de manière à ce qu’elles puissent s’y épanouir et y participer pleinement. Pour s’acquitter de sa mission, AIBSL travaille intensément à conjuguer les directives du MIDI et les réels besoins des personnes réfugiées. Pour ce faire, une concertation efficace et un partenariat viable avec les différents organismes partenaires du milieu semblent indispensables, mais complexes. Nous souhaitons revenir dans le cadre de cette contribution sur nos pratiques gagnantes et sur les différentes défis et enjeux que nous rencontrons.

Résumé
09 h 25
Survivre et réapprendre à vivre comme personne réfugiée et étudiante internationale en région éloignée au Québec : Vivre et accompagner des expériences migratoires et des processus d'insertion académique, socioprofessionnelles et socioculturelles
Jeanne-Marie Rugira (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Dans cette communication, je souhaite poser sur ma propre trajectoire d’immigrante et sur ma pratique professionnelle auprès des nouveaux arrivants, un regard rétrospectif dans une perspective auto-ethnographique. Arrivée au Québec au début des années 1990, je suis passée simultanément du statut d’étudiante étrangère à demandeuse d’asile, personne réfugiée, résidente permanente et finalement citoyenne et professionnelle installée durablement dans la région du Bas-Saint-Laurent. J’aimerais comprendre les stratégies que j’ai mises en œuvre et celles utilisées par les différents membres de mes réseaux et leurs effets sur ma trajectoire d’inclusion socioculturelle et professionnelle. J’aimerais voir les effets de cette expérience sur mes choix professionnels, mes pratiques d’accompagnement des étudiants internationaux à l’UQAR et sur mes engagements auprès de nouveaux arrivants dans la région. En effet, la présence grandissante des personnes immigrantes et réfugiées dans les régions éloignées du Québec ainsi que celle des étudiants internationaux sur nos campus dévoile des bouleversements multiples tant pour les personnes déjà-là(enseignants, professionnels, étudiants et communautés locales) que pour les personnes déplacées(Jacob, 2018). Ce contexte m’a poussé à soutenir les processus d’inclusion des nouveaux arrivants que ce soit dans mes activités d’implication sociale, dans mes activités de formation à l’université comme dans mes intérêts de recherche et d’accompagnement.

Résumé
09 h 45
Comparaison de l’accueil des réfugiés syriens à Québec (Canada) et à Florianópolis (Brésil)
Mariá Boeira Lodetti (Université Laval), Stéphanie Arsenault (Université Laval), Lucienne Martins Borges (Brésil)

Le déplacement des réfugiés syriens est une réalité importante au niveau mondial. Le Canada et le Brésil ont accueilli une partie de ces réfugiés. Cette communication vise présenter les différentes démarches réalisées par ces deux pays pour rendre possible l’arrivée des réfugiés syriens, ainsi que pour comprendre, de façon plus précise, comment les villes de Québec et de Florianópolis ont accueilli les nouveaux arrivants par les politiques et les programmes d’accueil ou par l’implication de la société civile. La collecte de données s’est divisée en deux parties. La première partie a misé sur les informations officielles des gouvernements canadien et brésilien portant sur la manière dont les réfugiés syriens sont arrivés dans les deux pays, et ce, pour assurer une bonne mise en contexte. La deuxième partie a été réalisée à partir d’une étude des activités réalisées par les principaux protagonistes de l’accueil des réfugiés à Québec et à partir de 13 entrevues réalisées avec des réfugiés syriens installée à Florianópolis. Le fait de pouvoir comparer deux contextes différents permet d’apporter des pistes de réflexion sur l’accueil qui est offert aux réfugiés à Québec. De plus, cette étude peut contribuer à l’avancement de connaissance pour la recherche scientifique à propos de cette réalité émergente qui est l’accueil de réfugiés originaire de la Syrie.  

Résumé
10 h 05
Discussion
10 h 30
Pause
10 h 30 à 11 h 00
Communications par affiches
Communications par affiche
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
1
L’interaction entre l’empathie dispositionnelle et la réponse empathique dans le contexte de réception des publicités sociales anti-discrimination
Isidora JANEZIC (Université Laval)

