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608 - Égalité, équité et parité : féminisme et justice sociale

Du lundi 8 au mardi 9 mai 2017

Le cœur même du projet féministe réside dans la vision de justice sociale dont il est porteur. Ce colloque est l’occasion de revisiter l’égalité, l’équité et la parité, trois termes utilisés pour désigner cette revendication fondamentale. La réflexion est ouverte à l’ensemble des disciplines ainsi qu’aux personnes engagées dans une action concrète. Nous visons une réflexion théorique et conceptuelle, la production d’un état des lieux dans différents domaines et une mise en commun des stratégies.

Plusieurs sous-thématiques pouvaient être explorées sous cette bannière : modèles, concepts et définitions; évolution historique des concepts et des revendications; équité salariale et égalité professionnelle; rapports sociaux inégalitaires; parité en politique; représentation des femmes dans les instances (financières ou stratégiques); parité culturelle (cinéma, littérature, théâtre, etc.); l’école et l’université comme lieux d’(in)égalité; articulation de la parité hommes-femmes à d’autres revendications de justice sociale (formulées par les personnes racisées, LGBTQ, etc.) et à la pensée intersectionnelle; (in)égalités et (in)équités dans les rapports privés; reconnaissance, visibilité et légitimité de la présence des femmes dans tous les domaines; stratégies et moyens d’action; barrières et résistances; et études de cas.

Les communications composant ce colloque s’articulent en divers lieux : dans la recherche, l’enseignement, les politiques publiques; la gouvernance, les médias, la ville, le territoire; les milieux de travail et d’implication militante.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Lori SAINT-MARTIN
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 45 à 12 h 00
Communications orales
Construction des savoirs
Présidence/Animation : Rachel Chagnon (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
09 h 30
Mot de bienvenue
09 h 45
Égalité des savoirs dans la recherche : enseignements tirés de la pratique de la méthode féministe participative
Myriam Gervais (Université McGill)

L’apport des savoirs expérientiels et la reconnaissance de l’égalité des savoirs, qu’il s’agisse de celui de la chercheuse ou de celui des participantes, sont à la base de la recherche féministe participative. Ce modèle de recherche place les participantes au cœur du processus de recherche en leur attribuant un rôle significatif dans la collecte,  l’analyse et la diffusion de l’information générée.  Sur la base d’expériences de recherche avec des femmes rurales dans différents contextes géographiques, culturels et sociaux (Burkina et Rwanda), il sera démontré que l’expression des autres savoirs par  l’établissement de rapports paritaires et de liens de réciprocité entre chercheuses et participantes a un impact direct sur la qualité et la pertinence des analyses produites, et de ce fait, sur les perspectives de changements souhaités. En plus de générer des analyses difficilement contestables par le milieu et les intervenants, la formulation de réponses pragmatiques diffusées dans un cadre non conventionnel permet aux participantes de dialoguer directement avec les experts et les décideurs, et favorise la mise en œuvre d’actions stratégiques plus justes et plus adéquates. Faire de la recherche ‘avec’ les jeunes filles et les femmes en tant que coproductrices des connaissances constitue ainsi une forme de praxis féministe propice au changement individuel et social, et à l’action politique et sociale.

Résumé
10 h 15
L’adhésion des filles belgo et franco-marocaines à des rôles de genre égalitaires : analyse (intersectionnelle) au regard des politiques d’intégration et des politiques de participation équilibrée
audrey heine (Université libre de Bruxelles)

Ces dernières années, plusieurs travaux ont mis en évidence que les jeunes filles issues de l’immigration présentaient souvent une idéologie de genre plus progressiste que les garçons. Ainsi, elles ont plus d’aspirations pour la réussite, demandent plus d’autonomie et revendiquent aussi plus d’égalité et de liberté pour leur sexualité et pour les questions matrimoniales (Idema & Phalet, 2007; Phalet & Swyngedouw, 2004 ; Timmerman 2000). Dans le même temps, ces jeunes filles sont aussi la cible de discriminations importantes dans le pays d’accueil. Ainsi, en Belgique, les musulmanes représentent une des catégories de personnes les plus discriminées sur le marché de l’emploi (Ouali & Ceniccola, 2012).

