Imprimer

424 - Vieillir en marge, âgisme, droits et accès aux services sociaux et de santé

Le mardi 9 mai 2017

Le vieillissement de la population québécoise est un défi posé aux services sociaux et de santé. Ils doivent s’adapter et se réorganiser en fonction de cette reconfiguration des groupes d’âge de leurs usagers. Cependant, des politiciens, chroniqueurs et autres blogueurs en font plutôt un enjeu fiscal. L’augmentation du nombre de personnes âgées défavoriserait injustement les jeunes et mêmes les prochaines générations. Ils s’appuient en cela sur un stéréotype des aînés qui les réduit à des malades improductifs et dépensiers. Cette représentation péjorative relevant de l’âgisme a été identifiée depuis près de 50 ans (Butler, 1969). Elle sévit encore aujourd’hui dans les services sociaux et de santé du Québec où l’on a pu documenter qu’un traitement distinct mais défavorable était le lot des aînés (Conseil des aînés du Québec, 2010). La majorité des professionnels canadiens de la santé serait même porteuse de cet âgisme (Camerlain et Myhal; 2011). Ce colloque réunit des équipes de recherche qui s’intéressent au problème conséquent d’accès des personnes âgées à des ressources et services qui répondent à leurs aspirations et besoins. Les conférences porteront sur leurs enjeux : adaptation à l’âge des usagers, respect des droits, participation sociale, double stigmatisation quant au genre, à l’état de santé, à l’origine, etc. L’objectif du colloque est de diffuser et de partager des questions et des résultats de recherche qui seront mis en discussion dans une table ronde de clôture. Nos services sociaux et de santé reproduisent-ils ou non des inégalités sociales? Est-ce que l’organisation et la prestation des services peut être marquée par l’âgisme? N’est-ce pas plutôt le fait d’intervenants considérés individuellement? Que l’âgisme soit systémique ou un trait de la culture ambiante, quelles en sont les manifestions dans les différents secteurs d’intervention en santé et service social? Est-ce qu’il y a effet de cumul des différents préjugés âgistes, racistes, sexistes, de classes ou d’état de santé envers les personnes âgées? Quels en sont les effets sur eux, et sur les identités et les pratiques de leurs intervenants de terrain? Quelles stratégies d’action peuvent contrer l’institutionnalisation de la stigmatisation des personnes âgées? Comment la recherche peut-elle contribuer à les identifier? Quelles peuvent être les contributions attendues de la collaboration entre chercheurs, intervenants et citoyens à la recherche sociale et au développement des connaissances?

La table ronde de clôture sera formée d’intervenants, de membres et d’usagers de ressources communautaires : le P.A.S. de la rue de Montréal, le Collectif de défense des droits de Montréal Action Autonomie, les services à domicile et les services de Santé publique et développement des communautés locales du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Lire la suite »
Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Jean Gagné
TÉLUQ - Université du Québec
Afficher tous les résumés
Avant-midi
08 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Précarité, itinérance et accès au logement
Présidence/Animation : Gabrielle Perras St-Jean (CIUSSS Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal)
Batiment : (WH) WILSON HALL
Local : (WH) 110
08 h 30
Mot de bienvenue
09 h 00
Reloger des hommes âgés après un épisode d’itinérance à Montréal
Jean Gagné (TÉLUQ - Université du Québec), Victoria BURNS (INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société), Julie Deslandes-Leduc (Université du Québec à Montréal)

Notre recherche est soutenue par l’organisme communautaire Le P.A.S. de la Rue qui offre des programmes de soutien et de réinsertion aux 55 ans et plus en situation d’itinérance ou de précarité. Elle investigue les conditions favorables à la stabilisation en logement d’hommes qui, ayant connu cette condition, en font l’expérience dans l’une de 3 structures: logement de transition dans un immeuble commun avec soutien social sur place; logement autonome privé, non regroupé, avec un programme de supplément au loyer et soutien social ponctuel; chambre en résidence de longue durée avec soutien social et de santé. Nous utilisons l’entrevue traditionnelle et une méthode de stimulation de la mémoire affective par la photo. Le participant nous guide, nous indique et justifie ses choix de lieux et d'objets signifiants à photographier dans son logement ou son quartier. La liaison entre cette recherche et les milieux de pratique est assuré par un comité de pilotage formé de l’équipe de recherche et ses partenaires issus d’un établissement public et de quatre organismes participants au projet. Nous décrirons ce dispositif avec ses objectifs, apports et limites. Ce projet participatif apporte une contribution importante aux écrits sur le vieillissement, le logement et l’itinérance et suscite la réflexion et la discussion sur les multiples enjeux liés au relogement des personnes âgées en situation d’itinérance et les sur les pratiques qui répondent aux besoins et aspirations de ce groupe.