La discrimination envers les immigrants est un problème social important qui affecte le bien-être collectif. À la lumière des évènements récents (l’attentat de la mosquée de Québec, la montée du sentiment anti-immigration aux États-Unis et dans le monde, etc.), le besoin d’intervenir de manière à permettre le rapprochement, la compréhension et la cohésion devient pressant. Les résultats des recherches indiquent que les interventions visant à induire de l’empathie envers les groupes discriminés s’avèrent un moyen très prometteur pour combattre les pratiques discriminatoires (Batson & Ahmad, 2009). En dépit des effets positifs attribués à l’empathie, très peu est connu sur des facteurs pouvant susciter une réponse empathique, particulièrement dans le contexte des interventions publicitaires. Pour explorer les antécédents de la réponse empathique dans le contexte de réception des publicités sociales anti-discrimination, nous avons pris en considération les antécédents qui émanent de l’individu (empathie dispositionnelle) et les antécédents qui sont liés aux stimuli publicitaires. Pour les antécédents liés à l’individu, nos résultats démontrent qu’une corrélation existe entre le niveau d’empathie cognitive et la réponse empathique cognitive face aux publicités anti-discrimination (r= 0,26; P=0,05). Concernant la dimension affective de l’empathie, c’est le sexe qui semble être un facteur associé la réponse empathique affective, les femmes ayant un score de (r=0,33; P=0,01)

Résumé
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Stratégie des institutions : adaptation des services en périnatalité et du réseau de la santé et des services sociaux
Présidence/Animation : Richard Walling (Les Partenaires communautaires Jeffery Hale)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
11 h 00
Le Collectif les Accompagnantes: 35 ans d'accompagnement à la naissance à Québec face à une diversification progressive de la communauté
Chrystiane Naud (Collectif Les Accompagnantes), Justine Laloux (Université Laval)

Le Collectif les Accompagnantes est un OBNL fondé en 1984. Il a pour mission d’accompagner les femmes de Québec à se préparer à mettre au monde leur enfant dans le respect de leurs choix, et ce, indépendamment de leur origine, statut conjugal ou social, orientation sexuelle, culture, revenu ou scolarité. Il offre des services d’accompagnements à la naissance, des ateliers de préparation à l’accouchement, ainsi que des ateliers de groupe, notamment pour des femmes ayant vécu un accouchement difficile ou traumatisant. Ces activités ne sont donc pas dédiées uniquement aux familles immigrantes. Pourtant, devant l’augmentation progressive de l’immigration dans la ville de Québec ces dernières décennies, le Collectif s’est vu accompagner un nombre croissant de familles immigrantes, qui représentent désormais près de 20 % des demandes de services. Ces familles expriment des besoins et difficultés spécifiques en période périnatale et le Collectif a dû s’ajuster pour apporter des réponses adéquates à celles-ci. Chaque accompagnante a également dû apprendre à adapter son regard face à des différences culturelles parfois importantes. À travers un retour sur l’expérience et l’évolution du Collectif pendant 35 ans d’existence, il sera présenté comment l’organisme communautaire a relevé ces différents défis liés à la diversification de la communauté qu’il dessert, et ceux qu’il reste à relever.

Résumé
11 h 20
Interprétariat dans le réseau de santé et services sociaux au Québec: Expérience et défis dans la Capitale-Nationale
Lamia Belfares (Jeffery Hale-Saint-Brigid's regroupé au CIUSSS de la Capitale-Nationale), Brigitte Paquette (Soutien à la communauté anglophone et aux communautés culturelles, Hôpital Jeffery Hale - Saint Brigid's, CIUSSS de la Capitale-Nationale)

À l’automne 2015, dans le cadre de l’arrivée massive des réfugiés syriens au Canada, le CIUSSS de la Capitale-Nationale a reçu le mandat d’offrir des services d’évaluation du bien-être et de l’état de santé physique à cette clientèle. Le développement des services d’interprétariat s’est alors avéré nécessaire pour soutenir cette nouvelle offre de service. En collaboration avec le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal et leur Banque interrégionale d’interprètes (BII), un projet pilote naît : la Banque d’interprètes de la Capitale-Nationale (BICN). La BICN a bénéficié du savoir-faire de la BII pour mettre en place l’offre de service au réseau de la santé et services sociaux de la région de la Capitale-Nationale. Un comité régional intersectoriel a été mis en place pour veiller à la bonne gestion du processus d’accès aux services d’interprétariat dans une perspective d’amélioration continue. Nous avons relevé bon nombre de défis et continuons à travailler avec l’ensemble de nos partenaires dans un objectif commun d’offrir des services de qualité. Le profil démographique de la Capitale-Nationale et la catégorie de réfugiés qui y sont accueillis font de cette région un terrain d’étude intéressant pour l’interprétariat en milieu social. Pour alimenter la réflexion collective sur le sujet, nous présenterons des exemples de situations auxquelles nous faisons face en tant qu’organisation, intervenant ou interprète.

