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614 - La médiation culturelle numérique et ses dispositifs, au prisme des disciplines et des publics

Le vendredi 31 mai 2019

Grâce au développement des capacités d’encodage informatique, des réseaux, des équipements et des applications logicielles, le numérique a entraîné de nombreux organismes à repenser leur mission culturelle et éducative, notamment les musées, en les amenant à se projeter dans un nouvel espace offrant une grande diversité à l’action (Allard, 2012; Devauchelle, 2012; Andreacola, 2014; Baujard, 2018; Vidal, 2018) dans une perspective de démocratisation culturelle. Ainsi, des pratiques de médiation culturelle (Casemajor, Dubé, Lafortune et Lamoureux, 2017) tirent profit des potentialités offertes par le numérique pour favoriser l’établissement d’une relation entre diverses propositions culturelles ou artistiques et des publics diversifiés.

Qu’il tire son origine des musées, des bibliothèques et centres d’archives, de la danse, du théâtre, du cirque ou de la musique, le déploiement de pratiques de médiation culturelle au moyen de dispositifs numériques fait naître de multiples enjeux et problématiques. Alors que divers inventaires critiques de dispositifs de médiation numériques sont en cours, notamment par Guay (2017) dans le domaine des arts de la scène, et Duchesneau et Kirchberg (2017) pour la musique, que des intervenants culturels, éducatifs et universitaires se questionnent sur la valorisation scolaire des contenus culturels numériques (Larouche et Simard, 2017) et que des intervenants muséaux s’interrogent sur les bénéfices associés à différents dispositifs (Musée des beaux-arts de Montréal, 2018), nous proposons de décrire et de discuter les enjeux associés à la mise en œuvre de dispositifs de médiation numérique, au prisme des disciplines et des publics.  

Ainsi, sur le plan disciplinaire, de quelle nature sont les propositions culturelles visées par la médiation numérique et comment sont-elles prises en charge par différents dispositifs? Comment se conjugue, dans le secteur des arts de la scène, la médiation numérique à la présence simultanée de l’artiste et du public? Sur quelle temporalité intervient-elle, en lien avec l’expérience même de l’œuvre artistique? Y a-t-il des résistances de la part des créateurs et comment s’expriment-elles à l’égard de la médiation numérique? Jusqu’à quel point la mise en place d’un dispositif s’appuie-t-elle sur la collaboration et la cocréation avec les usagers pressentis? Comment, dans l’espace muséal, le déploiement de dispositifs de médiation numérique percute-t-il l’expérience même de visite? Jusqu’à quel point les dispositifs de médiation numérique favorisent-ils l’appropriation des propositions culturelles ou artistiques auxquelles ils se rapportent? Comment se mesure l’atteinte d’objectifs liés aux dispositifs de médiation numérique? Ce sont là quelques-unes des questions de ce colloque lancé par le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture, et qui réunira chercheurs et praticiens aux différents ancrages disciplinaires.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
Université Laval
UQAM - Université du Québec à Montréal
UdeM - Université de Montréal
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Avant-midi
08 h 45 à 09 h 00
Panel
Ouverture du colloque
Participants : Denis Simard (Université Laval), Marie Beaulieu (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Irina Kirchberg (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
09 h 00 à 09 h 30
Communications orales
Conférence d’ouverture : La médiation culturelle numérique, repères historiques et conceptuels
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
09 h 00
Médiation culturelle numérique, repères historiques et conceptuels
Eva Quintas (Cégep de Saint-Laurent)

Bien qu’elle s’inscrive au départ dans des logiques institutionnelles, la médiation culturelle au Québec s’est fondée au tournant des années 2000 sur une volonté de renouveler les rapports entre démocratie et démocratisation, en mettant l’accent sur une conception inclusive et participative de la culture. Penser la médiation culturelle comme un processus d’appropriation de diverses formes de pratiques et d’expressions pour renforcer la participation culturelle et la culture de la participation (Lafortune, 2012) ouvre la voie aux principes qui sous-tendent la culture numérique. Bien qu’un grand nombre de dispositifs de médiation numérique reproduisent les interventions classiques de documentation et de communication, d’autres mettent véritablement au cœur de l’expérience les savoirs des usagers. Plateformes Wikimédia et autres réseaux sociaux contribuent à une revalorisation de la figure de l’amateur dans une perspective de contribution et de partage des contenus. En s’ouvrant aux pratiques collaboratives, le numérique remet en tension la définition de la médiation en s’interrogeant sur la position du médiateur comme intermédiaire. À l’ère du numérique, la participation envisagée comme nouvelle forme d’intervention sociale (Bordeaux, 2017) peut-elle, en définitive, supplanter la médiation culturelle?

