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401 - Développement et fonctionnement des personnes et des communautés, et vie sociale

Du lundi 8 au vendredi 12 mai 2017
Domaine
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
Nico Trocmé
Université McGill
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Éducation et formation professionnelle
Présidence/Animation : Amélie GROLEAU (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
L’ancrage méthodologique en sociologie afin de mieux saisir la mobilité touristique
Pauline NEVEU (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Étudier le tourisme pose une épineuse question épistémologique et méthodologique : comment analyser un phénomène aussi global et mobile ? Certains soutiennent la technique du « following » (Germann Molz, 2012) qui consiste à suivre méthodologiquement les touristes que ce soit en ligne, concrètement durant leur voyage ou bien une fois revenu chez eux. Nous présenterons une analyse basée sur un autre versant de la mobilité, à savoir, son immanquable ancrage géographique. Ainsi, nous exposerons les intérêts d’une méthodologie qui se fige dans un lieu afin de cerner le passage de touristes. Il s’agira d’exposer les avantages d’une telle posture, particulièrement, sa capacité à atténuer la dichotomie méthodologique mobile/statique présente en sociologie du tourisme. De plus, cette façon de faire permet de mieux comprendre des phénomènes globaux dans leurs manifestations locales (Sassen, 2010), atténuant ainsi les généralisations dont les activités mondialisées font parfois l’objet. À travers l’exemple de notre recherche doctorale, qui étudie des touristes venant visiter Montréal, nous montrerons en quoi, une méthodologie qualitative localisée et statique dans la métropole est source d’informations sur des phénomènes mobiles et globaux.

Résumé
2
Entre crainte du monde du travail et satisfaction professionnelle : trajectoires et constructions du devenir adulte chez les jeunes diplômés de maîtrise au Québec
Alizé Houdelinckx (UdeM - Université de Montréal)

Bien que les jeunes adultes québécois âgés de 18 à 34 ans soient moins touchés par le chômage depuis les années 2000 (M. Vultur et D. Mercure, 2011), ils se retrouvent confrontés, en fonction de leur âge et de leur niveau de diplomation, à de nouvelles difficultés relatives au travail : temps de travail, inégalités salariales, surqualification (S. Moulin, 2016). En combinant les recherches sur le travail des jeunes à celles du devenir adulte, il devient possible d'articuler l'insertion professionnelle à des enjeux relatifs à leur développement identitaire. À partir d'une enquête longitudinale de huit mois suivant mensuellement dix diplômés de maîtrise, différentes temporalités ont été repérées et analysées par une approche inductive, permettant d'établir une typologie des justifications de leurs rapports au travail : le travail comme développement personnel (primauté des tâches et mandats), l'épanouissement à travers le travail (par le cadre et les avantages en nature), le travail pour autrui (suivant une implication sociale et communautaire), et le travail comme moyen (importance de l'épanouissement non professionnel).

Les résultats relatifs aux rapports au travail et aux stratégies de construction identitaires au moment de l'insertion professionnelle amènent ainsi la nécessité d'analyser ce rite de passage sous la perspective du devenir adulte (O. Galland, 1991), le redéfinissant comme un développement non linéaire en perpétuelle construction.

Résumé
3
La force mentale chez les élèves du secondaire : un prédicteur de la réussite scolaire, de la préférence pour des problèmes difficiles et de la peur de l’échec
Christiana Bédard-Thom (Université Laval), Richard Bradet (Université Laval), Frederic Guay (Université Laval)

Dans divers domaines de vie, il est important de découvrir les facteurs les plus prometteurs pour expliquer la performance d’une personne. La force mentale (FM) est l’un de ceux-ci. Elle est décrite comme une entité psychologique qui permet de réaliser des performances supérieures de façon constante, et ce, en présence de pressions, d’adversités ou d’obstacles (Gucciardi et al., 2015). Aussi, plusieurs chercheurs la conçoivent comme multidimensionnelle, c’est-à-dire représentée par un concept d’ordre supérieur qui intègre des dimensions distinctes, mais interreliées (Gucciardi et Gordon, 2011). Dans cette recherche, nous évaluons 12 dimensions de la FM chez des élèves du secondaire. De plus, nous sommes intéressés à vérifier si la FM et ses dimensions prédisent les résultats scolaires, la préférence pour résoudre des problèmes difficiles et la peur de l’échec. Nous avons évalué la FM auprès de 515 élèves du secondaire (filles 58 %) à l’aide du Mental Toughness Inventory (MTI; Middleton et al. 2007). Les résultats d’analyses par équations structurelles indiquent que la structure factorielle de cet instrument, développé dans le contexte sportif, est valide dans le contexte scolaire. Contrairement à nos hypothèses de départ, le facteur global de FM constitue un meilleur prédicteur des problèmes difficiles, des notes et de la peur de l’échec que les dimensions spécifiques de la FM. Les résultats sont discutés à l’aide de divers cadres théoriques et recherches actuelles sur la FM.

Résumé
4
L’approche holistique appliquée au développement humain : nouvelle perspective éducative?
Tegwen GADAIS (UQAM - Université du Québec à Montréal), Michel-Alexandre RIOUX (UdeS - Université de Sherbrooke)

Plusieurs auteurs issus de différentes disciplines indiquent que les systèmes éducatifs scolaires passés et actuels ne sont pas adaptés au développement naturel d’un être humain. Au lieu d’accompagner le jeune humain à travers les phases de son développement naturel, l’école lui impose une formation décalée en termes d’exigences, qui a tendance à brider plusieurs aspects essentiels à son bon développement et plus tard à son bon fonctionnement. Au travers l’éclairage de plusieurs auteurs issus de disciplines variées, cette communication a pour objectif de proposer des pistes de fondements théoriques et multidimensionnels pour justifier la mise en place d’un curriculum holistique afin d’offrir une éducation équitable, inclusive et de qualité  aux jeunes êtres humains.  Il est souhaitable que les pays occidentaux qui le souhaitent créent, appliquent, supervisent et évaluent ces programmes humanisants et, si cela s’avère positif, certains pays éloignés de ce type de contenu pourraient se les approprier à leur rythme. Il se termine par des implications pratiques et des recommandations articulées autour de ces propositions.

