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442 - Concrétiser le dialogue savoirs-société : quelles innovations sociales face au changement politique?

Du lundi 27 au mardi 28 mai 2019

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans : 

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été. 

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQO - Université du Québec en Outaouais
Thomas Collombat
UQO - Université du Québec en Outaouais
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
Université d’Ottawa
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 30
Panel
Accueil
Discutant : Mélanie Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais), Luc Bernier (Université d’Ottawa), Sylvain A. Lefèvre (UQAM - Université du Québec à Montréal), Vincent van Schendel (TIESS), Thomas Collombat (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
09 h 15
Mot de bienvenue
09 h 30 à 10 h 45
Communications orales
Conférence d’ouverture
Présidence/Animation : Sylvain A. Lefèvre (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
09 h 30
Le mouvement des Gilets jaunes en France : archaïsme français ou mouvement avant-coureur ?

A partir d’octobre 2018, Emmanuel Macron, président élu sur la base d’un programme « et de droite et de gauche », est confronté à un mouvement de contestation lui-même largement inédit. Ni de droite ni de gauche, le mouvement dit des « Gilets jaunes » trouve son origine directe dans le mécontentement provoqué par des mesures touchant les automobilistes : la réduction de la vitesse sur les routes secondaires et l’augmentation de la taxe sur les carburants. Cette origine, la forme de cette mobilisation (très décentralisée, avec des revendications sans cesse en évolution, hostile à toute forme de représentation et de délégation), les groupes sociaux mobilisés (les fractions dites stabilisées des classes populaires et les fractions inférieures des classes moyennes en périphérie des grandes villes), ont plongé dans l’incertitude les observateurs et responsables politiques, syndicaux, associatifs. Beaucoup y ont vu une colère sporadique appelée très vite à retomber mais aussi une agitation entretenue en sous-main par l’extrême-droite. Ce pronostic et ce diagnostic ont été largement déjoués. Qu’exprime au fond le mouvement des « Gilets jaunes » ? Nous défendrons l’hypothèse que ce mouvement n’est pas réductible à une signification unique, qu’il trouve une partie de ses causes profondes dans le mode de fonctionnement de la démocratie française mais aussi l’émergence d’un nouveau clivage de classe, appelé à s’approfondir, résultant des transformations économiques et environnementales.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Panel
Persévérer dans un contexte changeant?
Présidence/Animation : Luc Bernier (Université d’Ottawa)
Participants : Annie Camus (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM ), Gaston Bédard (Conseil québécois de la coopération et de la mutualité), Béatrice ALAIN (Chantier de l'économie sociale)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2401
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Innovations sociales et développement des territoires
Présidence/Animation : Mélanie Doyon (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
10 h 45
Des nouveaux modèles d’action : vers un cadre cognitif qui favorise les milieux de vie et la valeur d’usage des territoires
Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Des recherches nombreuses signalent que le cadre social et économique dans lequel s’inscrit le développement des territoires est dans une phase de reconfiguration, laquelle pose de nouveaux enjeux de recherche. Cette communication postule que des nouveaux modèles d’action sont nécessaires afin de procurer aux acteurs, d’une part, les capacités de transformer leur environnement institutionnel immédiat et, d’autre part, de changer d’échelle en termes de niveaux de pouvoir et de champs d’action. Des interactions nouvelles sont ainsi requises entre l’action à portée socialement innovatrice ancrée dans la société civile, l’action publique de régulation sociale et économique à diverses échelles et les instances universitaires, afin de favoriser l’émergence d’un cadre cognitif donnant un sens sociétal aux initiatives locales innovantes. Notre analyse s’inscrit dans le paradigme de la transition, laquelle, doit combiner les sphères sociétale et écologique. Notre hypothèse est que les initiatives socialement innovatrices qui prennent naissance dans les milieux de vie et qui favorisent la valeur d’usage des territoires peuvent combiner ces deux sphères et ainsi servir de base pour l’émergence d’alternatives sociétales. Cette hypothèse prend appui sur l’approche du buen vivir.

Résumé
11 h 05
La contribution de l’intervention collective à la redéfinition du développement des communautés territoriales
René Lachapelle (UQO - Université du Québec en Outaouais), Denis Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Les démarches de développement des communautés territoriales ont été affectées par l’exclusion de la société civile, les changements importants aux structures de soutien locales (centres locaux de développement), l’abolition des instances régionales (conférences régionales des élus et agences de la santé et des services sociaux) et la disparition de la Politique nationale de la ruralité accompagnée de l’éreintement de Solidarité rurale Québec. Les petites agglomérations qui disposent de moins de ressources humaines, ont été plus affectées que les grandes. L’étude menée depuis quelques années de démarches de développement territorial inspirées par des perspectives d’intégration nous a permis de constater l’impact de ces changements, mais aussi la capacité de rebondir de certaines collectivités. Plusieurs facteurs sont susceptibles de faire la différence quant à la capacité des communautés territoriales à relancer leurs initiatives, notamment l’historique des concertations locales, le leadership exercé par les élus locaux, les possibilités d’accès aux savoirs pratiques d’autres collectivités et aux savoirs universitaires, le soutien transitoire de la philanthropie, etc. Les praticiennes et praticiens de l’intervention collective, lorsqu’ils savent coordonner leurs efforts peuvent jouer un rôle déterminant pour l’intégration des perspectives sectorielles et l’apprentissage d’une transdisciplinarité au service d’un développement plus intégré des communautés territoriales.

Résumé
11 h 25
Le Rhin Supérieur, un espace transfrontalier propice à l’innovation scientifique, politique et sociale ? Retour sur le projet Interreg C18
Patricia Zander (Université de Strasbourg, Faculté de géographie et d'aménagement)

Les régions frontalières de l’Union Européenne ont été privilégiées pour expérimenter de nouvelles formes politiques avec leurs modes d’action propres (Ricq, 1997). Les projets Interreg ont, depuis 1990, favorisé la coopération entre ces régions appartenant à des États différents mais partageant des questions communes (Wassenberg, Reitel, 2015). Le Rhin Supérieur est, de ce point de vue, une entité politique originale par son caractère trinational. Dans ce cadre, nous avons mené une recherche appliquée, associant chercheurs et acteurs de la société civile : le projet européen Interreg C18 « Gestion économe de l’espace dans les petites et moyennes communes du Rhin Supérieur » (2010-2012). Nous devions, par un travail
de co-construction avec les acteurs de terrain, notamment produire des outils pratiques et faire émerger de nouvelles formes de travail collectif.
Nous avons réalisé un travail de maïeutique des acteurs de terrain pour saisir en finesse les réalités complexes du foncier et
"co-construire" ainsi les outils. Le succès rencontré par l’exposition « En-vie d’espaces » tient sans doute à ce travail initial. Celui-ci a mis à jour le potentiel de relations entre des acteurs qui parfois s’ignoraient, l’outil permettant de se reconnaître dans ses pratiques et, aussi, de reconnaître l’espace de l’autre. N’est-ce pas là, l’une des clés d’un dialogue savoir-société que l’Université peut contribuer à favoriser, dans une période de mutation des rôles et des repères politiques ?

