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521 - Enjeux et défis relatifs à l’autochtonisation des milieux d’enseignement postsecondaire au Québec : partage d’expériences sur les stratégies pédagogiques et les services aux étudiants autochtones

Le lundi 27 mai 2019

À la lumière des appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR, 2015, notamment les appels 10 et 12), ce colloque se veut un pas de plus sur le chemin du nécessaire dialogue dans le domaine de l’éducation. Depuis le début des années 1970, parallèlement à des mouvements d’émancipation politiques autochtones, les Premières Nations du Canada revendiquent la prise en charge de l’éducation des enfants autochtones, notamment par la publication de la Maîtrise indienne de l’éducation en 1972 (Fraternité des Indiens du Canada) et par la création au Québec, l’année suivante, d’un des premiers établissements postsecondaires destinés aux étudiants autochtones du Canada, le collège Manitou à La Macaza. Comme en témoigne la publication de lignes directrices et l’élaboration de protocoles en matière d’éducation des Autochtones (Universités Canada, Collèges et institutions Canada), les défis sont encore nombreux pour que les milieux d’enseignement postsecondaire, les familles et les étudiants autochtones puissent collaborer à transformer la culture institutionnelle dominante en éducation et soutenir le développement de programmes et de milieux de vie qui répondent à leurs besoins et leurs aspirations respectifs.

Tel que l’affirme Mark Solomon, directeur de la vie étudiante au Seneca College (2018), « le processus de décolonisation […] bouscule [... et] suscite inévitablement des réactions ». Ainsi, les défis de l’inclusion des étudiants autochtones dans nos institutions passe bien entendu par la facilitation de l’accès, comme en témoigne la sous-représentation des étudiants autochtones inscrits dans des programmes de formation collégiale et universitaire, mais cette reconnaissance passe également par des exercices concrets de sensibilisation, de décentrement, de dialogue continu afin de questionner le pouvoir des connaissances et des structures eurocentrées de nos programmes d’études et de nos manières d’enseigner. À cet égard, les institutions postsecondaires francophones du Québec ne font pas exception à ce mouvement pancanadien visant l’autochtonisation et la décolonisation des programmes d’études (Battiste, 2002; 2013; Cote-Meek, 2014), par exemple en favorisant l’accès des étudiants autochtones aux études, l’embauche de personnel autochtone au sein des établissements d’éducation, la valorisation des langues et des territoires autochtones, etc. Qu’en est-il, donc, du mouvement d’autochtonisation et de décolonisation de l’enseignement postsecondaire en langue française au Québec?

Dans le but de resserrer ce large et important questionnement, nous proposons d’ouvrir un espace de partage expérientiel et de réflexion interdisciplinaires sur ces enjeux et ces défis en explorant des stratégies pédagogiques et institutionnelles employées par des projets collaboratifs et partenariaux entre les milieux autochtone et allochtone.

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Remerciements

Le comité organisateur du colloque tient à remercier chaleureusement toutes et tous les participants-es, sans qui cet événement n'aurait pu avoir lieu. Un merci spécial au CIÉRA-UQO qui a offert les boîtes à lunch et permis la couverture de certains frais d'inscription et de transport pour les participants-es. 

Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
UQO - Université du Québec en Outaouais
Université Laval
Katy Tanguay
Cégep de l'Outaouais
Université d’Ottawa
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 00
Communications orales
Accueil des participants-es
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.321
09 h 00 à 09 h 15
Communications orales
Séance d’ouverture (reconnaissance territoriale et mot de bienvenue)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.321
09 h 15 à 12 h 15
Communications orales
Stratégies pédagogiques d’intégration participative des savoirs autochtones dans les programmes d’études
Présidence/Animation : Nancy Crépeau (Université d’Ottawa)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.321
09 h 20
Histoire du Canada : Perspectives des Premiers Peuples
Diane Le May (Cégep de l'Outaouais), Mederik Sioui (Aucun), Guillaume Tremblay (Cégep de l'Outaouais), Anita Tenasco (Kitigan Zibi Anishinabeg Education Sector), David Bernard (Institution Kiuna)

Le projet de recherche participative Histoire du Canada : Perspectives des Premiers Peuples s’inscrit dans les efforts de décolonisation de l’histoire canadienne entrepris ces dernières années. Il vise à intégrer les perspectives et l’histoire des Premiers Peuples au Québec en faisant appel à l’expertise des membres des communautés. Cette démarche s’exerce dans un mode d’auto­définition et selon une vision endo­gène, renversant ainsi la perspective d’une histoire trop souvent écrite de l’extérieur (vision hexogène). En tout temps, les représentants et membres des communautés autochtones demeurent les principaux porteurs du projet, de ses visées et sont les premiers bénéficiaires de ses retombées. En effet, cette recherche s’articule autour de deux axes : répondre tout d’abord aux besoins des nations autochtones en termes de préservation, de mise en commun et de transmission des connaissances puis, permettre aux membres du milieu scolaire d’intégrer, dans les curriculums, les savoirs et perspectives autochtones, guidés par les membres des communautés. Pour ce faire, une plateforme en ligne permettra la diffusion du matériel récolté selon un protocole établi par chacune des nations, Celles-ci veilleront également au développement de matériel pédagogique.  Cet atelier sera ainsi l’occasion d’échanger sur les stratégies et les défis afin de faire connaître l’histoire et les perspectives des Premiers Peuples en tenant compte des réalités distinctes des onze nations concernées.