Résumé
5
Entre conceptions et dimensions, la représentation sociale du métier d’entraîneur de hockey
Lilian Guicherd-callin (UdeS - Université de Sherbrooke), Joanne Otis (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louise Potvin (UdeM - Université de Montréal)

Une réflexion entre universitaires et Hockey Québec a été engagée sur la possibilité d’implanter des interventions de promotion de la santé en utilisant les entraîneurs. L’objectif de cette présentation est de documenter les représentations sociales du métier d’entraîneur. Cela permet de comprendre leur façon de penser leur métier et d’identifier le potentiel d’intervention de cet acteur. Cette recherche utilise la théorie des représentations sociales et adopte la posture épistémologique du constructivisme radical. La méthodologie s’appuie sur une étude transversale exploratoire avec un questionnaire et des entrevues individuelles. Un échantillon de 330 personnes a répondu au questionnaire et 12 entraîneurs ont participé aux entrevues. Des analyses statistiques descriptives et inférentielles, des analyses prototypiques, catégorielles, thématiques ont été réalisées Une procédure de triangulation des résultats a permis une modélisation de la représentation. La représentation sociale du métier d’entraîneur possède trois conceptions. Ils sont des leader, des enseignants et des éducateurs. Pour chacune de ces conceptions apparait plusieurs dimensions (ontologique, téléologique, méthodologique, éthique et autres). Une nouvelle perspective d’étude des représentations sociales a émergé avec cette étude. Les savoirs produits ont permis la production d’un cadre d’action pour Hockey Québec et évaluer le potentiel de cet acteur en promotion de la santé.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Mouvements sociaux et communautaires
Présidence/Animation : Carole Yerochewski (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
Le transfert et la mobilisation des connaissances au sein d’un collectif dans un contexte en mouvance : les limites d’un modèle
Karine DAIGLE (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Retour sur une expérience de stage en transfert et mobilisation des connaissances au sein du Collectif des partenaires en développement des communautés. Ce Collectif est composé d'organisations nationales (20) issues de divers secteurs ainsi que par des citoyens intéressés par le développement des communautés.

L’objectif général de ce stage était d’outiller le Collectif afin qu’il puisse exercer son rôle d’influence de manière efficiente auprès des autres acteurs œuvrant en développement des communautés. Le moyen envisagé pour y parvenir a été d’opter pour un processus de plan de transfert des connaissances. Ultimement, ce plan de transfert devait amener les membres du Collectif à élaborer des activités de transfert vers les autres acteurs du développement des communautés.

Or, à la fin du stage, force est de constater un écart entre les retombées envisagées et les retombées réelles. En effet, si le processus a permis de clarifier les priorités de l'organisation, les publics cibles, les objectifs et les activités de communication, il a aussi fait ressortir des questionnements fondamentaux.

Cette dichotomie entre retombées envisagées et réelles s’explique par trois éléments : les difficultés d’adaptation du langage propre au développement des communautés, un contexte en mouvance au Québec pour les acteurs en développement des communautés et le fait que le Collectif peut être considéré comme une "méta-organisation" comportant son lot de défis et de questionnements.

Résumé
2
Genre et participation militante : le cas du mouvement étudiant de 2012
Ève-Laurence Hébert (Université du Québec à Montréal), Allison Harell (UQAM - Université du Québec à Montréal), Stolle Dietlind (McGill)

Le genre est un facteur qui influence le choix des actions politiques entreprises par les citoyen.nes (Scholzman et al. 1995). Si des actes tels que la participation électorale montrent peu de différences entre les genres, la nature de la participation non-électorale tend vers des engagements plus sociaux de la part des femmes (Harell 2008). Dans le contexte des actions militantes, il y a aussi une tendance des hommes à prendre part à des actions plus « risquées » et même illégales (Stolle et Hooghe 2005).  Notre recherche vise à comprendre la nature des différences dans les formes de protestation dans lesquelles s’engagent les personnes s’identifiant en tant qu’hommes et en tant que femmes.  Plus précisément, nous cherchons à savoir quelles sont les différentes actions entreprises par les hommes et les femmes durant la grève étudiante de 2012 au Québec et les raisons pouvant expliquer ces différences. Pour ce faire, nous utilisons les données recueillies à l’aide d’un sondage distribué à des étudiant.es universitaires en 2012 (N≈15 000). Celui-ci nous donne des informations sur les actions du mouvement étudiant, mais également sur trois variables que nous croyons explicatives des différences genrées : les attitudes des participant.es face à l’action directe, leurs sentiments lors de la participation à des manifestations et les conséquences légales de leur participation dans le mouvement social.

Résumé
3
L'innovation social en gestion de projets: Le cas brésilien
Émeric Côté (Université du Québec à Montréal), Samir Sabar (Université du Québec à Montréal)

Accompagnée du directeur de la maîtrise en gestion de projet de l’UQAM, la délégation Mosaïca partira au Brésil en janvier 2017, afin de développer des connaissances transversales en gestion de projet d’innovation sociale. Pour s’y faire,  elle ira à la rencontre d’acteurs de la communauté pratique et universitaire œuvrant dans ce domaine.

L’attrait porté à ce thème peut s'expliquer par différentes raisons. L'innovation sociale se présente comme un compromis à l’innovation technologique traditionnel puisqu’elle s’assure de répondre à des attentes sociales qui ne sont pas entièrement satisfaites. Si le deuxième concept a fait l’état d’une multitude d’analyses depuis les 50 dernières années, le premier demeure relativement nouveau et l’est davantage dans le domaine de la gestion de projet.  Aussi, la multiplicité croissante des acteurs œuvrant dans ce milieu et la diversité de leurs initiatives rend le principe extrêmement fertile à l'analyse.

