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612 - Penser l’érobotique : regard transdisciplinaire sur la robotique sexuelle

Du jeudi 30 au vendredi 31 mai 2019

La fiction d’anticipation annonce depuis longtemps l’avènement de robots dotés de capacités et fonctions sexuelles (sexbots). Depuis quelques années, la réalité rejoint la fiction. Parallèlement à l’explosion des nouvelles technologies sexuelles immersives (p. ex., la pornographie en réalité virtuelle (RV) et en réalité augmentée (RA)), aux premières applications d’intelligence artificielle (IA) à la pornographie ainsi qu’au développement d’agents conversationnels sexualisés, les premiers prototypes de poupées sexuelles dotées d’IA et de capacités animatroniques sont présentement développés et mis en marché. Certains chercheurs constatent déjà la croissance rapide et importante des relations intimes avec des partenaires virtuels et mécatroniques. Du point de vue de l’industrie des technologies sexuelles, cette innovation permettra de combler des besoins chez les millions de consommateurs de jouets sexuels et procurera des bénéfices encore inédits aux personnes célibataires, isolées ou handicapées. Toutefois, l’émergence de ces nouveaux artéfacts sexuels laisse présager des conséquences insoupçonnées; des mouvements sociaux opposés à leur développement se sont déjà formés, notamment la Campaign Against Sex Robots (depuis 2015). Les premiers chercheurs anglophones ayant abordé la problématique des robots sexuels, à la suite du philosophe John Danaher, sont divisés sur la question : certains dénoncent les risques (p. ex., la promotion de normes sexuelles néfastes), alors que d’autres défendent leur potentiel positif (p. ex., les applications médicales et thérapeutiques). Néanmoins, les études scientifiques du sujet demeurent limitées et très spéculatives; aucun modèle théorique sérieux n’a été proposé jusqu’à maintenant pour étudier ces phénomènes. Le présent manque de recherche entraîne de graves incertitudes quant au développement et à l’encadrement futur de l’industrie de la robotique sexuelle.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Dave Anctil
Collège Jean-de-Brébeuf
Université Concordia
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Bloc 1
Présidence/Animation : Dave Anctil (Collège Jean-de-Brébeuf)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 05
Érobotique et intelligence artificielle: vers un apprentissage automatique de l'éros ?
Dave Anctil (Collège Jean-de-Brébeuf)

Certaines avancées récentes en apprentissage automatique (machine learning) permettent la conception d’agents logiciels ultra-performants, capables de communications et d'interactions complexes entre machines et humains. Deux exemples récents: le laboratoire IBM Project Debater a mis au point un système capable de débattre avec des orateurs professionnels, en temps réel et selon les règles de l'art, alors que Google Duplex a récemment démontré le progrès considérable de son agent conversationnel par des expériences téléphoniques très réussies. De tels systèmes d'IA possèdent de nouvelles capacités sémantiques qui dépassent déjà la plupart des prédictions effectuées par les spécialistes. Dans le cadre de cette présentation, nous souhaitons explorer ces possibilités pour la conception de l'érobotique.

Nous ferons un bref état des lieux des concepts et systèmes les plus récents et performants dans le domaine de l’IA appliquée aux agents conversationnels (Lake et al. 2016)  et à la robotique sociale (Dumouchel et Damiano 2016). À la lumière de certaines évolutions dans la conception des systèmes et architectures, nous tenterons ensuite d’extrapoler ce que la révolution actuelle en apprentissage automatique pourrait signifier pour le développement de l’érobotique dans un futur proche. Plus spécifiquement, nous tenterons de dégager les caractéristiques cognitives programmables permettant la conception d’une agentivité artificielle érotique.

Résumé
09 h 40
Période de questions
09 h 50
Est-il mal d’utiliser un robot sexuel simulant Justin Trudeau sans son consentement?
Martin Gibert (UdeM - Université de Montréal)

En se combinant à l’impression 3D, à la réalité augmentée et aux technologies de deepfake, la robotique sexuelle pourrait devenir de plus en plus personnalisée: sur mesure, c’est-à-dire 1) en adéquation avec leurs préférences et leurs fantasmes les plus singuliers, 2) mais il est aussi probable que ces fantasmes feront parfois intervenir des simulations de personnes réelles – par exemple, le premier ministre du Canada. On peut même supposer que se développera un marché dans lequel des acteurs ou actrices célèbres pourront vendre la possibilité d’avoir des expériences érobotiques avec leurs simulacres. Il est alors assez facile d’imaginer que de telles expériences pourraient être développées sans le consentement des intéressé.es. Comment évaluer moralement de tels cas?

