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407 - Intersectionnalité et mouvements sociaux : comment la multiplicité des identités des activistes influence le choix des revendications des mouvements sociaux

Le jeudi 30 mai 2019

Ce colloque propose une réflexion intersectionnelle sur divers mouvements sociaux au Québec en s’intéressant aux articulations complexes des identités et des luttes. Chaque présentation s’intéressera à des tensions et à des débats au sein d’un mouvement particulier, notamment des mouvements féministes, LGBTQ+, antiracistes et militants sur les droits des jeunes et de la santé mentale. La diversité des enjeux abordés permettra de lancer une discussion avec le public en faisant des ponts entre les problématiques ainsi que de présenter des manières de mobiliser l’intersectionnalité comme un outil de réflexion, de critique et d’engagement social et politique. Les présentations s’interrogeront notamment sur les enjeux de la représentation et de l’inclusion de la diversité des membres dans les mouvements sociaux, entre autres dans la sélection de revendications qui peuvent être mises de l’avant dans un programme politique officiel. Elles se questionneront également sur la négociation des stratégies identitaires des activistes dans leurs engagements en s’intéressant à la diversité de leurs parcours ainsi qu’à la négociation des tensions au sein des mouvements.

Ce colloque se tiendra sur une journée qui combinera des présentations et des activités suscitant la discussion avec le public. Le mode de présentation diversifié vise une journée interactive, jumelant la présentation des résultats de recherche de la part des chercheurs ou chercheuses, des activités avec le public et des témoignages ou des expériences d’activistes impliqués dans les mouvements abordés afin de présenter une expérience directe et de valoriser les voix des personnes qui sont au cœur de ces mobilisations. La participation active du public sera fortement encouragée au sein d’activités et de discussions. Une exposition d’affiches illustrera la multiplicité des approches théoriques évoquées dans différentes recherches.

Les conférenciers et conférencières ont tous et toutes une histoire d’implication dans des mobilisations collectives variées (jeunesse, itinérance, femmes, LGBTQI+, personnes racisées...). L’objectif de ce colloque est d’entamer une réflexion sur les enjeux de l’engagement social dans les mouvements sociaux ainsi que sur l’utilité d’une perspective intersectionnelle pour penser les dynamiques d’inclusion et d’exclusion qui traversent les pratiques activistes. Au-delà de simples réflexions théoriques, le colloque cherche à engager des discussions sociales et politiques sur des défis d’importance liés à la justice, à la représentation, au pouvoir et à la diversité dans la société civile actuelle.

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Remerciements

Merci à Conseil de recherches en sciences humaines - Canada et  l'École d'Administration Publique pour l'organisation et le financement de ce panel

Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
ENAP - École nationale d'administration publique
ENAP - École nationale d'administration publique
ENAP - École nationale d'administration publique
UdeM - Université de Montréal
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Avant-midi
09 h 30 à 10 h 30
Communications orales
Activités d’introduction et de réflexion
Discutant : Reza Dupuis (CDPDJ)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
09 h 30
Les positionnements intersectionnels: justification et évitement
Reza Dupuis (CDPDJ)
10 h 30 à 11 h 30
Communications orales
Intersectionnalité : choix et revendications
Discutant : Chamindra Weerawardhana (Grande-Bretagne), Geneviève Pagé (UQAM - Université du Québec à Montréal), Tatiana Garakani (ENAP - École nationale d'administration publique), Eric Charest (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
10 h 30
Analyse des revendications publiques, l’intersection de pouvoir, visibilité et sécurité
Tatiana Garakani (ENAP - École nationale d'administration publique)

Une identité collective forte est perçue comme un impératif de mobilisation. Cependant, les identités collectives qui sont principalement "exprimées par des solidarités de similitude" risquent de ne pas tenir compte des différences au sein du groupe, négligeant ainsi les expériences et les besoins distincts de certains de ses membres. Même parmi un groupe d’activistes travaillant ensemble pour provoquer un changement social progressif, certains peuvent rester invisibles. Les mouvements sociaux, même avec les meilleures intentions, n'ont pas échappé aux problèmes persistants de légitimité et de représentation. Il est donc nécessaire de comprendre comment les mouvements sociaux, y compris les mouvements féministes, choisissent leurs objectifs en tenant compte des divers intérêts et identités de leurs membres. En analysant les sources secondaires, nous avons essayé de documenter si et comment les revendications publiques de défense des droits ont évolué au fil du temps pour représenter les intersections et les interconnexions de revendications de différents groupes de femmes au sein de société québécoise.  Une attention particulière est accordée à l'articulation et à l'évolution de trois dimensions spécifiques: le pouvoir, la visibilité et la sécurité.