Résumé
09 h 30 à 10 h 35
Communications orales
Bloc 1 : Institutions à vocation culturelle et médiation numérique
Présidence/Animation : Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
09 h 30
Les collaborations au sein du Laboratoire de médiation numérique du Musée des beaux-arts de Montréal : des impulsions, des provocations
Charlène Bélanger (Musée des beaux-arts de Montréal)

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) conduit depuis plusieurs années des projets pilotes et des recherches pour proposer une offre éducative toujours mieux adaptée aux besoins de ses publics. Cette année, grâce au financement du Plan culturel numérique, le MBAM a mis sur pied un Laboratoire de médiation numérique où des recherches collaboratives sont menées avec l’objectif d’imaginer de nouvelles formes d’appropriation des contenus du musée par le numérique. Dans cet espace d’expérimentation, des chercheurs, des producteurs de technologies, des musées et des visiteurs-utilisateurs collaborent pour offrir de nouvelles expériences de médiation numérique aux visiteurs du musée.

Dans cette communication, nous analyserons les premières expériences collaboratives vécues au sein du Laboratoire de médiation numérique du MBAM. Plaçant les visiteurs-utilisateurs au cœur des démarches de recherche et de cocréation, nous décrirons comment l’innovation et la créativité surgissent des rencontres et des échanges entre les cochercheurs, contribuant de leurs expériences et expertises distinctives. D’autre part, nous caractériserons la nature des premiers dispositifs cocréés par les équipes pluridisciplinaires en nous intéressant à la manière dont ceux-ci favorisent l’appropriation des objets de la collection du musée par les visiteurs-utilisateurs. Une proposition théorique émergera de cette analyse.

 

Résumé
09 h 55
La médiation culturelle numérique au cœur d’une relation renouvelée entre BAnQ et le milieu de l’éducation
Mathieu Thuot-Dubé (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), Julie Maes (Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)), Eve Lafontaine (Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ))

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a amorcé la création de ressources éducatives numériques afin de rejoindre le milieu de l’éducation partout au Québec. Suivant le virage numérique, l’institution explore depuis deux ans une démarche de cocréation d’activités pédagogiques avec les milieux scolaire et de la recherche.  La plateforme numérique « Notre territoire, notre identité », cocréée avec cinq commissions scolaires, met en valeur, dans une démarche intuitive, des objets culturels des collections de BAnQ. Mettre à disposition pour les enseignants du Québec des ressources éducatives numériques culturelles est une initiative qui doit perdurer. Mais les enseignants sont-ils prêts à recevoir du contenu culturel qui favorise une approche culturelle à l’enseignement ? BAnQ a exploré, par la création d’outils interactifs, des pistes de solutions afin de soutenir l’enseignant autonome dans une intégration pédagogique des objets culturels. Au croisement disciplinaire entre les arts plastiques et l’histoire, l’émergence d’une nouvelle façon d’entrevoir la culture en salle de classe apparait. Ainsi, l’interdisciplinarité dans le geste se traduit peut-être par une attitude transdisciplinaire. Une attitude qui, parce qu’elle est nommée, devient consciente chez les enseignants du primaire. Une attitude qui invite les enseignants du secondaire à dépasser les frontières de leur propre discipline. 

Résumé
10 h 20
Discussion
10 h 35
Pause
10 h 50 à 12 h 30
Communications orales
Bloc 2 : Médiation culturelle numérique et publics scolaires
Présidence/Animation : Marie Beaulieu (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
10 h 50
Enjeux associés à l’usage de la plateforme ÉducArt en classe d’éthique et de culture religieuse au secondaire
Sarah Bélanger-Martel (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Alexandre Chenette (Service national du RÉCIT pour le domaine du développement de la personne, pour l’Éthique et la culture religieuse ), Thibault Zimmer (Musée des beaux-arts de Montréal), Denis Simard (Université Laval)