Je partirai de l’idée (libérale) qu’il est moralement acceptable de fantasmer sur une personne sans son consentement. C’est du moins ce qu’on doit soutenir dans le cadre d’une éthique minimale inspirée de Ruwen Ogien : seuls sont condamnables les torts envers des patients moraux, et non simplement les « mauvaises pensées » qui n’auraient aucunes conséquences (Gibert 2009). Mais peut-on étendre l’argument à l’utilisation de robots qui, en quelque sorte, incarnent ou matérialise les fantasmes? Serait-il légitime pour Justin Trudeau d’être moralement indigné par une telle pratique? Répondre à ces questions suppose d’identifier des propriétés morales spécifiques aux expériences érobotiques.

Résumé
10 h 30
Période de questions
10 h 40
Pause
11 h 00
Sexbot : limites et nuances à La déclaration de Montréal
Samuel Nepton (Université Laval)

L’une des visées principales de La Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l'intelligence artificielle est l’instauration d’un cadre éthique pour le développement et le déploiement de l’intelligence artificielle (IA). Pourtant, les principes de cette déclaration négligent un cas type: le sexbot. Notre objectif est d’expliciter comment le sexbot futur serait un contre-exemple possible à des sous-principes de la Déclaration de Montréal voulant que « [t]out utilisateur d’un service qui recourt à des agents conversationnels doit pouvoir identifier facilement s’il interagit avec un SIA [système d’intelligence artificiel] ou une personne » ou encore que « [l]es SIA ne doivent pas nuire au maintien de relations humaines affectives et morales épanouissantes, et devraient être développés dans le but de favoriser ces relations et de réduire la vulnérabilité et l’isolement des personnes ». De surcroît, nous montrerons que le sexbot rendrait également nécessaire l’imposition d’obligations éthiques envers ses futurs utilisateurs. Pour défendre cette thèse, nous nous appuierons sur les travaux de Robin Mackenzie ainsi que sur le modèle de relation humain/robot de Mark Coeckelbergh, comme coévolution de l’un et de l’autre par l’acquisition de bénéfices mutuels à travers la vulnérabilité. Ultimement, nous proposerons une ébauche de cadre éthico-légal applicable à la conception et à l’utilisation des sexbots.

Résumé
11 h 20
Période de questions
Dîner
11 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
Après-midi
13 h 30 à 16 h 10
Communications orales
Bloc 2
Présidence/Animation : Simon DUBÉ (Université Concordia)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
13 h 30
Réalité virtuelle et applications sexologiques : états des connaissances
David Lafortune (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le développement rapide des nouvelles technologies est en passe de révolutionner le domaine de la santé mentale (Freeman et al., 2017). En outre, la réalité virtuelle (RV) permet d'explorer l’expérience subjective des personnes souffrant de troubles mentaux et leur offrir de nouveaux apprentissages pour leur bien-être (Baus & Bouchard, 2014; Riva, 2005). En sexologie, il convient aujourd’hui d’étudier les applications de la RV, tant pour l’avancement des connaissances sur les facteurs associés à la détresse sexuelle, que pour le développement de modes d’intervention novateurs pour le bien-être sexo-relationnel, de l’érotisme et de l’intimité.

Cette communication présentera les résultats d’une recension sur les applications de la RV dans le champ de la recherche en sexologie. L’état des connaissances amène à cibler deux avenues prometteuses pour l’étude de la fonctionnalité sexuelle et l’intervention en contexte de dysfonctions sexuelles : 1) la RV permettrait d’initier les réponses psychophysiologiques typiques des troubles sexuels douloureux ou ceux pour lesquels l’anxiété est un facteur étiologique central; 2) les traitements psychologiques médiés par la RV permettraient de contourner plusieurs défis posés par les traitements traditionnels en sexothérapie. La recherche sur les technologies du virtuel devra s’attacher à circonscrire les difficultés sexuelles et les conditions étiologiques représentant des indications privilégiées pour l’utilisation de la RV en sexothérapie.