Notre intérêt se portera sur deux thèmes particuliers : le degré de maturité de la gestion de projet des organisations en contexte d’innovation sociale et les conditions favorables à l’émergence de ce type de projet.

Pourquoi le Brésil comme destination? Ce pays est considéré comme l’un des berceaux mondiaux en matière d’innovation sociale. Depuis le début 2000, il s’est doté d’une politique claire en matière d’innovation sociale (par l’entremise du SENAES) en y reconnaissant un vecteur important de développement économique et social.

Résumé
4
Innovation sociale et développement social en Algérie : étude monographique des centres médicopédagogiques de la wilaya d’Alger
Safa LECHAB (Université de Blida 2)

Partant d’un côté du constat d’évolution des modes de vie, des enjeux complexes de la  société et l’apparition de nouveaux besoins sociaux, d’un autre, les réponses peu efficaces à ces problèmes par des actions publiques fondées sur l’assistanat et le monopole, et dans la nécessité d’une refonte des réponses données à ces problèmes par une innovation sociale des autres acteurs, notamment les associations à caractère social, il est nécessaire de répondre à la question suivante :

La caractérisation de l’innovation sociale des associations à caractère social induite-t-elle au développement social dans le territoire de la wilaya d’Alger?

Pour mener à bien cette étude et répondre à notre problématique, nous avons choisi comme sources d’informations deux directions de la Wilaya d’Alger que sont la Direction de l’Action Sociale et de la Solidarité (DASS) et la Direction de la Réglementation et des Affaires Générales (DRAG), Ceci, pour savoir comment elles ont évolué, quel est le rôle qu’elles jouent, de quoi subsistent telles. Sur le plan pratique, nous avons sollicité les services du centre Médicopédagogiques pour les enfants inadaptés mentaux et l’école médicopédagogique, étant donné que l’objet de leur mission est en relation avec le domaine social, nous avons voulu savoir le rôle que jouent ces deux établissements sur les enfants et par la même, connaitre et évaluer leur performance et, éventuellement, leur insuffisance.

 

 

Résumé
5
Révolution vs réaction : privation relative et affinités idéologiques des mouvements radicaux en France de 1882 à 1980
Simon Varaine (Laboratoire PACTE)

Les recherches actuelles sur la radicalité politique s’intéressent généralement aux mécanismes et facteurs communs à l’activisme radical quelles que soient les idées auxquels adhèrent les individus. Or, on observe que certains contenus d’idéologies radicales ont davantage de « succès » dans certains contextes historiques. A cet égard, différentes études montrent qu’une dichotomie de valeurs distinguant certains contextes est la faveur donnée à la tradition ou l’innovation, ce qui, appliqué aux idéologies radicales, permet de distinguer les idées réactionnaires – en faveur d’un retour à une tradition passée – et révolutionnaires – en faveur d’une rupture vis-à-vis de la tradition. Notre étude propose d’expliquer le succès relatif de ces deux types d’idéologies en réinvestissant une théorie classique de la violence politique : la privation relative. A partir de nouvelles données recensant les mouvements radicaux en France de 1882 à 1980, nos résultats montrent que différentes configurations de privation économique sont significativement liées à la mobilisation et au niveau d’activisme des organisations réactionnaires et révolutionnaires. Ces résultats permettent de mieux comprendre les conditions socio-économiques de résonance des cadres cognitifs mobilisés par les organisations radicales. 

Résumé
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Communautés rurales, nordiques et amérindiennes
Présidence/Animation : Alain Héroux (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 219
1
La communauté rurale de Colombier, un exemple de résilience et de ténacité en Haute-Côte-Nord
Dominique Lambert (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le village de Colombier est une communauté rurale, de la région de la Côte-Nord qui fait face à des problématiques qui nuisent à son développement. Elles sont relatives à : la rareté d’emplois locaux, le vieillissement de sa population, son isolement et la pauvreté. À l’origine, il s’agissait d’une colonisation de type agroforestier. L’objectif était d’y établir des chômeurs des milieux urbains. Ces derniers y défrichaient une terre, tout en y exploitant les ressources de la forêt. Par contre, la rigueur du climat et la pauvreté du sol ont amené un abandon de ces activités. Malgré leur isolement, ses résidents ont été amenés à devoir trouver des emplois dans les communautés voisines. Face à ce constat peu reluisant, le travail acharné des acteurs locaux a permis de créer quelques initiatives sociales et économiques des plus astucieuses. Ces dernières permettent de développer des techniques adaptées au climat du Moyen-Nord québécois, de créer des emplois locaux, de favoriser une sécurité alimentaire, de stimuler le commerce dans le village et de créer un projet qui se rattache aux origines mêmes de Colombier. À tout ceci s’ajoute le dynamisme des divers comités municipaux et la bienveillance des organismes locaux qui voient au bien-être de sa population. Confrontés à des défis majeurs, les Colombiens ont su faire preuve de résilience et de détermination. 

Résumé
2
Pour retrouver l’estime de soi : les concours de miss et de reines amérindiennes au Québec
Marie-Pierre Bousquet (UdeM - Université de Montréal)

Depuis le début des années 2000, fleurissent au Québec dans les communautés amérindiennes des concours visant à couronner des femmes de tous âges, de la mini-miss à la reine des aînées. Notre recherche a mis en lumière qu’il ne s’agissait pas de concours de beauté, mais surtout des divertissements pour valoriser la gent féminine. Pourquoi se développent-ils pour toutes les générations, alors qu’ils n’existaient à leur création, dans les années 1950-1960, que pour les jeunes femmes? Ensuite, pourquoi vouloir présenter de façon avantageuse les femmes? Enfin, en quoi un concours peut-il constituer une stratégie d’empowerment? En examinant le contexte au niveau macro de la société nationale et micro d’une communauté, ainsi que les normes comportementales dans les sociétés algonquiennes, nous émettrons l’hypothèse que cette mise en spectacle d’une certaine idée de la féminité reflète les défis et les codes auxquels font face les filles et les femmes algonquiennes. Dans un monde où il ne fait pas toujours bon être une femme autochtone, ces dernières se plient ou résistent à des modèles qu’elles participent à créer, détruire, refaire pour (re)trouver une certaine estime d’elles-mêmes.

