Imprimer

616 - Agir ensemble pour démocratiser l’action publique en éducation et en santé et services sociaux : par quelles pratiques et par quels espaces de collaboration?

Du lundi 27 au mardi 28 mai 2019

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Lire la suite »
Remerciements

L'organisation de ce colloque a été soutenue par le Groupe de recherche et d'intervention sur l'insertion et le maintien durable en emploi (FRQSC - Soutien aux équipes) associé au Centre de recherche et d'intervention sur l'éducation et la vie au travail (CRIEVAT) et par le partenariat ARIMA du Centre de recherche et de partage des savoirs InterActions du CIUSSS du Nord-de-l’Île de Montréal

Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Isabelle Ruelland
UdeM - Université de Montréal
Université Laval
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 10 à 09 h 30
Communications orales
Conférence d’ouverture
Présidence/Animation : Simon Viviers (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 10
Démocratiser l'action publique en éducation et en santé et services sociaux ? Utopie et réalité
Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)

Étudier la démocratisation de l’action publique implique de se confronter à une dualité: d’une part, il s’agit de se préoccuper de comprendre et d’expliquer la réalité des organisations et des rapports sociaux de pouvoir à l’œuvre et d’autre part, il s’agit de concevoir des pratiques plus « innovantes », plus « participatives » et plus « collaboratives ». Un tel mode de construction de connaissances agençant description et prescription marque ce champ de recherche interdisciplinaire. Un des risques consiste à réduire la notion de démocratisation à l’application de méthodes en occultant les inégalités sociales de pouvoir. Les réseaux scolaires et sociosanitaires constituent des secteurs publics privilégiés pour examiner des processus de démocratisation dans des champs d’intervention fortement institutionnalisés et marqués par une intervention active des gouvernements et des pouvoirs publics. Dans la mesure où l’action publique repose sur une volonté de contrôle de l’action et des ressources disponibles, elle se constitue en enjeu de pouvoir et de conflits. Elle est le théâtre de relations sociopolitiques entre des acteurs disposant de ressources asymétriques. Elle distribue des positions, assigne des places aux individus et, du même coup, peut renforcer les inégalités. Comment alors concilier les désirs de démocratisations avec les rapports sociaux de pouvoir qui se vivent au quotidien?

Résumé
09 h 30 à 10 h 45
Communications orales
Problématiser les inégalités sociales de pouvoir pour mieux agir par-delà les discours
Présidence/Animation : Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
09 h 30
Inégalités épistémiques et recherches participatives dans les services sociaux et les soins de santé
Maxime BOUCHER (Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec), Sophie Dupéré (Université Laval), Isabel Heck (Parole d'excluEs et UQAM - Université du Québec à Montréal), Florence Piron (Université Laval), Lucie Gélineau (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Claudine Gagnon (Collectif pour un Québec sans pauvreté), Baptiste Godrie (UdeM - Université de Montréal)

Les inégalités épistémiques sont un type particulier d’inégalités sociales. En raison de leur appartenance réelle ou supposée à un ou plusieurs groupes historiquement stigmatisés sur la base de critères de genre, orientation sexuelle, statut socio-économique, handicaps physiques, problèmes de santé mentale, origine ethnique et âge, les témoignages et savoirs des membres de ces groupes ne sont pas reconnus et pris en compte. Ces inégalités épistémiques portent atteinte aux personnes en tant que sujets de connaissance, et peuvent se traduire par des conséquences négatives leur bien-être (non accès à des soins et services, voire auto-exclusion du RSSS, accroissement de l’isolement, sentiment d’injustice). La présentation portera sur le processus de formation d’une équipe de recherche sur cette thématique, ainsi que sur les retombées d’un tel programme de recherche sur l’analyse des contextes et interventions qui accroissent, maintiennent ou diminuent les inégalités épistémiques dans le RSSS. L’équipe en cours de formation réunit des universitaires de différentes disciplines, des praticien.ne.s des soins de santé et services sociaux et des représentant.e.s et membres d’organismes communautaires (Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, Collectif pour un Québec sans pauvreté) sur la thématique de l’équipe.

Résumé
09 h 50
Des processus organisationnels et communicationnels qui favorisent l’intercompréhension et la reconnaissance dans les espaces de travail : une lutte sans fin et protéiforme
Isabelle Fortier (ENAP - École nationale d'administration publique), Sophie Hamisultane (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Josée LORRAIN (UQAM - Université du Québec à Montréal), Cécile NICOLAS (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jacques Rhéaume (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Si la reconnaissance est un des leviers privilégiés d’un plus grand pouvoir d’agir pour les individus au travail, elle peut aussi se transformer en idéologie affectant le travail de chacun, le collectif et ultimement la communication d’intercompréhension dans les organisations. Peu de recherches articulent les problématiques liées à la reconnaissance comme idéologie et les injonctions managériales paradoxantes en lien avec les processus communicationnels dans les organisations. Cette communication se penche sur une série de questions attachées au contexte de « la domination au travail » et des conditions de mépris où les dispositifs managériaux de quantification du travail, de changements perpétuels, de compétition détruisent les collectifs, et mènent à la déprofessionnalisation et à l’incommunication. Plus spécifiquement, nous nous interrogeons sur les points aveugles de la communication officielle dans les organisations publiques, notamment dans le secteur de la santé, via l’enjeu de la reconnaissance comme idéologie et les pistes constructives permettant d’éviter ce renversement de sens de la reconnaissance et de la communication organisationnelle vers davantage d’assujettissement. Nous conclurons ainsi sur les conditions organisationnelles et communicationnelles favorisant l’intercompréhension et la reconnaissance réelle du travail des acteurs au cœur de la « résonance » d’une vie « bonne » au travail comme dans la société en général.

