Imprimer

445 - L’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles

Le lundi 27 mai 2019

L’apport de l’entrepreneuriat culturel et créatif à l’économie locale, mais également mondiale, est de plus en plus important, contribuant ainsi au développement économique et social de la société (Anderson et al., 2014). À ce premier phénomène se conjugue un autre, celui de la standardisation de la culture mondiale par les médias de masse et les grandes entreprises. Devant cette globalisation, un nombre grandissant d’entrepreneurs au sein des industries créatives et culturelles en viennent à adopter des caractéristiques communes, formant ainsi une masse dominante. On peut décliner ces caractéristiques selon trois dimensions. Il s’agit d’entrepreneurs : 1) se regroupant dans des métropoles créatives; 2) homogènes sur le plan socioculturel (langue, nationalité, religion, etc.); ou 3) créant des œuvres visant une diffusion dans les médias de masse. Si on dénote un intérêt sociopolitique grandissant envers les industries créatives et culturelles, le monde universitaire de la gestion n’est pas en reste. Plusieurs recherches se penchent sur l’entrepreneuriat culturel et créatif. Cependant, ces recherches, qui sont relativement uniformes, s’arrêtent à la manière d’entreprendre chez les acteurs appartenant aux masses. Du coup sont laissés de côté notamment les entrepreneurs : 1) hors des métropoles créatives (par exemple, les artistes hors des métropoles comme Montréal, Toronto, Los Angeles, New York, Paris); 2) appartenant à une minorité (par exemple, les minorités linguistiques ou ethniques); 3) qui diffusent volontairement leurs œuvres par des médias alternatifs, qualifiés ici d’entrepreneuriat marginal (par exemple, les groupes heavy metal). Conséquemment, trois questions doivent être posées : qu’est-ce qu’entreprendre hors des métropoles créatives? Qu’est-ce l’entrepreneuriat chez les minorités? Qu’est-ce que l’entrepreneuriat marginal? Ces trois questions forment les trois axes sous-tendant la problématique du colloque proposé.

Lire la suite »
Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQO - Université du Québec en Outaouais
UQO - Université du Québec en Outaouais
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 30 à 08 h 45
Communications orales
Mot de bienvenue
Discutant : Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jacques-Bernard Gauthier (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
08 h 45 à 10 h 45
Communications orales
L’entrepreneuriat culturel hors des métropoles
Présidence/Animation : Anne ROBINEAU (ICRML - Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
08 h 45
Compromis entre les valeurs artistiques et entrepreneuriales des artistes entrepreneurs œuvrant hors des métropoles
Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jacques-Bernard Gauthier (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Les artistes entrepreneurs font face à une tension entre leurs valeurs artistiques et entrepreneuriales. Ces valeurs s’entrecroisent et s’opposent et une tension en émerge. La majorité des recherches s’intéressant aux industries culturelles retiennent comme objet empirique des artistes entrepreneurs œuvrant au sein de métropoles comme New York, Paris, Montréal, etc. Conséquemment, nous explorons comment les artistes entrepreneurs situés hors des métropoles arrivent à concilier leurs valeurs artistiques et entrepreneuriales sans pervertir leur art, tout en atteignant une certaine viabilité économique. Nous retenons le cadre théorique de la justification de Boltanski et Thévenot (1991) pour étudier cette tension et la formation de compromis entre ces valeurs. Ces auteurs conçoivent 6 mondes relevant de systèmes de valeurs indépendants. Lorsque les mondes se confrontent, une tension se forme et la mise en place d’un compromis est nécessaire pour la résoudre. Les données de cette recherche ont été collectées à l’aide d’entrevues semi-structurées auprès de 50 artistes professionnels en art visuels situés hors des métropoles. Des caractéristiques ressortent des entrevues menées : 1) une approche individuelle comprenant la formation d'un réseau et l'adaptabilité et 2) une approche collective orientée autour de la collaboration. Ensuite, il a été possible d’associer les valeurs aux différents mondes de Boltanski et Thévenot et montrer comment se forme le compromis entre ces mondes.