Résumé
11 h 45
Des mosaïques de communautés de pratique pour alimenter le dialogue et stimuler l’innovation
Joël Nadeau (TIESS)

Dans les dernières années, les réseaux appuyant le développement territorial se sont redéfinis de manières différentes d’une région à l’autre. Si certains réseaux sont structurés et visibles, d’autres sont informels et prennent des formes originales, s’apparentant souvent à des communautés de pratique. Ensemble, ils créent une mosaïque complexe et mouvante au sein de laquelle émergent de nouvelles zones d’intersection. Les acteurs appartiennent ainsi à de multiples communautés, explicites ou non, en fonction des échelles territoriales, des appartenances professionnelles, des ancrages sectoriels ainsi que de la nature des enjeux traités. Mieux comprendre ces dynamiques est essentiel pour favoriser le transfert de connaissances et pour renforcer le dialogue entre les savoirs et la société.

Le réseau social Passerelles, déployé en septembre 2018[1], permet de mettre en lumière certaines de ces dynamiques de collaboration. Cette présentation vise à partager des réflexions découlant de ces observations et à explorer des pistes d’action pour stimuler la collaboration, le co-apprentissage et l’innovation sociale au sein d’une mosaïque de communautés de pratique.

[1] La plateforme, portée par le TIESS, permet de soutenir le déploiement de plusieurs communautés de pratique en économie sociale, en développement territorial et en innovation sociale. Plus d’informations : http://passerelles.quebec/info

Résumé
Dîner
12 h 15 à 13 h 15
Dîner
Dîner
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
Après-midi
13 h 15 à 15 h 00
Communications orales
Coconstruction des connaissances : quels dispositifs concrets?
Présidence/Animation : Mélanie PELLETIER (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
13 h 15
La concrétisation du dialogue savoirs-société au TIESS : l’exemple du déroulement de projets de coconstruction et de transfert de connaissances

L’approche du TIESS se basé sur la coconstruction des connaissances. Le saut qualitatif réalisé par rapport à ce qui se faisait déjà en recherche partenariale est de viser l’intégration des connaissances dans la pratique des organisations. Il y a une réelle volonté de transformation des pratiques des organisations et, plus globalement, de transformation sociale.

Concrètement, le TIESS va coconstruire des connaissances (soit pour systématiser des innovations préexistantes, soit pour produire des innovations). Il va aussi coconstruire des outils adaptés, faire connaître et transférer ces outils aux organisations visées pour qu’elles puissent largement adopter les innovations.

Cette présentation vise à illustrer comment le TIESS opère cette coconstruction et ce transfert ou comment il organise le dialogue savoirs-société à travers ses projets. Une mise en contexte sera faite grâce à la présentation d’une animation vidéo qui expose l’approche générale du TIESS. Par la suite, nous exposerons comment cette approche prend forme à travers les différentes phases de ses projets, (1 repérage, 2 sélection, 3 montage et démarrage, 4 innovation et expérimentation, 5 mise à l’échelle et pérennisation, 6 évaluation). Ces phases seront illustrées par divers projets en cours au TIESS (financement participatif, économie circulaire, changement d’échelle, Passerelles, accessibilité au loisir).

Résumé
13 h 35
Concrétiser le dialogue savoir société : les conditions de réalisation

Le dialogue savoirs – société s’articule autour de mécanismes formels de collaboration entre des groupes de la société civile et des établissements d’enseignement supérieurs. Ces collaborations prennent parfois la forme de bureau de liaison universités-milieux, offrant une interface de mise en relation entre chercheurs et entreprises privées ou organismes publics. Ils prennent aussi la forme de mode de collaborations plus ou moins institutionnalisés entre les milieux associatifs et les établissements d’enseignement supérieur.

Ces dernières formes de collaborations doivent être reconnues et formalisées. Plus qu’une vague question administrative, il s’agit de reconnaître des formes légitimes de construction / coconstruction et de diffusion / transfert des connaissances. Cette communication propose de cibler les conditions de réalisations de ces collaborations. Plus spécifiquement, nous aborderons la nécessité de :

Mener un débat théorique et épistémologique sur la légitimité et la pertinence de ces approches de coconstruction.

Avoir une connaissance approfondie des différentes expériences existantes, leurs spécificités et complémentarités afin de permettre une fertilisation croisée. Un travail de mise en réseau s’avèrerait ici porteur.

Valoriser et faire reconnaître ces approches auprès des milieux de l’enseignement supérieur : universités, Fonds de recherches, pouvoirs publics. Un dialogue continue s’avère ici nécessaire ainsi sans doute qu’un travail de représentation.

Résumé
13 h 55
Recherche et développement territorial – Perspectives d’un incubateur universitaire à Montréal-Nord. Isabel Heck et Jean-Marc Fontan
Isabel Heck (Parole d'excluEs/UQAM), Jean-Marc Fontan (UQAM)

Le contexte de fragilisation du milieu communautaire et la difficulté de réduire les inégalités sociales par les pratiques existantes font émerger de nouvelles formes de collaboration entre acteurs. Notre présentation analyse cette conjoncture à partir de notre perspective sur Montréal-Nord, basée sur dix ans d’implication comme chercheurs à travers l’Incubateur universitaire de Parole d’excluEs. L’intérêt grandissant pour la recherche dans le milieu amène les chercheurs de l’Incubateur à élargir leurs collaborations, jusqu’à récemment uniquement centrées sur la démarche et les projets de Parole d’excluEs. Leurs contributions à divers projets, tels qu’un vaste projet de réaménagement d’un secteur s’inscrivant dans la transition sociale et écologique et plus largement au développement de pratiques innovantes dans le milieu, transforment le rôle des chercheurs qui sont vus comme partie prenante du processus du développement territorial. Cette évolution reconfigure tant la pratique des chercheurs que celle des autres acteurs. Jusqu’alors porté essentiellement par le milieu lui-même, cette configuration de la recherche, pour être pérenne, demanderait d’être soutenue par un investissement plus fort de la mission sociale des universités.