Résumé
10 h 10
J’éprouve des difficultés à faire valoir mon point de vue au sein de la concertation, suis-je devant une impasse démocratique ?
Maxime Boucher (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

À l’heure où on a l’impression que tout a été dit par les sociologues de la participation, les ethnologues des dispositifs, les philosophes de la démocratie délibérative, il apparaît clairement qu’il faut pousser les analyses tant théoriques qu’empiriques pour mieux comprendre le rapport qu’entretiennent les individus avec leurs collectivités et les instances démocratiques de la société. L’enjeu actuel pour les chercheurs et les praticiens réside dans l’identification des difficultés et des défis du travail de concertation intersectorielle, afin d’analyser et de comparer les processus et les dispositifs. On parle plus précisément des défis sur le plan de l’articulation entre les savoirs, les valeurs, les pratiques et les expériences à l’intérieur de dispositifs où seraient conséquemment évoqués différentes préoccupations en matière de santé publique, de services sociaux, de développement économique, social et urbain. Cette communication propose une analyse de la vie d’une concertation montréalaise, depuis sa naissance, en passant par ses conflits et ses incohérences, à sa période de décroissance et aux enjeux que cela pose. Cela nous permettra de réfléchir aux conditions (dé)favorables à l’inclusion démocratique, aux épreuves qui s’y rattachent et qui permettent de saisir les grammaires à l’oeuvre dans la prise de parole des acteurs, au degré d’élaboration et de cohérence que leur donnent les acteurs dans les compromis qu’ils établissent et les critiques qu’ils s’adressent.

Résumé
10 h 30
Période de questions
10 h 45
Pause
11 h 00 à 12 h 15
Communications orales
Prescriptions de collaboration en éducation : paradoxes et alternatives
Présidence/Animation : Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
11 h 00
Le Leadership distribué dans les établissements scolaires : fonctionnement distribué ou modèle normatif ?
Frédéric YVON (Université de Genève), Emmanuel Poirel (UdeM - Université de Montréal)

Depuis le début des années 2000, un nouveau modèle théorique, le leadership distribué, a fait son apparition dans le champ de l’étude du leadership (Gronn, 2000 ; Spillane, Halverson & Diamond, 2001 ; Bolden, 2011 ; Tian, Risku, & Collin, 2016). Il consiste à analyser la prise d’initiative et le pilotage d’une organisation non pas du point de vue du dirigeant, mais comme le résultat d’une dynamique collective, effaçant ainsi la distinction entre leader et employés (« followers »). Dans le champ des sciences de l’éducation, ce modèle, initialement descriptif, permet de revaloriser les formes de participation des acteurs éducatifs dans la conduite des établissements scolaires (Poirel & Yvon, 2012 ; Yvon, 2019). Cette approche du leadership peut être considérée comme synonyme d’un processus spontané d’un pouvoir d’agir individuel et collectif sur l’organisation, en opposition à un leadership collaboratif qui serait prescriptif (Gélinas-Proulx et Jäppinen, 2017). Cette communication proposera une relecture des fondements de cette conception théorique du leadership qui peut être rapprochée des courants francophones d’analyse du travail. Dans la perspective de favoriser des lieux de dialogue et de prises d’initiatives collectives, elle dressera un bilan critique des tentatives de faire émerger par des interventions planifiées des formes distribuées du leadership en éducation (DeFlaminis, Abdul-Jabbar & Yoack, 2016).

