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542 - « Éduquer par l’art » en lien avec les enjeux sociétaux : réflexions théoriques, expériences et perspectives, à l’école et au-delà

Du mardi 28 au mercredi 29 mai 2019

Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.

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Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 45
Communications orales
Art et enjeux sociétaux : regards croisés
Présidence/Animation : Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Discutant : Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
L’art qui s’engage : pertinence et renversement
Louis Jacob (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Notre proposition est une réflexion sur la diversité de l’art engagé. D’abord, nous assistons à une profonde redéfinition du politique (années 1940, années 1980, années 2000) ; nous assistons également à une redéfinition de la fonction sociale, civilisationnelle de l’art dans toutes les cultures. Subversion ou sollicitude, contestation ou guérison, mobilisation ou capacitation, dénonciation ou reconnaissance, revendication ou sensibilisation, résistance ou illumination, ce sont autant de pratiques et de formes possibles pour l’art engagé aujourd’hui. Il sera question de ce qui reste du renversement dans l’ordre du symbolique, et la question tout aussi essentielle du contexte de ces œuvres qui peuvent trouver, perdre, retrouver une valeur politique. Comment une œuvre marque-t-elle son caractère engagé ? L’art engagé exprime un désir de pertinence qui est aussi un désir de différence, un geste risqué. Enfin, il reste à examiner comment, dans cette nouvelle posture, l’art peut à l’école devenir le support et le vecteur d’une réflexion sociétale.

Résumé
09 h 35
Discussion
09 h 45
« Et si les murs parlaient ? » Engager le dialogue : créer un anti-mur ensemble, vivre !
Joëlle Tremblay (Université Laval)

Récit de création d’un bas-relief sonore avec deux écoles primaires; une céramique pour notre terre née suite à l’attentat meurtrier de la Grande mosquée de Québec. Un dialogue et une œuvre qui se construisent simultanément, relevant le défi de la diversité dans une optique intergénérationnelle.

Amorcé en février 2017 le projet intégrant un projet de création et un projet de recherche, s’est graduellement défini avec deux professeurs de l’Université Laval, Tremblay de l’école d’art et Mekki-Berrada du département d’anthropologie. Il a pris forme dans une succession de rencontres et grâce à une réflexion partagée avec de nombreux acteurs proches des victimes, avec les communautés touchées au cœur de l’espace social.

Expérience transformatrice ou illusion? Quels éléments sont porteurs pour une éducation à l’inclusion sociale? En faire un déclencheur pour les enseignants et la formation des maîtres?

Résumé
10 h 05
Discussion
10 h 15
L’appréciation de l’art comme tremplin pour aborder des problématiques sociétales en classe d’arts plastiques
Adriana De Oliveira (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mona Trudel (Université du Québec à Montréal )

Nous vivons dans un monde marqué par de profonds bouleversements culturels, sociaux et politiques auxquels fait écho le travail de nombreux artistes actuels. Comment notre discipline peut-elle prendre en compte ces transformations sociétales et artistiques à l’école? 

Dans le cadre de la formation initiale à l’École des arts visuels et médiatiques (UQÀM), les étudiants.e.s du profil enseignement sont appelés à développer la compétence «Apprécier » en suivant le cours obligatoire intitulé Didactique de l’appréciation esthétique.  Dans cette communication, nous aborderons les difficultés auxquelles font face les étudiants.e.s pour amener des élèves à apprécier des œuvres à caractère social et politique. Nous présenterons ensuite une approche d’appréciation leur permettant d’engager leurs futurs élèves dans une démarche d’analyse d’une œuvre tout en établissant des liens entre l’élève et le monde dans lequel il évolue.

