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426 - Étudier les violences faites aux femmes : enjeux méthodologiques, théoriques et politiques

Le jeudi 10 mai 2018

Au cours des dernières années, le problème des violences faites aux femmes a été de plus en plus visible dans l’espace public, grâce aux efforts soutenus des militantes féministes. Dans ce contexte, les chercheuses sont fréquemment sollicitées pour apporter un éclairage sur certains aspects de ce phénomène, pour évaluer les retombées d’initiatives ou de programmes d’intervention, ou encore pour soutenir les revendications du mouvement féministe. Si la contribution des recherches féministes et les bénéfices des partenariats entre les chercheuses et les militantes féministes sont indéniables, peu d’écrits francophones portent sur les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques associés à l’étude des violences faites aux femmes.
Ce colloque se penche sur les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques associés à l’étude des violences faites aux femmes, incluant la violence conjugale, la violence sexuelle et l’exploitation sexuelle. Il s’inscrit dans une démarche de mise en commun de connaissances et de réflexions dans ce domaine.

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Remerciements

Ce colloque a été rendu possible grâce au soutien financier de l’École de service social et de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Université d’Ottawa
Université d’Ottawa
Vanessa Couturier
Université d’Ottawa
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 10
Communications orales
Mot de bienvenue
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
09 h 10 à 10 h 30
Communications orales
Recherche en partenariat
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
09 h 10
Alliance entre recherche et militantisme : l’exemple du Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi)
Patrick LADOUCEUR (Université d’Ottawa), Vanessa Couturier (Université d'Ottawa)

Né de l’initiative d’un chercheur et de quatre étudiant·e·s, le Collectif de recherche féministe anti-violence (FemAnVi) voit le jour à l’été 2015 à l’Université d’Ottawa La mise sur pied de ce collectif résulte d’une volonté des personnes qui l’ont fondé d’allier recherche et militantisme et de répondre à un besoin exprimé par des partenaires de la communauté qui souhaitent collaborer davantage avec le milieu de la recherche universitaire. Cette présentation, explorera les questionnements, les défis et les opportunités qu’apporte l’alliance entre la recherche et le militantisme en milieu universitaire.

Résumé
09 h 30
Des structures collaboratives université-communauté pour assurer une plus grande pérennité à la recherche partenariale en violence faite aux femmes
Josiane MAHEU (Relais-femmes), Berthe Lacharité (Relais-femme)

Actif depuis maintenant 35 ans dans un travail de liaison et de transfert de connaissances, Relais-femmes intervient sur diverses thématiques liées à la lutte des femmes pour l’égalité, notamment sur les questions relatives aux violences faites aux femmes. Membre fondateur du CRI-VIFF en 1992, il participe toujours à ses composantes telles TRAJETVI et l’Équipe violence conjugale.

Démarrant un important projet financé par Condition féminine Canada qui vise à développer des ententes de collaboration entre diverses universités québécoises et des groupes de femmes pour accroître l’expertise en matière d’égalité, nous nous demanderons, avec les personnes participantes, comment de telles structures pérennes

-seraient utiles pour mieux identifier des besoins non comblés ou pour clarifier des éléments éthiques ou politiques sur une question?

-permettraient aux actrices impliquées dans des partenariats de mieux composer avec certaines tensions : tensions entre chercheures, entre chercheures et groupes, entre groupes de femmes eux-mêmes...?

-en garantissant un accès continu à des chercheur.es, contrairement aux centres de recherche qui sont à la merci de financements mouvants, aideraient mieux les groupes de femmes à renouveler et à élargir leur action?

Résumé
09 h 50
Justice pour les femmes victimes de violence : enjeux méthodologiques, éthiques et politiques d’une démarche partenariale féministe
Carole Boulebsol (Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES)), Michèle Frenette (Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle: La CLES), Ève-Marie Lampron (Université du Québec à Montréal (UQAM)), Rachel Chagnon (Université du Québec à Montréal (UQAM)), Marie-Marthe Cousineau (Université de Montréal), Myriam Dubé (Université du Québec à Montréal (UQAM)), Simon Lapierre (Université d'Ottawa), Elizabeth Sheehy (Université d'Ottawa), Louise Riendeau (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale), Manon Monastesse (Fédération des maisons d’hébergement pour femmes), Mélanie Sarroino (Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)

Quatre importants regroupements féministes québécois (Regroupement des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle et Regroupement québécois des CALACS), préoccupés par l’accès problématique des femmes victimes de violence conjugale et sexuelle (incluant exploitation sexuelle) à la justice criminelle et par la concomitance des types de violences vécues par les femmes auprès desquelles elles interviennent, se sont réunis et ont approché une équipe interuniversitaire pluridisciplinaire afin de démarrer le projet de recherche féministe intitulé « Justice pour les femmes victimes de violence ». Ce projet a permis de rencontrer 52 femmes ayant vécu une ou différentes formes de violence et diverses expériences dans le système de justice pénale. Cette présentation résumera brièvement les principaux résultats de cette recherche exploratoire prenant pour assise la parole et les expériences des femmes. Nous aborderons ensuite certains enjeux méthodologiques, éthiques et politiques, notamment en ce qui a trait aux changements de conjoncture entre le début et la fin de la recherche, entre autres dans la foulée du mouvement #moiaussi. Nous terminerons en abordant les apports et défis rencontrés dans la concrétisation de cette démarche féministe pluridisciplinaire et partenariale.

