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406 - Une économie écologique pour le Québec : comment opérationnaliser une nécessaire transition

Du lundi 27 au mardi 28 mai 2019

Pour ne pas aggraver les effets des changements climatiques, tout en s’adaptant à ceux prévus, la communauté scientifique s’entend sur la nécessité de diminuer les émissions globales de CO2 de 45 % d’ici 2030 pour atteindre une neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif, la compréhension des systèmes sociaux, économiques et environnementaux et de leurs interactions doit pouvoir se refléter dans les politiques publiques, économiques ou non, qui guideront cette transition. Une question centrale se pose : comment orienter l’économie québécoise afin de respecter les limites de la biosphère, de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer une qualité de vie pour toutes et tous? Ce colloque mobilise des chercheurs qui mènent des recherches interdisciplinaires à l’intersection entre le développement économique et l’atteinte d’objectifs écologiques et sociaux. Ce colloque mettra en commun les recherches qui offrent des analyses et des réponses économiques pour alimenter les décisions politiques au Québec dans un contexte d’urgence climatique.

Thèmes abordés : 

1. Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques. Les présentations porteront sur l’effet et les défis des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques québécois tels que les milieux urbains, agricoles, forestiers et marins. Les communications discuteront les interactions entre les changements climatiques et les activités économiques au Québec, les conflits socioécologiques et les injustices climatiques présentes sur le territoire. 

2. Les outils économiques, les politiques publiques et les solutions alternatives. Les présentations exploreront les solutions de rechange en matière de politiques publiques et de mécanismes économiques qui s’offrent à nous pour entreprendre une transition écologique. Les communications porteront sur les outils économiques, les cadres comptables, les mécanismes de compensation et de redistribution qui encourageraient des changements économiques respectueux des limites climatiques. 

3. Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative. Le colloque vise à fournir un espace de réflexion portant sur les différentes épistémologies et connaissances qu’offrent diverses disciplines et les divers récits et constats sur les relations socioécologiques afin d’éclaircir les angles morts de la transition écologique. Dans ce sens, le troisième axe vise à discuter des changements institutionnels et de gouvernance nécessaires à l’arrimage des objectifs économiques, sociaux et environnementaux de la transition au Québec. Dans ce cadre sera encouragée une discussion portant sur les modèles de gouvernance qui permettraient de mieux s’adapter aux changements climatiques, sur le rôle des différents paliers institutionnels, sur les forces et les limites de la gouvernance adaptative, et ce, en tenant compte de la complexité des relations sociales et de la présence de relations de pouvoirs.

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Remerciements

Nous voulons remercier nos partenaires : Centre de la science de la biodiversité du Québec ,  Fondation David Suzuki , Institut de Sciences de la forêt tempérée, VIRIDIS environnement , Jour de la Terre du Québec, Centre interdisciplinaire d’opérationnalisation du développement durable , l'Institut Hydro-Québec en environnement, Centre de l'étude de la Forêt 

Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Jérôme Dupras
UQO - Université du Québec en Outaouais
UQO - Université du Québec en Outaouais
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 00
Communications orales
Mot de bienvenue et conférence d’ouverture de Dominic Champagne, du Pacte pour la transition
Présidence/Animation : Jérôme Dupras (UQO - Université du Québec en Outaouais)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
08 h 30
Mot de la présidente et de la directrice de l'ACFAS
Hélène Drainville (Acfas - Association francophone pour le savoir)
08 h 35
Mot du recteur de l'Université du Québec en Outaouais
Denis Harrisson (UQO - Université du Québec en Outaouais)
08 h 40
Mot du directeur du colloque
Jérôme Dupras (UQO - Université du Québec en Outaouais)
08 h 45
Le Pacte pour la transition au Québec
Dominic Champagne (Le Pacte pour la transition )

Le Pacte pour la transition est un mouvement citoyen de mobilisation qui vise à inspirer et influencer les
décisions politiques et individuelles pour répondre à l’urgence climatique. Dominic Champagne est initiateur et porte-parole de ce mouvement et s’est engagé à agir pour les deux prochaines années, bénévolement.