Résumé
10 h 50
La justice reproductive, ou comment transformer les revendications libérales promouvant « le choix » en revendications pour la justice
Geneviève Pagé (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le mouvement pro-choix états-unien a longuement été critiqué par les femmes racisées états-uniennes pour son focus sur le l’avortement au détriment des autres problématiques de santé reproductive (Gerber Fried, 1990; Luna, 2009; Silliman et al., 2004). Si l’enjeu pour les femmes blanches privilégiées est de retarder ou refuser d’avoir des enfants, pour les personnes autochtones, racisées, handicapées, trans, de la diversité sexuelle, pauvres, incarcérées ou à statut précaire, l’enjeu est bien plus souvent de pouvoir en avoir, de pouvoir les garder et de pouvoir les éduquer dans un environnement sécuritaire. Ainsi, le mouvement pour la justice reproductive s’est développé afin de porter une diversité de préoccupations qui, pourtant, rejoignent toutes la même revendication politique : le contrôle de nos corps. Il est donc l’exemple parfait qui nous permet de repenser un mouvement social à la lueur d’une lunette intersectionnelle. Dans la foulée de ces critiques, les femmes racisées ont mis en lumière nombre d’enjeux sur la notion libérale de « choix » utilisée par les mouvements féministes. Suite à une introduction plus générale sur le mouvement pour la justice reproductive aux États-Unis, cette présentation fera une analyse critique de l’histoire des revendications féministes autour de la santé sexuelle et reproductive au Québec en soulignant les pièges de la notion de choix dans la construction des mouvements sociaux au profit de la notion de justice.

Résumé
11 h 10
Francophonies, mouvements sociaux et droits fondamentaux : une perspective féministe-décoloniale
Chamindra Weerawardhana (Grande-Bretagne)
11 h 30 à 12 h 15
Communications orales
Activité de discussion – Activistes et chercheurs ou chercheuses : tensions dans les positionnalités
Présidence/Animation : Eric Charest (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
11 h 30
Conciliation des postures de chercheur.euse et activiste
Eric Charest (ENAP - École nationale d'administration publique)

On s’interroge souvent à savoir s’il est possible de concilier à la fois les postures de chercheurs.euses et d’activiste. Il est bien connu que de nombreux obstacles existent dans le milieu académique pour celleux qui s’y risquent, dont au premier plan la remise en question de la qualité des recherches réalisées. Cette activité vise à discuter des positionnements épistémologiques qui sous-tendent cette posture du chercheur.euse-activiste pour ensuite réfléchir collectivement aux difficultés potentielles que peuvent rencontrer celleux qui adoptent cette posture et les stratégies, individuelles et collectives, qui pourraient être déployées afin d’y répondre. 

Résumé
11 h 30
Discussion
Dîner
12 h 30 à 13 h 45
Dîner
La co.création comme levier de transformation sociale - L'expérience Porte-Voix
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
12 h 30
La co.création comme levier de transformation sociale - L'expérience Porte-Voix
Emilie Roy (Mouvement Jeunes et Santé Mentale)

Porte-Voix est un projet de co.création à caractère social et politique proposé par l'organisme Coup d’éclats dans différents centres jeunesses depuis 2012. Le projet fut récipiendaire du prix Droits et Libertés de la Commission des Droits de la personne et des Droits de la jeunesse 2018, reconnaissant une initiative mettant la créativité et l'innovation au service des droits.  Dans le cadre de l'exposition État des lieux, 8 oeuvres partageant les parcours des jeunes et soulignant leurs prises de pouvoir face à leur vécu furent présentées au grand public. Co.créatrice de l'oeuvre Porte de sortie, Emilie Roy nous partagera son expérience et explicitera la démarche de Porte-Voix. Certaines co.créations pourront être découvertes sur place, dont une immersion en 360 degrés d'un parcours d'hébergement d'une adolescente en situation de placement.