Résumé
11 h 40
Adaptation des services dans l'urgence à la suite de la fusillade à la mosquée de Québec
Stéphanie Arsenault (Université Laval), Lucienne Martins Borges (Brésil), Lucille Langlois (CIUSSS de la Capitale-Nationale)

La fusillade survenue au Centre culturel islamique de Québec dans la soirée du 29 janvier 2017 a entraîné le déploiement d’interventions inédites pour le système de santé et de services sociaux de la ville de Québec. Afin de soutenir les rescapés de la fusillade et leurs proches, des gestionnaires et des intervenants sociaux ont été mobilisés dans la mise sur pied d’une stratégie d’intervention de crise dès la première nuit suivant la tragédie ainsi que dans l’élaboration d’interventions de suivi pendant les mois suivant la fusillade. Afin de documenter cette expérience d’intervention inusitée pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale et d’en tirer des recommandations pour le futur, 24 entrevues ont été réalisées auprès d’acteurs clés de la démarche. La présentation mettra de l’avant les principaux constats réalisés à la suite de cette démarche de documentation et d’analyse et en particulier les principales recommandations en émanant. Nous discuterons de la dimension interculturelle présente dans cette situation marquée par la rencontre d’intervenants identifiés à la culture majoritaire avec des personnes en détresse identifiées à une culture minoritaire (et de confession musulmane).

Résumé
12 h 00
Discussion
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Stratégie des institutions : formation et développement des compétences interculturelles des acteurs œuvrant auprès de la population immigrante et réfugiée
Présidence/Animation : Claudia Prévost (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
13 h 30
Expériences des « différences qui dérangent » d’étudiants québécois dans diverses professions de la relation d’aide
Yvan Leanza (Université Laval), Jean-Philippe Marquis (Université Laval), Maya Yampolsky (Université Laval), Stéphanie Arsenault (Université Laval), Dominique Giroux (Université Laval), Raymonde Gagnon (Université du Québec à Trois-Rivières), Camille Brisset (Université Laval), Sylvie Tétreault (Haute École Spécialisée de Suisse occidentale), Alida Gulfi (Haute École Spécialisée de Suisse occidentale), Nicolas Kuhne (Haute École Spécialisée de Suisse occidentale), Maryse Benoit (Université de Sherbrooke), Marie-Ève Rousson-Godbout (Université Laval), Ahisha Jones-Lavallée (Université Laval)

Cette communication présente les résultats préliminaires d’une recherche dont l’objectif est d’illustrer les défis de la rencontre avec la différence socioculturelle pour des psychologues, travailleurs sociaux, ergothérapeutes et sages-femmes au moment de leur entrée dans la pratique. La recherche repose sur un devis longitudinal et mixte. Le volet qualitatif comprend trois entretiens individuels en début, milieu et fin d’internat ou stage d’intégration. Le volet quantitatif inclut une série de questionnaires au début et à la fin de cette période d’entrée dans la pratique. Un portrait d’ensemble sur les représentations et attentes envers le stage et la profession, les expériences interculturelles significatives et les principales caractéristiques autres que culturelles qui les font réagir chez des personnes qu’ils considèrent comme différentes seront détaillées. L’analyse thématique fait ressortir une variété d’expériences interculturelles vécues par ces étudiants avant d’entamer leur stage, moments significatifs qui les ont amenés à s’ouvrir aux autres en questionnant leurs préjugés ou leur identité. Les participants admettent être troublés par des caractéristiques autres que la culture (religion, orientation politique, classe sociale, différence physique, handicap ou santé mentale). Ces résultats préliminaires permettent d’entamer une réflexion sur le nécessaire accompagnement des étudiants des professions de la relation d’aide à propos «des différences qui dérangent».

Résumé
13 h 50
Contribution de femmes immigrantes ayant donné naissance au Québec au développement des compétences culturelles des étudiantes sages-femmes
Raymonde Gagnon (Université du Québec à Trois-Rivières), Marie louise Thiaw (Université Laval), Fernanda Fernandes (Université Laval)

Les professionnels de la santé ont à interagir de plus en plus avec une clientèle multiethnique. Dans l’optique de développer les compétences culturelles des étudiantes sages-femmes, un atelier réflexif a été introduit dans leur formation. Après quelques années, il s’est avéré pertinent d’établir un dialogue avec des femmes issues d’autres cultures pour enrichir le vécu expérientiel des étudiantes. Les échanges s’amorcent par le biais de réflexions cliniques auxquelles se superpose le partage du vécu des femmes immigrantes ayant donné naissance après leur arrivée au Québec. Cette expérience leur a apporté diverses réflexions. Par une démarche d’inspiration auto-ethnographique, elles nous livrent leurs prises de conscience sur leur expérience, menant pour elles-mêmes à une transformation identitaire. Le rapport à l’autre, aux soignants, se trouve également confronté et enrichi d’une compréhension et acceptation mutuelle. Ayant pour objectif de déconstruire mythes et préjugés, elles prennent également conscience de leurs propres préjugés. Elles continuent de réfléchir sur les enjeux de la périnatalité en contexte de migration, confortées par l’idée que l’accouchement est d’abord une expérience humaine basée en premier sur la capacité de la femme à puiser ses ressources en elle-même. Elles nous parlent également du simple pouvoir de parler et d’être écoutée à travers la complexité de ce que représente le fait de devoir s’adapter à un système de santé différent.