Résumé
14 h 10
Période de questions
14 h 20
Présence sexuelle : signature psychophysiologique et perspective post humaniste
Patrice Renaud (UQO - Université du Québec en Outaouais)

La « présence sexuelle », en tant qu’expérience médiée technologiquement, peut-être définie comme un état psychophysiologique d’excitation sexuelle, lequel comprend une perception érotique subjective dont le contenu et l’ampleur sont déterminés par l’interaction entre les prédispositions psychobiologiques individuelles, les expériences passées idiosyncratiques ainsi que ce qui est sexuellement rendu accessible au plan comportemental à l’usager humain par la technologie médiatrice (Renaud, Fontanesi et Benbouriche, 2014). La présence sexuelle de second niveau rend compte de la puissance de l’illusion sexuelle induite de façon spécifiquement technologique, alors que son premier niveau correspond à l’expérience sexuelle vécue à l’échelle strictement animale, sans médiation artificielle.

Après présentation du modèle théorique de la présence sexuelle et des données expérimentales qui l'appuient, nous présenterons une perspective post humaniste du rôle de la présence sexuelle. Cette conception est étayée d’une part par les positions théoriques du philosophe allemand Peter Sloterdijk (Règles pour le parc humain, 1999) et d’autre part, par l’opposition entre la notion de pulsion sexuelle chez Freud (Métapsychologie, 1915) et celle de volonté de puissance chez Nietzsche (Par-delà le bien et le mal, 1886). Cette conception philosophique interprète la présence sexuelle comme le symptôme d’un post humanisme en quête d’une illusion renforcée du rôle de la sexualité dans la génération.

Résumé
15 h 00
Période de questions
15 h 10
Pause
15 h 20
Substitut ou complément? De la perception des robots sexuels aux traits de personnalité
Simon DUBÉ (Université Concordia)

Les robots sexuels (RS) sont développés comme substituts ou compléments à la sexualité humaine. Cela a conduit certains chercheurs à se demander s’ils risquent de remplacer l’interaction humaine (sexuelle ou non). Cette étude vise à évaluer la perception qu’on les individus par rapport à l’utilité des robots sexuels et son lien avec leurs traits de personnalité. Un échantillon de 235 adultes (H=110, F=101, A=24; Mâge=29.87, É.-T.=11.18) a pris part à un questionnaire en ligne évaluant la perception des individus par rapport aux RS (p.ex., attitude/croyances), ainsi que leurs traits de personnalité (p.ex. érotophilie; recherche de sensations sexuelles, Big-5). Les participants estiment que les RS ne remplaceront pas les partenaires romantiques (84%) ni les amis (87%), mais pourraient remplacer les partenaires sexuels occasionnels (56%). En fait, les participants auraient un RS pour le plaisir sexuel (80%) plutôt que parce qu'ils se sentent seuls (15%) ou incapables d'avoir des relations sexuelles avec des humains (10%). De plus, la recherche de sensations sexuelles et l'érotophilie prédisaient de manière modérément positive l'intention d'essayer un RS, alors que l'agréabilité constituait un prédicteur négatif faible. Ainsi, les RS serviront probablement de complément à la gratification sexuelle plutôt que des compagnons de vie et ils serviront à satisfaire le désir de variété des personnes sexuellement positives ayant tendance à rechercher de nouvelles stimulations sexuelles.

Résumé
16 h 00
Période de questions
16 h 10 à 17 h 00
Panel
Panel 1
Présidence/Animation : Dave Anctil (Collège Jean-de-Brébeuf)
Participants : Stéfany BOISVERT (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martin Gibert (UdeM - Université de Montréal), Pauline Noiseau (UdeM - Université de Montréal), Simon DUBÉ (Université Concordia)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
Cocktail
Batiment : UQO A.-Taché
Local : E0230
Afficher tous les résumés
Avant-midi
09 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Bloc 3
Présidence/Animation : Dave Anctil (Collège Jean-de-Brébeuf)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
09 h 00
Robots et solitude : vers une sexualité techniquement assistée. Aperçu des enjeux sociaux liés au développement des robots sexuels
Cécile VAN DE VELDE (UdeM - Université de Montréal), Céline Lafontaine (Université de Montréal)

S’appuyant sur une revue de littérature des travaux en sociologie, en anthropologie et dans  le domaine des STS, cette présentation vise à poser les bases d’une réflexion commune sur les enjeux sociaux, culturels et éthiques du développement de la robotique dans un contexte relationnel. La question des robots sexuels s’avère particulièrement intéressante puisqu’elle recoupe des dimensions intimes et relationnelles dans un contexte où l’isolement et la solitude deviennent des enjeux majeurs de nos sociétés. La première partie de la présentation portera sur l’histoire et l’évolution des rapports humains/machines en tenant compte des contextes culturels et des processus d’innovation technologique. La seconde partie portera plus spécifiquement sur le contexte social dans lequel s’opère la mise en marché des robots sexuels. Il s’agira, entre autre, d’identifier à quelles catégories d’individus s’adresse le marché des robots sexuels et quels sont les argumentaires utilisés pour développer ces machines humanoïdes.