Résumé
10 h 35
Discussion
10 h 45
Pause
11 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Décliner art et éducation relative à l’environnement
Présidence/Animation : Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
11 h 00
Tenir compte des enjeux actuels en classe d’art au secondaire
Anne Deslauriers (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Nous assistons actuellement à la dégradation de notre environnement. Ces bouleversements affectent des populations, laissent des traces sur des sociétés. Les inégalités politiques aggravent cette problématique (Larrère, Cementeri, Emelianoff, Laurent, et Renou, 2017). Qui plus est, nos décideurs politiques ne tiennent pas compte de la gravité de cette situation socioécologique. Néanmoins, plusieurs mouvements citoyens s’organisent et luttent contre cette apathie. Or, qu’en est-il du milieu de l’éducation ? Plus spécifiquement, comment l’éducation artistique peut-elle réagir face à ces enjeux? Afin de répondre à ces questions, nous ferons appel, dans le cadre de cette communication, à la pensée D’Edgar Morin (2000, 2006) et à celle de Paolo Freire (1974, 1980). Également, nous explorerons en quoi l’enseignement des arts plastiques au secondaire peut contribuer à sensibiliser, conscientiser et à agir en regard des problèmes écologiques contemporains en s’arrimant à l’éducation relative à l’environnement. Nous verrons qu’en composant de manière innovante avec le programme de formation de l’école québécoise (2011), certaines initiatives voient le jour par l’actualisation des domaines généraux de formation et de certaines compétences transversales. Ainsi, nous présenterons en outre un projet en cours de réalisation qui incarne cette perspective socioenvironnementale.

Résumé
11 h 20
Discussion
11 h 30
L’éco-éducation musicale : pour écoute de soi, des autres et du monde
Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal), Pascale Goday (Collège international Marie de France, Montréal)

Cette communication présente quelques éléments structurants de l’éco-éducation musicale, une proposition éducative intégrant les perspectives de l’éducation musicale et de l’éducation relative à l’environnement. Fondée sur les pratiques sonores des avant-gardes artistiques des XXe et XXIe siècles, lesquelles brouillent la ligne de démarcation entre musique et environnement sonore (Solomos, 2013), l’éco-éducation musicale se situe au-delà de l’éducation sensorielle : elle concerne la construction du rapport esthétique à l’environnement sonore et celle d’un être au monde fondé sur une éthique de la responsabilité (Bouchard-Valentine, 2018).

Après une mise en relation avec les visées du Programme de formation de l’école québécoise (Québec, 2006), l’écoute – à travers ses différentes déclinaisons sémantiques – sera posée comme concept fondateur et générateur d’intentions éducatives associées aux trois sphères interreliées du développement personnel et social : la relation identitaire, la relation à l’altérité et la relation au milieu de vie (Sauvé, 1998). Les savoirs acquis sont réinvestis dans des créations musicales ou artistiques témoignant des représentations des élèves.

Pour terminer, nous exposerons comment la construction du rapport esthétique à l’environnement sonore, dimension essentielle de la formation générale, peut concourir au processus de transformation écosociale auquel est maintenant conviée l’humanité.

Résumé
11 h 50
Discussion
Après-midi
13 h 15 à 14 h 45
Communications orales
« L’art pour éduquer » : quelles approches dans la formation des enseignants?
Présidence/Animation : Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
13 h 15
L’art socialement vif pour aborder des questions socialement vives : regards enseignants
Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Cezara Gheorghită ( Université Pédagogique de Moldavie)

L’art actuel est devenu un moyen de sensibilisation sociétale aux divers enjeux contemporains, en proposant des voies alternatives sur ce que pourrait ou devrait être le vivre ensemble (Lamoureux et Uhl 2018). Nous nous interrogeons ici sur la façon dont les arts peuvent, en tant que discipline d’enseignement à tout niveau, aborder diverses questions socialement vives, permettant la mise en place d’une démarche éducative qui favorise l’ouverture à « l’autre ». Nous émettons l’hypothèse qu’à travers l’expérience esthétique comme processus de construction de savoir (Dewey 1931/2005) les enseignants développent de nouvelles connaissances sur l’art en tant que véhicule et/ou produit d’un questionnement sociétal; un traitement des données par analyse qualitative (Paillé et Mucchielli 2016) nous a permis d’identifier chez les participants à notre recherche une nouvelle compréhension de l’art actuel, que nous appelons « art socialement vif », et de la façon dont il pourrait soutenir l’éducation à la diversité.