Résumé
14 h 10
Les facilitateurs et les obstacles à l’utilisation des connaissances issues de la recherche par les intervenants: le cas des psychoéducateurs
Jean Ramdé (Université Laval)

Le récent rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ, 2015 :1) renouvelle le besoin d’« accroitre la compétence interculturelle en tant que dimension de la qualité des services à l’échelle du système de santé et de services sociaux ». Pour développer des connaissances sur le transfert d’instruments ou de modèles dans des milieux de pratique en contexte interculturel, une alliance est requise entre les institutions responsables de dispenser des services et l’expertise universitaire. Il appert que toute recherche qui permettrait de comprendre la dynamique sous-jacente au processus d’appropriation et d’application des connaissances issues de la recherche par des intervenants sociaux œuvrant dans le domaine des services sociaux avec des immigrants est à privilégier. En ce sens, nous nous attarderons à documenter les facteurs susceptibles de favoriser l’adoption des connaissances issues de la recherche dans les milieux de pratique. Ces facteurs sont de plusieurs ordres, notamment individuel (l’opinion sur les connaissances, l’Expertise individuelle pour utiliser les connaissances) et organisationnel (les stratégies de soutien à l’utilisation des connaissances, l’importance accordée par votre établissement au développement professionnel). L’exemple d’une recherche pour identifier ces facteurs en psychoéducation sera exposée. Suivra ensuite un lien entre les résultats de cette recherche et les intervenants dans le domaine de l’intervention interculturelle.

Résumé
14 h 30
Discussion
15 h 00
Pause
15 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Stratégies des institutions face aux besoins en éducation : alphabétisation, enseignement du français et littératie numérique
Présidence/Animation : Jean Ramdé (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
15 h 30
Apports des recherches sur le service communautaire international dans la réflexion sur les services de soutien aux étudiants internationaux au Canada
Jean-Jacques Defert (Saint Mary’s University), John Plews (Saint Mary's University)

La réflexion proposée dans cette communication fait suite à un travail extensif de revue critique de la littérature sur le service communautaire international (International Service Learning). L’idée est de transposer les enseignements produits par les études portant sur l’évaluation des programmes d’échange à l’étranger intégrant une composante communautaire pour la mise en place de programmes similaires pour les étudiants internationaux dans les universités anglophones et francophones canadiennes. Le service communautaire étant reconnu comme un «ensemble de pratiques éducatives à fort impact» (Kuh,2008;2009) sous certaines conditions, nous proposerons un tour d’horizon des différents formats de service communautaire à l’international existants, nous reviendrons sur les défis spécifiques de ce modèle et nous concentrerons notre réflexion sur les objectifs d’apprentissage ainsi que les stratégies d’enseignement appropriées pour les programmes orientés sur l’apprentissage d’une deuxième langue. Plusieurs chercheurs ont relevé le potentiel d’une telle approche (Kehl & Morris, 2007-2008; Lewis & Niesenbaum, 2005; Parker & Altman Dautoff,2007; Stebleton, Soria & Cherney,2013; Wessel,2007). En mettant la langue au centre du dispositif d’apprentissage, nous mettrons l’emphase sur l’importance du développement de la compétence pragmatique de la langue et l’acquisition de savoirs culturels visant à une meilleure intégration des étudiants internationaux dans la communauté d’accueil.

Résumé
15 h 50
Stratégies d’adaptation des services d’alphabétisation et d’apprentissage du français face aux besoins des réfugiés d’origine bhoutanaise dans la ville de Québec
Claudia Prévost (Université Laval)

Entre 2009 et 2012, la ville de Québec a accueilli près de 1000 réfugiés originaires du Bhoutan. Nombre d’entre eux vivaient dans des camps de réfugiés au Népal depuis près de vingt ans, les plus jeunes y ayant même vu le jour. Pour ce groupe de réfugiés, en grande partie peu scolarisé, le processus d’adaptation à la société d’accueil se présentait comme un défi de taille, notamment en ce qui concerne l’apprentissage du français. Pour les organismes et institutions qui offrent des services d’alphabétisation et d’apprentissage du français, la venue de ces apprenants présentait également d’importants défis : les besoins étaient nombreux, la volonté d’apprendre était grande, alors que les ressources demeuraient limitées. Quelles stratégies ces services d’alphabétisation et d’apprentissage du français ont-ils mises en œuvre pour répondre à ces besoins ? Cette communication présente une partie des résultats d’une recherche doctorale portant sur le parcours social d’apprentissage du français de réfugiés d’origine bhoutanaise réinstallés dans la ville de Québec. L’analyse des propos recueillis auprès de 35 participants (15 réfugiés d’origine bhoutanaise, 20 personnes-ressource de la société d’accueil) donne à voir de quelles façons les organisations offrant des services d’alphabétisation et d’apprentissage du français se présentent comme des milieux de vie favorisant l’apprentissage du français, ainsi que le développement d’un sentiment d’appartenance envers la société d’accueil.