Nouvelle plateforme éducative en ligne du Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM), abordant des enjeux sociaux actuels sous différents thèmes, ÉducArt propose l’exploitation pédagogique d’éléments de sa collection encyclopédique dans tous les domaines disciplinaires au secondaire. Dans une collaboration entre l’UQTR, le MBAM et le RÉCIT du développement de la personne, pour l’Éthique et la culture religieuse (ECR), et avec l'appui du Plan culturel numérique du Québec, nous avons mené une recherche-développement axée sur la valorisation scolaire des contenus culturels numériques québécois, et centrée, dans ce volet, sur les besoins des enseignants d'ECR au secondaire. Nous présenterons les dispositifs de médiation mis en place, de même que les enjeux associés à l’usage, au secondaire, de scénarios pédagogiques cocréés par une équipe d’enseignants réunis par le RÉCIT et de contenus ciblés sur ÉducArt. Le cadre d’analyse s’appuie sur le modèle du TPACK (Koehler et Mishra, 2009), et sur les travaux de Simard (2002a, 2002b, 2004) sur la dimension culturelle de l’enseignement. À partir des données recueillies auprès d’enseignants-utilisateurs au moyen d’un entretien collectif semi-dirigé et d’un questionnaire en ligne, il appert que des œuvres diffusées par ÉducArt représentent un stimulant fort intéressant et pertinent pour la réflexion éthique, l’écoute et la pratique du dialogue, amenant les élèves à exprimer différentes interprétations.  

Résumé
11 h 15
La Fab à l’école, de la compréhension des besoins de la classe d’arts à la conception d’un microsite destiné aux enseignants
Sarah Bélanger-Martel (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Andrée-Caroline Boucher (RÉCIT ARTS), Cynthia Racine (Télé-Québec), Denis Simard (Université Laval), Katryne OUELLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Grâce à une recherche-développement sur la valorisation scolaire des contenus culturels numériques québécois menée de concert par l’UQTR, Télé-Québec et le Service national du RÉCIT pour le domaine des arts, et financée par le Plan culturel numérique, nous présenterons les enjeux associés à l’usage scolaire de scénarios pédagogiques et vidéos diffusées par la Fabrique culturelle. Les scénarios ont été cocréés par une équipe d’enseignants réunis par le RÉCIT en arts et expérimentés dans des classes d’arts plastiques, de musique et de théâtre, au primaire et/ou au secondaire. Le cadre d’analyse des enjeux associés à l’usage de ces ressources numériques s’appuie d’abord sur le modèle Technological, Pedagogical and Content Knowledge (TPACK, de Koehler et Mishra, 2009) qui comprend les dimensions technologique, disciplinaire et pédagogique/didactique relatives à l’enseignement, et sur les travaux de Simard (2002a, 2002b, 2004) sur la dimension culturelle de l’enseignement. Les données recueillies par un entretien collectif semi-dirigé et par un questionnaire en ligne auprès d’enseignants-utilisateurs font ressortir les enjeux associés à l’usage de ces ressources et leurs besoins à prendre en compte pour la mise en place d'un micro-site de la Fabrique culturelle leur étant destiné.

Résumé
11 h 40
Médiation culturelle numérique et valorisation de documents patrimoniaux en classe d’histoire nationale
Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Jean-François Palomino (Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)), Alexandre Lanoix (Service national du RÉCIT, domaine de l'univers social), Denis Simard (Université Laval), Mathieu Thuot-Dubé (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), Katryne OUELLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Sébastien Gaudet-Boulay (Université Laval)

Au sein d’un partenariat associant Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), le Service national du RÉCIT pour le domaine de l’univers social (RECITUS) relevant de la Direction des ressources didactiques du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, ainsi que l’UQTR, nous avons mené une recherche-développement collaborative axée sur la valorisation scolaire de contenus culturels numériques. Pour inciter à utiliser des documents d’archives numérisés en classe d’histoire nationale en 3e secondaire, un outil Web de révision, « Réviser avec BAnQ », a été co-conçu par les partenaires et les incitations à son usage ont tiré profit de différents dispositifs et plateformes Web.  Ce faisant, en nous inspirant des travaux de Collin et Brotcorne (2017) en lien avec une approche sociocritique du numérique en éducation, nous avons identifié des enjeux relatifs à la médiation culturelle numérique qui nous paraissent relever des dimensions épistémologique, normative et praxéologique. Ces enjeux découlent du contexte institutionnel, disciplinaire et didactique dans lequel se déploie la collaboration entre les partenaires.  Ils nous amènent à considérer les missions propres des institutions et les caractéristiques particulières des documents d’intérêt patrimonial, les contraintes et valeurs d’usage des contenus ciblés, et les finalités associées à leur mise en valeur.