Résumé
3
Évolution du prestige : analyse comparative des liens entre compétence et statut social chez dix sociétés de chasseurs-cueilleurs
Evelyne Gauthier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le pouvoir peut découler de sources complémentaires : la dominance s'appuie sur un pouvoir de coercition tandis que le prestige est offert volontairement et découle d'un pouvoir d'influence. Ce deuxième type aurait pris toute son ampleur chez l'être humain tandis qu'il serait limité chez les autres primates (Chapais 2015). Les individus qui sont experts dans des domaines d'activités qui bénéficient aux autres obtiendraient de la déférence et du prestige en échange de bénéfices concrets (Chapais 2015) ou d'un apprentissage de qualité supérieure (Henrich & Gil-White 2001). Trois hypothèses découlant de ce cadre théorique évolutionniste ont été testées : 1) la compétence dans les domaines d'activités liés à la subsistance, la protection et aux connaissances entraîne un statut supérieur, 2) les experts procurent à leurs admirateurs des bénéfices liés à l'apprentissage ou l'échange social, 3) de la déférence est offerte aux experts en échange d'un partenariat avec eux.  Ces hypothèses ont été mises à l'épreuve par une analyse comparative d'ethnographies portant sur dix sociétés relativement égalitaires à l'aide de la base de données du eHRAF of World Cultures. Les données recueillies ont fortement appuyé toutes les prévisions dans toutes les cultures échantillonnées, ce qui suggère que les processus psychosociaux impliqués dans l'acquisition du statut par la compétence pourraient être des propensions universelles faisant partie intégrante de la nature humaine.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Jeunes contrevenants et criminologie
Présidence/Animation : Wanda Gabriel
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
Les neurosciences et la responsabilité criminelle
Carole Senechal (Université d’Ottawa), Jie Zhu (École du Barreau)

Le primat de l'intention et le rejet de la responsabilité criminelle absolue sont à la base du droit criminel d'origine anglo-saxonne. Il n'y a point de crime sans intention de le commettre, puisque l'homme est doté d'un libre arbitre, postulé ex nihilo, qui le rend à même de distinguer le bien du mal, et de fuir le mal. L'avènement des neurosciences est venu nuancer de beaucoup ce « truisme » séculaire, en inscrivant le phénomène des troubles mentaux et la « conscience » même de notre volonté  dans l'ordre des déterminismes génétiques, environnementaux et neurologiques. Alors que plusieurs militent pour un abandon pur et simple de la responsabilité individuelle ou du moins une réévaluation des objectifs (de dissuasion ou de réhabilitation) de détermination de la peine, le présent texte plaide la défense du statu quo, en ce que les mécanismes existants suffisent déjà à opérer un équilibre adéquat entre le maintien de la paix sociale et les « accommodements raisonnables » d'inégalités neurobiologiques individuelles.

Résumé
2
La prise de risque chez les membres de gangs : profil distinct des autres jeunes contrevenants?
Catherine Pineau-Villeneuve (UdeM - Université de Montréal), Catherine Laurier (CJM – IU - Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire), Jean-pierre Guay (UdeM - Université de Montréal)

La prévalence des comportements à risque chez les jeunes contrevenants est importante et ceux-ci peuvent avoir des conséquences néfastes tant pour la personne que pour la société. Plusieurs chercheurs affirment que les divers comportements risqués sont les indicateurs d’une propension à déroger des normes. De plus, il semble qu’à l’intérieur des groupes de pairs déviants tels que les gangs de rue, ces conduites soient valorisées. La présente communication propose de dresser un portrait comparatif des comportements à risque adoptés par un échantillon de jeunes contrevenants montréalais en fonction de leur appartenance à un gang de rue. Pour ce faire, 212 jeunes contrevenants âgés de 14 à 25 ans ont été rencontrés dans 4 centres jeunesse et 2 centres de détention de la grande région de Montréal entre juin 2011 et décembre 2013. Les résultats suggèrent que la prise de risque est fréquente chez tous les jeunes contrevenants de l’échantillon. Cependant, les jeunes associés à un gang de rue sont plus enclins à s’engager dans tous les types de comportements à risque mesurés dans l’étude (délinquance, consommation d'alcool et de drogues, comportements sexuels et conduite automobile) et lorsqu’ils le font, ces risques sont plus graves. Une meilleure connaissance des conduites à risque des jeunes contrevenants, qu’ils soient associés aux gangs ou non, permettra de guider les intervenants quant aux choix des cibles et des stratégies d’interventions les mieux adaptées à leur réalité.

Résumé
3
Évasions, fugues et libertés illégales chez les jeunes contrevenants : comprendre le sens, les motivations ainsi que les stratégies d’intervention mises en place
Marie-Michèle Dumas (UdeM - Université de Montréal), Louis-Georges Cournoyer (UdeM - Université de Montréal), Marie-Josée Fleury (Université de McGill), Alan Leschied (Faculty of education, Western university), Jacques Dionne (Université du Québec en Outaouais), Marie-Marthe Cousineau (Université de Montréal)

Les évasions, les fugues et les libertés illégales dénotent d'un calcul rationnel favorable à la prise de risques chez les jeunes contrevenants. Entre la protection du jeune et la gestion du risque qu'ils présentent pour la société, ces événements remettent en question la façon dont le système répond aux besoins spécifiques des jeunes. À cet effet, le Guide sur les pratiques relatives au traitement des fugues des jeunes hébergés dans les unités de vie et les foyers de groupe de centres jeunesse (2014) stipule que la fugue présente une occasion de mettre en lumière une multitude de facteurs psychosociaux spécifiques à chaque jeune en tant que levier d'intervention. En ce sens, l'intervenant doit se renseigner sur les motifs et le sens que prend l'évasion, afin d'émettre l'intervention appropriée en fonction de la situation de chaque jeune.