Résumé
11 h 20
Des équipes-cycle au Québec réussissent à s’affranchir de la prescription paradoxale de la collaboration entre enseignant.e.s du primaire
Céline GRAVEL (Université Laval)

Trois équipes-école de trois commissions scolaires différentes de la région de la Capitale et de la Chaudière-Appalaches ont été impliquées dans un projet de recherche sur la collaboration institutionnelle, professionnelle et pédagogique dans leur milieu de travail. La recension des écrits a montré clairement d’une part que les enseignant.e.s du primaire reconnaissent la valeur de la collaboration pour favoriser la réussite des élèves; d’autre part, plusieurs obstacles apparaissent. Selon une perspective interactionniste stratégique (Pépin, 2018) nous présenterons des éléments d’explication de l’écart qui existe entre cette valorisation de la collaboration et le fait qu’elle est parcimonieuse dans de nombreux milieux scolaires. Il ressort des caractéristiques communes et d’autres distinctes dans les dynamiques de ces trois équipes-écoles. Les enseignant.e.s se réfèrent souvent à la collaboration prescrite en équipe-cycle dans les communautés d’apprentissage professionnel (CAP) instaurées et celles davantage appréciées, soit la collaboration en équipe-degré et celle informelle. L’identification des enjeux, soit ce que les enseignants d’une part et les personnes qui les accompagnent d’autre part, veulent obtenir et ce qu’ils veulent éviter laisse entrevoir des pistes d’action viables selon l’approche du développement du pouvoir d’agir (Le Bossé, 2012).

Résumé
11 h 40
Pouvoir d’agir sur le travail et son organisation en milieu scolaire : analyse de l’activité de collaboration interprofessionnelle des conseillères et conseillers d’orientation
Simon Viviers (Université Laval), Patricia Dionne (UdeS - Université de Sherbrooke)

Sous l’impulsion des réformes scolaires, la collaboration est devenue une exigence. Elle permettrait de mettre à profit la complémentarité des expertises des personnels pour soutenir la réussite éducative et l’inclusion de tous les élèves. Or, en matière de collaboration dans les établissements scolaires, l’écart est grand entre les prescriptions et leur réalisation concrète, notamment en raison des rapports de pouvoir formels et informels. Cet écart peut être source de tensions et susciter une perte de sens du travail au regard de la culture d’une profession. Notre étude porte spécifiquement sur la situation des conseillères et conseillers d’orientation (CO). L’objectif de cette communication est de discuter, du lieu d’une recherche, la manière dont ces professionnel.le.s se saisissent des occasions de collaboration interprofessionnelle pour prendre du pouvoir sur l’organisation de leur travail et des services d’orientation au sein de leurs établissements. Nous appuyant sur un dispositif de clinique de l’activité, nous montrerons comment l’analyse de l’activité permet de rendre visibles les zones de pouvoir d’agir et d’entraves dans les espaces de collaboration. Puis, nous présenterons une analyse des espaces et pratiques d’advocacie mis en visibilité, voire conscientisés au cours du dispositif et les actions transformatives menées sur l’organisation du travail. Enfin, nous mettrons en rapport les affects et l'action politique dans les situations analysées.

Résumé
12 h 00
Période de questions
Dîner
12 h 15 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
Après-midi
14 h 00 à 15 h 15
Communications orales
Espaces collectifs de délibération et de coopération comme leviers de puissance d’agir
Présidence/Animation : Simon Viviers (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
14 h 00
Groupes interqualifiants et augmentation de la puissance d'agir
Pierre ROCHE (Retraité du Centre d'études et de recherches sur la qualifications (FRANCE) )

Échec scolaire massif dans les quartiers populaires, implication des jeunes dans le trafic de drogues, repli identitaire et religieux qui évoque la « radicalisation »…. L’émergence de ces situations critiques et multidimensionnelles appelle de nouvelles alliances professionnelles seules susceptibles d’apporter des réponses à la mesure de leur complexité. Comment satisfaire une telle exigence sachant qu’elle s’impose aujourd’hui pour les professionnels sur le mode d’une injonction paradoxale qui les met plus encore en souffrance ? Notre propos portera sur ce que nous nommons « groupes interqualifiants ». Des groupes d’analyse de la pratique qui rassemblent sur la base du volontariat des professionnels qui appartiennent à des institutions et des cultures de métier différentes autour de l’une de ces situations. Des groupes qui, parfois, intègrent aussi des usagers. Dans ces groupes, chacun peut s’autoriser à poser une parole parce qu’il sait que les autres partagent des difficultés semblables aux siennes et expriment, comme lui, un fort désir de les surmonter. Mais aussi parce qu’il est conscient de tout ce qu’il peut découvrir et apprendre en échangeant avec eux sur les pratiques et positionnements. C’est surtout le régime de production des savoirs, le fait de les produire avec les professionnels et d’une façon qui ne fasse pas fi de la dimension affective qui, ici, augmente la puissance d’agir de chacun et institue une puissance d’agir collective, spécifique, sui generis.