Résumé
12 h 05
Discussion
Dîner
12 h 30 à 13 h 30
Dîner
Bon appétit!
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
Après-midi
13 h 30 à 13 h 55
Communications orales
Bloc 3 : Musique et médiation culturelle numérique
Présidence/Animation : Denis Simard (Université Laval)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
13 h 30
Analyser les dispositifs numériques de médiation de la musique, de la recherche fondamentale à la formation professionnelle
Irina Kirchberg (UdeM - Université de Montréal)

Les définitions et les pratiques que rassemblent l’étiquette « médiation culturelle » sont multiples. De cette multiplicité résulte un flou et des incompréhensions entre le milieu de la recherche qui analyse la médiation dans le domaine de la musique et les professionnels qui la mettent en œuvre afin d’agir au développement des publics. Plus encore, ce problème influe sur l’activité des professionnels du milieu musical qui ne savent pas sur quelles définitions s’appuyer pour coordonner leurs actions (Lussier, 2015). Notre recherche en cours sur les dispositifs numériques de médiation de la musique se situe au croisement de ces questions théoriques et pratiques. Par une démarche inductive partant d’une analyse des productions disponibles sur le web, il s’agit de proposer une description de la médiation de la musique telle que mise en œuvre à l’ère du numérique en réfléchissant aux points de contact qui s’établissent avec d’autres domaines tels que l’éducation artistique et culturelle (Caillet, 1995, Dahan, Labadie & Octobre, 2014; Symposium européen et international de recherche; 2007), la pédagogie musicale (Mili, Grivet Bonzon, Jacquin, Knodt & Haefely, 2017; Rieppi, 2017) et les TICs (De Blas, Bourgeon-Renault & Jarrier, 2005; Courvoisier, Balloffet & Lagier, 2014). Après avoir présenté les enjeux de cette investigation en termes de recherche fondamentale et de recherche appliquée, je montrerai comment ce projet peut servir la formation des futurs médiateurs de la musique.

Résumé
13 h 55 à 14 h 45
Communications par affiches
Bloc 3 : Musique et médiation culturelle numérique
Discutant : Denis Simard (Université Laval)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
1
Musiques « savantes » et musiques « populaires » : quelles prises pour la médiation numérique de la musique ?
Elsa Fortant (UdeM - Université de Montréal)

De quelle manière la musique savante et la musique populaire sont-elles traitées dans le cadre de dispositifs numériques de médiation de la musique ? Ce poster tentera d’apporter une réponse à cette question grâce à l’analyse d’un sous-corpus de quinze dispositifs issus des 250 qui forment le Catalogue raisonné des dispositifs numériques de la musique. Ce projet est porté par l’équipe du Partenariat sur les publics de la musique (P2M) et s’inscrit au sein de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM) de l’Université de Montréal (UdeM). À travers une approche quantitative et qualitative basée sur l’isolement de critères issus de la grille d’analyse du catalogue, nous nous intéresserons non seulement à la forme que prennent ces dispositifs mais aussi à leur contenu. Ainsi, nous tenterons de dégager les différentes accroches aussi appelées prises (Bessy et Châtauraynaud, 1995) qui sont proposées au public pour parler de musique savante et de musique populaire (contemporaine incluse). Nous verrons si la mise en perspective des résultats de cette analyse nous permet de dégager des récurrences, des convergences et divergences de traitement de la musique selon le répertoire dont elle est issue.

Résumé
2
Comment vulgariser l’analyse musicale?
Justin Bernard (UdeM - Université de Montréal)

Lorsqu’il s’agit d’expliquer une œuvre musicale au grand public, plusieurs approches s’offrent au médiateur ou à la médiatrice culturelle. Il y a d’abord la manière « douce », celle qui consiste à retracer la vie du compositeur ou de la compositrice, et en particulier la période durant laquelle il ou elle a écrit cette œuvre. Une telle approche permet de parler de musique par des voies détournées et ainsi d’éviter tout recours à des termes plus techniques. En effet, la musique est un langage qui n’est pas nécessairement compris par tous; de cette incompréhension initiale peut naître des malentendus. Il importe néanmoins d’aborder le sujet de front. Aujourd’hui, la production de vidéos de vulgarisation, notamment sur YouTube, incite le médiateur à diffuser des extraits musicaux qui viennent soutenir ses propos. Ces extraits méritent d’être explicités et de ne pas simplement servir d’accompagnement sonore. Certains médiateurs relèvent le défi de proposer une analyse musicale accessible à tous.

En puisant nos exemples dans le Répertoire raisonné d’outils de médiation (OICRM), nous tenterons de dégager les principales méthodes employées qui permettent de décrire la musique en des mots simples, mais précis, afin de rejoindre le plus grand nombre d’auditeurs, quel que soit le degré de connaissances musicales de chacun.