 

Pourtant, peu d'études se sont concentrées sur cette réalité pratique spécifiquement pour les jeunes contrevenants suivis en vertu de la LSJPA. Dans cette étude, l'analyse des dossiers de suivi cliniques de 110 contrevenants pris en charge par le CJM-IU démontre que près du quart des parcours des jeunes contrevenants (24) sont marqués par au moins une évasion.  Une analyse de la totalité des événements d'évasion (55) renseigne sur les motifs et le sens des évasions, ainsi que sur la direction qu'a prise l'intervention, afin de pousser la réflexion quant à la prévention de la récurrence du phénomène.

Résumé
4
Le régime juridique relatif aux délinquants dangereux à l’épreuve de la psychopathie : analyse et décryptage
Kevin MOUSTAPHA (UdeM - Université de Montréal)

La législation relative à l’encadrement des délinquants à risque a connu de nombreux soubresauts en droit pénal canadien. A l’instar de son voisin américain, depuis 1947, le Canada a multiplié les réformes relatives au contrôle et à la détention des délinquants pouvant porter atteinte la sécurité publique car jugés trop dangereux pour pouvoir être réintégrés au sein de la société. Parmi ces délinquants dangereux, on trouve bien évidemment les individus souffrant de psychopathie. Souvent associés à des crimes violents ou des infractions sexuelles graves, il n’est pas rare que les délinquants psychopathes fassent l’objet d’une déclaration de délinquant dangereux selon la procédure prévue à l’article 753 du Code criminel.

De quelle façon les dispositions du Code criminel relatives aux délinquants dangereux s’appliquent-elles aux psychopathes ?

Au regard de leur particulière dangerosité, il sera intéressant de décrypter les modalités d’application de l’article 753 par les tribunaux tout en se demandant si cette application est en parfaite adéquation avec les attentes affichées initialement par le législateur.  À cet égard, la psychopathie constituera à n’en pas douter un moyen intéressant de jauger et analyser au mieux l’ensemble des principes qui surplombent le régime relatif aux délinquants dangereux au Canada.  

Résumé
5
Prédiction de la récidive chez les jeunes contrevenants : alliance et perception de l’aide reçue en cours d’intervention
Louis-Georges Cournoyer (UdeM - Université de Montréal), Marie-Michèle Dumas (UdeM - Université de Montréal), Jacques Dionne (Université du Québec en outaouais), Marie-Marthe Coursineau (Université de Montréal), Marie-Josée Fleury (Université McGill), Alan Leschied (University of Western Ontario)

Alors que l'alliance thérapeutique est reconnue comme un des ingrédients essentiel à tous types de prise en charge, quelque soit le contexte ou les clientèles, la satisfaction que peuvent avoir les jeunes contrevenants en centre jeunesse est un sujet encore peu étudié. Il s'agit pourtant d'un des déterminants de l'alliance qui, elle même, favorise le changement et devraient, théoriquement, être encore plus importante pour les clientèles plus difficiles à engager en traitement et non volontaires. Cette présentation analyse les perceptions qu'ont les jeunes contrevenants, à court terme, de ce que peuvent leur apporter le processus de réadaptation en CJ. Il s'agit aussi de mettre en lien l'alliance, la perception de l'aide reçue, les caractéristiques initiales du jeune et les risques de récidive 18 mois plus tard.

 

L'échantillon de la recherche est composé de 107 jeunes contrevenants qui ont répondu à une batterie de questionnaires au moment de leur prise en charge en Centre jeunesse. Il sera plus particulièrement question d'une analyse de contenu de questions ouvertes d'un questionnaire sur la perception de l’aide reçue en cours d’intervention complété 2 mois après le début de la réhabilitation. Sont-ils satisfait ? Quels sont les facteurs aidants ? Quel impact a leur ordonnance ? Quels sont les facteurs nuisibles de leur point de vue ? Les perceptions des jeunes sont exposés qualitativement mais aussi mises en lien avec leurs caractéristiques initiales et leur récidive.  

Résumé
6
Vivre en libération conditionnelle au Québec
Cateline Autixier (UdeM - Université de Montréal)

Un nombre important de détenus est libéré en liberation conditionnelle et quittent la prison avant la fin de leur sentence tout en étant soumis à de strictes conditions. Si un idéal de réhabilitation souhaitant voir le délinquant réformé et réintégré à la société a longtemps prévalu, il tend de nos jours à être remplacé par un idéal de protection de la société par l’intermédiaire de la gestion des risques que représente un individu. De plus, vivre en libération conditionnelle comporte un certain nombre d’enjeux et de défis. Grâce à des entrevues semi-dirigées, ce projet a donc pour objectif de comprendre l’expérience des libérés en libération conditionnelle au Québec de façon à contribuer à l’amélioration de la conception et de l’efficacité de cette mesure. L’analyse a ainsi fait ressortir que malgré des aspects pesants et stressants, les anciens détenus indiquent que « ca va bien », car ils ne sont plus en détention, et qu’ils se sentent aidés. De plus, ils s’adaptent et s’intègrent à leur nouvel environnement et beaucoup ont à cœur de s’impliquer dans leur réinsertion. Enfin, ils effectuent un travail sur eux même et sur leurs problèmes.  