Résumé
14 h 15
Les dispositifs de coconstruction de l'"identification/métamorphose" des ressources territoriales
Bernard PECQUEUR (Université de Grenoble)

La mise en œuvre des ressources spécifiques à un territoire, nécessite tout d'abord une identification des ressources potentielles puis l'élaboration d'une métamorphose de ces ressources potentielles. La communication proposera de détailler les deux étapes du processus de mise en œuvre de ces ressource l'essentiel des processus d'innovation sociale dans une perspective territoriales. ces deux étapes (identifier collectivement et métamorphoser) constituent l'essentiel des processus d'innovation sociale dans une perspective territoriale. L'intervention s'appuiera sur des exemples concrets.

Résumé
14 h 45
Pause
13 h 15 à 15 h 00
Panel
CIRIEC – Économie publique : réorientations dans un monde qui a changé?
Présidence/Animation : Luc Bernier (Université d’Ottawa)
Participants : André Fortier (Université Laval), Hubert RIOUX (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2401
14 h 45
Pause
15 h 00 à 16 h 15
Communications orales
Communs et économie solidaire
Présidence/Animation : Jacques Caillouette (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
15 h 00
De l’économie sociale sectorielle à l’économie solidaire comme alternative globale : le partenariat public-commun comme stratégie de ré-institutionnalisation du modèle québécois
Jonathan Durand Folco (USP - Université Saint-Paul)

L’économie sociale québécoise fut institutionnalisée il y a une vingtaine d’années par un État partenaire visant à reconnaître un troisième pilier complémentaire aux secteurs public et privé. Or, l’économie sociale est confrontée à une conjoncture fort différente : démantèlement du modèle québécois par l’État néolibéral, montée des droites populistes, quatrième révolution industrielle, crise climatique, etc. Dans ce contexte de « crise globale » (Fraser, 2017), la définition actuelle de l’économie sociale teintée par la social-démocratie du siècle passé semble confiner son potentiel transformateur. En interrogeant certains points aveugles de l’économie sociale instituée (conception sectorielle de l’économie, stratégie de concertation mal adaptée aux offensives populistes et néolibérales, division problématique entre production marchande et reproduction sociale), nous proposons de revoir certains de ses présupposés en vue de la redéfinir comme alternative globale au système capitaliste. Nous proposons de réintroduire la notion d’économie solidaire pour mettre en relief la centralité des mouvements sociaux et l’objectif de transformation sociale (Vaillancourt et Favreau, 2004), tout en l’articulant à la perspective du commun (Dardot et Laval, 2014). Enfin, le partenariat public-commun sera présenté comme une stratégie clé pour faciliter la mise en échelle de l’économie solidaire à l’échelle municipale et nationale, et une éventuelle ré-institutionnalisation du modèle québécois.

Résumé
15 h 20
Les communs culturels, mode de co-construction de savoirs pour une action culturelle renouvelée
Laurent Sauvage (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La notion de « communs » est objet de débats, autant pour la communauté scientifique que pour les citoyens ou les organismes explorant le potentiel de transformation sociale qu’elle contient. Ostrom a mis en évidence un ensemble de règles conduisant à la réussite d’une gestion commune des ressources favorisant leur conservation et a proposé une déconstruction de la notion de propriété vue comme un faisceau de droits inscrit entre la propriété privée et la propriété publique. Si Ostrom prend pour point de départ de son analyse les ressources naturelles, elle élargit par la suite son approche aux ressources de nature sociale pour y inclure des « nouveaux communs ».  L’approche d’Ostrom a été complétée par une vision plus sociopolitique des communs qui met en évidence leur potentiel subversif. Objets d’une action politique instituante construite sur l’usage des ressources, ils constituent une proposition alternative au capitalisme. La convergence de ces deux approches permet d’envisager la culture comme une ressource sociale à construire, protéger et promouvoir. Dans cette communication, nous nous proposons d’apporter une définition des communs culturels vus comme une forme spécifique de communs du savoir. Nous montrerons comment la ressource culturelle peut être utilisée, de manière intégrée, par une grande variété d’acteurs (culturels, politiques, communautaires ou économiques) pour revitaliser les territoires.

Résumé
15 h 40
Évolution des politiques forestières québécoises. Une ouverture incertaine vers la participation citoyenne
Jacques L. Boucher (UQO - Université du Québec en Outaouais)

L’évolution du régime forestier au Québec (Blais et Boucher, 2013) nous montre que s’est établi un bloc social hégémonique dans une alliance entre l’industrie forestière et l’État. Des acteurs sociaux ont cherché à amoindrir ou briser cette hégémonie : syndicats et coopératives des cultivateurs-bûcherons, syndicats ouvriers, communautés locales, etc. Au cours des dernières décennies, des acteurs sociaux plus historiques et de nouveaux acteurs sociaux semblent avoir contribué à ébranler cette hégémonie, ce qui a provoqué les travaux de la Commission Colombe et un renouvellement des politiques forestières (Qc, 2008 et 2015). Des signes de déconcentration sont apparus avec l’implantation des Tables GIR et la prise en considération des élus municipaux, mais l’orientation finale et la gouvernance réelle des ressources forestières locales et régionales semblent devoir demeurer sous l’autorité finale du tandem industrie et représentants du ministère de la Forêt. Dans cette présentation, il sera question (1) de l’évolution du régime forestier en tenant compte des alliances et des résistances des acteurs sociaux, (2) des effets de ce système social tant sur le développement territorial que sur le travail en milieu forestier sous l’angle à la fois de l’innovation sociale et de son blocage et (3) de possibles interstices qui augureraient une participation réelle des diverses parties prenantes à un mode de gouvernance socio-écosystémique proche des « communs » (Ostrom, 1990).

Résumé
15 h 00 à 16 h 15
Communications orales
Circuits alimentaires alternatifs
Présidence/Animation : Juan-Luis Klein (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2401
15 h 00
Le rôle des femmes dans le développement social et économique de la communauté de Labrousse en Haïti : le cas du projet d’ESS en agroalimentaire en Haïti
Stéphanie TOURILLON-GINGRAS (UdeM - Université de Montréal), Christian Jetté (UdeM - Université de Montréal), Yves Vaillancourt (UQAM - Université du Québec à Montréal), René Lachapelle (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Cette communication est issue d’un projet de recherche mené depuis 2014 concernant un projet d’économie sociale et solidaire Québec-Haïti en agroalimentaire. Celui-ci visait à évaluer la participation, l’organisation et le mode de fonctionnement de cinq cuisines collectives et deux cantines scolaires alimentées par la production maraichère de réseaux locaux de paysans dans les régions de Labrousse et de Rivière-Froide en Haïti. La mise sur pied de ce projet est issue d’un partenariat entre l’Union de producteurs agricoles du Québec Développement international (UPA DI) du Québec et la Fondation pour le Développement Social et Économique (FODES-5) en Haïti, de même que l’Encadrement des petits paysans des mornes et des plaines d’Haïti (EPPMPH). Les groupements de femmes qui ont pris en charge les activités de cuisines collectives et de cantines scolaires ont été des acteurs majeurs du projet.