Résumé
10 h 15 à 12 h 15
Communications orales
Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques du Québec
Discutant : Luc Bernier (Université d’Ottawa)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
10 h 15
Le future de la foresterie au Canada dans un monde incertain : quelques pistes de solution
Christian Messier (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Nous vivons dans un monde de plus en plus incertain. Les progrès technologiques, les changements climatiques et globaux et les modifications de nos besoins et valeurs affectent toutes les sphères de la société, dont la foresterie. De par la longévité même des arbres et le besoin de planifier à long-terme, la foresterie est particulièrement touchée par la rapidité de ces changements. Comment peut-on en effet prendre des décisions sur le long-terme si notre capacité de prédire le futur est de plus en plus remise en question. Ce que la foresterie a besoin est un changement de paradigme majeur où le besoin de prédiction est remplacé par le besoin d’adaptation et de résilience et la gestion forestière n’est plus garante des conditions passées, mais plutôt des incertitudes futures. En se basant sur l’approche des traits fonctionnels et les réseaux complexes, je vais présenter une nouvelle approche qui promeut les interventions sylvicoles visant l’augmentation de la capacité d’adaptation de la forêt au lieu de la production d’une ou quelques espèces particulières répondants à nos besoins actuels.

Résumé
10 h 40
Impacts des changements climatiques sur la biodiversité : états des connaissances et solutions
Andrew GONZALEZ (Université McGill)

Together climate and land-use change threaten biodiversity at regional scales. I will review key findings about these impacts, but I will focus on solutions. Designing landscapes for habitat connectivity is a widespread strategy for achieving biodiversity conservation targets. The challenge lies in satisfying the habitat connectivity needs of many species at different spatial scales over which they move and respond to climate. Following a request for research from the Quebec government we developed a method to estimate connectivity and prioritize a network of habitat patches to maintain vertebrate diversity. We applied our method to Montreal, and the Saint Lawrence lowlands of Quebec. Setting conservation priorities based on habitat quality and connectivity maintained a large proportion of the region’s connectivity, despite anticipated habitat loss due to climate and land-use change. Accounting for connectivity strongly modifies conservation priorities. The findings are being applied to Montreal and are well suited to the design of ecological networks and green infrastructure for the conservation of biodiversity and ecosystem services in regions that include large cities, where connectivity can be critically low and the threats from climate change are great

Résumé
11 h 05
Proposition d’une démarche participative basée sur les jeux sérieux pour adapter l'aménagement forestier multi-usage aux changements globaux
Clément Chion (UQO - Université du Québec en Outaouais), Frédérik Doyon (Université du Québec en Outaouais), Vinca Buttin (Université du Québec en Outaouais), Jérôme Dupras (Université du Québec en Outaouais)

Les forêts canadiennes sont soumises à de multiples pressions induites par les changements globaux incluant les changements climatiques. Nouveaux pathogènes, sécheresses récurrentes, chablis ou encore espèces envahissantes ont des impacts sur la composition, la structure et la santé des forêts et donc sur les services écosystémiques qu’elle produit. Le maintien de la capacité des forêts à fournir ces services dans un contexte de changements passe par la mise en œuvre de mesures d'adaptation écologiquement fondées, économiquement viables et socialement acceptables. Dans ce contexte, nous proposons une démarche d'accompagnement scientifique visant à informer un processus de concertation entre des gestionnaires d’un territoire forestier, des parties prenantes de ce territoire et des scientifiques. Cette démarche fait intervenir une plateforme de jeu sérieux co-construite avec l'ensemble des parties prenantes. La plateforme intègre un modèle de la dynamique forestière sous changements climatiques qui se base sur les meilleures données disponibles, favorisant le transfert de connaissances scientifiques aux participants du processus. En plus de permettre l’apprentissage social au sein d’un groupe hétérogène d'acteurs, cette approche de concertation vise à faire émerger des solutions d'adaptation socialement acceptables, un enjeu majeur en aménagement forestier. Cette démarche est illustrée dans le contexte d’un projet-pilote dans le Parc Écotouristique de la MRC des Laurentides.

Résumé
11 h 30
L’avenir incertain des forêts âgées et de leur biodiversité en forêt boréale commerciale dans un contexte de changements climatiques
Pierre Drapeau (UQAM - Université du Québec à Montréal), Dan Kneeshaw (Université du Québec à Montréal, Département des sciences biologiques), Alain Leduc (Université du Québec à Montréal, Département des sciences biologiques), Yves Bergeron (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Institut de recherche de la forêt), Sylvie Gauthier (Ressources naturelles Canada, Centre de foresterie des Laurentides)