Résumé
09 h 01
Robots et solitude : vers une sexualité techniquement assistée. Aperçu des enjeux sociaux liés au développement des robots sexuels
Céline Lafontaine (UdeM - Université de Montréal), Cécile Van de Velde (Université de Montréal)

S’appuyant sur une revue de littérature des travaux en sociologie, en anthropologie et dans  le domaine des STS, cette présentation vise à poser les bases d’une réflexion commune sur les enjeux sociaux, culturels et éthiques du développement de la robotique dans un contexte relationnel. La question des robots sexuels s’avère particulièrement intéressante puisqu’elle recoupe des dimensions intimes et relationnelles dans un contexte où l’isolement et la solitude deviennent des enjeux majeurs de nos sociétés. La première partie de la présentation portera sur l’histoire et l’évolution des rapports humains/machines en tenant compte des contextes culturels et des processus d’innovation technologique. La seconde partie portera plus spécifiquement sur le contexte social dans lequel s’opère la mise en marché des robots sexuels. Il s’agira, entre autre, d’identifier à quelles catégories d’individus s’adresse le marché des robots sexuels et quels sont les argumentaires utilisés pour développer ces machines humanoïdes.

Résumé
09 h 40
Période de questions
09 h 50
La robotique sexuelle : continuum de la violence sexuelle ? Un enjeu d’éthique publique féministe
Pauline Noiseau (UdeM - Université de Montréal)

Nous commencerons la présentation en nous posant la question suivante : en quoi la robotique sexuelle est-il un enjeu proprement féministe ? En effet, il s’agira de montrer que la robotique sexuelle telle qu’elle est aujourd’hui développée sur le marché tend à normaliser la violence sexuelle par le biais du robot représentant le genre féminin. Cette normalisation s’exerce par le moyen d’une représentation stéréotypée du corps des femmes. Il s’agira dès lors de pointer les limites de cette représentation située, s’enracinant dans des schémas de domination.

Nous présenterons et questionnerons quelques éléments présents sur un robot sexuel, à savoir le langage, la personnalisation et la forme. La conception du robot sexuel manifeste des éléments de la sexualité et nous avise quant à la manière dont est perçu le genre féminin. Nous montrerons aussi que la robotique sexuelle possède une dimension transversale de la réalité sociale. Nous nous appuierons sur des féministes radicales, telles que Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin pour soutenir l'argument que la robotique sexuelle constitue un moyen réel de domination.

Enfin, nous montrerons en quoi la robotique sexuelle est un enjeu d’éthique publique féministe. La réponse apportée devrait non seulement être de l’ordre de l’expertise épistémique mais aussi de l’ordre du politique. Les robots sexuels ne devraient pas être traités comme des objets de vie privée mais, au contraire, comme relevant d’une éthique publique féministe.

Résumé
10 h 10
Période de questions
10 h 20
Pause
10 h 40
Les robots n’ont-ils qu’un genre? Une analyse de la construction médiatique des discours sur l’érobotique
Stéfany BOISVERT (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication s’appuie sur une analyse de discours de la couverture médiatique (journaux, télévision, web) des robots sexuels. Si les identités sexuées se construisent et se naturalisent grâce à diverses technologies de genre (de Lauretis 1987), dont les médias font évidemment partie, les technologies se voient réciproquement attribuer un genre à travers nos discours médiatiques (Berton 2016). Nous analyserons en outre la tendance générale des discours médiatiques à féminiser et essentialiser les technologies sexuelles, notamment les robots sexuels. Souvent accompagnée de photos présentant des modèles féminins de robots, ou alors d’images qui érotisent les femmes même lorsqu’un modèle masculin est représenté, la couverture médiatique de l’érobotique a certes pour objectif de s’attaquer aux préjugés sexistes des tech industries, mais elle reproduit également une lecture hétéronormative et androcentrique de la sexualité. En ce sens, l’interprétation dominante de la robotique sexuelle en tant que technologie féminisée encourage une réflexion critique sur les risques de confirmation de normes de genre par les voies de la technologie, mais celle-ci contribue aussi à la reproduction d’une lecture genrée, binaire et restrictive de l'érobotique. Dans ce contexte, il importe de développer une réflexion nuancée et proprement performative (Butler 2006) sur le rôle des médias dans la construction de nos rapports au genre et à la sexualité (Attwood 2018).