Résumé
16 h 10
Équité digitale et Inclusion : bâtir localement et globalement des communautés migratoires inclusives, innovantes et résilientes à l’ère digitale
Paulin Mulatris (University of Alberta)

À travers leurs pratiques quotidiennes, les migrants dessinent des nouveaux chemins de résilience leur permettant de s’arrimer tant bien que mal à leurs nouveaux espaces de vie. Dans ce processus, des bricolages sociaux dans leurs divers domaines de vie sont en passe de constituer des parallélismes, des « entre-soi » qui mettent en péril l’idée des projets communautaires inclusifs. Face à des enjeux qui se veulent désormais globaux, ces parallélismes constituent des ferments pour des décrochages sociaux, lieux d’émergence d’exclusions fragilisantes pour les communautés, particulièrement celles en contexte minoritaire. La majorité de ces migrants sont des travailleurs et le travail est un moyen principal d’inclusion communautaire. Par ailleurs, alors que de multiples enquêtes ont déjà démontré le réel besoin en littératie digitale numérique à l’échelle de la population canadienne dans son ensemble, la question de la compétence en littératie digitale se pose avec plus d’acuité pour les populations migrantes venant des pays du Sud. La communication proposée présentera les grandes lignes d’une étude comparative et interdisciplinaire visant 100 migrants au Canada (Edmonton, Winnipeg) et 100 en France (Lille, Grenoble). Le but ultime de la démarche en est de développer des stratégies visant une équité et une inclusion digitale pour une participation communautaire, préalable à une participation citoyenne des nouveaux arrivants.

Résumé
16 h 30
Discussion
Soir
17 h 00 à 18 h 00
Cocktail
Lancement du site ÉDIQ et ouvrages
Présidence/Animation : Stéphanie Arsenault (Université Laval)
Discutant : Richard Walling (Les Partenaires communautaires Jeffery Hale)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.909
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 45 à 09 h 00
Communications orales
Accueil et mot d’ouverture
Présidence/Animation : Marie-Laure Dioh (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Discutant : Richard Walling (Les Partenaires communautaires Jeffery Hale)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Parcours d’insertion professionnelle : perceptions et stratégies des employeurs, des immigrants et des réfugiés
Présidence/Animation : Richard Walling (Les Partenaires communautaires Jeffery Hale)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
09 h 00
L’offre de services de soutien à l’emploi destinées aux personnes immigrantes : la différentiation selon les régions
Michel Racine (Université Laval), Sara Tapia (Québec international)

Les nouveaux représentants de l’État québécois souhaitent que celui-ci prenne soin des immigrants nouveaux arrivants, en plus d’encourager leur installation en régions. Il est alors plus qu’envisageable que ce ne soit pas tant l’administration publique qui s’en charge que tout un réseau plus ou moins concerté d’organisations déjà dispensatrices de ces services. Comment caractériser l’offre de services selon les régions et spécialement celle liée à l’emploi immigrant ? Comment cette offre se trouve-t-elle répartie entre les principales organisations prestataires de ces services ? Qu’est-ce qui différencie d’une région à l’autre l’offre de services liés à l’emploi immigrant ? La communication vise d’abord à dresser un état de situation dans deux régions différentes, soit la région administrative de la Capitale-Nationale (03) et celle de Chaudière-Appalaches (12). Elle propose ensuite une analyse plus critique de la réponse qu’offre ce réseau d’organisations prestataires de services aux défis socioéconomiques de chacune de ces régions