Résumé
10 h 10
Discussion
10 h 50 à 11 h 50
Communications orales
Théories et concepts
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
10 h 50
La carrière de la notion de culture du viol
Sandrine Ricci (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les féministes, les groupes de femmes et les étudiantes se mobilisent depuis les années 1970 contre la violence sexuelle, mais l’actualité récente a élevé l’idée qu’il existe une culture du viol au rang de débat national aux quatre coins du monde. La présentation a pour objet la carrière de cette notion de culture du viol, dont je montrerai, dans un premier temps, comment elle a pris place dans le discours social entourant la succession de « scandales sexuels » survenus ces dernières années. Le bref survol des écrits dont ma présentation vise, dans un deuxième temps, à rendre compte indique qu’un travail mérite d’être conduit en langue française, afin de conceptualiser cette notion dont les contours apparaissent aussi flous et contestés que la genèse. En lien avec la réfutation de la réalité qu’elle énonce, la conversation qui s’est développée autour de cette notion qui « dérange, surtout les hommes »  (Lapierre, La Presse, 21 septembre 2016), indique la présence de luttes définitionnelles et de tensions concernant ses origines. Ceci permet aussi d’entrevoir une évolution différenciée dans les espaces anglophones et francophones. Aux États-Unis par exemple, il semble que le concept de « rape culture » ait voyagé des cercles académiques vers le discours populaire et l’imaginaire collectif. En troisième et dernière partie de la présentation, nous verrons ce qu’il en est de son pendant en langue française.

Résumé
11 h 10
Discussion
11 h 20
Le féminisme islamique pour l’étude des violences faites aux femmes : perspectives critiques
Masoumeh Rahmatizadeh (Université d’Ottawa)

Le féminisme islamique a pris de l'ampleur depuis les années 1990, mais il est fréquemment critiqué par les féministes laïques et par les islamistes extrémistes. Bien que ces critiques émergent de deux fronts complètement différents, elles sont conciliables sur ce point essentiel : L’incompatibilité entre le féminisme et l'islam. Alors que le féminisme islamique est interprété par les féministes laïques comme une tentative de renforcer et de consolider l'idéologie islamique dans les secteurs fragiles et vulnérables, les islamistes extrémistes le définissent comme non-islamique et comme conséquence de l'influence de la pensée occidentale pour créer l’instabilité dans l'idéologie islamique. Le but de cette présentation est de poser un regard critique sur le féminisme islamique et d’examiner sa pertinence pour l’étude des violences faites aux femmes.

Résumé
11 h 40
Discussion
Dîner
11 h 50 à 13 h 00
Dîner
Dîner
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Enjeux méthodologiques et éthiques
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
13 h 00
Mener un terrain auprès de femmes immigrantes survivantes d’une tentative d’homicide conjugal : enjeux éthiques et méthodologiques.
Salima MASSOUI (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La production de savoirs en recherche sociale passe essentiellement par l’enquête de terrain. Le travail social ne fait pas exception. Mais comment entrer en contact avec des femmes violentées d’autant plus vulnérables qu’elles subissent de multiples formes d’oppression qui sont loin de se limiter à l’espace domestique ? Bien que difficile et éprouvante, l’entrée sur le terrain n’en demeure pas une source de réflexion importante pour saisir la réalité de ces femmes et la nécessité même de la recherche.

En m’appuyant sur mon travail de terrain entrepris en septembre 2017 auprès de femmes immigrantes survivantes d’une tentative d’homicide conjugal ou de violences graves, je propose une réflexion sur les difficultés reconcentrées et ce qu’elles nous apprennent de ces femmes. Ma présentation s’attarde particulièrement aux difficultés méthodologiques, éthiques et empiriques. L’enjeu est tout d’abord de conduire une recherche prenant comme objet central l’expérience traumatisante des participantes. Ensuite, d’entrer en contact avec elles alors que le recrutement passe essentiellement par la médiation d’organismes aux multiples préoccupations. La difficulté est enfin d’accompagner les femmes qui ne sont pas prêtes à parler ou qui veulent continuer à le faire, même longtemps après l’entretien !

