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424 - Enjeux humains et psychosociaux du travail

Le mercredi 9 mai 2018

Ce colloque débutera par le lancement du livre Enjeux humains et psychosociaux du travail, sous la direction de J. Douesnard, publié aux Éditions des Presses de l’Université du Québec.

Par la suite, les auteurs de l’ouvrage présenteront des conférences liées aux thèmes abordés dans leur chapitre respectif. 

Le rapport avec le travail n’est pas neutre. Lieu de réalisation personnelle ou de consolidation de l’identité, il peut aussi être source de souffrances, d’atteintes physiques ou psychologiques. Ainsi, ce colloque propose des réflexions sur les effets de l’organisation du travail sur le sain maintien en emploi de ses acteurs. De fait, les enjeux humains et psychosociaux du travail, sujet d’actualité sur la scène nationale et internationale, préoccupent les chercheurs, les gestionnaires et les travailleurs. Depuis quelques années, un foisonnement de recherches à ce sujet, dans divers pays et dans divers types d’organisations, permet de cerner les enjeux et les interventions à cibler pour freiner la montée de la souffrance au travail, qui se présente sous différentes formes.

Que ce soit en référence aux manifestations de violence et de comportements antisociaux au travail ou de détresse psychologique associée au caractère dangereux et difficile de certains métiers, aux défis liés à l’intégration et au maintien en emploi des femmes ou encore à la façon d’aborder la problématique du retour au travail à la suite d’une absence pour des raisons de santé psychologique, ce colloque propose la mise en lumière de travaux canadiens et européens qui abordent cet enjeu de santé publique et organisationnelle. Faisant notamment état du chemin parcouru au Québec depuis la publication du Livre blanc sur la santé au travail au Québec, ce colloque s’adresse aux professionnels qui agissent en prévention ou en intervention quant à la santé psychologique au travail, de même qu’aux étudiants, aux chercheurs et aux décideurs intéressés par les questions de psychologie organisationnelle et de gestion favorisant la santé organisationnelle et un sain maintien en emploi de ses acteurs.

 

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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 15
Communications orales
Lancement du livre « Enjeux humains et psychosociaux du travail »
Présidence/Animation : Jacinthe Douesnard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6140
09 h 15 à 12 h 00
Communications orales
Enjeux humains et psychosociaux du travail
Présidence/Animation : Jacinthe Douesnard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6140
09 h 15
Ancrages politiques et théoriques de la Loi sur la santé et la sécurité́ du travail au Québec
Michel VÉZINA (INSPQ - Institut national de santé publique du Québec)

La réforme majeure en santé et sécurité du travail du Québec du 22 juin 1979, a pour principal origine le rapport du Comité d’étude sur la salubrité dans l’industrie de l’amiante, présidé par le juge René Beaudry et créé en juin 1975, au plus fort de la grève des travailleurs de l’amiante. Ce rapport, s’appuyant sur des approches qui avaient, faits leurs preuves, notamment en Suède et en Allemagne, proposait la création d’un mécanisme paritaire d’auto surveillance de la salubrité du milieu de travail.

Telle que votée en 1979, la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) ne définit pas explicitement les risques psychosociaux du travail, mais le concept de santé au travail auquel elle se réfère, inclut également la santé psychologique, comme l’a montré abondamment la jurisprudence.

Enfin, il convient de souligner la pertinence de l’intégration, dans le Programme national de santé publique (PNSP) du Québec 2015-2025[1], de la priorité accordée à la réduction des RPS du travail et, comme dans la Politique gouvernementale de prévention en santé (PGPS[2]), à l’accompagnement des entreprises désireuses de mettre en place une démarche de type Entreprise en santé. La santé est donc une responsabilité de santé publique qui va bien au-delà de la responsabilité des lésions professionnelles.

[1] <http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001565/>, consulté le 22 décembre 2017.