Résumé
09 h 20
Perceptions des immigrants, travailleurs qualifiés et réfugiés, du marché de l'emploi dans la région des Laurentides : résultats préliminaires
Marie-Laure Dioh (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Plusieurs études (Dioh et Racine, 2017; Dioh, 2014; Chicha, 2009; Lenoir-Achdjian et coll., 2009; Cousineau et Boudarbat, 2009) menées sur l’insertion socioprofessionnelle des immigrants reçus au Québec arrivent au même constat : celui d’une intégration difficile au Québec. Un récent projet de recherche mené dans la région des Laurentides se joint au débat en posant la question suivante : Comment les personnes immigrantes installées dans la région des Laurentides, perçoivent les pratiques des employeurs en matière de gestion et d’intégration de la diversité ? Ce projet de recherche exploratoire vise à produire de nouvelles connaissances dans une région québécoise où les études (Labrosse et coll. 2015; Blain, 2005) sont peu nombreuses. Pourtant, les politiques de régionalisation et les politiques d’accueil des réfugiés amènent de plus en plus de personnes immigrantes à s’y installer. Les récits de vie menés auprès de ces personnes, les résultats préliminaires de recherche révèlent des pratiques généralisées et non adaptées, créant ainsi de nombreux obstacles à l’intégration des immigrants dans les Laurentides. Ces observations vont dans le même sens que les constats faits dans d’autres régions. D’une manière plus originale, les immigrants perçoivent des pratiques d’accueil et d’intégration différentes, dépendamment qu’on est dans la région des Basses-Laurentides (proche de Montréal ou de la couronne lavalloise) ou dans le cœur des Laurentides (Saint-Jérôme et ses environs).

Résumé
09 h 40
Parcours d'insertion professionnelle des immigrants qui étudient après l'obtention de leur statut de résident permanent : une exploration
Aline Lechaume (Université Laval), Johanna Cardona (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Nicole Gallant (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Plusieurs études montrent que les immigrants mettent en place différentes stratégies pour s’intégrer au marché du travail, dont, entre autres, entreprendre une formation dans le but d’obtenir un diplôme et acquérir les qualifications requises pour occuper un emploi au Québec (Arcand, et al., 2009; Misiorowska, 2011; Amaza, 2015). Cette dernière semble être l’une des stratégies de plus en plus favorisées par les nouveaux arrivants (Chicha, 2009; Kanouté, 2012; Georgis, 2014). Quels sont les immigrants qui étudient au Québec et quelles sont les caractéristiques de leurs parcours pré- et post- admission? Ces questions feront l’objet central de cette communication. Des analyses effectuées à partir des données de l’«Enquête sur les cheminements d’intégration au marché du travail des personnes immigrantes nouvellement arrivées» (ECINA) et de celles des enquêtes de relance du service de placement de l’Université Laval (SPLA) permettent d’explorer et de mieux comprendre les profils et les transitions études-emploi des personnes immigrantes au Québec.

Résumé
10 h 00
Discussion
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 30
Communications orales
Stratégies des individus et des institutions : petite enfance et paternité en contexte migratoire
Présidence/Animation : Jean Ramdé (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
11 h 00
Comprendre le vécu migratoire des familles immigrantes ayant de jeunes enfants dans la région Capitale-Nationale et soutenir l’actualisation de la compétence interculturelle des acteurs impliqués après de ces mêmes familles
Kanita Jandric (Centre multiethnique de Québec)

Le Projet Immigration Petite-enfance Capitale-Nationale (IPECN) est né dans la convergence de préoccupations d’un ensemble de partenaires. Des acteurs de la petite enfance et de l’immigration, réunis pour échanger sur les défis liés à l’intégration des nouveaux arrivants et à l’adaptation des services, ont reconnu dans leurs pratiques actuelles des lacunes et points à améliorer. Le Projet IPECN visait à concevoir et mettre en œuvre un plan d’actualisation des compétences interculturelles chez les acteurs intervenant auprès de jeunes enfants issus de l’immigration et leur famille dans la région de Québec. Le projet était divisé en deux volets. Le premier volet, d’une durée de 18 mois, financé par Avenir d’enfants, consistait en la réalisation d’une recension des écrits et d’un état de situation quant à la réalité des familles immigrantes ayant de jeunes enfants dans la Capitale-Nationale, et aux besoins des acteurs intervenants auprès d’elles. Le deuxième volet, d’une durée de 18 mois, n’a pas été réalisé en raison du manque de financement et d’enjeux reliés au leadership et aux partenariats. Il consistait en la mise en œuvre du plan d’actualisation de la compétence interculturelle, et l’application de celui-ci aurait tenu compte de la réalité des différents acteurs et des besoins identifiés dans le cadre du volet 1. Cette communication présentera le projet IPECN, une démarche participative, formative et évolutive, faisant appel au processus de co-construction.