Mettant à profit les concepts de capabilités et d’empowerment dans le cadre d’un projet ayant une dynamique Nord-Sud et Sud-Sud, la présentation vise à rendre compte des retombées sociales et économiques du projet sur les principaux acteurs concernés, notamment les femmes paysannes, les producteurs maraichers et les enfants. Elle vise également à mettre en relief à la fois les éléments structurants et les fragilités d’un projet novateur contribuant à la transition écologique et reposant sur un partenariat tissé entre des organismes de l’ESS dans un contexte de faible régulation étatique.

Résumé
15 h 20
La sécurisation alimentaire : une perspective territoriale
Mélanie Doyon (UQAM - Université du Québec à Montréal), Juan-Luis Klein (UQAM)

La sécurisation alimentaire est un processus visant une meilleure gestion des conditions d’approvisionnement en biens alimentaires des consommateurs (Hubert, 2006). Il s’agit, à l’échelle macro, de la gestion politique par les États des facteurs qui influencent la production agricole vivrière, les échanges alimentaires et les conditions d’approvisionnement. À l’échelle micro, la sécurisation alimentaire concerne les stratégies individuelles et collectives pour améliorer l’alimentation dans différents contextes locaux (Hubert, 2006). À partir de l’étude d’initiatives de sécurisation alimentaire à l’échelle locale au Québec soit, les fermes LUFA, le Système alimentaire pour tous, Jardins solidaires, le Projet d’agriculture communautaire d’Argenteuil, le Grenier boréal et la Clé des champs de Saint-Camille, nous cherchons à montrer dans quelle mesure ces initiatives configurent un champ de réflexion qui modifie les rapports entre production et consommation alimentaire et, dans certains cas, entre ville et campagne.

Résumé
15 h 40
La concertation en alimentation au sein des quartiers montréalais : enjeux, défis et innovations sociales
Béatrice LEFEBVRE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La concertation en alimentation à Montréal s’opère à la fois à l’échelle locale (les quartiers), mais aussi à une échelle régionale (Île de Montréal). Dans le cadre d’une recherche doctorale sur la gouvernance alimentaire à Montréal, nous avons effectué des entretiens semi-directifs avec 8 personnes impliquées au sein d’organisations de concertations locales, 12 employé.e.s d’initiatives alimentaires alternatives locales (aide alimentaire, cuisines collectives, agriculture urbaine, marchés, etc.) et 9 membres du conseil de politiques alimentaires (C-SAM). Dans cette présentation, nous exposerons les enjeux locaux en alimentation, les défis organisationnels et les innovations sociales au niveau local qui ressortent de nos analyses préliminaires de ces entretiens avec les représentants d’organismes de concertation locale. Nous aborderons aussi brièvement les attentes des instances de concertations locales envers le C-SAM.  

Résumé
16 h 15 à 17 h 00
Panel
Conjugaison des transversalités : recherche et pratique de l’innovation sociale aujourd’hui
Présidence/Animation : Luc Bernier (Université d’Ottawa)
Participants : Rémi Quirion (Scientifique en chef du Québec), Léopold Beaulieu (Fondaction CSN et CIRIEC-Canada), Sylvain A. Lefèvre (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Panel
Innovation et renouvellement de l’intervention sociale : dialogue Québec-Suisse
Présidence/Animation : Jacques Caillouette (UdeS - Université de Sherbrooke)
Discutant : Mélanie Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Participants : Lucie Dumais (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christian Jetté (UdeM - Université de Montréal), Jean-Pierre Tabin (Haute École spécialisée de Suisse Occidentale), Pascal Maeder (Haute école spécialisée de la Suisse orientale (HES-SO))
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
10 h 15
Pause
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Rôles des étudiants dans la coconstruction des savoirs
Présidence/Animation : Jacques L. Boucher (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2401
10 h 30
Des formules de collaboration entre les établissements d’enseignement supérieur et la communauté : tour d’horizon
Mélanie PELLETIER (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les cégeps et les universités au Québec ont développé différentes initiatives afin de concrétiser le dialogue savoirs-société, soit par la recherche partenariale, la formation, et les activités de diffusion et transfert. On retrouve des services institutionnalisés, tels que le Service aux collectivités de l’UQAM (TIESS et UQAM, 2018) et le Bureau d’engagement communautaire de l’université Concordia. Du côté collégial, les centres collégiaux de transfert technologique – pratiques sociales novatrices (CCTT-PSN), reconnus par le gouvernement depuis 2009, visent le développement social (Arbour, 2016).

Des formules favorisant l’engagement étudiant dans la communauté ont aussi émergé depuis plus d’une décennie, que ce soit les boutiques de sciences (Piron, 2009), les projets d’intervention dans la communauté (Lemay, 2015; Bolduc, 2018) et les cliniques-écoles, entre autres.

Enfin, avec la transformation des instances de concertation et de développement dans les territoires, une nouvelle tendance observée est le développement de lieux d’innovation sociale ainsi que des observatoires régionaux (Estrie, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue) par les établissements d’enseignement supérieur, ou en collaboration avec ceux-ci.

Cette communication a donc pour but de présenter un tour d’horizon de ces différentes formules de collaboration, réalisé par une recherche documentaire, en dégageant des conditions de succès et enjeux soulevés dans la mise sur pied et la pérennisation de ces initiatives.

Résumé
10 h 50
N’étions-nous pas des enseignant.e.s? vers une pédagogie émancipatrice de l’innovation et de la transformation sociale
Philippe Dufort (USP - Université Saint-Paul), Anahi MORALES HUDON (Université Saint-Paul)

Cet article présente une réflexion critique sur la pratique quotidienne dans le milieu académique entourant la recherche, l’enseignement et le service à la communauté. Les auteur.e.s y proposent une praxis universitaire critique et émancipatrice ancrée dans une quotidienneté afin de refonder une forme d’enseignement dans le champs de l’innovation sociale qui soit davantage ancrée dans les communautés. En ligne avec les critiques contemporaines du virage néolibéral des universités, ce texte nous invite à questionner le rôle prédominant que joue la recherche dans le quotidien des professeur.e.s. Les auteur.e.s suggèrent que, dans une perspective critique à visée transformatrice, il semble essentiel de valoriser sans hiérarchiser la pédagogie, la recherche et le service à la communauté pour une pratique universitaire engagée matérialisant ses promesses de transformation sociale. L’articulation de ces dimensions permet ainsi de repenser les pratiques de production, transmission et appropriation du savoir dans le milieu académique--particulièrement par, pour et avec les groupes marginalisés. Tiré d’une démarche réflexive sur leur propre pratiques, les auteur.e.s suggèrent finalement des pistes concrètes pour revoir les visions entendues de la salle de classe, du centre de recherche et du service à la communauté.