Résumé
09 h 15
Pérennisation des agglomérations culturelles pour les artistes
Nadine Dupuis (UQO - Université du Québec en Outaouais), Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Une problématique a émergé d’une recherche menée en 2017 portant sur les artistes : ils ont relevé une inadéquation entre leurs besoins, attentes et valeurs et celles des parties prenantes lors du développement d’agglomérations culturelles. La documentation scientifique explique que les artistes s’établissent souvent dans des quartiers défavorisés en raison du faible coût des loyers. S’ensuit une revitalisation du quartier qui attire des individus plus nantis, entrainant deux conséquences : une hausse des loyers et une perte de l’authenticité associée à ces lieux. Ceci crée une tension entre les valeurs des artistes et des parties prenantes se traduisant par une délocalisation des artistes. Les recherches actuelles décrivent ce phénomène, mais ne s’attardent pas à étudier la gestion de ces agglomérations et des tensions afin de ressortir un compromis viable pour les artistes. En étudiant cette problématique au regard du management, l’objectif de cette recherche est d’identifier les leviers facilitant ou contraignant le développement et la pérennité des agglomérations culturelles pour les artistes. Le cadre théorique retenu est celui de la Justification de Boltanski et Thévenot, car il permet de comprendre les tensions entre différents systèmes de valeurs. Ce projet de recherche contribuera à l’avancement des connaissances sur la gestion des agglomérations culturelles et leur viabilité tout en outillant les parties prenantes et les artistes faisant face à cette problématique.

Résumé
09 h 45
Gestion de la tension entre les pratiques de gestion de projet et les pratiques artistiques dans les projets issus des industries culturelles situés hors des métropoles
Jézabelle Toulouse Davidson (UQO - Université du Québec en Outaouais), Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais)

On dénombre peu d’écrits scientifiques sur les artistes et les organismes artistiques quant à l’arrimage de leurs pratiques de gestion de projet et leurs pratiques artistiques. Une attention plus poussée envers la gestion de projet dans les industries culturelles s’impose. Plusieurs auteurs arrivent à la conclusion qu’il existe une tension dans les projets des industries culturelles. Cette tension peut se traduire entre deux systèmes de valeurs, un relatif aux pratiques artistiques et le second aux pratiques de gestion de projet. Se faisant, l'objectif de cette recherche est de cerner le compromis permettant de gérer la tension entre les pratiques de gestion de projet et les pratiques artistiques des projets issus des industries culturelles situées hors des métropoles. Cette tension sera analysée sous l'angle des valeurs prenant appui sur le cadre théorique de la justification de Boltanski et Thévenot (1991; 2006). Des études de cas seront réalisées dans diverses villes canadiennes situées hors des métropoles étudiant des projets provenant des industries culturelles et pour lesquelles des entrevues semi-structurées seront menées. Ce projet de recherche contribue aux connaissances sur les industries culturelles en s’appesantissant des pratiques de gestion de projet et artistiques au sein de projets. En empruntant le cadre théorique de la justification, cette recherche permettra de comprendre en détail la formation du compromis entre ces pratiques rendant ces projets viables.

Résumé
10 h 15
L’intégration des intérêts des parties prenantes pour l'optimisation de la gestion des projets événementiels hors des métropoles: cas de la région de l’Outaouais
Armel D. Tella (UQO - Université du Québec en Outaouais)

L’organisation des événements est ancrée dans les habitudes des êtres humains depuis les temps ancestraux (Heenan, 1978; Falassi, 1987; Laing, 2018). Ainsi, la gestion de projets événementiels est sollicitée quotidiennement pour la création, la gestion, l’organisation et la promotion des événements, ce qui représente une tâche complexe pour les gestionnaires (Claveau, 2015). Les événements représentent une vaste industrie créative et culturelle (Florida, 2002; Liefooghe, 2010) diversifiée qui regroupent les manifestations culturelles, sociales, les festivals, les conférences, etc. (Vauclare, 2009; Reusch & Reusch, 2013).