Face à ces constats, nous nous sommes interrogés sur le sentiment de reconnaissance sociale des descendantes de l’immigration et sur les conséquences en termes de rôles de genre (conservateurs versus égalitaires). Sur le modèle des travaux de Brancombe (1999) sur les effets néfastes de la discrimination pour les relations intergroupes, nous avons émis l’hypothèse que la discrimination perçue constituait un frein important aussi à l’adhésion à des rôles de genre égalitaires.

Nous avons réalisé une enquête auprès de 136 personnes issues de l’immigration marocaine (dont 66 femmes). Des analyses de régression permettent de faire plusieurs constats : les filles adhèrent plus que les garçons à des rôles de genre égalitaires. Plusieurs facteurs influencent favorablement cette adhésion à des normes d’égalité : l’identification au pays d’accueil mais aussi l’identification au groupe ethnique et la socialisation ethnique. Ces facteurs semblent jouer un rôle protecteur par rapport à des attitudes conservatrices. Au contraire, la perception de la discrimination est négativement corrélée avec l’adhésion à des valeurs égalitaires. Face à ce constat de « déni » de reconnaissance (Honneth, 1992), il semble donc que les attitudes de repli identitaire et l’adhésion à des normes culturelles traditionnelles genrées constituent une option pour certaines descendantes d’immigrés.

Nous discuterons ces résultats en regard des politiques structurelles développées en Belgique francophone à l’égard des immigré-e-s et plus spécialement à l’égard des femmes. En effet, les politiques d’intégration peu axées sur la reconnaissance de la diversité se combinent à peu de reconnaissance sociale des femmes (en général et immigrées en particulier) dans l’espace politique. Nous présenterons les décrets relatifs à la participation équilibrée des femmes et des hommes dans les organes décisionnels sur le plan politique ainsi que les limites de ces décrets dans la mise en œuvre et particulièrement dans une perspective intersectionnelle, leur non prise en compte de la situation des descendantes de l’immigration.

Résumé
10 h 45
Pause
11 h 00
Les possibilités d’inégalité et de discrimination liées à la transmission de la laïcité dans les écoles publiques françaises analysées par le prisme de l’approche intersectionnelle
Valérie ORANGE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La forme actuelle de l’École publique française satisfait peu son idéal égalitariste originel (1882). Non seulement, les récentes enquêtes PISA montrent que l’École française perpétue des discriminations de classe (Baudelot et Establet, 2009), mais en outre la réalité de l’égalitarisme de certaines pratiques au sein de l’institution peut être questionnée en matière de genre et d’origine des élèves. Cette présentation sera l’occasion d’exemplifier certaines discriminations à partir des résultats de ma recherche doctorale portant sur la transmission scolaire de la laïcité en France. Après un survol historique de la construction et de la laïcisation genrées de l’École française (Rochefort et al., 2007), je présenterai quelques situations de discriminations, parfois exercées involontairement et avec les meilleures intentions. Pour ce faire, je mobiliserai la littérature récente et certains résultats de ma recherche doctorale, portant sur le rôle des enseignants dans la diffusion de la laïcité dans les établissements scolaires multiethniques fréquentés par les populations les plus pauvres de Marseille. Cette recherche témoigne combien ce principe de laïcité, initialement positif (Milot, 2008), mais souvent mal compris, peut devenir un injuste instrument de discrimination de genre, de classe et de race, dont la mise en oeuvre gagnerait à être soutenue par une approche intersectionnelle.

Résumé
11 h 30
Un référentiel des valeurs et des normes en matière d’égalité et d’équité de genre en formation professionnelle au Maroc
Claudie Solar (UdeM - Université de Montréal)