Résumé
09 h 30 à 11 h 30
Communications par affiches
Session d’affiches
Présidence/Animation : Céline Le Bourdais (Université McGill)
Batiment : (RH) Redpath Hall - Espace Radio-Canada
Local : (RH) zone affiches 1
1
L'anxiété sociale chez les jeunes adultes et ses impacts sur le cheminement scolaire et professionnel
Isabelle Roy (Université Laval), Jimmy Ratté (Université Laval)

Plus de 8 % de la population canadienne de 15 ans et plus présente un trouble d’anxiété sociale et en subit les impacts dans ses sphères de vie, dont le cheminement scolaire et professionnel, mais ces effets sont peu étudiés. Ce mémoire jette un regard sur le vécu scolaire et professionnel de personnes aux prises avec l’anxiété sociale et a pour objectifs d’explorer : les manifestations de cette anxiété durant les études et au travail; les perturbations vécues pouvant y avoir contribué; comment le cheminement scolaire et professionnel en est affecté. Quatre participants de 18 à 30 ans vivant de l'anxiété sociale partagent leur vécu dans une étude de cas dont les données qualitatives sont analysées selon la méthode phénoménologique interprétative de Smith. Au plan des manifestations d’anxiété sociale, les quatre participants ont développé une forte appréhension du regard des autres et une crainte de paraître incompétents socialement ou au travail. Au plan des perturbations vécues, trois parlent d’abus physiques et d’un moment de bascule dans leur enfance. Les incidences de l’anxiété sociale sur le vécu scolaire, social et au travail font peu de doutes selon le vécu des participants chez qui des peurs subsistent à la vie adulte sous forme d’appréhensions envahissantes et de sentiment d’être inadéquats. La méthode d’étude de cas paraît prometteuse pour mieux comprendre le vécu de personnes aux prises avec l’anxiété sociale et pour cerner les incidences de ce trouble spécifique.

Résumé
2
Pour une criminologie des pays en développement
Yann-Cédric QUÉRO (UdeM - Université de Montréal)

Les pays du Sud représentent les principaux enjeux en matière de criminalité (ONUDC, 2015). Or c’est dans les pays du Nord que la criminologie s’est le plus développée, autour des enjeux de criminalité et de régulation sociale du Nord. Nous disposons donc de très peu d’information sur la sécurité au Sud. L’affiche présentera un argumentaire en faveur du développement d’une criminologie centrée sur les pays en développement (dont post-crise et post-conflit), insistant sur :

a) Formes de violences particulièrement présentes dans les pays en développement (violences liées aux terres et aux ressources, entourant les migrations intracontinentales, dont climatiques ; coupeurs de routes, kidnapping économique…)

b) Réseaux d’acteurs de la régulation sociale formelle et informelle et mécanismes de gouvernance : régulation coutumière et religieuse, groupes d’autodéfense, sécurité privée, enjeux éthiques, violences policières, corruption, imputabilité...

c) Nécessité de tester la robustesse des paradigmes développés au Nord, dans les pays en développement (Steinberg, 2016).

d) Analyse du transfert Nord-Sud en matière de Réforme du Secteur de la Sécurité : adéquation au contexte, pérennité, transfert de savoir et de savoir-faire, mandat et impact des organisations internationales...

Une telle criminologie du développement doit permettre le renforcement de la connaissance et du développement par l’entremise de la valorisation de la recherche et de l’éducation dans les pays en développement.

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3
L’apprentissage social sélectif chez le nourrisson : à la recherche des mécanismes
Cristina CRIVELLO (Université Concordia), Camille Labrèche (Université Concordia), Sara Phillips (Université Concordia ), Diane POULIN-DUBOIS (Université Concordia)

Les mécanismes sous-jacents à l’apprentissage social sélectif (ASS) sont débattus dans la documentation scientifique. Certaines études suggèrent que la capacité qu’ont les enfants d’apprendre d’autrui de manière sélective requiert des fonctions spécialisées telle que la théorie de l’esprit. D’autres suggèrent plutôt que ceci repose sur des capacités plus générales comme l’apprentissage statistique. Ainsi, cette étude vise à clarifier cette controverse en considérant la théorie de l’esprit et l’apprentissage statistique comme mécanismes possibles. Les participants (N=66), âgés de 18 mois, furent assignés de manière aléatoire à une condition fiable ou non fiable dans lesquelles des objets familiers étaient nommés correctement ou incorrectement. Pour chaque condition, une tâche d’apprentissage de mot évaluait leur aptitude à apprendre sélectivement des autres. De plus, les mécanismes étaient évalués grâce à deux épreuves de théorie de l’esprit (croyance erronée et connaissances) et une épreuve d’apprentissage statistique. Les résultats démontrent que les enfants ayant atteint un niveau supérieur de théorie de l’esprit telle que mesurée par leur inférence des connaissances d’autrui étaient significativement moins enclin à apprendre d’une personne non fiable. Ainsi, puisqu’aucun lien n’a été établi entre l’apprentissage statistique et l’ASS, les résultats fournissent des données préliminaires indiquant que des mécanismes spécialisés sous-tendent l’ASS dans la petite enfance.

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4
Stress parental et problèmes de comportement chez des enfants adoptés à l’étranger : l’estime de soi comme processus médiateur
Fanny MELANÇON (UQAM - Université du Québec à Montréal), Louise Cossette (Université du Québec à Montréal), Catherine Smith (Université du Québec à Montréal), Cybèle Beauvais-Dubois (Université du Québec à Montréal), Nicole Smolla (Hôpital Rivière-des-Prairies), Gérard Malcuit (Université du Québec à Montréal), Andrée Pomerleau (Université du Québec à Montréal), Jean-François Chicoine (CHU Sainte-Justine), Céline Belhumeur (CHU Sainte-Justine)

En raison des nombreux facteurs de risque auxquels ils ont été exposés avant l’adoption et des difficultés que comporte leur adaptation à leur nouveau milieu, les enfants adoptés à l’étranger ont plus de problèmes de comportement que les enfants de la population générale. Ces difficultés pourraient accroître le stress parental de leurs parents adoptifs ce qui pourrait, en retour, aggraver les problèmes de comportement des enfants. Diverses études suggèrent qu’à l’adolescence l’estime de soi pourrait agir comme médiateur du lien entre le stress parental et les problèmes de comportement des enfants. La présente étude vise à vérifier cette hypothèse. L’échantillon compte 76 adolescents adoptés de divers pays d’Asie et de Russie avant l’âge de 18 mois. Afin d’évaluer leurs problèmes de comportement, les adolescents répondent au Dominique Interactif Adolescent et les mères au Child Behavior Checklist. Les mères remplissent aussi le Stress Index for Parents of Adolescents et les adolescents le Coopersmith Self-Esteem Inventory. L’estime de soi est corrélée négativement aux problèmes de comportement et au stress maternel. Le stress maternel est corrélé positivement aux problèmes de comportement des adolescents. Des analyses de régression confirment que l’estime de soi a un effet de médiation sur le lien entre le stress parental des mères et les problèmes de comportement des adolescents. La discussion se concentrera sur les implications cliniques de ces résultats.