Résumé
14 h 20
Coopération inconsciente au travail: formes sous-jacentes d'action collective, possibilités de démocratisation au niveau institutionnel
Marcelo Balboa (Université Laval)

Nous examinons la question de savoir comment les espaces de collaboration prescrits peuvent être des lieux de démocratisation dans les domaines de l’éducation, de la santé et des services sociaux. La psychodynamique du travail nous aide à comprendre les processus de subjectivation dans le travail et les stratégies de défense collective face aux contraintes du travail, certaines conscientes et d'autres inconscientes. Cela nous a conduit à la question de savoir si les stratégies de défense au travail peuvent être considérées comme des formes de coopération inconsciente au travail (Balboa, 2017). En sciences sociales, l’idée de "coopération" est associée à des formes d’interaction conscientes et stratégiques dans les équipes du travail, constituant un épiphénomène du comportement socioinstitutionnel. Cette manière de comprendre la coopération semble insuffisante pour rendre compte de sa complexité. Dans un premier axe d'analyse, la sociodynamique, nous offre une série de références pour problématiser la notion de travail coopératif inconscient, au niveau inter et transubjectif. Un deuxième axe d’analyse - les instruments théoriques d'analyse institutionnelle - permet d’identifier les modes d’action contre-institutionnelle pour comprendre la manière dont les groupes de travail font face aux restrictions, parfois paradoxales, des institutions. De cette manière, nous entendons contribuer à la problématisation des processus de démocratisation au travail.

Résumé
14 h 40
L’espace de délibération : vers une prise en compte de la voix des jeunes enseignant.e.s dans les structures de travail en collégialité
Karine Bilodeau (Université Laval), Louise St-Arnaud (Université Laval)

À l’heure où les études s’entendent sur la nécessité de donner une voix aux enseignant.e.s (Steven, 2018), cette communication soulève une critique des structures collégiales actuelles (Foucaul, 1975; Smyth, 1991; Cavanagh, 2010) et de leurs enjeux sur la prise en compte du travail réel. La théorie du travail vivant issu de la psychodynamique du travail (Dejours, 2013) ainsi qu’une perspective féministe (Kergoat, 2004) est mobilisée afin de discuter des enjeux de la parole et de la prise de décision des enseignantes dans les espaces de délibération. Cette recherche repose sur une méthode qualitative développée à partir d’un recueil de données narratives issues de 30 entrevues individuelles réalisées auprès de jeunes enseignantes âgées entre 20 à 35 ans (Merriam et coll., 2016). L’analyse des matériaux est réalisée à partir des catégories conceptualisantes (Paillé et coll., 2016;  St-Arnaud et Giguère, 2018). Les résultats préliminaires permettent de discuter : 1) la structure de travail en collégialité, 2) ses bienfaits/dérives et, 3) l’espace de délibération et la voix des jeunes enseignantes. Ces perspectives théoriques permettent une compréhension élargie du concept du travail, de la collégialité et leurs impacts sur la voix des jeunes enseignantes. Bien que des études dans le domaine de l'éducation aient examiné le concept de collégialité, peu d’entre elles ont tenté de le moderniser par l’apport de différentes perspectives en contexte d’enseignement primaire-secondaire.

Résumé
15 h 00
Période de questions
15 h 15 à 16 h 30
Communications orales
Accompagner l’intercompréhension pour démocratiser l’organisation du travail
Présidence/Animation : Simon Viviers (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
15 h 15
Démocratiser l’organisation du travail et développer le pouvoir d’agir des cadres et professionnels des services sociaux : entre prescription à la performance et performance voulue
Josiane Roy-Lafrenière (Université Laval)

Depuis le tournant néolibéral, les restructurations sont nombreuses et chacune d’entre elles comporte son lot de domination (Dejours, 2015). Dans le secteur de la santé et des services sociaux, une part de cette domination prend forme dans les prescriptions à la performance qui peuvent transformer l’organisation du travail des gestionnaires et des professionnels de terrain dans un sens qui n’est parfois pas cohérents avec les principes humanistes inhérents au travail social (Chénard et Grenier, 2012). Inspirée de mon projet doctoral, cette contribution vise à retracer les différentes perspectives théoriques utilisées jusqu’à maintenant par les chercheurs qui s’intéressent à cette problématique et à présenter l’intérêt, pour nous, de l’aborder plutôt sous l’angle du conflit de critères qui, dans un espace démocratique permettant d’ouvrir le dialogue, peut être source de développement du travail que l’on qualifie de « bien fait » (Clot, 2017). Plus spécifiquement, nous mettrons en discussion ce que peut permettre une clinique de l’activité et nous réfléchirons sur les processus qui pourraient être source de construction de nouvelles formes de rationalité, notamment dans la mise en place d’un dialogue au sein de la ligne hiérarchique (entre les gestionnaires et les professionnels), pour démocratiser l’organisation du travail.