Résumé
13 h 35
Discussion
13 h 45
De ‘‘l’éducation par l’art’’ en tant que médiation de savoirs. Le rapport enseignement-formation-recherche en question.
Stefan Ioan Bodea (Université de Genève)

Dans cette contribution, nous essaierons d’abord de montrer que l’éducation par l’art, entendue comme médiation de savoirs situés (Chabanne, 2012, Mili & Rickenmann 2004 et 2005, Rickenmann, 2008) permet de : parer des inégalités scolaires (cf. Bourdieu & Passeron, 1964) liées à l’illusion de « l’immédiateté » de l’art (Rochex, 2003, Rickemann, 2003) ; orienter la formation du citoyen « éclairé », respectueux des œuvres et de la diversité des cultures, dans la mesure où « lorsque l’on connaît, l’on comprend et l’on respecte » (Glorieux, 2015); guider, grâce à la compréhension des œuvres et de leur fonctionnement, l’action publique relative à l’organisation et à la défense du patrimoine ; éduquer « de façon dépassionnée » le regard porté sur les objets visuels de notre environnement, afin d’éviter de « subir » leur « pouvoir » (Glorieux, op. cit.). Nous présenterons ensuite les enjeux d’une formation (par la recherche) à cette vision de l’éducation par l’art.

Résumé
14 h 05
Discussion
14 h 15
Représentations et moyens de prise en compte de la culture juvénile par des enseignants « 4 arts » : enrichir la formation initiale et la formation continue
Christine Faucher (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Dans le cadre d’un projet de recherche FRQSC (2016-2019), visant le rapprochement entre la culture des jeunes et l’enseignement des arts, 16 entretiens avec des enseignants en arts (visuels, danse, musique et art dramatique) ont été conduits (4 par discipline artistique). Les objectifs spécifiques de cette recherche sont liés aux représentations que se font les participants à propos de la culture juvénile et aux moyens qu’ils mobilisent pour l’intégrer à leur enseignement. Cette recherche permet également de mieux saisir comment ces enseignants « pensent » la démocratie culturelle, un modèle au diapason dans grands enjeux sociétaux actuels. Mais pourquoi valoriser une approche d’éducation par l’art inclusive des pratiques culturelles informelles des jeunes? À quels types de stratégies recourent les enseignants qui l’adoptent? Enfin, en quoi cette approche est-elle pertinente en contextes de formation des maîtres et de développement professionnel d’enseignants en arts du milieu scolaire?

 

Résumé
14 h 35
Discussion
14 h 45
Pause
15 h 00 à 16 h 30
Panel
Table ronde : Parole aux acteurs du terrain
Présidence/Animation : Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Discutant : Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal), Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Liette Bois (CSRN), Andrée-Ann René (École secondaire D'Iberville), Rita Bourgeois (Division scolaire franco-manitobaine ), Marie-Claude McDonald (Division scolaire franco-manitobaine)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
L’art pour se définir, pour savoir-être et savoir-devenir, en milieux minoritaires
Présidence/Animation : Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
09 h 00
L’expérience de l’art comme un moment privilégié de rencontre de soi et de l’autre, de la possibilité d’être et de créer
Mariette Théberge (Université d’Ottawa)

Pour mieux comprendre les pratiques artistiques aujourd'hui et leurs impacts sur l’émancipation citoyenne de l’ensemble de la société, cette communication vise à comprendre comment la formation en dramaturgie auprès d’élèves du secondaire ainsi qu’auprès d’adultes concourent à la découverte et à l’affirmation de soi tout en consolidant un sentiment d’appartenance. S’inscrivant dans des contextes de minorités linguistiques, différentes expériences de mises en œuvre de processus de création artistiques - expériences vécues en milieu scolaire et au sein de compagnies théâtrales, participent à reconnaître que la culture de la francophonie canadienne ne serait pas la même sans l’apport des artistes et de la formation artistique offerte dans les communautés. Les résultats mettront particulièrement l’accent sur des dispositifs « d’éducation par l’art » qui interpellent tant la formation de l’enseignant que l’importance de liens à établir entre artistes de la scène et contextes scolaires.