Les changements importants de la structure d’âge des paysages forestiers boréaux liés à la récolte industrielle des 50 dernières années se sont ajoutés aux perturbations naturelles pour rajeunir passablement la forêt boréale. Cette diminution constante de la proportion de forêts matures et âgées (> 100 ans) au profit de jeunes forêts interpelle directement le maintien de la diversité biologique de cet écosystème mais, dans un contexte de changements climatiques, également sa productivité qui est à la base de son exploitation commerciale. A partir de divers travaux réalisés par les équipes de recherche du Centre d’étude de la forêt (modélisation des précipitations, de la température et du risque accru de feux de forêts et d’épidémies d’insectes et de stress hydrique) nous présentons un portrait prospectif des changements de la forêt boréale (sa composition et sa structure) et de sa diversité en fonction de l’évolution des perturbations naturelles et du régime d’aménagement forestier mis en place. Nous mesurons comment la capacité des stratégies passées de rétention de forêts âgées (régime forestier 1987-2010) a réussi à maintenir la diversité biologique et évaluons en quoi les stratégies de rétention mises en œuvre dans la nouvelle stratégie d’aménagement durable de la forêt publique, apparaissent ou non aptes à en améliorer l’efficacité.

Résumé
Après-midi
13 h 15 à 14 h 45
Communications orales
Les outils économiques, les politiques publiques et les solutions alternatives permettant de lutter contre les changements climatiques et de s’y adapter
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
13 h 15
La valeur économique des services écosystémiques du lac Saint-Pierre : les impacts de changements climatiques
Jie He (UdeS - Université de Sherbrooke)

La qualité et la quantité des services écosystémiques (SE) fournis par le lac Saint-Pierre (LSP), tels les produits de la pêche, les activités récréo-touristiques et la qualité des paysages, sont menacés par plusieurs facteurs de pression, dont les changements climatiques. L’objectif de cette étude est de produire une évaluation économique des impacts des changements climatiques pour alimenter les discussions sur la prise de mesures nécessaires pour s’adapter à ces changements qui sont parfois couteux. Une combinaison de plusieurs méthodes d’évaluation économique des biens environnementaux a été mobilisée, les pertes en terme de la valeur économique tangible ainsi que intangible ont été mesurées à la fois pour l’ensemble de la population du Québec et pour les pêcheurs.

Résumé
13 h 40
L’analyse économique au service d’une meilleure prise de décision dans la gestion du littoral québécois
Caroline Simard (Ouranos)

Les dernières années ont exposé de manière dramatique la vulnérabilité des communautés côtières aux changements climatiques. Les tempêtes maritimes de 2010 et 2016 ont généré des centaines de millions de dollars en dommages aux infrastructures en plus des impacts sur l’économie, l’environnement et le bien-être des collectivités. La présentation exposera les résultats des plus récents travaux sur l’impact économique des changements climatiques sur les infrastructures face aux aléas de submersion et d’érosion côtière. L’utilisation de l’analyse économique vise à comprendre l’évolution du risque climatique et des dommages anticipés dans le futur. Ces informations sont essentielles à une gestion préventive qui passe par la priorisation des zones d’intervention, l’identification et l’évaluation des mesures d’adaptation aux changements climatiques. De plus, la présentation exposera les résultats du projet Évaluation économique des répercussions des changements climatiques et analyses coûts-avantages d’options d’adaptation en zone côtière au Québec qui vise à émettre des recommandations quant aux mesures d’adaptation à mettre en œuvre sur la base de leur rentabilité économique. Les résultats et les retombées du projet suggèrent que l’analyse économique peut être un outil de prise de décision à différentes échelles (individuelle, municipale, provinciale) dans le contexte côtier afin de réduire l’impact des changements climatiques sur les collectivités côtières au Québec.

Résumé
14 h 05
La chimie des produits naturels du Grand Nord : une opportunité d'économie écologique
Normand Voyer (Université Laval), C. Carpentier  (Département de chimie, PROTEO et CEN, Université Laval ), J-C Séguin (Département de chimie, PROTEO et CEN, Université Laval), M. Turcotte (Département de chimie, PROTEO et CEN, Université Laval), S. Bordreau (Département de chimie, PROTEO et CEN, Université Laval)