Dans le cadre d’un projet de coopération au Maroc, financé par le Canada et ayant débuté en 2013, il était demandé, entre autres, à la conseillère en matière de genre de développer un Référentiel des valeurs et des normes en matière d’égalité et d’équité de genre en formation professionnelle. Pour cela, il a fallu imaginer le texte demandé, définir les concepts, trouver une méthodologie, produire un document et le soumettre à des fins d’adoption au comité directeur du projet dont le volet genre n’est qu’une des dimensions abordées. La communication présentera la démarche suivie et détaillera le contenu du Référentiel produit ainsi que sa mise en œuvre actuelle, puisque le projet est en cours jusqu’en mars 2019.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 15 h 00
Panel
Table ronde – Parité : pratiques législatives et politiques
Présidence/Animation : Lori SAINT-MARTIN (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Rachel Chagnon (UQAM - Université du Québec à Montréal), Chantal MAILLÉ (Université Concordia), Pascale Navarro (UQ - Université du Québec)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
15 h 00
Pause
15 h 15 à 16 h 15
Communications orales
Inclusions et exclusions culturelles
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
15 h 15
Vers la parité culturelle : le traitement des écrivaines dans les suppléments littéraires du Devoir et du Monde
Lori SAINT-MARTIN (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Dans le cadre d’une recherche plus vaste sur la place réservée aux livres de femmes dans les suppléments culturels de six grands journaux du monde, la présente communication interrogera la distribution inégale des places les plus prestigieuses dans deux journaux : la couverture pour Le Devoir, la première et la dernière page pour Le monde des livres. Qui y a droit ? Quel monde (surtout blanc et masculin) construisent ces pages, sur quelles inclusions et exclusions reposent-elles ? Comment l’âge et la beauté entrent-elles ou non en ligne de compte selon le sexe des auteur-e-s ? On verra que le manspreading culturel s’exerce encore à plein et que la parité culturelle, dans ce domaine, est loin d’être atteinte. Je réfléchirai en conclusion à quelques conséquences pour les carrières individuelles et la vision globale de la culture.

Résumé
15 h 45
La quatrième vague féministe et les productions audiovisuelles des femmes au Québec : écriture féminine dans les séries Web de fiction de 2008 à aujourd’hui, une révolution
Julie Ravary (UdeM - Université de Montréal)

Depuis les années 2010, les études portant sur la diffusion de la pensée féministe par le biais des médias web foisonnent (Redfen et Aune, 2010 ; Hewitt, 2010 ; Baumgardner 2011 ; Cochrane 2013 ; Munro 2013 ; Baer, 2016). Selon leurs analyses, la place grandissante du web révolutionne la manière dont les discours féministes circulent et dialoguent. Cette révolution technologique constitue ce que l’on a appelé la quatrième vague féministe. On étudie les blogues, les mots-clic, les pages Facebook, les comptes Twitter, en se penchant majoritairement sur les contenus littéraires diffusés et partagés sur le web. Par contre, très peu de chercheur.e.s ont pensé les discours féministes dans les contenus de fictions audiovisuelles sur le web.

Au Québec, Les Réalisatrices Équitables observe grâce à des analyses de recherches quantitatives et nombreuses entrevues sur le terrain que le web ouvre des espaces polyvoques et plus inclusifs pour les réalisatrices au Québec. (Migner-Laurin et Bélanger, 2012) Cette communication se penche sur les questions suivantes : quelle est la place des femmes dans la tradition des productions de contenu web de fiction au Québec? Est-ce que le web offre davantage de liberté à ces femmes pour traiter de sujets moins explorés par les grands médias dans des médiums tels que le cinéma et télévision ? Des sujets plus politisés ? Plus féministes ?

Pour ce faire, je m’attarderai aux particularités et au potentiel spécifique du web en tant que médium audio-visuel (production, plateformes de diffusion, interactivité, etc.) À titre exemplaire, je proposerai une étude des séries pour le web Féminin-Féminin (2014) de Chloé Robichaud et Les Brutes (2016) de Lili Boisvert et Judith Lussier. En somme, il s’agit de penser le contenu et la forme d’objets audiovisuels de fiction réalisés par des femmes au Québec pour le web afin de voir si, comme le suggèrent les écrits féministes des dix dernières années, Internet révolutionne la manière dont les discours féministes se construisent, circulent et dialoguent.