Résumé
11 h 10
Les rôles multiformes des étudiants-es dans les projets partenariaux université/collectivités : vers une pédagogie de la coconstruction et de l’engagement social ?
Eve-Marie LAMPRON (UQAM - Université du Québec à Montréal)

À partir d’expériences et de réflexions situées dans le cadre du Service aux collectivités de l’UQAM (coordonnant depuis près de cinquante ans des projets de recherche, de formation et de transfert des connaissances entre universitaires et groupes de femmes, communautaires et syndicaux), cette communication abordera les multiples rôles joués par les étudiants-es dans des projets partenariaux visant une coconstruction des connaissances. Dans ce contexte précis, ces rôles interpellent tant la mission sociale des universités que celle de la formation, à la base même des institutions d’enseignement et de leur financement par l’État. Outre les rôles, les visées de cette implication étudiante et ses portées seront discutées. Si l’aspect multivoque des projets et de leurs acteurs-trices, ainsi que la variabilité des degrés de coconstruction sont à souligner, dans nombre d’équipes partenariales s’instaure une véritable pédagogie de l’engagement social visant des transferts multidirectionnels entre professeurs-es, groupes et étudiants-es. Inspirée des pédagogies antioppressives et féministes (Kurtzman et Lampron, 2018 ; Pagé, Solar et Lampron, 2018), cette pédagogie s’opérationnalise tant par les processus (circulation de la parole, reconnaissance des expertises mutuelles, etc.) que par la production de connaissances engagées, en coconstruction avec des groupes porteurs d’une volonté de transformation sociale.

Résumé
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Innovations sociales et changements politiques : perspectives internationales
Présidence/Animation : Sid Ahmed Soussi (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
10 h 50
Accompagnement contributif et partage des savoirs : le cas de l’agriculture au Gabon
Jean-Louis Le Goff (Université de Rouen Normandie ), Roger Nguema-Obame (Université Omar Bongo)

La communication présente les résultats d’un projet de recherche interdisciplinaire franco-gabonais (sociologie, géographie, économie, agronomie) s’intitulant : « Projet de recherche-développement ECO²RURALITE : accompagnement, innovation, économie verte et ingénierie rurale au Gabon » ou PRDE. Sa finalité est d’appréhender de manière théorique et pratique un modèle inédit de développement croisant innovation, expertise et accompagnement afin d’analyser les dynamiques sociales, organisationnelles et économiques à l’œuvre dans le secteur agricole au Gabon. Cette étude est une « action-recherche » qui se donne les conditions de produire une expérimentation afin de révéler à l’échelle d’un pays les freins, obstacles et potentialités socioculturels et institutionnels auxquels se confronte la réalisation d’un tel projet (contingences, jeux d’acteurs, complexité des situations). La réflexion théorique engagée est de nature prospective et critique : elle tente de combiner liberté d’agencéité et capabilité d’A. Sen en lien avec une sociologie des « acteurs faibles » (Payet, Giuliani & Laforgue). Par ailleurs, appréhendé comme nouvelle gestion des risques et transfert de responsabilité, l’accompagnement institutionnel des acteurs (formations technique, scientifique et logistique, création et renforcement des organisations), est pensé au-delà de sa dimension contraignante comme l’opportunité de développer scientifiquement de nouvelles capacités d’action collective.

Résumé
11 h 10
La Bolivie indigéniste du Vivir Bien : avantages et contraintes pour les femmes Aymaras partageant leur vie entre ville et campagne
Cécile Collinge (École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM )

La Bolivie vit présentement d’importantes transformations démographiques, politiques et sociales. En 2006, ce pays majoritairement autochtone a élu pour la première fois un président indigène qui tente de donner au Vivir Bien, soit aux us, coutumes et valeurs indigènes, une place prépondérante tant dans le cadre constitutionnel que dans la vie quotidienne. Par ailleurs, une urbanisation intense, issue du capitalisme, côtoie la résurgence du Vivir Bien valorisant la paysannerie. Ainsi, de nombreuses familles indigènes, paysannes et pauvres migrent vers la ville, pour y travailler et y étudier, tout en conservant un terrain à la campagne, pour y produire l’essentiel des denrées alimentaires de la famille. Les femmes Aymaras partageant leur vie entre ville et campagne, ayant un mode de vie hybride urbain-rural et occidental-indigène, profitent maintenant d’une baisse importante des discriminations, d’une fierté indigène retrouvée, de programmes sociaux et de lois en faveur des femmes. Toutefois, le machisme toujours très présent, leur méconnaissance des politiques gouvernementales ainsi que les charges associées à la communauté rurale rendent la vie de ces femmes difficile.

Lors du colloque, nous présenterons l’innovation sociale qu’est le Vivir Bien, les principales politiques gouvernementales touchant les femmes ainsi que les points de vue d’expertes et de femmes partageant leur vie entre ville et campagne sur le Vivir Bien et sur son application concrète.

Résumé
11 h 30
L’importance de la dimension politique pour pérenniser les innovations sociales portées dans des projets de développement local par les acteurs de l’ESS et les ONG : le cas du projet d’ESS en agroalimentaire en Haïti
Yves Vaillancourt (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christian Jetté (Université de Montréal), Stéphanie Tourillon-Gingras (Université de Montréal), René Lachapelle (Université Laval)

Cette communication se situe en lien et en continuité avec les recherches menées pour faire l’évaluation participative d’un projet d’ESS Québec-Haïti sur l’agroalimentaire et avec le livre: Une coopération Québec-Haïti innovante en agroalimentaire : l’ESS en mouvement (PUQ, 2018).