[2] <http://www.msss.gouv.qc.ca/ministere/politique-prevention-sante/>, consulté le 22 décembre 2017

Résumé
09 h 40
Période de questions
09 h 50
Revenir au travail à la suite d’un problème de santé mentale au travail: enjeux et défis des supérieurs immédiats
Louise St-Arnaud (Université Laval)

Cette présentation propose une réflexion et une synthèse des dimensions à prendre en compte dans le processus de rétablissement et de retour au travail de travailleuses et travailleurs déjà insérés sur le marché du travail et qui ont dû à un moment donné de leur carrière se retirer du travail en raison d’un problème de santé mentale. Ces dimensions sont principalement issues des travaux que nous avons menés sur le sujet et qui nous ont amenés à réfléchir sur la question du retour au travail en santé mentale à partir d’une perspective qui prend en compte les grandes transformations du travail et ses effets sur la santé et le maintien en emploi. Bien que les supérieurs immédiats aient un rôle à jouer à toutes les étapes du processus, leur capacité d’agir est liée aux marges de manœuvres dont ils disposent, à la cohérence des pratiques et à la prise de position de leur organisation en matière de santé mentale au travail.

Résumé
10 h 15
Période de questions
10 h 45
Comportements antisociaux au travail: état de la recherche et avenues de prévention
François Courcy (UdeS - Université de Sherbrooke), Caroline Aubé (HEC Montréal), Guillaume Daigneault (UdeS - Université de Sherbrooke), Laetitia LAROUCHE (UdeS - Université de Sherbrooke)

Depuis plus de 30 ans, les chercheurs ont exploré la problématique des inconduites en milieu de travail sous différents vocables tels que comportements contre-productifs, déviance ou délinquance. De fait, un nombre sans cesse grandissant d’ouvrages font mention de conduites de plus en plus pernicieuses, quasi invisibles, qui visent à contrôler, voire à assujettir les travailleurs (Greenberg, 2010). Les actes de violence et de harcèlement figurent sans surprise au nombre des inconduites les plus étudiées à travers les activités de recherche scientifique des domaines de la psychologie et du management au cours de la dernière décennie. Il est toutefois impératif d’élargir encore davantage le spectre des inconduites étudiées pour y inclure les gestes auxquels la communauté scientifique a accordé moins d’attention. Cette présentation propose un tour d’horizon de l‘état des connaissances entourant les comportements antisociaux au travail (CAAT). Ainsi, une définition de ce phénomène et des conduites qu’il inclut y sera abordée, suivie d’un aperçu des nombreux déterminants à son origine ainsi que de ses principales avenues de prévention.   

Références

Greenberg, J. (2010). Insidious Workplace Behavior, New York, Routledge.

Résumé
11 h 10
Période de questions
11 h 20
Défis et enjeux dans l’élaboration des collectifs de travail des pompiers à temps partiel du Québec
Jacinthe Douesnard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Laetitia LAROUCHE (UdeS - Université de Sherbrooke)

Une étude réalisée auprès des pompiers permanents (Douesnard, 2012) a démontré que, puisqu’ils se côtoient à la caserne entre les alarmes, ces travailleurs ont le temps et l’espace nécessaires pour élaborer des collectifs de travail. Concept issu de la psychodynamique du travail (Dejours, 2003), le collectif de travail joue un rôle clé dans le maintien en emploi de ces travailleurs, malgré les nombreux risques physiques et psychologiques auxquels ils sont exposés (Douesnard, 2012). Or, qu’en est-il des pompiers volontaires qui font essentiellement face aux mêmes risques, sans nécessairement avoir accès à ces moments privilégiés de délibérations à propos du travail, lors des moments d’attente à la caserne ? Cette présentation abordera les résultats d’une étude qualitative menée auprès des pompiers volontaires du Québec. Alors que plusieurs d’entre eux ont rapporté vivre des symptômes de stress post-traumatique et se sentir désemparés face à certaines interventions, quelques rares équipes semblaient en mesure de développer des collectifs de travail significatifs permettant de se maintenir en bonne santé psychologique au travail. Cette présentation exposera les stratégies managériales permettant de contrer les effets délétères de l’organisation du travail des pompiers volontaires, pour ensuite proposer une réflexion quant à la transférabilité de ces stratégies de gestion à d’autres milieux de travail.