Résumé
09 h 20
Discussion
09 h 30
« Faire ensemble » pour mieux « vivre ensemble ». Recherches et pratiques en milieux culturels minoritaires
Olga Daussà Pastor (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Gabriel Marcotte (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue ), Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Le vivre ensemble culturel sera traité dans cette communication dans une perspective expérientielle, et en lien avec ce qu’on appelle sécurité culturelle, concept transposé au domaine de l’éducation en vue de répondre aux besoins et caractéristiques particuliers des représentants de cultures minoritaires (Dufour 2015). Il s’agit ici de deux expériences vécues dans des contextes de médiation artistique auprès des jeunes. Un premier exemple consiste en un compte rendu d’un projet réalisé dans la Communauté Anicinape de Kitcisakik en l’Abitibi lors d’un programme d’activités en création musicale, incluant les effets sur le sentiment de bien-être identitaire des participants observés au cours des activités. Un deuxième exemple présente une expérience de jeunes immigrés au Centre d’exposition de Mont-Laurier, et rapporte une situation d’interaction culturelle sécurisante qui s’est construite durant la visite, ainsi que les émotions vécues par les participants.

Résumé
09 h 50
Discussion
10 h 00
Les enseignants non-francophones du Français langue seconde : L’expérience liminale du Process Drama
Krystyna Baranowski (Université de Saint-Boniface)

Au Manitoba, les enseignantes et les enseignants non-francophones du français langue seconde et additionnelle (FL2) se trouvent parfois aux prises avec l’anxiété orale et le manque d’agentivité professionnelle. Cette communication présentera les résultats de mes études menées dans l’optique du Process Drama (Heathcote, 1984) visant la relation entre l’enseignant et la langue française et le rôle de la confiance communicative dans la construction identitaire du locuteur non-natif.

Le Process Drama possède des caractéristiques uniques qui font l’objet de recherche dans des classes de langue seconde et de langue étrangère (Piazzoli, 2014; Stinson & Winston, 2014). Mon intérêt, cependant, porte sur l’enseignant du Français langue seconde en tant qu’étudiant dans le cadre des ateliers de Process Drama. Mes orientations théoriques proviennent du dialogisme bakhtinien (Vitanova, 2005) et de l’ethnographie institutionnelle (Smith, 1987, 2005).

Les résultats de mes recherches suggèrent une augmentation d’agentivité chez l’enseignant non-francophone. Pour certains participants aux ateliers, l’expérience « liminale » du Process Drama a engendré une transformation sur le plan personnel et professionnel. Les implications quant à la formation des futurs enseignants du FL2 et le développement professionnel des enseignants actuels seront discutées lors de ma communication, ainsi que les retombées sur le potentiel des apprenants en salle de classe FL2.

Résumé
10 h 20
Discussion
10 h 30
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Arts et expressions plurielles pour communiquer et socialiser
Présidence/Animation : Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Discutant : Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
10 h 45
Les pratiques musicales autonomes des adolescents, éveil à la démocratie et à un partage du sensible
Grivet Bonzon Catherine (Université de Genève)

La transmission des musiques « actuelles » est aujourd’hui, largement institutionnalisée. Néanmoins, nombre d’adolescents remettent ce modèle en question, persuadés que l’esprit de contre-culture ne saurait se plier à un enseignement formel, contrôlé par l’adulte éducateur.