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5
L’effet des amis sur la participation des adolescents aux jeux de hasard et d’argent : une étude génétiquement informative
matthieu lauzon (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mara Brendgen (Université du Québec à Montréal), Frank Vitaro (Université de Montréal), Yao Zheng (Simon Fraser University), Ginette Dionne (Université Laval), Michel Boivin (Université Laval)

Une participation élevée à des jeux de hasard et d’argent (JHA) à l’adolescence représente un facteur de risque eu égard au développement de problèmes de jeu. Dans l’optique de développer des modèles étiologiques complets et pertinents, il importe donc d’examiner les facteurs associés à une participation élevée à des JHA. La littérature fait mention d’un lien entre la participation à des JHA des amis et la participation à des JHA des adolescents. Toutefois, ce lien pourrait être modulé par le risque génétique individuel de participation à des JHA. Pour déterminer le risque génétique, nous avons fait appel à un devis composé de jumeaux élevés ensemble (N=497; 47,7% garçons) et nous nous sommes basés sur le niveau de JHA du co-jumeau ainsi que sur le type de dyade gémellaire, monozygote( 56,1%) ou dizygote(43,9%). Les régressions multiniveaux montrent que le risque génétique prédit une augmentation des JHA de 15 à 17 ans. Ils montrent aussi une interaction gène-environnement (B =-0.29, p=0.46) indiquant que les JHA des amis ont une contribution additionnelle, mais uniquement pour les jeunes à faible risque génétique. Ces résultats tiennent compte des variables de contrôle suivantes : les JHA des adolescents à 15 ans, leur impulsivité à 11 ans, leur poids à la naissance et l’adversité familiale. Ainsi, contrairement à leurs pairs à faible risque génétique, les adolescents à risque élevé n’ont pas besoin de leurs amis pour voir leurs comportements de jeu augmenter.

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6
La supervision parentale en début de scolarisation : une question de sollicitation
Cloe DESMARAIS (UQAM - Université du Québec à Montréal), Francois Poulin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La supervision parentale a une influence directe sur les relations sociales de l'enfant, puisque le parent tente de réguler ses fréquentations et ses conduites en son absence. Cette supervision repose sur les connaissances du parent des activités de l'enfant à l’extérieur de la maison. Stattin et Kerr(2000) ont proposé qu’à l’adolescence cette connaissance parentale s’appuie sur trois sources possibles : les sollicitations des parents, leur contrôle et l’autorévélation du jeune. Leurs travaux ont démontré que l’autorévélation serait l’élément le plus déterminant de la connaissance parentale. L’objectif général de cette étude est de vérifier s’il en est de même au début de l’enfance, soit de vérifier (1)la structure factorielle d'un instrument complété par les parents mesurant ces dimensions(13 items) et (2)laquelle des trois sources est la plus étroitement associée à la connaissance parentale. Un échantillon de 1085 mères d’élèves de 1ere année ont complété l’instrument. Une analyse en composantes principales a révélé la présence de 4 dimensions: autorévélation(4 items), sollicitation(3 items), contrôle parental(3 items) et connaissances parentales(3 items). Des analyses de régression multiples montrent que les connaissances parentales sont acquises par la sollicitation. Contrairement aux adolescents, les informations sur les activités des enfant de 1ere année sont surtout obtenues par la sollicitation plutôt que par le contrôle et l'autorévélation à l'entrée à l'école.

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7
Qualité des relations d’amitié entre l’adolescence et l’émergence de l’âge adulte : examen en fonction du cheminement amoureux
Élisabeth CAMIRAND (UQAM - Université du Québec à Montréal), Francois Poulin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les amitiés et les relations amoureuses (RA) sont prééminentes dans l’univers social des jeunes (Collins & Madsen, 2006) et s’inscrivent dans une continuité, car les amitiés à l’adolescence ouvrent la voie au développement des RA (Connolly & Johnson, 1996). De plus, ces dernières montrent des patrons de développement hétérogènes (Boisvert & Poulin, 2016), qui peuvent avoir des effets distincts sur l’évolution de la qualité des amitiés durant la transition vers l’âge adulte. Cette étude a ainsi pour but d’observer les liens entre quatre parcours d’implication amoureuse (Tardive, Sporadique, Long terme et Fréquente) entre 16 et 22 ans et la qualité de la relation avec le meilleur ami (intimité, conflits, soutien émotionnel) durant cette période. L'effet du genre a été observé. Ces objectifs ont été testés au moyen des données d'une étude longitudinale entreprise en 2001 auprès 390 élèves de 6e année (80% maintien; 58% filles). Des résultats préliminaires indiquent que les jeunes suivant le parcours «Implication Tardive» rapportent une hausse du soutien émotionnel de leur meilleur ami durant la transition vers l’âge adulte. De plus, lorsque contrôlé pour le sexe, les jeunes du groupe «Implication à Long terme» montrent une baisse de leur intimité avec leur meilleur ami durant ce passage. Aucun résultat ne ressort pour le niveau de conflits. Ainsi, l’évolution des amitiés entre l’adolescence et l’émergence de l’âge adulte semble liée au cheminement amoureux des jeunes. 