La nature a toujours été une source extraordinaire de médicaments. Plus de 40% de tous les médicaments utilisés actuellement sont dérivés de produits naturels. De même, les peuples autochtones utilisent depuis des siècles diverses plantes dans leur médecine traditionnelle. Contrairement aux forêts tropicales, les écosystèmes nordiques n'ont presque pas été l'objet d'investigations phytochimiques. Nous croyons que la flore nordique du Québec regorge de substances bioactives inédites étant donné qu’elle subit des stress environnementaux qui sont uniques au monde. Cependant, la dynamique des écosystèmes du Grand Nord est toutefois appelée à changer avec les changements climatiques. Nous sommes intéressés à savoir si le métabolome de la flore nordique du Québec sera affecté par ces changements et si des composés bioactifs inédits qui pourraient être utilisés comme médicaments, sont appelés à disparaître. Nous avons entrepris un vaste programme de caractérisation de produits naturels de divers organismes modèles nordiques. Nous présenterons nos  résultats  sur les lichens Cladonia stellaris et Stereocaulon paschale et l’isolement de produits naturels inédits et à l’identification de nouveaux agents antimicrobiens et anti-inflammatoires. Nous décrirons la caractérisation d'huiles essentielles d'espèces arbustives envahissantes (Betula glandulosa) en vue d'identifier de nouvelles fragrances.

Résumé
15 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Présentations étudiantes
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
15 h 00
La restauration écologique des zones humides au Québec : objet frontière pour les politiques publiques environnementales
Céline Jacob (UQO - Université du Québec en Outaouais)
15 h 10
De l’économie circulaire comme stratégie de transition écologique au Québec : entre souveraineté locale et action collective ?
15 h 20
L’empowerment citoyen pour favoriser une transition écologique : le cas du projet Nos milieux de vie! à Montréal
Mélissa Le Guerrier (UQAM - Université du Québec à Montréal)
15 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Les outils économiques, les politiques publiques et les solutoins alternatives permettant de lutter contre les changements climatiques et de s’y adapter (suite)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
15 h 30
Gestion partenariale et multifonctionnalité du territoire forestier : une mise en valeur par des approches variées
Nancy Gélinas (Université Laval)

Il y a 18 ans, j’écrivais dans ma thèse que « Chacune des visions sectorielles véhiculées par ces groupes [d’utilisateurs des ressources] représente un morceau de casse-tête. Les morceaux s’accrochent ainsi les uns aux autres pour former la sphère de la vision collective qui gravite autour d’un intérêt commun, la revitalisation de la communauté. La gestion partenariale constitue le lien qui tient les morceaux de casse-tête ensemble ». Aujourd’hui, je me questionne encore sur le sens du terme gestion partenariale. Est-ce possible de concilier tous les usages, d’aller au-delà de la confrontation et de déployer des outils technologiques qui permettraient l’atteinte d’objectifs de production tout en misant sur la multifonctionnalité du territoire forestier? Quelle gouvernance assurerait une gestion adaptative, intégrée et partenariale? Nous proposons un regard multiple sur cette question et l’élaboration d’outils divers qui, une fois combinés, apporteront peut-être des réponses à cette question. Parmi les outils en développement, mentionnons un modèle bioéconomique pour la mise en valeur de la multifonctionnalité des territoires, une typologie des représentations autochtones de l’aménagement intensif et une démarche d’intégration des valeurs de la population pour la conception d’un régime forestier unifié. Ces projets s’inscrivent dans ma quête de validation du concept de gestion partenariale pour les forêts québécoises.

Résumé
15 h 55
Des outils financiers au service des villes durable
Jean-Philippe Meloche (UdeM - Université de Montréal)

La transition énergétique et écologique dans les villes passe par un ensemble de politiques touchant notamment l’aménagement du territoire et la planification des transports. Le paradigme de la mobilité durable renverse la hiérarchie des infrastructures dans la planification urbaine en privilégiant d’abord la mobilité active et en limitant l’espace consacré aux véhicules motorisés. Si les nouvelles formes de développements immobiliers plus denses et les investissements dans les transports en commun représentent des conditions nécessaires à cette transition, elles ne sont pas suffisantes à elles seules pour avoir un impact significatif. L’État dispose d’une capacité d’action efficace par la mise en place de mesures d’écofiscalité, mais tarde souvent à les utiliser. Nous abordons dans cette présentation des politiques financières qui visent à réduire les effets néfastes de l’étalement urbain et la dépendance à l’automobile.  Parmi ces mesures, certaines touchent la possession ou l’utilisation de l’automobile : impôt sur l’achat de véhicules, droits d’immatriculation, taxe sur les carburants, péages routiers, taxes sur les stationnements. Au niveau de l’aménagement du territoire, on retrouve des mesures comme les taxes de lotissement, les droits de développement et les compensations pour la destruction de milieux naturels. La présentation a pour but de présenter les avantages et les limites de ces outils et de discuter des difficultés d’implantation de ces politiques au Québec.