Nous émettons ici l’hypothèse que c’est à travers l’expérience musicale de groupe autonome comme processus de construction de savoirs et au-delà comme base à la construction identitaire (Dewey,1915), que ces adolescents forgent leur autonomie émancipatrice esthétique et politique au sein des pairs dans un partage du sensible (Rancière, 1987, 2000) en construisant « l’existence d’un commun et les découpages qui y définissent les places et les parts respectives ».

La méthodologie qualitative (vidéos de répétitions et d’interviews de trente musiciens), permet d’analyser les interactions qui se jouent en situation, dans la construction d’un « autre » mode de socialisation et de citoyenneté.

Résumé
11 h 05
Discussion
11 h 15
Des activités artistiques destinées aux enfants des classes d’accueil pour le respect de leur intégrité et le développement de leur agentivité
Catherine Nadon (UQO - Université du Québec en Outaouais), Geneviève Lessard (Université du Québec en Outaouais), Stéphanie Demers (Université du Québec en Outaouais), Carole Fleuret (Université d’Ottawa)

Dans le cadre d’un projet de recherche collaborative intitulé Notre histoire préférée, c’est la nôtre, une équipe multidisciplinaire formée de chercheures, d’enseignantes et d’étudiantes universitaires a œuvré à coconstruire des activités favorisant la mise en place de conditions d’apprentissage permettant de respecter l’intégrité des enfants (Zittoun et Perret-Clermont, 2009; Honneth, 2000) et le déploiement de leur agentivité (Giddens, 1979). Cette communication a pour objectif de montrer comment ces activités artistiques, destinées aux élèves de classes d’accueil d’une école primaire de Gatineau, ont mis en place certaines conditions favorables pour la formation du sujet (Kerlan et Langar, 2015; Kerlan, 2004). Pour ce faire, elles ont notamment pris appui sur l’inférence comme moyen d’apprentissage auto-dirigé et elles ont fait une place de choix aux conceptions des élèves (de Vecchi et Carmona-Magnaldi, 2002). Nous présenterons aussi comment ces activités artistiques ont favorisé la communication sous diverses formes, notamment en renforçant le dialogue entre les enfants afin qu’ils puissent former une communauté épistémique (Demers, Bachand et Leblanc, 2016).

Résumé
11 h 35
Discussion
11 h 45
Corporéité/rythmicité : lieux de rencontre entre individu et groupe. Exemples issus de l’école primaire genevoise
Cristina Bellu (Université de Genève), Isabelle Mili (Université de Genève)

Notre recherche est une étude de cas qui aborde la problématique liée à la corporéité rythmique, quotidienne ou spécialisée (Mili et al., 2013), dans le cadre de l’école primaire genevoise. Basée sur l’observation clinique (Leutenegger, 2000) de deux classes filmées durant un semestre et des traces significatives de l’action enseignante (planifications, travaux d’élèves, projets), l’analyse qualitative part de la triangulation des méthodes de collecte des données (Koners et Goffin, 2007) pour aboutir vers des modélisations des situations d’enseignement/apprentissage (Brousseau, 1998). Elle vise la compréhension du rapport rythmicité/corporéité comme lieu de rencontre entre l’individu et le collectif dans la construction des savoirs, avec ou sans support d’œuvres comme catalyseurs d’inclusion. Notre approche anthropologique (Mauss et Paulme, 1950, Chevallard, 1985) situe les savoirs techniques/interprétatifs liés au rythme dans une corporéité qui est à la fois lieu d’expérience (Marleau-Ponty, 1945) et de relation (Bernard, 1995).