L’accent est mis sur les conditions d’ordre politique qui peuvent favoriser, freiner ou bloquer la pérennisation des initiatives innovantes d’ESS. Notre présentation aura deux parties. Premièrement, nous identifierons les acteurs, institutions et politiques publiques qui ont des interfaces avec le projet d’ESS : au plan international, l’ONU et le PAM; au plan national, l’Exécutif, le Parlement et la politique des cantines scolaires; au plan local, les élus des collectivités territoriales (départements, villes, communes et les sections communales) et leurs responsabilités en développement local. Deuxièmement, nous nous pencherons sur deux moments de crises politiques susceptibles de malmener la pérennisation du projet d’ESS : a) la crise politique électorale de 2014-2016 qui a touché les élections à la fois présidentielles, législatives et locales; b) la crise sociopolitique de 2018 qui affecte la qualité de l’action publique des acteurs internationaux, nationaux et locaux. Nous terminerons en identifiant un certain nombre de conditions politiques susceptibles de favoriser la pérennisation du projet d’ESS en agroalimentaire en Haïti.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 13 h 15
Dîner
Dîner
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
Après-midi
13 h 15 à 15 h 00
Communications orales
Droits sociaux et économiques
Présidence/Animation : Jonathan Durand Folco (USP - Université Saint-Paul)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
13 h 15
Produire des traces et suivre à la trace : le suivi dans la collectivité de jeunes délinquants montréalais saisi par l’analyse d’un logiciel informatique
Mohammed Aziz Mestiri (UdeM - Université de Montréal), Jade Bourdages (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication prend pour objet les pratiques quotidiennes des agents – dits « délégués jeunesse » – chargés du suivi des jeunes délinquants condamnés à des peines exécutées dans la collectivité. À partir d’observations et d’entretiens avec des professionnels, nos précédents travaux ont mis en avant la tension structurelle et constitutive du travail de ces agents, entre une mission d’accompagnement, dans une visée générale de réinsertion et de réhabilitation des jeunes, et une mission de surveillance, dans une visée générale de contrôle de leurs comportements et de gestion publique des risques qu’ils sont jugés représenter pour la sécurité du public. Cette communication vise à prolonger ces analyses en nous centrant sur les données issues de la consignation systématique de traces d’activité de ces délégués, via l’usage d’un logiciel informatique introduit au début des années 2000 dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux : le PIJ, « projet intégration jeunesse ». Ce logiciel constitue une archive du travail quotidien et l’un des outils actuels du dispositif de surveillance qui pèse sur les jeunes. Il permet de saisir les finalités du travail de ces agents et l’exercice d’une gestion et d’une surveillance communautaire qui passe par l’enrôlement de divers acteurs de socialisation ordinaire (notamment l’école, mais surtout la famille), eux-mêmes tenus de produire des traces sur les jeunes – permettant aux délégués jeunesse de les suivre à la trace.

Résumé
13 h 35
Développement territorial, revitalisation et dépossession du logement: enjeux pour les acteurs politiques locaux
Renaud Goyer (UdeM - Université de Montréal)

Le logement représente le socle par lequel les membres d’une collectivité s’ancrent sur un territoire et dans une communauté mais qui leur permet également de se protéger de la communauté et du territoire. Or, plusieurs phénomènes fragilisent ce rapport au logement et aux espaces, notamment pour les locataires. Le premier a trait aux problèmes de salubrité des logements contribuant à l’exclusion sociale des locataires qui y font face. Le deuxième consiste à l’augmentation des déplacements forcés (éviction ou reprise de logement) de locataires pour permettre à des promoteurs de transformer le cadre bâti pour en tirer davantage de profits. Dans les deux cas, les locataires font face à un phénomène de dépossession de leurs espaces du logement et du quartier. Ces phénomènes posent de sérieux défis pour l’organisation et le développement du territoire et les acteurs municipaux sont appelés à intervenir et se trouvent pris dans un arbitrage entre la volonté de défendre les locataires sans se mettre à dos les promoteurs qui permettent l’entrée de nouveaux revenus par l’entremise de l’impôt foncier. Existent-ils des innovations possibles pour effectuer ces arbitrages? Comment les acteurs collectifs conçoivent-ils ceux-ci? Notre communication, après avoir présenté ces phénomènes de dépossession, abordera les défis de l’action politique en matière de logement au niveau municipal dans un contexte où le développement territorial est pensé comme travail de négociation et de concertation. 

Résumé
13 h 55
Le crédit communautaire au Québec. Quelle contribution au développement des territoires ? Analyse des retombées en régions
Marie Langevin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Annie-Claude Veilleux (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La communication porte sur les résultats issus de notre recherche partenariale avec MicroEntreprendre, le réseau québécois regroupant les organismes de crédit communautaire. Ce projet vise à mettre en valeur la contribution de ces organismes et à produire des connaissances nouvelles sur les dynamiques de développement socioéconomiques au sein des territoires locaux pour mieux comprendre le rôle qu'y jouent les outils de finance communautaire. Nous présenterons les résultats pour deux organismes oeuvrant en région, le Fonds Mauricie et Microcrédit KRBT (Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et des Basques). Notre analyse dégage les retombées de ces organismes par le biais d'indicateurs clés, dont la création d’entreprises et d’emplois par les promoteurs de projets (micro)entrepreneuriaux, la nature des activités et le profil type des promoteurs, le nombre de prêts accordés et l’effet de levier, l’accompagnement de proximité reçu par les promoteurs, le profil type des promoteurs et leur taux de réinsertion. Notre analyse comparera les résultats obtenus pour ces deux organisations régionales. Nous mettrons également en perspectives nos analyses par rapport à celles réalisées dans un volet complémentaire du projet de recherche avec des organisations oeuvrant en milieux urbains.

Résumé
14 h 15
Le crédit communautaire au Québec. Quelle contribution au développement des territoires ? Analyse des retombées en milieux urbains
VALÉRIE MVOGO BALLA (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Suzanne Tremblay (UQAC)

Créés respectivement en 1990 et 1997, l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) et le Fonds d’emprunt Québec (FEQ) font partie des 15 organismes de crédit communautaire membres du réseau de microcrédit québécois. Ils se déploient dans les métropoles dont ils portent le nom selon les trois principes fondamentaux de crédit communautaire qui sont le microcrédit, l’accompagnement de proximité et la capitalisation. Dans le cadre d’une recherche partenariale avec MicroEntreprendre, le réseau québécois regroupant les organismes de crédit communautaire, nous avons conduit une analyse quantitative afin de faire connaître les retombées du crédit communautaire, et par ricochet la contribution de ces organisations au développement des territoires locaux. Nous présenterons dans notre communication certains indicateurs clés, comme la création d’entreprises et d’emplois par les promoteurs, la nature des activités des promoteurs, le nombre de prêts accordés aux promoteurs et l’effet de levier, l’accompagnement de proximité reçu par les promoteurs, le profil type des promoteurs (statut professionnel, âge, origine continentale, niveau de scolarité), et enfin leur taux de réinsertion. Notre analyse comparera les résultats obtenus, pour ces deux organisations en milieu urbain, pour révéler leurs similitudes et leurs différences. Nous discuterons également des résultats obtenus par un autre volet de l'étude réalisée sur des organisations en région.