Résumé
Après-midi
13 h 45 à 14 h 45
Communications orales
Élaboration des stratégies et revendications au sein du Mouvement jeunes et santé mentale sous une approche intersectionnelle : une étude de cas et des témoignages d’activistes
Discutant : Sarah Caissey (Mouvement Jeunes et Santé Mentale), Danaïka Coquillon (Mouvement Jeunes et Santé Mentale), Nathalie Sainsurin (Mouvement Jeunes et Santé Mentale), Emilie Roy (Mouvement Jeunes et Santé Mentale), Émilie Proteau-Dupont (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
13 h 45
Élaboration des stratégies et revendications au sein du Mouvement Jeunes et Santé Mentale sous une approche intersectionnelle : une étude de cas et témoignages d’activistes
Émilie Proteau-Dupont (ENAP - École nationale d'administration publique)

Les études sur les démarches partenariales québécoises en santé mentale impliquant des usagers concluent qu’il est difficile de considérer que ces-derniers détiennent un réel pouvoir au sein des comités (Duperré, 2010 :3; Clément, 2011 :12). Dans le cadre de mon projet doctoral, je souhaite apporter un éclairage nouveau en regard de cette participation dans le cadre du Mouvement Jeunes et Santé Mentale (MJSM). L’action et la logique des mouvements sociaux impliquent la représentation des intérêts de certains groupes dans la prise de décision ou la mise en œuvre de politiques publiques (Kelly, Petrow et Soule, 2010). Cette représentation importe pour les groupes marginalisés (Weldon, 2012), ou les groupes de jeunes (Engels et coll., 2006 : 79). Je présenterai mes résultats d’analyse préliminaires sur comment sont élaborées les stratégies ou revendications au sein de ce mouvement et l'influence des jeunes activistes à cet effet. Une attention particulière est portée sur les pratiques intersectionnelles, celles qui sont susceptibles de surpasser ou reproduire les patterns discriminatoires découlant des interconnexions entre les identités sociales discriminées. Des jeunes du MJSM seront présents afin de commenter mes analyses préliminaires, ainsi que pour témoigner de leur vécu sur comment le mouvement les rejoint ou pas au niveau de leurs identités et comment celles-ci ont influencé leur activisme. 

Résumé
14 h 45 à 15 h 45
Communications orales
Alliances, tensions et défis dans les luttes antiracistes
Discutant : Safa Chebbi (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marlihan Lopez (Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia), Jade Almeida (UdeM - Université de Montréal), Khaoula Zoghlami (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
14 h 45
Les défis de la représentation politique intersectionnelle
Khaoula Zoghlami (UdeM - Université de Montréal)

Les enjeux de la représentation politique sont au cœur des défis auxquels font face les militant.e.s au sein des mouvements sociaux, et sont, de plus en plus, nourris par un souci de représentation politique intersectionnelle. Toutefois, qu’il s’agisse de représentation politique institutionnelle ou de représentation politique dans les mouvements sociaux, « représenter l’intersection » ne semble en pratique se traduire que par la simple augmentation du nombre de représentant.e.s situé.e.s à l’intersection de multiples oppressions. La ressemblance en termes de genre, de classe, de « race », de religion, etc., entre représentant.e.s et représenté.e.s est, de ce fait, considérée comme un critère pour assurer la légitimité de la relation de représentation. Je propose à travers cette communication que la représentation intersectionnelle (ou « représenter l’intersection ») devrait aussi comprendre l’étude des modalités de prises de parole, soit les processus discursifs et performatifs constitutifs de la représentation politique. En m’appuyant sur une ethnographie militante, j’aimerais explorer les questions suivantes : comment représenter tout en tenant compte des rapports de pouvoir inégaux et en tension à l’intérieur des coalitions antiracistes ? Comment créer et maintenir une solidarité entre des groupes hétérogènes, aux intérêts pluriels, sans provoquer une mise en concurrence des oppressions ?