Résumé
16 h 20
L'économie circulaire de l'eau: s'attaquer à la quantité, à la qualité et l'empreinte de l'eau
Sébastien SAUVÉ (UdeM - Université de Montréal)

L’évaluation de l’empreinte de l'eau est une étape vers l’évaluation de la circularité de cette ressource. L'évaluation de l'ensemble du cycle de vie d'un produit permet de quantifier la consommation réelle d'eau, y compris l'utilisation directe et indirecte de l'eau, ainsi que la dégradation de l'eau par la contamination.  La récupération des eaux de pluie devrait être renouvelable aussi longtemps que les prélèvements n’ont pas d’impact significatif sur le ruissellement des bassins versants ou le taux de recharge des aquifères. La consommation d'eau de surface et souterraine est acceptable si les besoins environnementaux minimaux en eau des écosystèmes associés sont satisfaits. Les besoinsenvironnementaux en eau sont spécifiques à différents contextes et incluent le maintien d'un régime d'eau adapté et de la qualité de l'eau en aval. Une utilisation des eaux souterraines à impact nul est particulièrement difficile à atteindre - la durabilité signifie ici le degré d'impact de l'exploitation de l'eau que la société est prête à tolérer. Les estimations de l'empreinte de l'eau doivent être ajustées pour mieux intégrer les concepts d'économie circulaire et les concepts qualitatifs relatifs à la circularité plutôt que de se focaliser sur la quantification de la consommation en eau. 

Résumé
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
Cocktail de réseautage
Batiment : UQO A.-Taché
Local : Tonik
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 00
Communications orales
Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques du Québec (suite)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
08 h 30
Les effets des changements climatiques et des pressions anthropiques sur les eaux souterraines et les milieux naturels qui en dépendent
Marie Larocque (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les effets des changements climatiques sur l’eau souterraine ont jusqu’ici été peu étudiés au Québec. Ceci s’explique en partie par le fait que l’eau souterraine est peu visible dans des formations géologiques très variables sur le territoire québécois. Les liens entre eau souterraine et climat se font de manière indirecte, par l’entremise des processus de surface et dans le sol, ce qui atténue grandement la possibilité d’établir des liens de causalité climat-nappe. Les conditions futures de précipitations provenant des modèles climatiques sont également encore très incertaines, ce qui ajoute une incertitude importante aux conditions futures. S’ajoutent à tout ceci les effets encore méconnus des changements probables d’utilisation du territoire sur l’eau souterraine au cours du prochain siècle. Pour l’instant, la littérature scientifique ne montre pas de tendance à la baisse à long terme des volumes d’eau souterraine disponibles. Néanmoins, plusieurs études commencent à associer certaines tendances locales aux variations climatiques, notamment pour les débits d’étiage des cours d’eau et pour les niveaux de certaines nappes. La présentation tracera un portrait de l’état des connaissances sur les effets des changements climatiques sur l’eau souterraine du Québec et sur les défis qui en résulteront pour la gestion intégrée de l’eau.

 

Résumé
08 h 50
Les avantages écologiques et économiques d'une réelle gestion intégrée de l'eau au Québec
Pascale Biron (Université Concordia)

La gestion intégrée de l’eau considère l’eau comme une ressource et demande que les activités administratives soient coordonnées au moyen d’un plan de gestion et selon une approche homogène du territoire, à l’échelle du bassin versant. Cela nécessite des approches transversales, pluridisciplinaires et multi-acteurs. C’est en théorie ce qui est prôné au Québec avec la gestion par bassin versant émanant de la Politique nationale de l’eau de 2002. C’est aussi ce qui a été mis en place en 2000 en Europe avec la directive cadre sur l’eau donnant lieu à des initiatives telles que l’espace de bon fonctionnement des cours d’eau en France. Au Québec, l’espace de liberté des cours d’eau vise les mêmes objectifs en permettant aux processus fluviaux d’érosion et d’inondation d’opérer, et en incluant aussi les milieux humides riverains. En limitant le développement dans l’espace de liberté, cela décroît les risques pour les personnes et les infrastructures, tout en augmentant la biodiversité. Il s’agit donc d’une approche qui permet en plus d’augmenter la résilience des systèmes fluviaux face à la variabilité des débits attendue en climat futur. Toutefois, la gouvernance de l’eau au Québec est encore fortement liée à des limites administratives qui ne suivent pas celles des bassins versants, ce qui freine les efforts pour implanter une gestion plus durable des cours d’eau. Les défis à venir pour une réelle gestion intégrée de l’eau au Québec seront soulevés dans cette présentation.

