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401 - La réconciliation entre les Autochtones et les allochtones : perspectives multiples

Le lundi 27 mai 2019

En 1996, le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) recommandait aux Canadiens d’amorcer un processus national de réconciliation. En 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVRC) appelait à un pacte de réconciliation, considérant que l’appel lancé 20 ans plus tôt par le CRPA n’avait été ni entendu ni mis en œuvre. Dans son rapport publié en 2015, la CVRC mettait l’accent sur les nombreux obstacles qui freinent cette réconciliation, tels que les malentendus culturels qui ternissent les relations entre Autochtones et allochtones dans les domaines de la santé, de la justice ou de l’éducation et la divergence des points de vue sur la signification même de la réconciliation. Ce rapport souligne en effet qu’il n’y a pas une vérité ou une vision de la réconciliation, mais de multiples perspectives. Depuis la parution du rapport, la réconciliation est devenue une préoccupation politique et sociale au Canada. Elle oriente les directions prises au sein des ministères, elle imprègne les décisions politiques en lien avec les peuples autochtones et les programmes qui leur sont adressés. Comment penser cette notion aujourd’hui sans en faire pour autant une évidence? Comment faire en sorte que la réconciliation nationale ne soit pas un cadre trop rigide reproduisant des rapports de pouvoir asymétriques? Comment prendre en compte les multiples attentes à l’égard de ce processus, toutes situées dans des contextes subjectifs, historiques, culturels et politiques différents? Avec ce colloque, la Chaire de recherche Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés inuit (CRSI) propose de jeter les bases d’une réflexion critique sur le concept de réconciliation, en montrant comment il est apparu à la croisée d’événements historiques et politiques, en mettant en évidence la diversité des points de vue sur le sujet et la nécessité de repenser ce qu’on entend même par relation harmonieuse.

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Remerciements

La CRSI tient à remercier tous les conférenciers qui ont accepté de se pencher sur le concept de réconciliation dans le cadre de ce colloque. Nous remercions également Sentinelle Nord, le Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones(CIÉRA), particulièrement Madame Lise Fortin, et l'Acfas pour leur appui essentiel à l'organisation de cet événement. 

Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Caroline Hervé
Université Laval
Université Laval
Université Laval
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 15
Communications orales
Ouverture
Présidence/Animation : Caroline Hervé (Université Laval)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 40
Conférence d'ouverture
Michèle Audette (Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées )

Michèle Audette abordera les perspectives sur la réconciliation des peuples autochtones à la lumière de son expérience en tant que commissaire au sein de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées (ENFFADA), mais aussi par ses expériences passées en tant que présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ) et de Femmes autochtones du Canada (AFAC). 

Résumé
09 h 15 à 10 h 30
Communications orales
Interventions en matière de réconciliation
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
09 h 15
Les jeunes examinent les appels à l'action pour la vérité et la réconciliation
Marie Plamondon (Association canadienne pour les Nations unies )

Le projet Les jeunes examinent les appels à l’action pour la vérité et la réconciliation est lancé par l’Association canadienne pour les Nations unies et le Patrimoine canadien pour sensibiliser 400 jeunes à travers le Canada. Celui-ci s’adresse aux jeunes âgés de 15 à 25 ans vivant à Montréal, Ajax, Toronto et Vancouver afin qu’ils se penchent sur les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation ainsi que sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUPA).

L’objectif consiste à améliorer la compréhension des jeunes vis-à-vis l’identité changeante du Canada et de ses peuples dans le but d’atteindre une diversité et une inclusion harmonieuses. Les étudiants examinent la Commission de vérité et réconciliation, grâce à des méthodes d’apprentissage basées sur l’empathie, de façon à comprendre le rôle traditionnel des cultures, des valeurs et la résilience des autochtones. Les activités interactives complémentent le cursus des cours d’histoire de secondaire 3 à secondaire 5 au Québec.

Les ateliers ont lieu de janvier 2019 à mars 2019. Afin de faciliter les ateliers, nous avons choisi des animateurs autochtones et allochtones qui possédaient une connaissance approfondie des différents enjeux des peuples autochtones et une sensibilité culturelle. Durant le colloque, nous aimerions aborder les objectifs du projet, les défis et les réussites ainsi que les perspectives d’avenir.