Résumé
11 h 45
Période de questions
Dîner
12 h 00 à 13 h 15
Dîner
Dîner libre
Batiment : UQAC
Local : Dîner libre
Après-midi
13 h 15 à 15 h 30
Communications orales
Enjeux humains et psychosociaux du travail (suite)
Présidence/Animation : Jacinthe Douesnard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6140
13 h 15
Effet de groupe comme vecteur de violence professionnelle: élaboration d’un modèle théorique intégrateur
Laetitia LAROUCHE (UdeS - Université de Sherbrooke), Jacinthe Douesnard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), François Courcy (UdeS - Université de Sherbrooke)

En 2015, un Canadien sur deux du secteur public déclarait avoir été victime de violence au travail (AFPC, 2015). Source de problèmes de santé et de coûts dépassant les huit millions de dollars annuellement au Québec, cette problématique a suscité de nombreuses recherches (IRSST, 2013). Malgré cela, on en connait très peu sur ses causes groupales dont l’existence a pourtant été suggérée par différentes études. Suivant ces constats, cette présentation propose de synthétiser le contenu d’un chapitre dressant un portrait de la violence au travail et explorant les processus groupaux pouvant contribuer à son développement. Ainsi, lors de cette présentation la violence au travail sera définie pour ensuite faire un tour d’horizon de ses déterminants et des processus contribuant à son développement. Prenant appui sur l’approche du traitement social de l’information, le rôle théorique et empirique du groupe dans l’émergence de violence au travail sera exploré et une proposition de conceptualisation multiniveau de l’effet du groupe sur la violence au travail sera discutée.

Références

Alliance de la Fonction Publique du Canada. 2015. Workplace violence prevention: Get the stats. Violence and Bullying Prevention.

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité au travail. 2013. Toutes les organisations sont susceptibles d'être confrontées à la violence. Prévention de la violence interpersonnelle en milieu de travail.

Résumé
13 h 40
Période de questions
13 h 50
Intervenir en situation d’urgence sociale: les deux côtés de la médaille
Danielle Maltais (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Nikola Gerin (CPAS Quaregnon - Belgique)

Dans cette conférence, les effets à la fois négatifs et positifs de l’intervention sociale en contexte d’urgence, sur les intervenants sociaux seront abordés. Après la présentation de quelques éléments théoriques relatifs à l’intervention sociale en situation d’urgence, les auteurs avanceront les résultats de leur recherche respective dans le domaine.

Cette communication permettra de poser un regard, à la fois transversal et comparatif, sur les contextes belges et québécois.

Fondamentalement, cette réflexion transatlantique ambitionne de faire progresser l’étude des effets du concept d’urgence sur les intervenants sociaux.  En effet, au-delà des facteurs négatifs de l’intervention, les auteurs ont pris soins d’analyser les effets positifs de ce type de pratique sur les professionnels. Effets positifs souvent marginalisés au profit du côté sombre de la médaille…

Résumé
14 h 15
Période de questions
14 h 30
Pause
14 h 45
Pompières: la passion du feu et le prix à payer
Carmen Poulin (UNB - University of New Brunswick), Lynn Gouliquer (Université Laurentienne), Alissa Moore (UNB - University of New Brunswick)

Cette présentation fait état des conclusions d’une étude qualitative pancanadienne sur les préoccupations en matière de santé et sécurité au travail des pompières (n = 113). Les répercussions négatives que le statut de travailleuse en minorité au sein d’une confrérie très soudée peut avoir sur la santé mentale et physique de ces femmes seront abordées. Les résultats révèlent qu’en dépit de la nature paramilitaire de ce milieu de travail, le sexe prévaut sur la hiérarchie et que les pompières ne bénéficient pas du même respect que les hommes au chapitre de l’avancement et de l’ancienneté. Elles ne tirent pas autant profit que les hommes des investissements sociaux qu’elles engagent afin d’être acceptées dans cette culture masculine; leurs aptitudes/droit de faire partie d’un service d’incendie sont constamment examinés et on attend d’elles qu’elles fassent leurs preuves en se dépassant physiquement. En effet, même si certaines participantes estiment bénéficier du fort sentiment de soutien social au sein de leur service d’incendie, beaucoup savent pertinemment qu’elles doivent cultiver leur réputation afin de demeurer « un des gars ». L’enjeu est particulièrement problématique si elles doivent signaler une agression sexuelle, puisque ce geste peut entrainer de graves conséquences, les mettant à risque d’être encore plus marginalisées. La présentation se terminera par des suggestions de mise en place de politique permettant l’amélioration du sort et de la santé des pompières.

 

Résumé
15 h 10
Période de questions
15 h 20
Mot de clôture