Résumé
15 h 35
Une expérience collaborative dans un service d’urgences oncologiques : la construction d’un livre album
Frederic Brugeilles (Cabinet Intervalle)

Dans nos interventions dans les organisations, nous sommes souvent sollicités pour accompagner des dynamiques nouvelles, plus démocratiques, tant dans les modes de gouvernances que dans les organisations du travail – dans la tradition de la psychosociologique clinique. Nous souhaitons présenter ici une intervention menée en 2016, dans un service d’urgences oncologiques dans un hôpital spécialisé dans le cancer. L’enjeu était de remettre en mouvement la vie de l’équipe, penser ensemble l’activité et permettre une reconnaissance au travail. L’intervention a conduit à la production par l’ensemble de l’équipe d’un livre album (textes et photographies) qui raconte la vie du service. Un groupe, constitué des représentants de chacun des métiers du service (médecins, infirmières, aides soignantes, secrétaires), les intervenants et un photographe, a piloté le projet et décidé de la forme et du contenu de l’ouvrage. La réalisation du livre album a mis en abyme la dynamique déjà à l’œuvre dans la vie du service – renforçant la discussion autour du travail, la coopération, la créativité, la concertation et la prise de décision collective, dans un monde médical qui demeure hiérarchique.Cette expérience nous interroge sur l’intervention et son actualité : l’importance du plaisir et de la créativité au travail ; la possibilité de concilier analyse du travail, expérience collaborative et démarche artistique ; oser une démarche qui se construit en faisant ; vivre une aventure humaine.

Résumé
15 h 55
Contribution de la recherche au processus de démocratisation de l’organisation du travail et des services : enjeux de coconstruction et de négociation
Sébastien Binette (Université Laval), Nancy Côté (Université Laval), Andrew Freeman (Université Laval), Nathalie Jauvin (INSPQ - Institut national de santé publique (INSPQ) et Université Laval)

Cette communication présente une réflexion sur la contribution de la recherche au processus de démocratisation du travail et des services à partir de deux projets qui se sont déroulés dans le secteur de la santé et des services sociaux. Ces projets s’inscrivent dans une démarche de recherche en partenariat où différents intervenants et acteurs décisionnels ont été impliqués dans le déroulement de la recherche dans une logique de coconstruction des connaissances via leur implication à un comité consultatif. Le premier projet portait sur l’implantation d’un nouveau rôle infirmier et le second d’un nouveau modèle de soin. Les deux projets impliquaient des changements importants dans les modes de collaboration interprofessionnelle et l’organisation des services nécessitant la mobilisation de différents acteurs aux niveaux micro, méso et macro organisationnels. Dans cette transformation, la recherche a joué un rôle central dans l’établissement d’un espace de coconstruction et de négociation nécessaires au développement d’une vision commune et à l’établissement d’actions concertées à l’échelle locale, régionale et nationale. La recherche a également contribué à l’accroissement de la capacité d’action de différents acteurs par le développement de nouvelles connaissances, mais aussi, parce que le processus même de recherche en partenariat favorise des relations plus égalitaires et une forme de pouvoir qui s’appuie sur les intérêts communs des différentes parties prenantes.

 

Résumé
16 h 15
Période de questions
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 10 h 15
Communications orales
Inégalités de pouvoir dans l’organisation des services sociaux et de santé : défis professionnels et identaires
Présidence/Animation : Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
09 h 00
Un regard politique sur le travail professionnel: Enjeux et perspective
Jean-Louis Denis (UdeM - Université de Montréal)

Les professionnels de la santé et de l’éducation sont considérés publics traduisant leur forte dépendance à l'État. L`État détermine les conditions de travail de ces derniers selon un régime et des règles de négociation préétablis. La sociologie des professions s'est intéressée de longue date aux stratégies adoptées par des groupes occupationnels pour se constituer en tant que profession et pour accéder à des privilèges sur le marché de travail. L'analyse des écarts entre un modèle professionnel idéal et les comportements de pratique adoptés par les professionnels a aussi fait l'objet de nombreux travaux. Si ces travaux ont le mérite de révéler le caractère construit des professions, ils font l'impasse sur la valeur en soit du travail professionnel par opposition à des formes dites aliénées de travail. Cette présentation vise à analyser l'évolution du travail professionnel et son enchâssement progressif et poussé dans des cadres organisationnels et étatiques caractéristiques des démocraties libérales avancées. En s'appuyant sur l'exemple de la constitution d'une élite professionnelle en santé, en l'occurrence la profession médicale, il s'agira de mieux comprendre le travail de résistance et de co-production déployé par les professionnels en tant que groupe organisé pour refuser certaines formes de régulation tout en participant à l'instauration de nouveaux régimes de gouvernementalité.

Résumé
09 h 20
Les CHSLD au Québec, un lieu d’inégalité des pouvoirs et des savoirs? Le cas spécifique de la faible implication des préposés aux bénéficiaires aux décisions organisationnelles
Francois AUBRY (UQO - Université du Québec en Outaouais), Flavie Lemay (UdeM - Université de Montréal)