Résumé
09 h 45
Itinérance chez les femmes âgées au Québec : quelle place occupent les facteurs structurels dans le processus de vulnérabilisation vers l’itinérance?
Marilou Vinet-Saint-Pierre (UdeM - Université de Montréal)

L’itinérance chez les personnes âgées est en augmentation dans plusieurs régions du monde dont au Québec. Les connaissances du phénomène chez les femmes sont néanmoins peu développées. La pauvreté, les politiques sociales, le logement, l’isolement social et la violence affecteraient vraisemblablement les femmes âgées d’une manière particulière et les rendraient plus vulnérables. Testant cette hypothèse, j’analyserai des entrevues de femmes âgées réalisées dans le cadre d’une recherche dirigée par Céline Bellot (2015), Rendre visible l’itinérance au féminin. J’aborderai alors: le logement, la vie dans la rue, l’utilisation des ressources, les relations intimes et familiales, la santé physique et mentale, le travail, les contacts avec la justice, les relations interpersonnelles et le futur. Je présenterai aussi le «Comité de reconnaissance» de la recherche, un groupe de recherche-action participative formé de 20 femmes en situation d’itinérance passée ou présente qui se réunissent régulièrement pour traiter de ces thématiques, partager leurs expériences et leurs perceptions. C’est un lieu de discussions où les témoignages sont transcendés par l’impact des facteurs structurels dans leur parcours. Je tenterai également d’identifier un processus commun de vulnérabilité qui mène à l’itinérance chez les femmes âgées. Enfin je discuterai de ce nouveau visage de l’itinérance, plus «caché» mais en augmentation et de l’implication des facteurs structurels dans sa compréhension.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 40
Les locataires vieillissants : entre la gentrification et la Régie du logement
Julien Simard (INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société)

La possibilité de vieillir sur place, pour des personnes âgées disposant de faibles revenus sans pertes notables d’autonomie fonctionnelle, est fragilisée dans certains quartiers centraux montréalais. Des transformations urbaines, telle la gentrification, peuvent produire une pression à leur déplacement - forcé ou "passif" - d'un logement privé, souvent loué à un prix bien moindre que celui du marché. Certaines d'entre elles veulent négocier ce déplacement forcé et se tournent donc vers les comités de logement, organismes de défense des droits des locataires actifs dans la plupart des quartiers montréalais. Ces organismes offrent notamment un appui moral et logistique aux locataires désirant contester une éviction, une reprise de logement ou une hausse abusive à la Régie du logement. Ce tribunal administratif est critiqué pour sa lenteur et son favoritisme envers les locateurs, de même que pour son opacité. Les personnes âgées locataires, en général, doivent donc naviguer entre les comités logement et un Tribunal administratif dont les rouages s'avèrent difficiles à comprendre, dans le but de conserver leur logement. Ce processus en décourage plusieurs à mener le combat. Bref, les problèmes associés à la Régie du logement contribuent-ils, par la bande, à faciliter le déplacement forcé des personnes âgées dans les quartiers centraux montréalais ? Comment, dans ce contexte, faciliter la défense des personnes âgées locataires en situation précaire ?

Résumé
11 h 25
Vieillir en périphérie des grands centres : aperçu des inégalités sociales liées au vieillissement de la population en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine à partir de la recherche qualitative et du travail de proximité
Pierre-Luc Lupien (Cégep de la Gaspésie et des Iles), Anne-Julie Landry (Centre d'initiation à la recherche et au développement durable)

La Gaspésie - Iles-de-la-Madeleine (GÎM) est une vaste région administrative du Québec avec cependant des réalités sociales diverses. La proportion de personnes âgées de plus de 65 ans y est de 24,0 %, alors que la moyenne nationale est de 18,1 %. Notre communication esquissera un portrait des inégalités sociales et des discriminations vécues par ces personnes âgées de la GÎM ainsi que des solutions développées par les acteurs de la région pour y remédier. Nous présenterons 2 projets menés par le Centre d’initiation à la recherche et au développement durable (CIRADD). D’abord une recherche qualitative sur la précarité résidentielle en GIM fait de 15 entretiens avec des personnes ayant vécu des situations de précarité résidentielle et d’une quarantaine de rencontres, soit individuelles ou en groupes de discussion avec des intervenants des différentes MRC de la région. Ensuite un projet de recherche et d’intervention auprès des personnes âgées de la MRC d’Avignon, Vieillir heureux chez soi dans sa communauté. Anne-Julie Landry, chargée de recherche au CIRADD et travailleuse de proximité présentera le rôle du travail de proximité auprès des ainés dans ce projet qui se déroule dans 4 municipalités de moins de 600 habitants de la MRC Avignon. Elle présentera comment le travail de proximité peut devenir un moyen privilégié pour réduire les inégalités sociales vécues par les communautés éloignées des services et ainsi permettre d’accroître le bien-être des habitants