Résumé
3
Médiation numérique de la musique et interdisciplinarité
Sophie Renaudin (UdeM - Université de Montréal)

Comment les dispositifs numériques de médiation de la musique font-ils appel à d’autres formes d’art pour décrire et évoquer le langage musical ? Dans cette recherche, j’aborde les liens spécifiques entre musique et arts plastiques, et en particulier, les relations entre les caractéristiques du langage musical (notes, écriture, rythme, structure de l’œuvre) et les arts plastiques. Entendus au sens large du terme, les « arts plastiques » désignent des disciplines (peinture, architecture, dessin) ainsi que des formes ou des volumes graphiques pouvant être utilisés pour « traduire » le langage musical. Les liens entre musique et arts plastiques peuvent donc être de plusieurs formes : analogies, images, métaphores, formes graphiques… qui constituent des « prises » (Hennion, 1993) sur la musique pour les auditeurs. J’ai choisi cette perspective en supposant que le langage musical est le concept le plus difficile à transmettre à un groupe de personne non-initiées à la musique. Il en va différemment pour l’histoire (contexte de composition) ou le livret d’une œuvre, plus facilement les sujets d’une explication et d’une vulgarisation (par le biais de dessins, de mise en scène théâtrale, etc.). Comment parle-t-on de (ou montre-t-on) la musique pour transmettre des notions musicales techniques ? De quels clés et outils le médiateur dispose-t-il ? Existe-il des récurrences dans la manière dont les arts plastiques sont utilisés dans les dispositifs numériques de médiation de la musique ?

Résumé
4
Rire et s’amuser : Le choix d’une rhétorique pour médier la musique
Héloïse Rouleau (UdeM - Université de Montréal)

Dans son essai sur la médiation culturelle, Serge Saada dénonce le rejet du plaisir et du divertissement au profit des conventions et du sérieux comme contribuant à isoler l’art des publics (Saada, 2011). Si la médiation peut prendre part à l’éclatement de ces conventions, quelles stratégies rhétoriques le(la) médiateur(trice) peut-il(elle) employer pour briser le sérieux des conventions musicales ?

À partir du répertoire raisonné constitué par le Partenariat sur les publics de la musique (P2M), il est possible d’examiner les discours visant à faire le lien entre musique et publics. Nous aborderons donc les difficultés auxquelles fait face le discours sur la musique, puis l’utilité d’une rhétorique divertissante, et plus spécifiquement humoristique, pour pallier ces obstacles qui distancient les publics du milieu musical. Nous ferons apparaître les avantages de combiner médiation et divertissement avant d’examiner les procédés humoristiques efficaces pour la médiation, nous permettant ensuite d’analyser leur fonction au sein de dispositifs selon les connaissances existantes sur l’Edutainment (Aksakal, 2015) et le rôle de l’humour dans la compréhension du discours (Briand, Dubel et Eissen, 2017; Dion, 2006; Dynel, 2011; Stora-Sàndor, 2006). Nous verrons enfin comment la rhétorique du divertissement et de l’humour peuvent répondre aux objectifs du(de la) médiateur(trice).

Résumé
5
Les dispositifs numériques de médiation de l’opéra : quels dispositifs pour quels publics ?
Pierre-Luc Moreau (UdeM - Université de Montréal)

Les activités de médiation culturelle peuvent être aussi diverses qu’il y a de publics et c’est un des buts de la médiation culturelle que de rendre les arts accessibles à tous. Pour ce faire, il faut donc s’adapter à ses divers publics (Wallon, 2008). À l’aide du catalogue raisonnée de dispositifs de médiation de la musique du P²M, je m’attarderai à la singularité ou aux ressemblances des dispositifs de médiation de la musique dans le monde de l’opéra. Dans ce domaine, les dispositifs numériques de médiation de la musique semblent souvent génériques et peu ciblés vers un public en particulier, surtout dans l’offre des organismes spécialisés dans le domaine lyrique. Je questionnerai donc les formats, les formes narratives de ces dispositifs et les acteurs qui y sont mis en scène. De la même façon, je comparerai leur travail à celui des organismes non spécialisés dans le domaine lyrique lorsqu’ils parlent d’opéra. Je dresserai ainsi les tendances empruntées dans le domaine de la médiation numérique par les organismes musicaux traitant de l’opéra et je montrerai à quels publics s’adresse l’offre de dispositifs de médiation sur l’opéra tous organismes confondus.