L’objectif de notre communication sera de démontrer en quoi les CHSLD au Québec sont représentés comme des « milieux de vie » dans lesquels la collaboration entre employés permettrait l’accroissement de la qualité de vie du résident; néanmoins, cet idéal se confronte à la réalité organisationnelle de ces centres, très hiérarchiques, qui laisse peu de place aux savoirs paramédicaux, et donne peu de pouvoir aux préposés aux bénéficiaires dans l’organisation des services. La mission des CHSLD est de fournir un service adapté aux personnes en forte perte d’autonomie. Les préposés, dont le mandat est d’assister quotidiennement les résidents, forme la catégorie de personnel la plus importante en CHSLD en termes de volume de main d’œuvre. Par leur proximité avec les résidents, les préposés développent des savoirs relationnels de grande importance pour l’organisation des soins. Malheureusement, ces savoirs ne sont jamais reconnus comme tels par les gestionnaires. La prédominance demeure du côté des savoirs médicaux, actés par les infirmières. En prenant appui sur le cadre théorique de Dujarier (2015) qui a analysé les principes d’un « management désincarné », et sur celui de Clot et Gollac (2010) portant sur la capacité collective à réduire les tensions entre prescrit et réel, nous identifierons les conditions favorisant la prise en compte du point de vue des préposés dans l’organisation des services, conditions majeure pour une démocratisation des CHSLD.

Résumé
09 h 40
Défis identitaires au sein d’un processus de co-construction rassemblant professionnels de la santé et citoyens en situation de pauvreté et d’exclusion sociale
Djahanchah GHADIRI (HEC Montréal), Isabel Heck (Parole d'excluEs/UQAM)

Dans les domaines de la santé et des services sociaux, où le discours du partenariat de soin entre patients et professionnels de la santé est de plus en plus influent, la collaboration entre acteurs venant d’horizons divers et l’intégration d’une variété de savoirs, dont le savoir expérientiel des citoyens et des patients, est considérée de plus en plus essentielle. Notre projet vise à contribuer à la compréhension des défis identitaires que comporte de ce type de collaboration. Pour ce faire, nous avons étudié un processus de co-construction, à Montréal Nord, d’une clinique portée par les patients, en partenariat avec les professionnels de la santé. Ce processus rassemble professionnels de la santé, chercheurs et citoyens de Montréal-Nord, dont plusieurs sont en situation de pauvreté et d’exclusion sociale. Notre étude, fondée sur une analyse discursive des positionnements identitaires se manifestant au cours du processus de co-construction, met en lumière plusieurs défis identitaires à relever dans ce genre de collaboration.

Résumé
10 h 00
Période de questions
10 h 15
Pause
10 h 30 à 11 h 45
Communications orales
Discuter et réfléchir collectivement le travail, par quelles modalités, pour quelles finalités sociales?
Présidence/Animation : Simon Viviers (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
10 h 30
Rendre le travail enseignant discutable : un moyen de lutter contre la rhétorique de la professionnalisation ?
Frédéric Saussez (UdeS - Université de Sherbrooke)

Depuis trente ans, le discours sur la professionnalisation véhicule l’idée qu’il importe de changer en profondeur la formation à l’enseignement et les pratiques enseignantes afin que l’école soit en mesure de remplir sa fonction économique. Ce projet s’est concrétisé dans des réformes visant à modifier les cadres et les normes de la formation initiale et du travail. Il a fait de l’apprentissage de nouveaux modes d’action valorisés par la recherche une variable clé de l’amélioration des performances du système éducatif. Cette rhétorique en idéalisant le changement a conduit à une incompréhension du travail réel. Celui-ci a été remplacée par la projection de ce qu’il devrait être. L’analyse ergonomique du travail offre une alternative à cette position normalisatrice. Elle met en lumière la complexité du travail et des savoirs collectifs qui le fonde. Sous cet angle, elle converge vers des travaux sur les communautés professionnelles dont l’objet est l’activité concrète des enseignantes et plus particulièrement, les difficultés et les dilemmes vécus. Un des défis est que les dialogues se nouant autour de ceux-ci puissent constituer une ressource pour l’apprentissage du métier et le développement professionnel. Nous discuterons des conditions à réunir pour que la coanalyse du travail contribue à inventer un nouveau quotidien pour le travail et augmenter le pouvoir d’agir de l’enseignante. Nous esquissons ainsi une alternative à la rhétorique de la professionnalisation.

Résumé
10 h 50
La formation continue : un levier d’action pour ouvrir vers plus de démocratisation dans le travail ?
Dominique Cau-Bareille (Laboratoire Education, cultures et politiques), Cécile Brunon (Centre national des arts et métiers (FRANCE))

En France, l’enseignement connaît de nombreuses réformes depuis une quinzaine d’années. Il est demandé aux personnels de s’engager régulièrement dans des transformations profondes de leur activité, d’adhérer à de nouvelles pratiques, de nouvelles valeurs sans pour autant être associés à la réflexion sur ces mutations. Nous montrerons, sur la base d’un travail de recherches mené avec deux syndicats de l’enseignement, que ces changements font l’objet de moins en moins d’accompagnement en termes de formation. L’institution laisse souvent les enseignants seuls face à ces directives, sans se préoccuper du coût humain de ces changements, des conflits éthiques qu’ils peuvent engendrer, des difficultés de mise en œuvre des nouvelles prescriptions et de l’adéquation des ressources affectées aux nouveaux objectifs fixés. Les formations proposées relèvent plus de temps d’informations sur ces nouvelles mesures que d’opportunités de développement professionnel et personnel. La tendance est au e-learning, coupant les enseignants d’espaces de réflexion collectifs autour des prescriptions. Cela limite fortement les possibilités de questionnement des injonctions, d’élaboration collective autour d’évolutions du métier qui froissent l’éthique professionnelle. Nous défendons l’idée que la formation continue est un levier important de santé au travail, de développement des compétences et un espace de démocratisation dans le travail qu’il s’agirait d’investir davantage d’un point de vue syndical.