Résumé
11 h 20
Paternité et immigration: étude exploratoire sur un échantillon de pères immigrants en Abitibi-Témiscamingue
saïd Bergheul (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Jean Ramdé (Université Laval), Jessica Godin (UQAT), Ourou Abdelaaziz (UQTR), Oumar Mallé Samb (UQAT)

L’intégration des pères immigrants ne se fait pas sans difficulté. Le processus migratoire est complexe et multidimensionnel. Le contact du système familial immigrant avec les différents systèmes de la société d’accueil déclenche une série de déséquilibres ébranlant le rôle des pères. L’approche méthodologique qualitative adoptée par l’étude permet d’approfondir l’influence de l’immigration sur les fonctions et engagements paternels à partir de la perception des pères interviewés (Mayer et Deslauriers, 2000). Dans le cadre de cette communication, nous présentons les résultats d’une enquête réalisée auprès d’un groupe de pères immigrants résidant depuis moins de cinq ans en Abitibi Témiscamingue. Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’une subvention que nous avons obtenue de Voies vers la prospérité :Canada. Les résultats indiquent que les changements au niveau de la situation familiale entraînent une conception des rôles plus équitables, moins différenciés selon le sexe. La présence accrue du père dans la vie de l’enfant et le manque du réseau familial amènent une intensification de l’engagement paternel. Dans les prochaines étapes de cette recherche, nous comptons implanter des programmes d’intervention pour des pères immigrants dans les centres d’accueil pour immigrants au Québec. Les limites et les perspectives de cette recherche sont analysées et commentées.

Résumé
11 h 40
Engagement paternel et développement socio-affectif de l’enfant en contexte migratoire
Nebila Jean-Claude Bationo (Université Laval)

La dimension de la famille, particulièrement le rôle des parents dans le développement de l’enfant et le bien-être de l’ensemble de ses membres, retient l’attention des chercheurs. Des études soutiennent que les conditions socio-économiques, la qualité des pratiques parentales, les relations parent-enfant et celles entre parents (Bergonnier-Dupuy et al., 2013 ; Lamb, 2012) influencent l’adaptation et le développement psychologique des enfants. Outre les nombreux travaux sur l’attachement mère-enfant, de plus en plus de recherches mettent en lumière l’importance et la spécificité du rôle du père (Dubeau et al., 2009 ; Paquette, 2004).  En dépit du nombre croissant de travaux sur l’engagement et le rôle de père, si la parentalité en contexte migratoire de façon générale reste un sujet peu traité, la paternité l’est encore moins (Capps et al., 2010 ; Ramdé, 2015). Pourtant, la capacité d’adaptation des parents en situation d’immigration, en particulier les profils d’acculturation, a des effets sur leur implication dans la vie de leurs enfants. C’est ce qui fonde notre intérêt pour l’engagement des pères immigrants et le développement socioaffectif de l’enfant au Québec. Cette communication présentera la problématique, les objectifs, le cadre conceptuel et la méthodologie de cette étude. Elle permettra de faire connaitre notre projet auprès de la communauté scientifique spécialisée sur les questions liées à l’immigration et à la petite enfance.

Résumé
12 h 00
Discussion
Après-midi
13 h 30 à 15 h 30
Communications orales
Influence des représentations de soi et de l’autre
Présidence/Animation : Stéphanie Arsenault (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.703
13 h 30
Influences des trajectoires migratoires d'individus sur leurs projets d'installation au Québec : le cas de jeunes adultes avec une histoire personnelle et familiale de migrations internationales multiples
Justine Laloux (Université Laval)

En étudiant les trajectoires de personnes immigrant au Québec, on constate qu’ils ont parfois séjourné dans plusieurs pays avant d’arriver. Ces mobilités antérieures peuvent modifier leur expérience d’installation dans un nouveau pays. Cette présentation se base sur les résultats préliminaires d’une étude qualitative réalisée dans le cadre d’un mémoire en ethnologie. Elle s’intéresse aux récits de vie de huit jeunes adultes âgés de 19 à 35 ans qui ont une histoire de plusieurs migrations au niveau international durant leur enfance et leur adolescence. À un certain moment, leur parcours les a conduits à séjourner au Québec, avec leur famille ou seul. Certains y sont venus avec un projet d’immigration et d’installation au long cours tandis que d’autres y sont venus de manière temporaire, pour la plupart dans le cadre de séjours d’études qui se sont parfois transformés en projet d’immigration dans un second temps. Confrontés tôt à la vie dans plusieurs pays, avec des cultures et des langues différentes, ils se sont enrichis de ces expériences. Cependant, ils peuvent également avoir été fragilisés à la suite des déménagements répétés et des multiples séparations qui y sont associées. Il sera proposé d’explorer comment les expériences antérieures de migrations multiples viennent influencer les facilités et difficultés que les jeunes adultes de l’étude ont pu rencontrer au cours de leur séjour, leurs aspirations et ainsi la manière dont ils abordent leur installation au Québec.