Résumé
09 h 10
Transition des grandes cultures de maïs et de soja, le rôle du risque et de la préférence temporelle chez les agriculteurs
Charles Séguin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les grandes cultures de maïs et de soya occupent une place prépondérante dans l’agriculture québécoise. Les cultures de maïs représentaient 64 % des superficies de céréales et celles de soya 95 % des superficies d’oléagineux et de protéagineux cultivées au Québec en 2017 (ISQ et MAPAQ, 2019). Ces cultures sont généralement effectuées en rotation, ce qui implique que les mêmes producteurs font les deux cultures.

Le développement de variétés de maïs et de soya génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, un herbicide systémique commercialisé sous plusieurs marques dont le Roundup par Monsanto, a favorisé le développement de pratiques de semis direct avec usages intensifs d’herbicides. En 2016, 78 % du soya et 84 % du maïs cultivé au Québec étaient génétiquement modifiés pour résister au glyphosate (ISQ, 2016). L’intérêt de ces pratiques tient principalement aux hauts rendements qu’elles offrent et à leur simplicité d’adoption pour les agriculteurs.

Le choix de telles pratiques est intimement lié aux préférences des agriculteurs par rapport au risque et au profil temporel des profits qui en découlent. À l’aide de la méthodologie de liste de prix multiple, nous estimons un coefficient d’aversion au risque et un taux de préférence temporelle pour un groupe d’agriculteurs québécois. Les résultats préliminaires montrent que les pratiques transgéniques sont plus utilisées par les agriculteurs moins tolérant du risque et moins patients.

Résumé
09 h 30
Changements climatiques, inondations et eau potable
Sarah Dorner (Polytechnique Montréal)

Des analyses de vulnérabilité des sources d’eau potable sont en cours au Québec pour répondre aux exigences du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection. Ces analyses doivent considérer les événements climatiques extrêmes ayant un potentiel d’affecter la production ou la qualité de l’eau potable. Il est reconnu que les changements climatiques peuvent augmenter la récurrence des événements climatiques extrêmes. Cette présentation discutera de l’impact des changements globaux et des inondations sur la production et la qualité de l’eau potable ainsi que les solutions potentielles pour atténuer les risques.

Résumé
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative et intégrée des ressources et de la lutte aux changements climatiques
Discutant : Luc Bernier (Université d’Ottawa), Normand Mousseau (UdeM - Université de Montréal), Hugo Asselin (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
10 h 30
Adapter l’État aux changements climatiques: la nécessité de la réinvention administrative
Luc Bernier (Université d’Ottawa), Carl Deschamps (Chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public, Université d’Ottawa)

Quelqu’un a déjà écrit que les révolutions commencent dans la religion et finissent dans l’administration. Pour ce qui est des changements climatiques, il est possible qu’il faille inverser. Il faut réinventer les structures de l’État, sa gouvernance, ses façons de faire, les mécanismes de coordination qui ne sont pas présentement adaptés pour faire face au changement nécessaire. Ce qui est proposé dans cette présentation est le fruit de trois projets distincts poussant pour que l’environnement devienne plus prioritaire. Le premier est la participation au projet « L’État, le climat et nous » depuis septembre 2017. Le second est un rapport en préparation pour le CIRANO sur les réformes nécessaires de l’État québécois sur les innovations possibles pour faire face aux tendances lourdes. Et le troisième est une recherche plus large sur le prix de l’institut d’administration publique du Canada pour la gestion innovatrice où l’environnement n’a pas été un sujet prioritaire jusqu’ici. Ces travaux permettent de documenter et de suggérer comment on pourrait transformer l’État québécois pour que celui-ci soit plus à même de faire face aux défis à venir, défis désormais incontournables en environnement. Il faut une révolution … administrative.