Résumé
15 h 00
Pause
13 h 15 à 15 h 00
Communications orales
Actions collectives, coopératives et solidarités syndicales
Présidence/Animation : Vincent van Schendel (TIESS)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2401
13 h 15
Vivre la solidarité au niveau régional : les conseils régionaux de la FTQ et les conseils centraux de la CSN comme espaces de politisation du syndicalisme
Thomas Collombat (UQO - Université du Québec en Outaouais), Sophie Potvin (UQO - Université du Québec en Outaouais), Vincent Brassard (UQO)

Les organisations syndicales régionales (OSR), qui rassemblent les syndicats locaux d’une même ville ou d’une même région, sont parmi les plus anciennes structures interprofessionnelles du mouvement ouvrier. À ce titre, elles représentent des espaces privilégiés de construction et de défense des intérêts de classe, allant au-delà des divisions de métiers ou d’industries. Pourtant, les OSR québécoises (soit les conseils régionaux de la FTQ et les conseils centraux de la CSN) sont très peu traités dans la littérature scientifique et souvent ignorées au sein même du mouvement syndical. Cette communication vise à identifier dans quelle mesure ces structures peuvent contribuer à la revitalisation du syndicalisme, en particulier sur le plan de ses orientations et actions d’ordre politique. À travers une étude comparée des deux principales centrales québécoises dans trois régions (Montréal métropolitain, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue), nous identifierons les points communs et différences entre ces OSR ainsi que les obstacles et possibilités qui s’offrent à elles en termes de construction et de défense d’une identité de classe. Cette réflexion nous apparaît d’autant plus nécessaire dans le contexte de changements politiques nuisibles à l’action collective et aux revendications traditionnelles du mouvement ouvrier.

Résumé
13 h 35
Participation des sociétaires d’une SCIC : proposition d’une typologie
Mathilde SIHR (Université Lyon 2), Isabelle Dedun (Université Lyon), Alexandrine Lapoutte (Université Lyon)

Face au désengagement de l’Etat, la récente émergence des SCIC françaises (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) apporte une réponse innovante en « réengageant » les collectivités territoriales dans un projet coopératif de développement local durable. En effet, la gouvernance multisociétariale de la SCIC doit satisfaire l’intérêt collectif des acteurs d’un territoire et a des retombées en termes d’utilité sociale et d’empowerement, d’autant plus que ces dernières investissent majoritairement les domaines de l’environnement, l’alimentation ou la culture.

Par conséquent, l'enjeu essentiel pour la SCIC consiste à donner les moyens au multisociétariat de participer activement à la gouvernance. Cependant, loin de s’incarner aussi facilement dans la réalité, la participation des sociétaires se confronte à de multiples enjeux et tensions. Plusieurs SCIC sont engagées dans une réflexion stratégique sur leur vie coopérative. C’est le cas d’Enercoop Rhône-Alpes, 3ème plus grosse SCIC française (en nombre de sociétaires), spécialisée dans la fourniture d’électricité renouvelable.

Notre travail est le fruit d’une recherche-action entre l’Université et les acteurs de la coopérative à l’occasion d’une mission de six mois. A la suite du diagnostic effectué, nous proposons une typologie de la participation des sociétaires dans une SCIC, l’objectif final étant d’identifier de bonnes pratiques pour encourager la vie démocratique dans le cadre d’une organisation multisociétariale.

Résumé
13 h 55
Le passage de l’association au modèle coopératif pour les groupements d’employeurs : choix contraint ou réelle innovation sociale ?
Caroline ANDRE (À determiner), Laetitia Lethielleux (Université de Reims)

Fin 2018, le Conseil économique, social et environnemental français se prononçait en faveur de la promotion des groupements d’employeurs (GE) qualifié d’« outil pour la croissance et l’emploi ». Créés principalement sous forme associative, les GE constituent une formule originale d’emplois partagés. Ils ont été créés sur l’initiative de chefs d’entreprise de TPE/PME afin de mutualiser la création d’emplois et les risques qui lui sont attachés pour répondre à leurs besoins de main-d’œuvre. Depuis peu[1], on observe une évolution du statut juridique des GE, majoritairement associatifs, vers la forme coopérative, et plus spécifiquement pour les sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC) (André et al. 2016). Cette forme juridique permet par une gouvernance multisociétariat de renforcer les fonds propres des GE et de mieux garantir la pérennité de leur activité. L’objet de cette communication, qui s’appuie sur une étude qualitative menée auprès des 19 GE ayant opté pour la SCIC en France, vise à identifier les raisons et les effets de cette transformation. S’agit-il d’un choix contraint par des logiques isomorphes (Laville et Sainsaulieu, 2013) ou d’une réelle innovation sociale visant à renforcer l’attractivité des territoires par une meilleure coopération inter-organisationnelle (Lethielleux, 2017) ?

[1] Lenancker P. (2018), « Les groupements d’employeurs », avis du CESE, novembre 2018, p. 107.

Résumé
14 h 15
L’innovation sociale dans la transition écologique Le cas d’une épicerie coopérative et participative
Ali Romdhani (Université de Rennes 2)

Face aux déficiences du marché et au retrait de l’État, émerge des « mouvements sociaux de transitions » souvent centrés autour d’enjeux d’autonomie (ex. alimentaire, résidentiel, politique) et d’une prise de conscience forte de l’urgence climatique. Dans ce contexte, émerge aussi de nouveaux modes d’action publique pilotés par les métropoles, notamment dans le champ de l’ESS, qui favorise différentes formes d’innovation sociale hors des cadres classiques de l’État. Ainsi l’objectif de cette communication est de caractériser l’innovation sociale à la confluence de ces deux tendances à partir d’un cas bien précis : celui de l’épicerie coopérative et participative Breizhicoop (Rennes, France).

Cette communication s’articule autour de trois axes : les innovations centrées sur la personne, le milieu et l’entreprise. Ces domaines habituellement conçus séparément sont pourtant tous au centre du modèle promu par Breizhicoop, où l’idée est de faire systématiquement de chaque client un coopérateur, travaillant bénévolement trois heures par mois au sein de la structure. D’autre part, une réflexion méthodologique sera conduite sur la place du jeune chercheur dans ce type d’organisation, et la place du savoir expert au sein des collectifs citoyens.

Cette étude de cas se base essentiellement sur la participation active et non-institutionnelle du chercheur au développement du projet Breizhicoop depuis deux ans.