Résumé
16 h 15
Pause
Soir
16 h 30 à 18 h 00
Cocktail
En genre et en nombre : cartographie des études féministes (prise 2) – Réseau québécois en études féministes (RéQEF)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
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Avant-midi
09 h 30 à 11 h 00
Communications orales
Rapports à la ville et au territoire
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
09 h 30
Droit à la ville et justice sociospatiale pour le mouvement social des travailleuses du sexe au Brésil
Diana Helene (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le mouvement social des prostituées au Brésil s'est construit sur une série de débats qui sont fondamentaux pour une réflexion sur les thèmes d'égalité et de justice socio-spatiale. À partir de l'étude de cas de l'association Mulheres Guerreiras (association des Femmes Guerrières), une organisation de prostituées de la ville de Campinas située dans l'État de São Paulo, je démontrerai comment ce singulier mouvement social pose la question de l'égalité par le biais de luttes associées au droit à la ville et au genre, revisitant ainsi les pratiques militantes associées au féminisme. Pour ce faire, j’expliquerai la façon dont ce mouvement social manifeste sa présence dans l’espace urbain, ayant recours au corps
comme plate-forme de « profanation » de l'espace public. Ainsi acquise, sa visibilité dans la ville contribue à déconstruire des paradigmes liés aux droits sexuels, et met ainsi en évidence comment les manifestations de travailleuses du sexe agissent dans la déconstruction du «Whore Stigma» (le stigmate de la putain, Pheterson, 20011), une structure de contrôle de toutes les femmes.

Résumé
10 h 00
La ville : quelle égalité entre les femmes et les hommes?
Anne Latendresse (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le rapport des femmes à la ville est plus complexe qu’il n’y paraît. Dans les pays occidentaux, alors qu’une division sexuée du travail les a longtemps assignées à l’espace domestique, l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail à partir de la deuxième Guerre Mondiale, marque un point tournant. Désormais, elles côtoient les hommes dans les rues, les transports en commun, les marchés publics, les lieux de travail et les institutions publiques. Pourtant, malgré leur présence dans les espaces publics et leur contribution aux activités économiques, la ville est demeurée un espace réservé aux hommes. Non seulement, elle leur était réservée, mais elle est produite par eux. Or, depuis la fin des années 1980, des militantes d’organisations féministes ou de partis politiques municipaux, de même que des professionnelles de l’urbanisme et de l’aménagement ont questionné la non-reconnaissance des femmes dans la ville, et les inégalités qui allaient de pair (Latendresse, 2007). On assiste alors à l’émergence de nouvelles pratiques visant à re-penser la ville du point de vue de femmes, ou à tout le moins à la revoir sous l’angle de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est ainsi que Montréal adoptait, en 2008, sa politique Pour une participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie de Montréal. Dans le cadre de cette communication, nous allons, à partir du cas montréalais, questionner la conception de l’égalité des femmes et des hommes mise de l’avant par l’institution municipale. En nous inspirant de la théorie de la justice sociale de Fraser, nous allons tenter de voir dans quelle mesure le féminisme libéral qui a pénétré l’institution municipale, joue un rôle en matière de reconnaissance des identités, de même qu’en matière de redistribution dans la ville.

Résumé
10 h 30
Imaginaire collectif et marginalisation territoriale : géographies queer, satire et activisme politique en art contemporain au Canada
Pageot Édith-Anne (Université du Québec à Montréal)

Plusieurs chantiers de recherche interdisciplinaire ont montré depuis une trentaine d’années que les discours mainstream - hétéronormatifs et patriarcaux - sur la race, « la nature » et la sexualité sous-tendent une corrélation entre la perversité, la pollution et la dégénérescence, d’une part, et la santé, le naturel et la conformité, d’autre part. (Isenberg 2000, Mortimer-Sandilands, Erickson 2010, Sullivan, 1998, Trexler 1995) Dans cette perspective, à partir du 20e siècle surtout, les activités de plein air, de chasse, de pêche et d’escalade ont été associées à une agentivité masculine hétérosexuelle. (Mortimer-Sandilans et Erickson, 2010 : 3) Tout en reléguant aux géographies urbaines les expressions migrantes, queer ou «féminisées» du territoire, ces images conquérantes de la «nature sauvage» ont pleinement participé à la construction d’une masculinité hétéronormative. Au Canada, il est un fait bien connu que le référent territorial a joué un rôle de premier plan dans la définition d’une identité nationale dont les contours ont été dessinés par un nationalisme blanc et une masculinité hétéronormative qu’incarnent magnifiquement les paysages « sauvages » du Groupe des Sept dans l’imaginaire collectif. En rupture avec ce modèle, notre communication propose une analyse de la rhétorique satirique et du pouvoir d’agir des pratiques artistiques contemporaines qui ménagent aux expressions queer ou féministes des territoires «naturels». Seront discutés notamment les projets de Kent Monkman, Lori Blondeau, Adrian Stimson, Shana Dempsey et Lori Millan.