Résumé
10 h 50
Le climat, l'État et nous: La nécessaire révision de la gouvernance environnementale
Normand Mousseau (UdeM - Université de Montréal)

À l'automne 2017, dans le cadre de l'initiative « le climat, l'État et  nous », une vingtaine de professeurs universitaires  de tous les horizons se sont réunis, en présence d'observateurs des principaux partis politiques québécois et de divers ministères et structures gouvernementales,  pour faire le bilan de la gouvernance environnementale québécoise. Constatant que la structure actuelle est incapable de faire face aux défis transversaux qui affectent les sociétés à la planète, qu'il s'agisse de changements climatiques, de gestion de l'eau ou de la protection de la biodiversité, ce groupe, composé de spécialistes en environnement, en gestion de l'eau, en gouvernance, en finances, en droit et bien plus, a développé une proposition de révision de la gouvernance environnementale pour le Québec à la fois possible à mettre en place dans le contexte actuel et capable de fédérer les actions pour en augmenter les retombées. Cette proposition fut présentée au grand public, dans le cadre d'une consultation internet à l'hiver 2018, puis raffinée et ramenée à cinq principes discutés puis adoptés lors d'un grand forum national rassemblent des représentants de la société civile en avril 2018. Dans cette présentation, je reviendrais sur l'initiative, les recommandations et le bilan de cet effort désintéressé de certains des plus grands experts de la question au Québec.

Résumé
11 h 10
La transition climatique est-elle possible au Québec sans refondation du modèle d'occupation du territoire?
Hugo Asselin (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Face aux défis posés par les changements climatiques, force est de constater les limites du modèle d'occupation du territoire et de développement économique qui prévaut au Québec. Le déséquilibre de densité de population entre la métropole et les régions crée le double problème de la congestion routière dans la première et de la dépendance à l'auto solo dans les secondes. Il semble urgent de rétablir l'équilibre, notamment en favorisant le déploiement de la population dans les régions et en évitant de concentrer les initiatives de transport collectif dans l'axe Québec-Montréal. D'autre part, le secteur industriel, largement axé sur l'extraction des ressources naturelles dans les régions, a non seulement de lourdes conséquences environnementales, mais il fragilise aussi l'équilibre socio-économique. Finalement, la gestion des territoires centralisée dans la capitale ne permet pas de tenir compte des particularités régionales. Non seulement les appels à la déconcentration devraient-ils être écoutés, mais la cogestion avec les peuples autochtones devrait devenir la norme plutôt que l'exception si les velléités de réconciliation sont sérieuses. Différents exemples de solutions à ces problèmes seront présentés afin de stimuler la réflexion sur les façons de favoriser une véritable gestion adaptative et intégrée des ressources et des territoires dans une perspective de lutte aux changements climatiques.

Résumé
11 h 30
Une boussole durable
Cécile BULLE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Face à l’urgence climatique des milliers de personnes souhaitent passer de la parole aux actes mais ne savent pas toujours par où commencer pour réduire la taille de leur empreinte environnementale. Les informations qui circulent dans l’espace public sont parfois contradictoires ce qui génère de la confusion et parfois de la démobilisation. Les citoyens ont besoin d’aide pour prendre de bonnes décisions environnementales au quotidien. De ce constat est né l’idée de créer des outils en tenant compte des spécificités québécoises (hydro-électricité, réalités régionales, climat, habitudes de consommation, etc.).  Nous souhaitons développer des outils scientifiquement rigoureux tout en étant ludique et agréable à utiliser de manière à outiller la société québécoise. C’est dans ce contexte qu’est né le programme Boussole Durable qui rassemble un grand nombre d’acteurs universitaires, d’organisations et d’entreprises. Ces acteurs ont la volonté d’unir leurs efforts pour monter des projets ayant comme objectif d’œuvrer à la réduction de l’empreinte environnementale des québécoises. Le programme a deux objectifs principaux : 1) quantifier et informer l’individu québécois sur ses impacts environnementaux, et 2) l’accompagner dans l’adoption de comportements plus durables. Le développement d’un calculateur d’empreinte environnementale en utilisant des données adaptées à l’individu québécois selon une perspective cycle de vie est au cœur de ce programme.