Résumé
09 h 30
La réconciliation avec les peuples autochtones: les initiatives de la Ville de Montréal
Marie-Eve L. Bordeleau (Ville de Montréal)

L'avocate crie Marie-Ève L. Bordeleau est Commissaire aux relations avec les Peuples autochtones pour la Ville de Montréal depuis janvier 2018. Marie-Ève Bordeleau travaille depuis longtemps sur les relations politiques et administratives entre les peuples autochtones et les différentes administrations gouvernementales. En tant qu’avocate et consultante, elle a parcouru le Québec et le Canada pour le compte d’organisations autochtones telles que des compagnies ou des conseils de bande. Sa grande fierté est d’avoir traversé le pays avec le Cercle national autochtone contre la violence familiale, afin de développer une trousse à outils légales pour  maisons d'hébergement pour femmes autochtones. La conférencière présentera le processus de réconciliation que la Ville de Montréal a entrepris avec les peuples autochtones.

Résumé
09 h 45
Projets en réconciliation de la Commission canadienne pour l'UNESCO
Katharine Turvey (Commission canadienne pour l'UNESCO)

La Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO) présentera son approche à la réconciliation et son rôle dans la promotion de la Déclaration Nations Unies sur les droits des peuples autochtones à travers les domaines de l’UNESCO. La CCUNESCO a entrepris différentes initiatives en collaboration avec ces réseaux à travers le Canada et avec des partenaires clés dans ces domaines, et notamment en lien avec l’Année internationale des langues autochtones en 2019. L’initiative ‘Parlons réconciliation’, par exemple, et un projet qui guide les bibliothèques publiques dans l’organisation d’un évènement autour du travail de cinéastes autochtones, qui vise à favoriser le dialogue sur la réconciliation et à sensibiliser le public.

Résumé
10 h 00
Le Cercle Kisis, espace de rencontre et de rapprochement entre les cultures et les peuples
Alexandre Bacon (Cercle Kisis), Sarah Clément (Cercle Kisis)

Les deux fondateurs du Cercle Kisis, Alexandre Bacon et Sarah Clément, souhaitent partager sur le parcours de l’organisation qui, depuis 2014, a cherché par divers moyens à mettre en œuvre la réconciliation sur les plans citoyen et culturel. Dans une approche d’échange avec les participants, les présentateurs proposent de réfléchir aux meilleures pratiques de rapprochement entre les peuples et sur l’importance de créer des espaces de rencontre pour diffuser davantage les cultures autochtones.

Alexandre Bacon est originaire de la communauté innue de Mashteuiatsh. Il travaille comme conseiller stratégique auprès de plusieurs organisations. Sur le plan citoyen, il a cofondé le Cercle Kisis qui, dans la région de la Capitale Nationale. Il offre également plusieurs formations portant autant sur l’histoire que sur les réalités sociopolitiques actuelles. Ces formations visent à outiller concrètement les individus qui souhaitent aller plus loin dans leur compréhension des enjeux et dans la justesse de leurs interventions.

Sarah Clément est juriste et anthropologue de formation. Elle a développé une expertise particulière dans le domaine des services sociaux et de la protection de la jeunesse en milieu autochtone. Elle a notamment œuvré comme conseillère au sein du gouvernement du Québec et travaille aujourd’hui activement auprès de différents organismes autochtones. Elle a cofondé le Cercle Kisis avec Alexandre Bacon.

Résumé
10 h 15
Période de questions
10 h 30
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Panel
Table ronde sur les différentes perspectives sur la réconciliation : ses barrières et ses facilitateurs
Présidence/Animation : Caroline Hervé (Université Laval)
Participants : Robert-Falcon Ouellette (Winnipeg Centre (député fédéral)), Viviane Michel (Femmes autochtones du Québec), Sharon Hunter (Conseil de bande), Ghislain Picard (Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
Dîner
12 h 15 à 13 h 30
Dîner
Dîner
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1030
Après-midi
13 h 30 à 14 h 45
Communications orales
Recherches sur la réconciliation
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
13 h 30
Perspectives autochtones de la réconciliation: une revue de la littérature
Marie-Pierre Renaud (Université Laval)

L'équipe de la Chaire de recherche Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés inuit a mènera pendant l'été 2019 une revue de littérature sur les perspectives autochtones sur la réconciliation afin d’en souligner la diversité. Les sources analysées jusqu'à présent, tirées de la littérature grise et de la littérature scientifique, ont révélé des barrières et des facilitateurs de la réconciliation, mais également des critiques de ce concept. La revue mettra en lumière les caractéristiques de la littérature sur la réconciliation et elle sera utile développement de projets de recherche et d’intervention.