Résumé
15 h 05
La fragilité de la féminité blanche face au stéréotype de l’Angry Black Woman : Violences vécues par les femmes noires dans les milieux non mixtes féministes
Marlihan Lopez (Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia)

 De nos jours, où la diversité est devenue une stratégie d’emploi et de marketing valorisée, des femmes noires intègrent de plus en plus des organismes non mixtes féministes autrefois entièrement occupés par des femmes blanches. Leur “inclusion” a pour conséquence d’amener, de par leur simple présence, l’enjeu des rapports sociaux de race à un milieu de lutte historiquement centré sur l’angle du genre. Or si la sororité universelle a longtemps été une valeur importante du féminisme, il est intéressant de s'interroger sur ses limites lorsque l’enjeu raciale prends une place au sein du milieu de travail et/ou du militantisme. En effet, une approche critique de la race est nécessaire si l’on veut être en mesure d’aborder la complexité des rapports de domination en jeu lorsque l’on parle de féminité et de féminisme dans un contexte patriarcale et capitaliste. A partir d’études de cas,et en nous appuyant entre autres sur les travaux de Mamta Motwani Accapadi, bell hooks et Patricia Hill Collins, nous souhaitons remettre en cause la notion de refuge (safe space) associée à la non-mixité de genre: De quoi parle-t-on finalement lorsque l’on parle de féminité ? Quelle féminité est valorisée au sein du féminisme et face à qui ? Quelles places occupent les femmes noires dans l’imaginaire du féminisme ? Cette présentation vise ainsi à souligner les rapports de pouvoir et de domination qui se déploient à l’encontre des femmes noires dans les milieux non-mixtes féministes.

Résumé
15 h 05
La fragilité de la féminité blanche face au stéréotype de l’Angry Black Woman : Violences vécues par les femmes noires dans les milieux non mixtes féministes
Jade Almeida (UdeM - Université de Montréal)

De nos jours, où la diversité est devenue une stratégie d’emploi et de marketing valorisée, des femmes noires intègrent de plus en plus des organismes non mixtes féministes autrefois entièrement occupés par des femmes blanches. Leur “inclusion” a pour conséquence d’amener, de par leur simple présence, l’enjeu des rapports sociaux de race à un milieu de lutte historiquement centré sur l’angle du genre. Or si la sororité universelle a longtemps été une valeur importante du féminisme, il est intéressant de s'interroger sur ses limites lorsque l’enjeu raciale prends une place au sein du milieu de travail et/ou du militantisme. En effet, une approche critique de la race est nécessaire si l’on veut être en mesure d’aborder la complexité des rapports de domination en jeu lorsque l’on parle de féminité et de féminisme dans un contexte patriarcale et capitaliste. A partir d’études de cas,et en nous appuyant entre autres sur les travaux de Mamta Motwani Accapadi, bell hooks et Patricia Hill Collins, nous souhaitons remettre en cause la notion de refuge (safe space) associée à la non-mixité de genre: De quoi parle-t-on finalement lorsque l’on parle de féminité ? Quelle féminité est valorisée au sein du féminisme et face à qui ? Quelles places occupent les femmes noires dans l’imaginaire du féminisme ? Cette présentation vise ainsi à souligner les rapports de pouvoir et de domination qui se déploient à l’encontre des femmes noires dans les milieux non-mixtes féministes.

 

Résumé
15 h 25
Pour un antiracisme politique
Safa Chebbi (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Activiste engagée à plusieurs niveaux, Safa Chebbi abordera les défis de maintenir le langage et le vocabulaire antiraciste, particulièrement dans le contexte politique actuel de lutte contre l'islamophobie. Plusieurs termes importants pour articuler et rendre visible les enjeux antiraciste (tel que racisé, race, blanc, islamophobie) sont en effet souvent remis en question et disqualifiés. Safa abordera également l'importance d'entretenir un antiracisme politique dans les luttes sans tomber dans les raccourcis simplistes de l'antiracisme moral du type "tous les québécois sont racistes"   