Résumé
11 h 00
Pause
11 h 15 à 12 h 15
Communications orales
Combattre la culture du viol
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
11 h 15
Bilan provisoire d’une mobilisation contre la culture du viol à l’université
Sandrine Ricci (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Alors que les universités font face à la mise au jour de la prévalence, en leur enceinte, de situations de violences à caractère sexuel dont le processus de mise à l’agenda politique connait d’ailleurs de notables avancées, au Québec et au- delà, la présente contribution recèle un double objectif. En premier lieu, il s’agira de poser un regard sociohistorique sur la mobilisation contre le harcèlement et la violence à caractère sexuel en milieu universitaire. On verra que cette résistance traduit des perspectives féministes hétérogènes, des désaccords en ce qui a trait aux répertoires d’action, aux tactiques. On soumettra à la discussion l’hypothèse que cette mobilisation a retenu l’attention et contribué à inscrire la problématique des violences sexuelles en milieu universitaire à l’agenda politique parce qu’elle s’inscrit dans un contexte « glocal »
spécifique et qu’elle implique désormais une diversité d’acteurs et actrices sociales et justement, une diversité de tactiques. Au terme de ce bilan de lutte provisoire, on exposera les traductions de cette mobilisation contre la culture du viol par le prisme du projet de recherche ESSIMU (Enquête Sécurité, Sexualité et Interactions en milieu universitaire), qui a entrepris de documenter ce problème à partir de données quantitatives et qualitatives recueillies dans six universités québécoises.

Résumé
11 h 45
Les procédures civiles, outil d’activisme féministe contre la culture du viol
Suzanne Zaccour (University of Toronto), Michaël Lessard (Université McGill)

Depuis les dernières années, il devient évident que l’incapacité des tribunaux et des corps policiers à réprouver efficacement les agressions sexuelles est un des principaux obstacles à l’atteinte d’une égalité et d’une protection juridique égale pour les femmes. En plus de leur difficulté à déceler, condamner et dissuader les agresseurs, ces institutions désautonomisent et stigmatisent trop souvent les victimes.

Bien que ces difficultés s’inscrivent dans un contexte social qui entretienne ce problème, nous proposons que les femmes se réapproprient leurs procédures judiciaires par des poursuites civiles, particulièrement devant la Cour des petites créances. Celles-ci servent essentiellement deux buts : un micro et un macro.

Sur le plan micro, nous soutiendrons que la procédure civile et des petites créances permet aux femmes de piloter leur recours, de bénéficier de protections accrues lors des audiences, d’obtenir plus facilement une reconnaissance officielle de l'existence de l’agression ainsi qu’une indemnisation pour tous leurs soins médicaux, psychologiques et autres, et de forcer l’agresseur à participer au processus – ce qui n’est pas nécessairement garanti avec les modes de justice alternatifs extrajudiciaires. Il y a alors un gain individuel, certes, mais non négligeable pour les victimes si l’initiative se généralise.

Sur le plan macro, nous soutiendrons que l’augmentation des recours civils mettrait une pression sur le droit criminel afin qu’il se raffine pour pallier les problèmes associés à l’influence de la culture du viol sur la justice étatique. Nous envisageons également qu’un investissement généralisé de la justice civile par des groupes de femmes et organisations féministes change la donne quant à l’impunité dont bénéficient aujourd’hui les agresseurs sexuels.

 

Résumé
Dîner
12 h 15 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Divisions (in)égalitaires du travail
Présidence/Animation : Pageot Édith-Anne (Université du Québec à Montréal)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
14 h 00
Le harcèlement par les technologies de l’information et des communications en maison d’hébergement : un dilemme entre contrôle et intervention féministe
Annie Bernier (UdeM - Université de Montréal), Marie-Marthe Cousineau (UdeM - Université de Montréal)

L’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) s’avère désormais une pratique de plus en plus répandue  pour harceler les femmes en maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. La collecte de données, pour cette étude, fut effectuée par le biais d’entrevues semi-dirigées avec des informateurs clés du milieu. Le but est de  connaitre l’impact des TIC sur les femmes victimes de harcèlement et sur l’intervention féministe prôné en maison d’hébergement.