Résumé
11 h 10
Cartographies pour l’agentivité (agency) dans les écoles publiques
Patricia Guerrero (Université )

L’objectif de cette communication est de partager les analyses de l'équipe de recherche clinique socioéducative de la Faculté d'éducation de la PUC sur des travaux dans les écoles à partir de cliniques de travail et de sociologie clinique qui collaborent à la construction de projets de changement et d'agentivité. Nous présenterons et discuterons le dispositif de Cartographie développé dans le cadre de nos recherches, lequel comprend une analyse de rôle, la construction de trajectoires individuelles et histoires de vie, un travail théâtral (organidrame) et se termine par la construction de projets d'amélioration individuels et collectifs. Pour comprendre le potentiel de changement de ce dispositif, la notion d'agentivité, prise d'un point de vue écologique, sera mobilisée. Nous montrerons comment penser à un changement devient possible si sa propre histoire est élaborée à la lumière des transformations sociales, si nous pensons ensemble notre réalité complexe et faisons des projections pour l'avenir que nous voulons construire. Le dispositif est inspiré de Deleuze et sa notion de «rhizome» puisqu’il fonctionne selon différents axes. Nous travaillons sur le passé, présent et futur, de manière corporelle et artistique (image, danse, photo), en distinguant les émotions, les cognitions qui apparaissent dans les trajectoires et les espaces, et en essayant d’articuler également le psychologique et social.

Résumé
11 h 30
Période de questions
Dîner
11 h 45 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
Après-midi
13 h 30 à 14 h 45
Communications orales
La collaboration interprofessionnelle et les défis de l’intégration des bénéficiaires et de leurs proches
Présidence/Animation : Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
13 h 30
Négocier et traduire les savoirs. Une analyse de l’expérience du travail de collaboration réalisé en première ligne dans le domaine de l’autisme
Isabelle COURCY (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La prévalence du trouble du spectre de l’autisme (TSA) comme catégorie diagnostique est en augmentation au Canada. Les services offerts visent à soutenir le développement et l’autonomie des personnes, de même qu’à prévenir l’épuisement des proches. Les équipes spécialisées de première ligne jouent un rôle clef dans la recherche et la coordination de ces services. Dans le Réseau de la santé et des services sociaux, l’impératif de collaboration suscite des opportunités et des défis inédits pour ces travailleurs et travailleuses.Cette communication présente les résultats d’une recherche effectuée auprès d’équipes de première ligne et visant à analyser la façon dont ces derniers décrivent, expérimentent et subjectivent le travail de la collaboration. La collecte des données s’est composée de récits de pratique, de discussions de groupe et de situations de retour, le tout s’échelonnant sur deux ans. Les résultats montrent que les contextes structurels et relationnels influencent la façon dont ces travailleurs et travailleuses décrivent leur rôle et subjectivent leur rapport au travail de la collaboration. La négociation et la traduction des différents savoirs (professionnels et expérientiels) apparaissent également comme des éléments centraux leur permettant de « faire sens » de leur pratique et des difficultés qu’ils et elles rencontrent. Les conditions qui favorisent ou empêchent leur pouvoir d’agir sur l’organisation du travail et les services offerts seront discutées.

 

Résumé
13 h 50
Collaboration et pratique professionnelle en région éloignée : une réflexion pratique
Marie-Andrée Girard (UdeM - Université de Montréal)

Les régions éloignées sont des zones de soins de santé particulières par rapport aux zones urbaines sur plusieurs aspects. En raison des réalités géographiques, l’éloignement des professionnels influence la mentalité d’approche de l’intervention de santé : ils sont en constante reformulation ou modification des standards de pratique acquis pour respecter la réalité de leur pratique. Rareté de la main d’œuvre, limitation dans la variété des expertises, imprévisibilité des situations, barrière de langue, tous les facteurs sont réunis pour « horizontaliser » la relation entre le patient, son réseau et les professionnels dans l’atteinte du meilleur soin possible. Pour illustrer, Dr Marie-Andrée Girard exposera son expérience de la collaboration interprofessionnelle du Grand Nord québécois à la lumière de théorie de la managérialisation du droit.