Résumé
15 h 45 à 16 h 45
Communications orales
Positionnalités et tensions dans le mouvement LGBTQI+
Participants : Mariam Mannai (Université McGill), Marie-Pier Boisvert (ENAP - École nationale d'administration publique), Tara CHANADY (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201
15 h 45
Trop militante pour la diplomatie, trop diplomate pour la militance: posture de l'entre-deux dans la défense des droits LGBTQIA2S+ au Québec
Marie-Pier Boisvert (ENAP - École nationale d'administration publique)

Quelque part entre la politique et l'activisme "terrain", le rôle délégué au Conseil québécois LGBT par ses groupes-membres et ses comités se situe nécessairement au cœur d'une tension dont l'output ne correspond que rarement aux attentes des uns et des autres. Comme directrice générale de ce regroupement provincial, mais aussi comme femme blanche cisgenre s'identifiant comme bisexuelle et polyamoureuse, autrefois militante étudiante et occasionnellement autrice, je suis presque toujours à cheval entre diverses postures et stratégies parfois irréconciliables puisque je porte une pluralité de chapeaux qui ne sont pas souvent les miens, et je dois représenter des populations opprimées directement auprès de leurs oppresseur.e.s (gouvernements, réseaux de la santé et de l'éducation, police, organismes qui excluent les personnes LGBTQ+, etc.). Au cours de cette présentation, j'espère pouvoir exposer des questions qui traversent mon travail tant public que privé, des éléments de réponse (s'ils existent!), et comment ma posture et mon identité tendent à m'alimenter autant qu'à me limiter.

Résumé
16 h 05
Politiques identitaires : négociations des identifications de la diversité sexuelle des femmes et personnes non-binaires à Montréal
Tara CHANADY (UdeM - Université de Montréal)

Cette présentation vise à exposer et à discuter des stratégies de résistance et de tensions au sein des mouvements d'activiste queer et lesbiennes à Montréal, à travers les expériences de 21 femmes de la diversité sexuelle (s’identifiant comme lesbienne, queer, gouine, bi, pan, indécise) Comment les participantes choisissent-ils de se définir, comment ces étiquettes ou identifications sont-ils performées, et comment cela influe-t-il sur leur positionnalité au sein des communautés militantes LBTQI+? Comment pouvons-nous comprendre ces divisions et ces tensions identitaires dans l'espace socioculturel de Montréal? Mobilisant une perspective phénoménologique et une méthodologie intersectionnelle (attention aux différences linguistiques, migratoires et générationnelles qui informent les expériences des participantes), j’explore les processus d’identification et de désidentification évoqués et performés par les participantes à travers des entrevues marchées visant à interroger leur rapport aux espaces montréalais (Ahmed 2005-2017, Podmore 2006, Collie 2013, Low 2017). Je propose enfin des pistes de réflexion sur les discours variés et parfois conflictuels dans les vécus des participantes en portant attention à l’âge (22 à 79 ans), au genre (cis, trans, intersexe, non-binaire), à l’appartenance ethno-raciale, au statut migratoire (citoyenne, demandeuse d’asile, nouvellement migrante) et à la langue (anglophone, francophone).

Résumé
16 h 25
Défis, tensions et enjeux des personnes LGBTQI+ migrantes
Mariam Mannai (Université McGill)

Arrivé.e au Canada en 2017 en tant qu'activiste-chercheur.se LGBTQI* de la Tunisie, je suis à présent chargé.e de projet pour la mise en place du Réseau LGBTQI* francophone international, une organisation internationale en faveur des droits des personnes LGBTQI* dans l'espace francophone international, et assistante de recherche au sein d'AGIR (Action LGBTQ* avec les ImmigrantEs et les RéfugiéEs). Ces casquettes d'activiste nord-africain.e et de personne impliquée dans le contexte et les infrastructures locales (montréalaises) et internationales impliquent certains enjeux complexes. De mon vécu personnel et professionnel, j'aborderai les obstacles structurels auxquels font face les personnes LGBTQI* migrantes, notamment les personnes demandeuses d'asile à l'intersection de la discrimination sexuelle et de genre, de la migration forcée, du racisme et du colonialisme. 

Résumé
16 h 45 à 17 h 00
Communications orales
Activité de clôture
Présidence/Animation : Tatiana Garakani (ENAP - École nationale d'administration publique)
Batiment : Cégep G.-Roy
Local : 2.201