Résumé
11 h 20
Période de questions
Dîner
11 h 30 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
Bloc 4
Présidence/Animation : Simon DUBÉ (Université Concordia)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
13 h 30
L’application d’un cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle pour étudier les relations entre le développement de robots sexuels et le travail du sexe au Canada
Delphine DiTecco (Université Carleton)

Les robots sexuels confrontent la société à un ensemble de dilemmes éthiques à la croisée des chemins entre la technologie, la sexualité et le droit. La nécessité de nouvelles législations pointe à l’horizon rapidement. Malheureusement, l'identification de cadres théoriques pour bien ancrer la recherche dans ce domaine se révèle difficile. La réflexion sur les liens entre la loi sur le travail du sexe, la mise au point de robots sexuels et leurs impacts possibles sur les travailleuses du sexe, s’avère particulièrement complexe. Jusqu’ici, ces enjeux ont plutôt été abordés sous l’angle d’opinions personnelles ou encore de généralisations. La négativité sexuelle, en particulier à l’égard des robots sexuels et des travailleuses du sexe, nuit à la recherche des besoins spécifiques des individus de ces deux populations. En se plaçant dans le contexte juridique canadien, je propose l'application d'un cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle pour étudier efficacement les relations entre le développement de robots sexuels et la vie des travailleuses du sexe canadiennes. À travers huit dimensions fondamentales, ce cadre théorique met l’accent sur les expériences individuelles, l’empathie et les stratégies de résolution de conflits. En stimulant une communication entre utilisateurs et concepteurs de robots sexuels, travailleuses du sexe et chercheurs, ce cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle devrait favoriser un processus plus inclusif d'élaboration de politiques.

Résumé
13 h 50
Période de questions
14 h 00
Automatic Lovers: pornographie, réalité virtuelle et jouets connectés
Eric Falardeau (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La pornographie en réalité virtuelle embrasse pleinement la « tactilité » du dispositif avec le développement d'une myriade de jouets sexuels (inter)connectés et reliés à des avatars numériques. Les progrès technologiques dans l’immersion, telle qu’appliquée aux industries du divertissement pour adultes, créent de nouveaux modes de consommation des images. Cet espace inédit de perception n’est plus uniquement celui des sens, mais celui du fantasme matérialisé. Les affects ne sont plus que visuels, ils sont aussi physiques. Les jouets sexuels connectés sont à la fois interface, virtualité et sensations.

Cette communication propose de questionner l’apport de ces technologies disruptives en s’appuyant sur le cadre théorique de porn studies. À travers son dispositif et son esthétique, la réalité virtuelle pose la question du spectateur-utilisateur et de son rapport à la réalité. Nous ancrerons notre analyse sur un cas spécifique : le portail BlowCast, une plateforme payante qui offre des vidéos-simulations de sexe oral par des hommes ou des femmes, amateurs ou professionnels, connectées à des jouets sexuels connectés. Cet exemple nous permettra d’aborder des sujets tels que les limites de la corporalité, les relations entre l’être humain et la machine, les frontières entre le biologique et le numérique ainsi que celles entre la réalité et le fantasme.

Résumé
14 h 40
Période de questions
15 h 00
Pause
15 h 00 à 15 h 50
Panel
Panel 2
Discutant : Simon DUBÉ (Université Concordia), Dave Anctil (Collège Jean-de-Brébeuf)
Participants : Patrice Renaud (UQO - Université du Québec en Outaouais), Céline Lafontaine (UdeM - Université de Montréal), Cécile VAN DE VELDE (UdeM - Université de Montréal), Eric Falardeau (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : A0110
15 h 50
Mot de clôture
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
Restaurant et bar
Batiment : Extérieur du site du congrès
Local : Extérieur du site du congrès