Résumé
6
La question de la participation dans les dispositifs numériques de médiation de la musique
Fanny Bertomeu (UdeM - Université de Montréal)

Ce poster portera sur l’analyse de l’interactivité dans les dispositifs numériques de médiation de la musique. Spécifiquement, je ferai apparaître comment se manifeste l’implication du public dans ces dispositifs. L’enquête, à la fois qualitative et quantitative, traitera du corpus complet du répertoire raisonné de plus de 250 dispositifs numériques de médiation de la musique, proposé par le Partenariat sur les publics de la musique (P2M). Après avoir relevé des chiffres très inégaux concernant l’interactivité dans ces dispositifs (10% des dispositifs rendent compte d’une participation active du public contre 90% des dispositifs consistant en une simple consultation), je m’intéresserai plus spécialement à la nature de la participation du public (Casemajor, Lamoureux et Racine, 2016) dans ces dispositifs numériques de médiation. Les participations se présentant sous différentes formes selon les dispositifs, j’en décrirai les aspects en insistant sur les formats mais également sur la nature et le degré de participation dont il est à chaque fois question.

Résumé
15 h 00 à 15 h 50
Communications orales
Bloc 4 : Arts de la scène et médiation culturelle numérique
Présidence/Animation : Irina Kirchberg (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
15 h 00
Regards croisés de représentants de la danse et du théâtre sur les transformations liées au virage numérique dans la médiation culturelle et les arts de la scène
Coralie Muroni (Regroupement québécois de la danse), Morad Jeldi (Conseil québécois du théâtre)

Les technologies de l’information et des communications offrent aujourd’hui une multitude de nouveaux outils qui viennent transformer en profondeur les pratiques de gestion, de création, de promotion et de médiation du secteur des arts de la scène. Afin de mieux cerner l'impact du numérique sur l'accompagnement des publics dans leur fréquentation et leur appréciation des arts, trois regroupements de professionnels des arts de la scène – le Conseil québécois du théâtre (CQT), le Regroupement québécois de la danse (RQD) et En piste, regroupement pour les arts du cirque (EP) – se sont associés au projet de recherche Dispositifs de médiation numérique dans les arts de la scène : pratique, savoir et savoir-faire mené par l'Université du Québec à Trois-Rivières. Ils souhaitent ainsi favoriser l’acquisition de connaissances et le développement pratique et concret de la médiation numérique dans les arts de la scène. Les représentants du CQT et du RQD témoigneront des réalités spécifiques liées à leur mission de représentation, de concertation et de formation des professionnels des arts de la scène au regard du numérique. Comment ces deux regroupements abordent-ils le virage numérique ? Quels défis rencontrent-ils pour informer, accompagner et soutenir leurs membres dans ce virage ? Quelle place occupe la médiation culturelle numérique dans leurs réflexions ? Quels regards portent leurs milieux artistiques sur la médiation culturelle numérique ?

Résumé
15 h 25
Inventaire des dispositifs de médiation numérique dans les arts de la scène : retour sur une démarche de coconstruction
Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Hervé GUAY (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie Beaulieu (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louis patrick Leroux (Université Concordia), Sara Thibault (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

L’avènement du numérique a transformé les actions et les modes d’intervention en médiation culturelle. Les musées, par exemple, ont mis de l’avant diverses actions de médiation culturelle numérique afin de rapprocher publics et propositions culturelles. Mais qu’en est-il d’autres univers culturels comme les arts de la scène?

Dans une démarche de coconstruction entre le milieu universitaire et le milieu culturel, nous avons élaboré un questionnaire d’enquête qui vise à identifier les dispositifs de médiation culturelle numérique de compagnies de danse, de théâtre et de cirque, et à voir par qui et de quelle manière la médiation culturelle numérique est élaborée.

Nous présenterons les différentes étapes de cette démarche qui ont mené à la construction d’un questionnaire quantitatif administré à une centaine de compagnies et les résultats préliminaires qui touchent les thèmes de la médiation culturelle, des dispositifs de médiation numérique ou mixtes et de l’utilisation du numérique au quotidien.

Résumé
15 h 50 à 16 h 15
Panel
Discussion et synthèse de la journée
Présidence/Animation : Denis Simard (Université Laval)
Participants : Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
16 h 15 à 16 h 30
Panel
Clôture du colloque
Participants : Denis Simard (Université Laval), Marie Beaulieu (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Irina Kirchberg (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028