Résumé
Après-midi
13 h 30 à 14 h 45
Panel
Panel : Comment mettre en œuvre la transition écologique au Québec
Participants : Maxime Pedneaud-Jobin (Ville de Gatineau), Normand Mousseau (UdeM - Université de Montréal), Marie Larocque (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
15 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Présentations étudiantes
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
15 h 00
L'économie écologique institutionnaliste et ses propositions de recherche
Charles Guay-Boutet (UQAM - Université du Québec à Montréal)
15 h 07
L’économie écologique tout comme les changements climatiques quasi absents de la programmation de formation pour les élus municipaux : tensions interdisciplinaires exprimées par des acteurs de la formation des élus.
Marc-André Guertin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
15 h 14
Le rôle du système de plafonnement et d'échange des droits d'émission de gaz à effet de serre (SPEDE) dans la transition énergétique
souhila cherfi (UQAM - Université du Québec à Montréal)
15 h 21
Transition vers l’agroécologie : quand les urbains s’en mêlent
Emilie Houde-Tremblay (Université Laval)
15 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Thème 3 : Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative et intégrée des ressources et de la lutte aux changements climatiques (suite)
Batiment : UQO A.-Taché
Local : D0443
15 h 30
Les leviers municipaux de la transition écologique : remunicipalisation, régulations des communs et démocratie locale radicale
Jonathan Durand Folco (USP - Université Saint-Paul)

Les discours sur la transition se distinguent généralement en deux grandes familles. D’une part, l’approche technocentrique met de l’avant le rôle actif des États et des grandes entreprises dans l’adoption de technologies renouvelables, régulations environnementales, incitatifs et autres mécanismes de marché afin de favoriser la transition vers une économie carboneutre. D’autre part, une approche plus écocentrique, localiste et citoyenne remet en question le système économique et politique dominant, en considérant les innovations sociales et les acteurs locaux comme les piliers d’une transition ascendante visant à dépasser les multiples crises contemporaines . Dans cette deuxième perspective, un mouvement politique d’importance grandissante, le municipalisme, considère la municipalité comme le tremplin stratégique d’une transformation démocratique de la vie sociale, économique et politique. Pour opérationnaliser cette transition, trois principaux leviers peuvent être mobilisés : la remunicipalisation des infrastructures et services publics, les régulations publiques favorables à l’émergence et la protection des communs, puis l’instauration de dispositifs innovants de démocratie radicale . En donnant quelques exemples de la ville de Barcelone, nous montrerons que la transition écologique doit être conçue comme une réappropriation démocratique des outils économiques et des institutions politiques locales afin de permettre une gouvernance collective de ressources partagées.

Résumé
15 h 55
Une transition peut-elle en cacher une autre ? L’économie des ressources, entre politique et écologie
Yann Fournis (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Alors que, il y a vingt ans à peine, il était question d’envisager la transition de l’économie canadienne en termes d’économie politique, il est de plus en plus nécessaire de l’envisager en termes d’économie écologique, c’est-à-dire dans des termes où l’épuisement du modèle traditionnel d’exploitation des ressources naturelles conduirait moins à la marginalisation des ressources (hypothèse post-staple) qu’à leur recentrage dans le développement canadien. Or, ce paradoxe risque fort de prendre rapidement une tournure assez conflictuelle, annonçant les difficultés de la gouvernance traditionnelle des ressources naturelles à prendre en compte les nouveaux paramètres écologiques du développement. Vital dans les territoires périphériques, ce questionnement rappelle aussi que, pour les « communautés-ressources », l’économie et l’écologie restent des phénomènes résolument politiques et qu’ils doivent être pensés en termes de conflit et de légitimité. Notre proposition reviendra sur cette dimension politique de la transition vers l’économie écologique pour rappeler la place qu’y tiennent les communautés et les territoires périphériques.

Résumé
16 h 20
Écologie et mondialisation : Comment en arriver à une politique commerciale favorisant une transition écologique au Québec et au Canada ?
Mathieu Perron-Dufour (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Le Québec et le Canada sont de petites économies ouvertes fortement intégrées dans les circuits commerciaux planétaires. Depuis plus de trois décennies, le gouvernement canadien est occupé à négocier et à signer différents traités de libre-échange avec divers partenaires de par le monde. Cette posture libre-échangiste a été normalisée au point qu’il reste peu de voix pour sérieusement s’y opposer, comme le démontre le récent épisode de renégociation de l’ALÉNA où il s’est fait un front commun pour tenter de le préserver. En même temps, on parle de plus en plus de consommation locale et de circuits courts dans l’optique d’une nécessaire transition écologique. Ces deux positions sont-elles réconciliables ou bien fait-on face à un cas de dissonance cognitive ? C’est là la question que j’explorerai lors de cette conférence. Il s’agira notamment de se demander s’il n’y aurait pas lieu d’utiliser les différents outils de la politique commerciale pour favoriser une économie locale et durable, plutôt qu’une libéralisation entraînant une démultiplication des échanges commerciaux et, le cas échéant, d’explorer quelques pistes en ce sens.

Résumé