Résumé
12 h 05
Discussion
12 h 15
Pause
Après-midi
13 h 30 à 15 h 00
Communications orales
L’art, terrain du sensible, espace de questionnement et ferment de changement?
Présidence/Animation : Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Discutant : Maia Morel (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
13 h 30
Animation théâtrale en milieu scolaire pour diminuer les préjugés liés à la pauvreté
Louise Lavictoire (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Les préjugés liés à la pauvreté, notamment en milieu scolaire, représentent une problématique à laquelle le système éducatif doit faire face. Ce phénomène dénoncé par ATD Quart Monde et documenté, entre autres, par Luyts, Sarrot et Zimmer (2015) a conduit à des questionnements sur des actions concrètes à mener tels que : comment mobiliser le potentiel du sensible pour l’éveil à la sollicitude ? quelles stratégies éducatives pour activer le sens de l’équité sociale ? À cet effet, notre expérience de terrain réalisée auprès de jeunes dans des établissements scolaires en Abitibi-Témiscamingue a fait l’objet d’une étude préliminaire visant à observer, chez des élèves du premier cycle du secondaire, la capacité d’intégrer la notion du vivre-ensemble dans une perspective d’égalité sociale entre les individus. Notre communication montre comment l’animation théâtrale permet d’amorcer une déconstruction des préjugés liés à la pauvreté. Cette première phase de recherche nous a conduite à l’intention de documenter et conceptualiser un modèle éducatif aidant à combattre les préjugés sociaux, modèle que nous pensons axer sur la sollicitude et l’art du care (Ramade, 2018) où l’artiste-intervenante aura le rôle de « facilitateur » (Dubé, Lamoureux, 2018).

Résumé
13 h 50
Discussion
14 h 00
L'éducation artistique à l’école face au tournant visuel des communications
Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le tournant visuel observé dans le domaine des communications est un phénomène qui pose problème pour l'éducation. L'image photographique en réseau accède peu à peu au statut de langage et l'école ne dispose pas d'espaces d'apprentissage sur les nouveaux régimes de visibilité qui font leur apparition. De par sa préséance sur les modes de lecture et de production visuelle, l'éducation artistique représente un contexte à partir duquel il est pertinent d'aborder les questions reliées aux nouvelles littératies médiatiques multimodales qui émergent de la culture de l'image connectée. Cette communication revient sur les résultats d'une recherche design en éducation qui a employé les médias sociaux mobiles basés sur l'image dans le cadre d'un cours d'arts plastiques de secondaire 5. L'objectif de l'étude était d'étudier l'impact de cette technologie et des modes de communications qu'elle induit sur les apprentissages et l'engagement des élèves.

Résumé
14 h 20
Discussion
14 h 30
Les pratiques de régulation des enseignants en arts plastiques au secondaire face aux questions sensibles abordées par leurs élèves
Alexandra Pilote (UdeM - Université de Montréal)

En classe d’arts plastiques, il n’est pas rare que des enseignants et des élèves soient confrontés à des questions sensibles issues de l’actualité, de manifestations artistiques, de la culture populaire ou d’événements du quotidien. Il y a certes des avantages à permettre ce type de questions, mais elles peuvent aussi générer bon nombre d’interrogations. Le programme de formation évoque les besoins d’expression des élèves sans jamais émettre de réserves. Ainsi, bien des enseignants se retrouvent seuls face au défi que représente l’intégration de ces questions.

Cette recherche vise à ce que la présence de ce type de questions soit vécue de manière positive tant par les enseignants que par leurs élèves ou par toutes personnes susceptibles de les apprécier. Son objectif est de souligner les pratiques les plus constructives ainsi que celles qui tendent vers le développement d’une posture de création proche de celle valorisée par le milieu de l’art.

Elle analyse des données issues à la fois d’entrevues avec cinq enseignants et de ma propre pratique enseignante. Cet angle heuristique me permet de porter attention aux phénomènes en fonction de ma sensibilité tout en alimentant mon point de vue grâce à des éléments externes. Le cadre théorique s’appuie sur des assises didactiques consensuelles bonifiées afin de faire ressortir un modèle qui tient compte des éléments spécifiquement liés aux arts plastiques comme l’acte de créer, le contexte de création et le public.

Résumé
14 h 50
Discussion
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 40
Panel
Visionnement du documentaire Bagages
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.027
16 h 15
Discussion
16 h 30
Mot de clôture