Résumé
13 h 20
Documenter l’expérience et le point de vue d’enfants vivant dans un contexte de violence conjugale
Simon Lapierre (Université d’Ottawa)

Malgré plusieurs décennies de recherches sur la violence conjugale et sur l’exposition des enfants à la violence conjugale, peu d’études ont documenté l’expérience et le point de vue de ces enfants. En effet, les études sur l’exposition des enfants à la violence conjugale se sont surtout centrées sur l’ampleur et les conséquences de ce phénomène et, plus récemment, sur l’identification des facteurs de risque et de protection. Néanmoins, quelques chercheurs ont mené, au cours des dernières années, des études visant à mieux comprendre l’expérience et le point de vue de ces enfants. Cette présentation aborde les enjeux méthodologiques, éthiques et politiques de la recherche avec des enfants vivant dans un contexte de violence conjugale. Des exemples sont tirés d’une étude récente, financée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, qui a donné la parole à des enfants québécois et ontariens vivant dans un contexte de violence conjugale, à partir d’une approche méthodologique participative et qualitative.

Résumé
13 h 40
Discussion
14 h 00
Manières de faire. Manières de dire. Sociologie comparée des méthodes de collecte des faits de violence subis par les femmes des deux côtés de l’Atlantique (France, Canada, États-Unis)
Jean-Laurent ROSENSTRAUCH (ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES )

Si les chercheurs de l’Enveff pointent les difficultés de comparer les enquêtes statistiques françaises et nord-américaines concernant les violences faites aux femmes (Enveff, 2003), des travaux scientifiques ont pourtant été produits sur ce même terrain (Cavalin, Catherine, 2010, 2013). La comparaison achoppe ainsi sur les façons de définir les violences faites aux femmes: la question de la symétrie des violences entre les femmes et les hommes donne des résultats différents dans certaines enquêtes américaines (Enquête Gelles- Strauss, 1986) et dans l’enquête canadienne de 1999. Ces recherches enquêtent sur un domaine sensible: les violences vécues par les femmes interrogées par téléphone restent souvent indicibles en présence du conjoint supposé agresseur. Ce qui doit nous interroger sur les usages des méthodes de collecte: certaines enquêtes construisent des questionnaires spécifiques sur les violences subies par les femmes (Enquête Canada, 1993, Enveff, 2000).

Comment les autres enquêtes françaises se situent par rapport à l’enquête Enveff (Inserm, 2008, Insee, 2008, 2013, Virage, 2017)? Existe-t-il une spécificité des enquêtes francophones élaborées par des institutions publiques, à l’opposé de celles menées par des entreprises privées comme aux États-Unis? Notre communication se propose de discuter ces questions en se fondant sur une analyse secondaire des données statistiques de l’ensemble de ces enquêtes.

Résumé
14 h 20
Discussion
14 h 30
Pause
14 h 50 à 15 h 50
Communications orales
Enjeux politiques
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
14 h 50
Les sociétés dans le miroir de la violence conjugale et les enjeux pour la recherche. Réflexions autour des travaux universitaires sur la protection des survivantes en Russie.
Ksenia Burobina (UdeM - Université de Montréal)

Malgré la pertinence sociale du problème de la violence conjugale et les avancées de la recherche et de la protection des droits des survivantes, les chercheur.e.s et les militant.e.s déplorent toujours son manque de reconnaissance.

Cette communication partagera les réflexions inspirées par les récents travaux universitaires qui portaient sur la protection sociale des victimes de la violence domestique en Russie. Ces réflexions sont basées sur la revue de la littérature sur le sujet, les données secondaires recueillies sur Internet et une tentative exploratoire d’approcher le terrain.

La littérature montre que la recherche sur le sujet de la violence conjugale touche inévitablement aux aspects essentiels de la société, à ses acteurs clés et aux sujets susceptibles de faire objet de controverse, ce qui peut créer de contraintes pour la recherche et pour la diffusion des résultats. C’est un miroir qui reflète les sociétés, mais un miroir dans lequel les sociétés ne veulent pas se voir.

La communication touchera aux aspects méthodologiques tels que l’accès au terrain et le choix d’échantillon, les intérêts et les contraintes des acteurs, ainsi qu’aux enjeux éthiques. Elle fera également état des observations sur la perception de la recherche sur le sujet lorsqu’il s’agit des terrains proches et lointains et abordera la question suivante : comment parler de la recherche sur le sujet aux sociétés.

Résumé
15 h 10
Discussion
15 h 40
Discussion
15 h 50 à 16 h 30
Communications orales
Discussion et mot de clôture
Présidence/Animation : Kim Dubé (Université d’Ottawa)
Batiment : UQAC
Local : H1-1030
15 h 50
Discussion
16 h 20
Mot de clôture