Résumé
13 h 45
Le processus de réconciliation : reproduction ou transformation de la colonialité de la société ?
Jean-Philippe Desmarais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Jean-Philippe Desmarais étudie en sociologie à l'Université du Québec à Montréal. Il rédige en ce moment un mémoire de maîtrise sur la figure historique de Las Casas (1485-1566) en ré-interprétant son oeuvre à la lumière de l'idée contemporaine de la réconciliation entre les Premières Nations et la société canadienne.

Dans un premier temps, cette communication vise à explorer la signification des résonances théologiques inhérentes au concept de réconciliation, et dialectiquement, en prenant acte de sa non-résonance dans les langues autochtones (Jeff Corntassel et Chaw-Win-Is 2009). À partir de cette contradiction que l'on peut aborder par le concept d'eurocentrisme qui reproduit la colonialité de la société, nous proposerons, dans un deuxième temps, une généalogie des subjectivités euro-américaines de la réconciliation par la re-connaissance de l'effort, des limites, et des transformations présentes dans l'oeuvre de Bartolomé de las Casas comme pionnier du projet de réconciliation avec les Premières Nations.

Résumé
14 h 00
Réconciliation en contexte de recherche pour la santé autochtone : ruptures et asymétries
Martine Lévesque (Université McGill), Elyse Tratt (Hôpital Général Juif)

Les approches participatives de recherche en santé sont essentielles au soutien du pouvoir d’agir, de l’autonomie, du développement et de l’amélioration du bien-être des communautés autochtones (Cargo & Mercer, 2008). La littérature souligne, entre autres, l’importance de la réciprocité dans les apprentissages et bénéfices, de la non-hiérarchisation des savoirs et pouvoirs, et de l’intégration des connaissances et méthodes scientifiques euro-centriques avec les paradigmes et épistémologies tribales. Pour ce faire, l’établissement d’une relation de confiance préalable et continue entre chercheurs et membres des communautés est central. C’est à cet égard que cette intervention s’adresse spécifiquement. Puisant dans l’expérience et le cheminement de chercheures non-autochtones en territoire Cri et au Nunavik respectivement, cette présentation : 1) examinera de manière critique certains éléments de discours sur la recherche participative en santé; 2) explicitera, à partir d’exemples concrets, des contrastes et tensions entre ces éléments et les défis d’actualisation d’une relation de confiance dans les communautés; et 3) proposera l’importance de l’asymétrie - que ce soit dans le « co-apprentissage » ou dans la « réflexivité » - comme principe de rapprochement avec les membres des communautés, et comme concept pour penser la réconciliation en général. L’objectif est de contribuer à la conversation dans le souci d’une réponse à l’impératif de cette réconciliation.

Résumé
14 h 15
Période de questions
14 h 30
Pause
14 h 45 à 15 h 50
Communications orales
Conférence
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
14 h 45
Les perspectives inuit sur la réconciliation au Canada et à l'international
Lisa Koperqualuk (Conseil circumpolaire inuit)

Lisa Koperqualuk est une Inuit originaire de Puvirnituq, au Nunavik. Elle est vice-présidence du Conseil circumpolaire inuit – Canada (CCI Canada) et a cofondé Saturviit (Association des femmes du Nunavik), en plus d'avoir travaillé pour l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées et pour la société Makivik. À la lumière de ses expériences professionnelles et de son parcours d'anthropologue, elle présentera les perspectives inuit sur la réconciliation et la résonance de ce processus à l'international. 

Résumé
15 h 30 à 17 h 00
Panel
Atelier de discussion sur les voies de la réconciliation
Présidence/Animation : Caroline Hervé (Université Laval)
Discutant : Marie-Eve L. Bordeleau (Ville de Montréal), Michèle Audette (Enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ), Alexandre Bacon (Cercle Kisis), Sarah Clément (Cercle Kisis), Martine Lévesque (Université McGill), Bernard Roy (Université Laval), Viviane Michel (Femmes autochtones du Québec), Sharon Hunter (Conseil de bande)
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1028
15 h 30
Discussion
16 h 50
Mot de clôture