Le développement des événements dépend des objectifs individuels fixés par les organisateurs, le soutien communautaire et l’engagement des parties prenantes (Lade & Jackson, 2004). Getz et Andersson (2010) ont identifié les principales parties prenantes suivantes: les responsables des sites (lieux), le gouvernement, les clients et les sponsors. L’implication de ces parties prenantes détermine le succès ou l’échec des événements et leur gestion contribue à la durabilité des organisations (Getz et Andersson, 2010).

Très peu d’études abordent la gestion de projets événementiels dans le domaine de gestion de projet et encore moins la question de l’intégration des intérêts des parties prenantes hors des métropoles. Alors, comment intégrer les intérêts des parties prenantes pour l'optimisation de la gestion des projets événementiels hors des métropoles (Outaouais)?

Résumé
10 h 45 à 11 h 00
Communications orales
Pause santé
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
11 h 00 à 11 h 30
Communications orales
L’entrepreneuriat marginal dans les industries créatives et culturelles
Présidence/Animation : Jacques-Bernard Gauthier (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
11 h 00
L'impact de la technologie sur l’entreprenariat et l'entreprenariat international dans les industries créatives: étude de cas du carnaval de Québec
Hamed Motaghi (UQO - Université du Québec en Outaouais), Sabrina Azzi (UQO - Université du Québec en Outaouais)

L'impact socio-économique des industries culturelles a rapidement augmenté et cela est essentiellement dû à leur réorientation technologique et son utilisation accrue, ainsi que leurs activités internationales. Traditionnellement, l’industrie culturelle a mis l’accent sur le local; mais cela a changé au cours des deux dernières décennies. Ce changement s'est opéré à la suite de la mondialisation accrue des progrès des technologies de la communication de l'information et d'Internet (TIC) ainsi que de leur utilisation croissante. Il existe des lacunes dans la littérature et les objectifs principaux de ce travail sont de les combler en termes de : i) l'élucidation de différents facteurs ayant un impact sur la croissance (International Entrepreneurship) des industries créatives et culturelles; et ii) l'exploration des circonstances qui entraînent une utilisation accrue de la technologie, y compris des TIC, affectant le succès de l’industrie sur le marché national et international.

Questions de recherche: Les principales questions de recherche de ce travail sont les suivantes: i) quels sont les facteurs connexes qui influent sur le bien-être, la croissance et l’internationalisation des événements et de l’activité créative-culturelle et de l’industrie; ii) quelles sont les technologies déployées et quels sont leurs rôles actuels ainsi que leurs contributions? et iii) comment ces technologies sont-elles utilisées et quelle est la nature de leurs contributions pour l’entrepreneuriat?

Résumé
Dîner
11 h 30 à 12 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
Après-midi
12 h 30 à 14 h 00
Communications orales
L’entrepreneuriat chez les minorités dans les industries créatives et culturelles
Présidence/Animation : Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
12 h 30
Présentation de l’étude sur le développement des artistes et des entreprises de la musique œuvrant au sein des communautés francophones en situation minoritaire
Joëlle Bissonnette (HEC Montréal), Anne ROBINEAU (ICRML - Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques), Véronique Wade (Alliance nationale de l’industrie musicale)

Cette communication présente les résultats d’une étude sur le développement des artistes et des entreprises de la musique œuvrant au sein des communautés francophones en situation minoritaire, menée par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques pour Patrimoine canadien. À partir d’un état de la littérature sur l’industrie musicale des minorités linguistiques ainsi que de 40 entretiens auprès d’intervenants clés, d’artistes et d’entrepreneurs des communautés francophones en situation minoritaire du Canada, cette communication offre un portrait des contraintes et opportunités de développement de l’industrie musicale liées à la situation démolinguistique et à la composition sociodémographique de ces communautés. Puis, elle expose les principaux défis rencontrés par les artistes et les entrepreneurs de l’industrie musicale de ces communautés, sur les plans entrepreneurial, artistique et de la diffusion, de même que des pistes de travail répondant à ces défis afin de soutenir le développement de l’industrie musicale franco-canadienne. Favoriser le partage des ressources entre petites entreprises, encourager le mentorat qui se fait déjà spontanément, favoriser les collaborations artistiques entre les communautés et solidariser le réseau médiatique à la musique locale sont au nombre de ces pistes. Enfin, la portée de cette étude et des pistes de travail qui y sont développées sera discutée avec une représentante de l’industrie musicale de ces communautés.