Résumé
13 h 50
Qui dit mal entendre ? La médiation du sens en groupes interculturels
Lucille Guilbert (Université Laval), Stéphanie Arsenault (Université Laval), Marie-Elisa Fortin (Université Laval)

Cette communication présente des résultats de l’étude La construction et la déconstruction des incompréhensions culturelles en contexte migratoire et la construction d'attitudes positives dans les relations interculturelles par le biais de groupes de pairs intergénérationnels en se fondant sur le modèle interculturel coopératif d’accompagnement mutuel (micam). Nous explorons la coconstruction du sens à travers les filtres culturels, nationaux, idéologiques ou religieux qui émergent de l’identité personnelle des interactants et orientent le vouloir et le pouvoir entendre ce qui se dit, ce qui agit et ce qui se crée dans un groupe interculturel. Après une réflexion autour des notions de racisme (se peut-il que nous soyons tous racistes ?) et du «malentendu» (les préjugés sont-ils  une modulation du «mal entendre» ?), nous présenterons le micam, outil de collecte des données et creuset des interactions entre deux groupes interculturels intergénérationnels, ainsi que le cadre d’analyse s’inspirant des enjeux de la communication (Mucchielli, 1995) et de l’analyse de la conversation (Traverso, 2003; Grinschpoun, 2017). Nous appliquerons ces outils théoriques et méthodologiques à des extraits d’une séance thématique portant sur le rapport à la religion. Ce qui nous permettra d’ouvrir la discussion sur le processus de médiation du sens en mettant en relief la dynamique singulière d’un groupe à l’autre, croisant le ton de l’échange de sensibilités et d’expériences à celui du débat.

Résumé
14 h 10
Prise en compte de l'identité religieuse par les intervenants sociaux dans les interventions en contexte interculturel: point de vue de personnes immigrantes de confession musulmane
Laurie Arsenault-Paré (Université Laval)

L’origine, le vécu et les appartenances culturelles, ethniques et religieuses des immigrants au Québec sont de plus en plus diversifiés. Les défis de cette nouvelle réalité amènent l’utilisation d’approches d’intervention en contexte interculturel favorisant le développement d’une sensibilité culturelle et l’appropriation de stratégies palliant les obstacles à la collaboration entre intervenants sociaux et personnes aidées. Cependant, ces approches n’abordent que peu ou pas la dimension religieuse ou spirituelle de l’identité, bien que des politiques gouvernementales en place soulignent la nécessité de la considérer. De plus, le contexte social actuel, marqué par une crainte grandissante envers la population musulmane, participe à la marginalisation de l’aspect religieux ou spirituel de leur identité et n’est pas sans impact sur les intervenants. Cette présentation explorera les représentations de 8 personnes immigrantes de confession musulmane, établies à Québec, quant à la considération de leur identité religieuse dans les services qu’ils reçoivent de la part d’intervenants sociaux. Ainsi, les résultats préliminaires issus des propos recueillis auprès de ces participants seront présentés. L’analyse s’appuie sur deux approches théoriques : l’approche interculturelle systémique, pour sa considération du vécu prémigratoire, et la théorie des représentations sociales, considérant le contexte sociopolitique spécifique dans lequel le vécu des personnes interrogées s’inscrit.

Résumé
14 h 30
Représentations des morts aux frontières: quand les morts ailleurs dans le monde mobilisent les vivants au Québec
Lilyane Rachedi (UQAM - Université du Québec à Montréal), Amelia Leon Correal (UQAM)

Le projet de coopération internationale Québec-France portant sur la mort en contexte migratoire (ANR_FRQSC 2016-2020) est constitué de plusieurs enquêtes indépendantes sur les sujets de la gestion des morts, des imaginaires de la mort et enfin de l’accompagnement des endeuillés. Cette communication propose de présenter les résultats de groupes de discussion menés au Québec (Montréal, Québec, Sherbrooke et Granby) entre 2017 et 2019. Ces discussions sur les représentations et imaginaires de la mort aux frontières, du point de vue d’une quarantaine de personnes immigrantes, ont été recueillies et analysées. Nous montrerons comment il existe une pluralité de fonctions de la mort (spécifiquement des défunts) aux frontières, pluralité déployée au travers de représentations riches et complexes. Ces dernières se déclinent sous différentes formes au sein desquelles les morts ailleurs dans le monde invitent les vivants à fabriquer une promotion de leur existence sur d’autres plans (Despret, 2017; Molinié 2006). Le premier est de l’ordre de la mémoire (Rachedi et Halsouet, 2017; Schmitt 1994) et des traces des morts. Le deuxième est de l’ordre du politique et du témoignage. Le troisième, et dernier plan, s’inscrit dans le social et le lien. Enfin, ces trois plans sont traversés par des enjeux esthétiques et philosophiques.

Résumé
14 h 50
Discussion
15 h 20
Mot de clôture