Résumé
Dîner
12 h 10 à 13 h 15
Dîner
Dîner
Après-midi
13 h 15 à 14 h 45
Communications orales
Santé mentale, accès aux services, droits et intégration à la communauté
Présidence/Animation : Gabrielle Perras St-Jean (CIUSSS Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal)
Batiment : (WH) WILSON HALL
Local : (WH) 110
13 h 15
Vieillissement, droits et accès aux services en santé mentale : un projet de recherche-action
Jean Gagné (TÉLUQ - Université du Québec), Mario Poirier (TÉLUQ)

Nous présentons un projet issu de la collaboration entre les cochercheurs et le comité de défense des droits en santé mentale de Montréal, Action Autonomie. Les chercheurs et des membres de cet organisme le pilotent avec l’objectif de recueillir les savoirs d’expérience des usagers de plus de 50 ans sur les services et activités de soutien ou de soins en santé mentale à Montréal. Dans ce cadre ils ont reçu des experts, administré un sondage en ligne auprès du regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale de Montréal et réalisé 4 groupes d’entretien dans autant d’organismes de santé mentale. Les données recueillies concernent l’organisation, l’accès et l’accueil dans les services, les pratiques cliniques, le financement des organismes, l’attitude des intervenants ainsi que les politiques gouvernementales. Parmi les enjeux soulevés, il sera question des obstacles bureaucratiques posés à l’accès au réseau de santé; de la double stigmatisation, l’âgisme et les préjugés qui mènent au dénie des droits des usagers dans la communauté et dans les services publics; des positions et rapports intergénérationnels; de la pauvreté qui affecte toutes les sphères de la vie; de la réduction des soins à la seule médication et; des apports des organismes communautaires. En discussion, nous soumettrons le projet du comité de recherche d’utiliser ces données pour fonder un programme de formation et d’échanges dédié aux intervenants professionnels de la santé mentale.

Résumé
14 h 00
L’accompagnement personnalisé : une approche citoyenne pour l’intégration dans la communauté des aînés vivant avec un trouble mental
Ginette AUBIN (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Pierre-Yves THERRIAULT (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Les aînés vivant avec un trouble mental ou des difficultés psychosociales (ADP) vivent de l’isolement, de la marginalisation et de l’exclusion. Leur intégration dans la communauté est un processus menant à l’accomplissement d’activités significatives avec autrui dans la communauté. L’approche d’accompagnement citoyen personnalisé d’intégration communautaire (APIC), a été expérimentée en Mauricie. Elle est effectuée par un accompagnateur-citoyen issu de la communauté. Il rencontre hebdomadairement un aîné pour le soutenir dans ses démarches d’intégration. L’étude pilote visait à s’assurer de la l’acceptabilité et la faisabilité de l’APIC auprès d’ADP et à mieux en comprendre les effets sur les accompagnés. Pour cette étude de cas multiples, les participantes accompagnées et accompagnatrices ont été recrutées par 1 comité de représentants d’organismes de la région. Des questionnaires et entrevues ont documenté l’expérimentation. 3 des 4 accompagnées ont terminé le processus. Chacune avait des besoins différents et provenait de contextes variés. Elles ont rapporté avoir de nouveaux intérêts, être mieux entourées, trouver davantage de sens dans leurs activités. Cette approche a été appréciée des participantes de cette étude. Toutefois, une évaluation approfondie des besoins et attentes paraît essentielle pour une participation optimale à l’APIC, qui pourrait constituer une mesure alternative intéressante pour répondre aux besoins de socialisation et d’inclusion d’aînés ADP.

Résumé
14 h 45
Pause
15 h 15 à 16 h 30
Panel
Chercheurs, intervenants et citoyens : apports, attentes et critiques du partenariat en recherche
Présidence/Animation : Gabrielle Perras St-Jean (CIUSSS Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal)
Participants : Rachel LEMELIN (Commission scolaire Pointe de l'île), Jean-François Plouffe (Action Autonomie), Robert Beaudry (Le PAS de la rue)
Batiment : (WH) WILSON HALL
Local : (WH) 110