Les résultats démontrent que les mesures mises en place pour contrer les conséquences négatives des TIC en maison d’hébergement sont constituées au meilleur du savoir des intervenantes et qu’aucune uniformité n’est présente entre les maisons. On voit apparaître un dilemme entre l’intervention féministe prônée dans ces organismes et le contrôle exercé autour des TIC, tel que l’interdiction d’utiliser leurs appareils en maison d’hébergement, alors  qu’elles font maintenant partie intégrante de la vie de la majorité des gens. L’analyse féministe intersectionnelle permet de voir se dessiner les matrices de domination de Collins au sein des règlements mis autour des TIC, mais également dans l’utilisation abusive qu’en fait le conjoint harcelant. Il importe de prendre connaissance des différents enjeux que pose l’utilisation des TIC en maison d’hébergement afin de respecter l’intervention féministe, mais surtout, les femmes hébergées.

Résumé
14 h 30
Les femmes aînées et les travailleuses du care
Hélène Charron (Conseil du statut de la femme), Sarah Jacob-Wagner (Conseil du statut de al femme)

L’organisation des soins et des services de soutien destinés aux personnes aînées et à leurs proches soulève la question des inégalités de genre, de la frontière entre le travail rémunéré et gratuit, entre l’espace public et l’espace privé où se déroule encore, presque sans bruit, une division du travail entre les sexes qui se transforme lentement. Cette communication interroge, à partir des réflexions féministes sur le care, notamment celles qui ont été proposées par Pascale Molinier et Joan Tronto, cette organisation du travail de soin qui place souvent face à face des femmes qui prodiguent des soins et d’autres qui en reçoivent. Elle présente les résultats préliminaires de l’analyse des données empiriques collectées dans le cadre d’un projet de recherche du Conseil du statut de la femme mené auprès de travailleuses du care, de proches aidantes, de femmes aînées, de gestionnaires et de bénévoles. Nos préoccupations centrales sont les suivantes : Quelles sont les principales tensions entre les différentes pourvoyeuses de care et bénéficiaires du care dans le contexte des soins à domicile et en institution? Quelles sont les pistes de solution intéressantes qui tiennent compte à la fois des besoins des travailleuses, des personnes aînées et de leurs proches?

Résumé
15 h 00
La division sexuelle du travail militant dans les Black Blocs au Québec entre 2001 et 2015
Geneviève Vaillancourt (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les principes libertaires revendiqués par les Black Blocs orientent leurs actions visant l’abolition des différents systèmes d’oppressions que constituent le capitalisme, le racisme, l’impérialisme et le patriarcat. Afin d’y parvenir, les contingents Black Bloc mettent de l’avant des modes d’organisations « autonomes » et « non hiérarchiques », fondés sur le principe de démocratie directe où tous et toutes participent aux débats, à l’analyse de la situation ainsi qu’à l’élaboration des stratégies et organisation des actions politiques. Compte tenu du parti pris féministe de l'activisme Black Bloc, on pourrait s'attendre à trouver une répartition égale des tâches militantes au sein de ces espaces de lutte. Pourtant, plusieurs militantes disent avoir fait l'expérience du sexisme dans divers contingents Black Blocs. Comment expliquer la persistance de pratiques qui reconduisent des formes de domination sexistes du point de vue des militantes au sein des Black Blocs? À l’issue d’entretiens menés auprès de militant-e-s ayant participé à divers Black Blocs au Québec, nous nous inspirons directement des travaux de Paola Tabet (1998) pour démontrer que la division sexuelle du travail dans ces groupes tient d’abord à la distribution des outils et des armes, ainsi que l’accès différencié aux savoirs technologiques.
 

Résumé
15 h 30
Pause
15 h 45 à 16 h 45
Panel
Table ronde – Les femmes et les sciences : la longue marche vers l’égalité
Présidence/Animation : Louise Cossette (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Donatille Mujawamariya (Université d’Ottawa), Louise Caroline Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal), Eve Langelier (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (R) RUTHERFORD
Local : (R) 112
16 h 45
Mot de clôture
Soir
17 h 00 à 18 h 30
Cocktail
Lancement et verre de l’amitié
Batiment : (A) ARTS
Local : (A) 160 zone cocktail