Résumé
14 h 10
Point de vue des personnes touchées par le cancer sur les liens de collaboration entre les équipes spécialisées en cancérologie et les organismes communautaires
Marie-Josée Courval (UdeM - Université de Montréal), André-Anne PARENT (UdeM - Université de Montréal), Dominique Tremblay (UdeS - Université de Sherbrooke)

Avoir un cancer bouleverse toutes les sphères de la vie des personnes qui en sont  touchées: physique, psychologique, sociale et spirituelle. Les personnes touchées par le cancer sont susceptibles de nécessiter un soutien non seulement de leur réseau primaire (famille, amis, collègues de travail), mais aussi de la communauté. Ainsi, le programme de lutte au cancer du Québec mise sur l’action intersectorielle entre les équipes spécialisées en cancérologie et les organismes communautaires afin de «favoriser la complémentarité entre les services de soutien offerts par le réseau public et ceux offerts par les organismes communautaires». L’étude qualitative descriptive et interprétative réalisée dans le cadre de notre projet de maîtrise,  propose toutefois que les personnes touchées par le cancer perçoivent peu de liens de collaboration entre les équipes spécialisées en cancérologie et les organismes communautaires. Notre cadre théorique, inspiré de certains concepts de la Théorie de l’Acteur Réseau, a permis d’appréhender le point de vue des personnes touchées par le cancer sur certaines barrières à l’action intersectorielle, telle l’implication d’un tiers au sein de «l’inter-action» entre les deux acteurs. S’adressant aux gestionnaires et praticiens, les solutions novatrices suggérées par les personnes touchées par le cancer proposent un réel changement des pratiques individuelles et collectives de l’action intersectorielle, avec et pour les bénéficiaires.

Résumé
14 h 30
Période de questions
14 h 45 à 16 h 00
Communications orales
Projets de collaboration « innovants » pour quels effets sur les inégalités de pouvoir ?
Présidence/Animation : Isabelle Ruelland (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.229
14 h 45
Contraintes et résistances face à l’implantation d’un outil d’intelligence artificielle en milieu hospitalier
Cécile Petitgand (UdeM - Université de Montréal)

Les outils d’intelligence artificielle sont aujourd’hui présentés comme de nouveaux leviers pour améliorer l’effectivité et la sécurité des soins, en assistant les professionnels de santé dans le processus de décision clinique (diagnostic et traitement). Si les études sont de plus en plus nombreuses à démontrer la performance clinique de ces outils, peu de connaissances sont disponibles sur la manière dont ils modifient effectivement les pratiques de soin. A cette fin, nous nous sommes intéressés au processus d’implantation d’un outil d’aide au diagnostic de nature algorithmique au sein du département d’urgence d’un hôpital du Québec. A travers une série d’entrevues avec les concepteurs de l’outil, ses utilisateurs (médecins urgentologues), des gestionnaires et le personnel médical impliqué dans l’implantation (infirmières et commis), nous avons cherché à cerner la vision de ces différents acteurs sur la fonctionnalité de l’outil ainsi que ses effets sur la trajectoire des patients, l’organisation des soins et les pratiques cliniques. Notre recherche met en évidence les nouvelles contraintes imposées par cet outil sur le personnel médical, qui peine finalement à lui attribuer les bénéfices mis en avant par ses concepteurs. Nous mettons aussi à jour les diverses formes de résistance déployées par les professionnels pour tenter de contrecarrer, ou du moins de diminuer, le poids de ces nouvelles impositions, de façon à conquérir plus d’autonomie dans leur travail.

Résumé
15 h 05
La Communauté des savoirs : création d’un espace de sens et de reconnaissance entre acteurs multiples œuvrant au sein d’une organisation de santé et de services sociaux
Émilie DUGRÉ (UdeS - Université de Sherbrooke)

L’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS fonde sa programmation scientifique sur l’approche de personnalisation des soins et services. Cette approche comporte trois dimensions : la co-production des connaissances, la reconnaissance des savoirs expérientiels et l’évaluation de la différence. Le projet Communauté des savoirs (CS) se veut une mise en action de cette approche au sein de l’Institut. Il s’agit d’une façon d’actualiser des fondements théoriques qui orientent et structurent les projets portés par l’IUPLSSS. Les concepts de reconnaissance sociale et de croisement des savoirs sont également au cœur du projet CS. Croiser les savoirs professionnels, scientifiques et expérientiels implique d’abord une reconnaissance de la valeur et de l’équité de tous les savoirs et donc de reconnaître la présence de rapports de pouvoir. Pour mettre réellement en dialogue les savoirs, une prise de conscience doit se faire de la part de tous les acteurs. Un des outils créé est une formation qui sera offerte aux membres de l’Institut : usagers, chercheurs, étudiants, gestionnaires et intervenants. Cette formation permettra de sensibiliser ces acteurs à la plus-value de la CS en les faisant réfléchir (action réflexive) à leur rapport à soi et à l’autre. L’objectif de notre communication sera de présenter le cadre théorique de la CS, certains défis vécus et d’illustrer comment celle-ci s’actualise au sein de l’IUPLSSS.

Résumé
15 h 25
Période de questions
15 h 40
Mot de clôture