Résumé
14 h 35
Innovations sociales d’acteurs face à l’action publique : le cas des droits sociaux du travail et de la syndicalisation des travailleurs migrants temporaires
Sid Ahmed Soussi (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication, qui s’appuie sur une recherche sur les conditions de séjour et de travail des travailleurs migrants temporaires (TMT) au Québec, rend compte des tentatives de soutien à ces travailleurs menées par un réseau d’organisations (syndicats, ONG, diocèses, etc.) dont l’éventail des initiatives génère diverses tensions politiques et relationnelles. Plusieurs de ces initiatives apparaissent comme des innovations sociales, même si leurs tensions se révèlent précisément dans leur difficulté à influencer l’Action publique et ses dispositifs. Cette incapacité n’est pas due seulement à la rétivité des décideurs institutionnels. Il y a un autre écueil majeur : les politiques publiques canadiennes sont en phase avec un solide consensus international sur les flux migratoires du travail et dont la remise en question relève de la gageure. Le Programme des travailleurs étrangers temporaires obéit aux trois principes sacro-saints de l’Organisation internationale pour les migrations. La circularité: les TMT doivent rentrer chez eux pour une période blanche avant de postuler pour un emploi; la durée du séjour est toujours limitée, même si l’emploi est permanent; enfin le permis nominatif, au cœur de cette dynamique qui subordonne nominativement l’employé à son employeur unique, singularise une relation d’emploi échappant à la plupart des normes du travail locales et bloque la syndicalisation en privant les TMT d’autres droits sociaux auxquels ont accès les salariés résidents.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 30
Communications orales
Innovations sociales et changements politiques : quels outils théoriques et méthodologiques pour penser leurs articulations?
Présidence/Animation : Mélanie Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402
15 h 15
Mobiliser la théorie critique de Nancy Fraser pour l’étude de l’action collective, du syndicalisme et des innovations sociales dans la crise actuelle du néolibéralisme
Paul-andré Lapointe (Université Laval)

La théorie critique de N. Fraser se distingue par trois contributions majeures. Son approche de la justice sociale associe les enjeux de distribution et de reconnaissance dont le déni relève d’un statut situé dans les relations sociales. Le redressement de la distribution inique et du déni de reconnaissance repose sur des exigences démocratiques, soit la parité de participation des victimes aux délibérations dans la sphère publique. N. Fraser propose en outre une théorie du capitalisme considéré comme un ordre social institutionnalisé, composé de quatre séparations (production et reproduction sociale, économie et politique, nature et présence humaine, exploitation et expropriation des pays du Sud). Prolongeant l’apport du marxisme classique, centré sur l’exploitation et la lutte des classes, N. Fraser dégage l’importance des luttes sociales qui émergent aux frontières des quatre séparations : féminisme, socialisme démocratique, écologie et anti-impérialisme. Appuyée sur cette conception du capitalisme, elle offre enfin une analyse de la grammaire des luttes sociales en ajoutant une troisième dimension, soit l’émancipation, au double mouvement de Polanyi, polarisé entre la société et l’économie. Après avoir rappelé les principales contributions de la théorie critique de N. Fraser, la communication en dégagera certaines orientations susceptibles de guider l’étude de l’action collective, du syndicalisme et des innovations sociales dans la crise actuelle du néolibéralisme.

Résumé
15 h 35
Nourrir les dialogues Sud-Nord avec le concept de "tecnologia social"
Marlei Pozzebon (HEC Montréal), Fabio PRADO SALDANHA (HEC Montréal), Sonia Tello-Rozas (UQAM)

Cet essai critique propose un dialogue entre les épistémologies du Nord et du Sud en matière d’innovation sociale. Malgré l’existence d’une vaste littérature qui intègre une diversité d’approches, il convient de noter que les concepts/idées/expériences en matière d’innovation sociale représentent essentiellement une production européenne et nord-américaine. D’une certaine façon, le monde académique qui s’intéresse à l’innovation sociale reproduit le même schéma de domination culturelle et de colonisation de l’imaginaire condamné dans d’autres domaines de ladite « science ». Nous défendons la valeur du partage de connaissances sud-nord, en mobilisant une tradition de recherche sud-américaine – la « tecnologia social » – souvent méconnue par les chercheurs et praticiens du Nord. Cette approche insiste sur une perspective culturelle et politique alignée sur le post-développement, le post-colonialisme et le « post-scientisme », remettant en question un certain nombre de prémisses de la vision occidentale du progrès et de la science, notamment la suprématie du savoir dit technique/scientifique, et en soulignant l’importance des protagonistes locaux (Pozzebon et Fontenelle, 2018). Aligné sur la tradition qui défie l'ethnocentrisme hégémonique du savoir en gestion (e.g., Alcadipani et al., 2012), cet essai contribuera à nourrir les visions transformatrices des innovations sociales, en mettant l'émancipation, la décolonisation et le post-développement au premier plan (Islam, 2011).

Résumé
15 h 55
Vers une analyse des aspects régionaux et géographiques de l’Innovation sociale
Catherine Trudelle (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie J. Bouchard (UQAM)

L’innovation sociale (IS) a jusqu’ici principalement été étudiée par le biais d’approches qualitatives, au CRISES,  tout comme dans de vastes projets de recherche tels ceux menés dans le cadre du programme Social Innovation Europe, financé par la Commission européenne (www.siresearch.eu). Ce choix méthodologique s’explique par le caractère unique des innovations, du moins à leur émergence par la diversité des disciplines qui s’y intéressent et par le fait que le concept d’IS demeure encore faiblement codifié. Les informations ainsi recueillies sur les IS demeurent isolées les unes des autres, limitant l’analyse macrosociologique des transformations sociales qui les accompagnent. C’est ce constat qui a mené Une équipe de chercheurs du CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales) à constituer une base de données relationnelle (BDIS) à partir d’un grand nombre d’études de cas. L’objectif global de ce programme est d’approfondir les connaissances sur les IS en favorisant la réalisation des analyses transversales, longitudinales, sectorielles et spatiales de l’innovation sociale IS dans un contexte géographique, régional et social donné. Notre projet vise à réaliser une méta analyse des aspects territoriaux de l’IS dans le contexte du Québec. Nous cherchons ainsi à mieux comprendre comment naissent et se diffusent les innovations sociales à travers le temps et les territoires.

Résumé
16 h 30 à 16 h 45
Panel
Mot de clôture
Participants : Mélanie Bourque (UQO - Université du Québec en Outaouais), Luc Bernier (Université d’Ottawa), Sylvain A. Lefèvre (UQAM - Université du Québec à Montréal), Vincent van Schendel (TIESS), Thomas Collombat (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : A2402