Résumé
10 h 10
Pause
10 h 25
Analyse d’une pratique de coenseignement développée dans le cadre d’un partenariat Ivujivik-Puvirnituq-UQAT au service de la formation des enseignants inuit
Véronique PAUL (UQAM - Université du Québec à Montréal), Gisèle Maheux (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Lily Bacon (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Glorya Pellerin (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Les Inuit des communautés d’Ivujivik et de Puvirnituq au Nunavik, unies par leur volonté de prendre en charge l’éducation de leurs jeunes ont entrepris de mettre en œuvre un projet d’école communautaires. Visant le développement d’un citoyen fier héritier de sa culture et de sa langue, et bien ancré dans le monde contemporain, les deux communautés ont centré leur projet sur la formation des enseignants inuit et des autres ressources éducatives. En 1984, les comités d’écoles ont sollicité le soutien de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) pour les accompagner dans leur démarche. En réponse à la demande des comités d’école d’être partie prenante du processus décisionnel, des pratiques de cogestion des activités de formation ainsi que de coenseignement se sont graduellement définies en interaction avec les communautés. La formule de coenseignement qui met à contribution les ressources universitaires et du milieu éducatif inuit permet la prise en compte de représentations et de particularités du contexte nordique dans la dispensation des activités de formation ainsi que l’appropriation et la signifiance des contenus par les enseignants inuit en formation. Cette communication vise à présenter cette pratique de coenseignement qui rend possible une offre de formation axée sur les besoins des élèves et des enseignants et qui prend en compte les particularités linguistiques, culturelles et géographiques inhérentes aux territoires et aux milieux de vie des populations.

Résumé
11 h 20
Matakan, école de la forêt : enseignements immersifs et expérientiels en territoire atikamekw
Laurent JÉRÔME (UQAM - Université du Québec à Montréal), Patrick Moar (Communauté atikamekw de Manawan)

Dans cette communication, nous présenterons différentes initiatives de pédagogie expérientielle mises en place en milieu atikamekw dans le cadre d'un partenariat de recherche et d'enseignement de niveau universitaire entre le Conseil des Atikamekw de Manawan, Tourisme Manawan et l'UQAM. À travers des cours conçus comme des expériences immersives en territoire atikamekw, des étudiant.es des trois cycles universitaires ont été amenés à mieux comprendre différents enjeux liés aux réalités autochtones actuelles : revendications territoriales, autonomie gouvernementale, utilisation et gestion du territoire, histoire de la colonisation, impacts des politiques d’assimilation, cosmologies et spiritualités, stratégies de guérison sociale et communautaire, développement touristique. Nous analyserons la forme et les retombées de ces cours immersifs dans le contexte actuel des politiques de réconciliation et de décolonisation des savoirs dans les institutions postsecondaires. 

Résumé
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Boîtes à lunch pour les participants-es de l’activité
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.321
Après-midi
13 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Échanges expérientiels sur les services aux étudiants autochtones dans nos établissements d’enseignement
Présidence/Animation : Sükran Tipi (Université Laval)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.321
13 h 35
L'éducation culturelle pour tous: le rôle et la place de l'agente de liaison autochtone
Katy Tanguay (Cégep de l'Outaouais)

Pour Katy, il est important de préserver et de promouvoir la culture afin de rehausser la fierté autochtone. Par le biais du récit de son parcours comme consultante en éducation autochtone en Ontario et au Québec, elle discutera du rôle et des enjeux entourant la création d'un poste d'agente de liaison autochtone dans une institution d'enseignement qui n'en avait pas auparavant. Que faut-il mettre en place? Comment sensibiliser les membres du corps professoral? Quels types de services les étudiants-es autochtones demandent-ils? etc.

L’atelier donnera un aperçu des défis qu'elle rencontre dans sa pratique et partagera des stratégies d’intégration de la culture au sein d’établissements postsecondaires. Un ou une étudiante du Cégep de l’Outaouais viendra témoigner de l’importance de la relation avec l'agente de liaison autochtone.

Résumé
14 h 25
Pause
14 h 35
Accueil, formation et accompagnement des étudiants des Premières Nations à l’UQAC
Sophie Riverin (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

L’intégration des étudiants autochtones à l’université est un défi de taille. Depuis plusieurs années, le Centre des Premières Nations Nikanite a développé des services, des outils et une approche qui visent à favoriser la réussite scolaire des étudiants autochtones ainsi qu’à encourager la persévérance scolaire. 

La communication donnera notamment un aperçu de certains services adaptés d'encadrement et de soutien à la réussite des étudiants des Premières Nations et sera ponctuée de capsules-vidéo de témoignages d'étudiantes et étudiants autochtones de l'UQAC.

Résumé
15 h 25
Pause
15 h 35
Adaptation des services psychosociaux dans le contexte d’un établissement scolaire destiné aux Premières Nations
Sonia De Grand'Maison (Institution Kiuna), Prudence Hannis (Institution Kiuna)

Kiuna, le seul établissement postsecondaire pour et par les Premières Nations au Québec, offre
depuis 2011 des services éducatifs culturellement adaptés, qui se traduisent notamment par un
environnement unique à l’intérieur duquel les programmes, les services aux étudiants et les
approches pédagogiques tiennent compte de la culture et des traditions autochtones.
Dans le but d’encourager la réussite scolaire, les services psychosociaux qui sont offerts à Kiuna
sont également adaptés aux besoins et caractéristiques de la clientèle. Cet accompagnement
psychosocial, qui tient compte des difficultés spécifiques que peuvent vivre les étudiants des
Premières Nations, est crucial pour favoriser leur disponibilité aux apprentissages. Dans le cadre
de ce colloque, l’approche, les meilleures pratiques et l’expérience de Kiuna dans ce domaine
seront partagées. L’accent sera mis sur l’importance d’un accompagnement qui mise sur le bienêtre,
la croissance personnelle et une solidification de l’identité fondamentale, des conditions
inhérentes à la persévérance scolaire.
Un ou une étudiante viendra témoigner de l’importance de cette adaptation de service.

Résumé
16 h 30
Mot de clôture