Résumé
13 h 00
L’entrepreneuriat chez les minorités de langue officielle au Canada dans les industries créatives et culturelles : le cas des anglophones du Québec
Anne ROBINEAU (ICRML - Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques)

L’entrepreneuriat « en marge des masses » dans les industries créatives et culturelles suggère qu’il existe des pratiques ou des modèles d’affaires moins conventionnels que ceux généralement décrits dans les recherches sur ces industries depuis les travaux de Richard Florida. Cet entrepreneuriat atypique serait plus fréquent chez les individus et les groupes subissant certaines contraintes géographiques ou culturelles comme l’éloignement des villes créatives, le fait d’appartenir à une minorité culturelle ou linguistique aux ressources et aux réseaux plus limités, ou de créer des œuvres ou des produits culturels très spécialisés pour un public restreint. Dans cette communication, nous étudierons plus spécifiquement le cas des industries culturelles et créatives chez les anglophones du Québec. Ce cas se situe au prisme de plusieurs problématiques sur les minorités et l’entrepreneuriat en « marge des masses ». La communauté anglophone est composée de nombreuses communautés culturelles tout ayant un statut de minorité linguistique au Québec. Elle participe à la fois à la vitalité de l’entrepreneuriat de masse et à celui plus marginal lié à pratiques artistiques plus « underground ». Pour le comprendre, nous présenterons les caractéristiques socioéconomiques et des données sur la migration inter et intraprovinciale des professionnels d’expression anglaise dans ces industries. Nous traiterons aussi d’initiatives d’organismes travaillant à l’incubation d’entreprises culturelles.

Résumé
13 h 30
Entrepreneur culturel en situation linguistique minoritaire : pratiques et contexte social en relation
Joëlle Bissonnette (HEC Montréal)

La littérature sur l’entrepreneur culturel tient peu compte des contextes sociaux dans lesquels évoluent les entrepreneurs culturels. Cette communication propose un modèle, inspiré de la perspective de la pratique, qui permet de s’intéresser aux pratiques d’entrepreneurs culturels en lien avec le contexte social dans lequel elles ont lieu. À la lumière de 50 entretiens semi-dirigés menés auprès d’entrepreneurs de l’industrie de la musique de la Catalogne (Espagne) et des communautés francophones minoritaires du Canada, ce modèle met en évidence des tensions vécues par ces entrepreneurs, au niveau des ressources, de la carrière et de l’art. Ces tensions, induites par le contexte social de minorité linguistique, sont réconciliées par des pratiques d’adaptation, de développement et d’affirmation qui, à leur tour, influencent ce contexte. En invitant à observer les pratiques d’entrepreneurs culturels telles qu’elles répondent aux défis, tensions, ressources et opportunités d’un contexte social marginal et telles qu’elles le transforment, l’approche proposée présente, sur le plan théorique, le potentiel de complexifier notre conceptualisation de l’entrepreneur culturel à partir de sa relation au contexte social. Sur le plan pratique, comprendre les pratiques réelles d’entrepreneurs culturels de contextes sociaux marginaux, des pratiques souvent informelles et non-économiques, peut éclairer les politiques visant à soutenir l’entrepreneuriat culturel dans ces contextes marginaux.

Résumé
14 h 00 à 14 h 15
Communications orales
Pause santé
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
14 h 15 à 15 h 45
Panel
Atelier sur l’entrepreneuriat en marge des masses dans les industries créatives et culturelles
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020
15 h 45 à 16 h 00
Communications orales
Mot de la fin
Discutant : Julie BÉRUBÉ (UQO - Université du Québec en Outaouais), Jacques-Bernard Gauthier (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1020