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8
Consommation de pornographie, auto-objectification et santé mentale à l’adolescence
Mariane Valois-Demers (Université Laval), Francine Lavoie (Université Laval), Marie-Claude Vaillant (Université Laval)

La consommation de la pornographie (CP) est importante, notamment chez la population adolescente.  Les résultats de certaines études indiquent que cette pratique aurait des retombées positives, ou du moins peu ou pas d’inconvénients, alors que d’autres en dressent un portrait plus sombre. La présente étude vise à investiguer si la CP chez les adolescents influence leur estime d’eux-mêmes et leurs niveaux de dépression et d’anxiété en passant par un processus d’auto-objectification.  L’étude transversale a été réalisée grâce à des questionnaires remplis par 345 adolescents (14 à 19 ans), dont 172 filles.  Il était attendu qu’une plus grande CP serait reliée à davantage d’auto-objectification, laquelle serait reliée à une moindre estime de soi et de plus hauts niveaux d’anxiété et de dépression, et ce, chez les deux sexes.  Les résultats indiquent une médiation totale passant par l’auto-objectification pour l’échantillon global, tandis qu’il existe une médiation partielle chez les filles dans le cas de l’anxiété. Les effets indésirables de la CP sur la santé mentale seraient donc majoritairement imputables au fait qu’elle est associée à un processus d’auto-objectification.

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9
Discipline, sensibilité parentale et troubles extériorisés chez de jeunes enfants adoptés par des pères gais
Myriam Gaudreau (Université du Québec à Montréal), Marie-Ève Allaire (Université du Québec à Montréal), Éric Alain FEUGÉ (UQAM - Université du Québec à Montréal), Aliya MUBARAK (UQAM - Université du Québec à Montréal), Chantal Cyr (Université du Québec à Montréal), Louise Cossette (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Normal 0 21 false false false FR-CA JA X-NONE /* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Tableau Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin-top:0cm; mso-para-margin-right:0cm; mso-para-margin-bottom:10.0pt; mso-para-margin-left:0cm; line-height:115%; mso-pagination:widow-orphan; font-size:11.0pt; font-family:Calibri; mso-ascii-font-family:Calibri; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-hansi-font-family:Calibri; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-fareast-language:EN-US;} La sensibilité maternelle modère le lien entre l’utilisation de discipline et le développement de problèmes extériorisés chez l’enfant (Alink et al., 2009 ; Deater-Deckard et al., 2006). Faire usage de discipline mais avec sensibilité aurait donc des effets bénéfiques pour l’enfant. La présente étude a pour but de vérifier si la sensibilité paternelle a le même effet chez les enfants adoptés par des pères gais. 

L’échantillon est composé de 51 pères gais et leurs enfants (n=26, âge = 4,22 ans, É.T.=1,60, 67% garçons). La sensibilité paternelle a été évaluée lors d’interactions père-enfant à la maison à l’aide du Maternal Behavior Q-Sort (Pederson et al., 1990). Les pères ont rempli le Questionnaire d’engagement paternel (Dubeau et al., 2009), pour mesurer leurs pratiques disciplinaires, et le Child Behavior Checklist (Achenbach & Rescorla, 2000), pour mesurer les problèmes extériorisés de l’enfant. 

Les résultats d’une régression (R2 = .45) révèlent un effet non significatif de la sensibilité paternelle (β=0,06), mais un effet significatif de la discipline (β=0,36) et un effet d’interaction sensibilité X discipline (β= -0,62) sur les problèmes extériorisés de l’enfant. Plus les pères font usage de discipline, plus leur enfant a des problèmes extériorisés, surtout s’ils sont peu sensibles. Les pratiques parentales des pères gais et leurs effets sur l’enfant semblent similaires à ceux observés chez des mères de familles hétéroparentales et leurs enfants.

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L’intervention sociale auprès des hommes gais : considérations émergeant de la théorie des représentations sociales
David Buetti (Université d’Ottawa), Lilian Negura (Université d’Ottawa), Marie-Hélène Gervais (Université d'Ottawa)

Cette communication présente les résultats d’une étude, de nature qualitative et exploratoire, effectuée dans le cadre théorique des représentations sociales qui avait pour objectifs de: 1) documenter à travers les images, la représentation qu’ont les hommes gais de l’homosexualité masculine en société et 2) comprendre comment elles façonnent les orientations et les modalités d’intervention souhaitées par ces derniers. Dix entretiens semi-dirigés ont été menés auprès d’hommes s’identifiant comme gais, âgés de 22 à 54 ans, principalement caucasiens, de différents états civils et niveaux de formation. L’analyse inductive de contenu a mis en relief la présence de cinq images de l’homosexualité masculine produites par le processus représentationnel d’objectivation : a) la normalité ; b) la flamboyance ; c) la vulnérabilité; d) la déviance; e) l’hypersexualisation. Les interventions souhaitées par les répondants visent surtout des changements dans le sens du renforcement de la seule image perçue favorablement, celle de la normalité. Les résultats suggèrent que les interventions doivent plutôt viser le changement des représentations sociales à l’origine des images négatives de l’homosexualité masculine afin de cultiver le respect envers tous les hommes gais, et non pas seulement envers ceux qui se conforment au modèle hétéronormatif.

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Synthèse des connaissances portant sur l’identification d’outils permettant la mesure populationnelle du développement des enfants de deux ans : méthodologie et filtrations
Noémie Paquette (UQO - Université du Québec en Outaouais), Genevieve Tardif (Université du Québec en Outaouais), Claudine Jacques (UQO - Université du Québec en Outaouais), Sylvain Coutu (UQO - Université du Québec en Outaouais), Diane Dubeau (UQO - Université du Québec en Outaouais), Annie Bérubé (UQO - Université du Québec en Outaouais), Lise Lemay (Université du Québec à Montréal (UQAM) )

Le Québec bénéficie depuis 2012 de l’instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) pour tracer un portrait développemental des enfants à leur entrée à la maternelle. L’utilité reconnue de cet outil par de nombreux acteurs des milieux et des ministères incite à disposer d’un outil similaire spécifiquement conçu pour les plus jeunes enfants (±2 ans) afin de mettre en place des mesures de stimulation du développement adaptées à leurs besoins. Dans le but d’identifier les outils potentiels pouvant répondre à ce mandat, une analyse documentaire sous la forme de revue de synthèse a été effectuée à l’aide du logiciel Distiller SR. La recension exhaustive des écrits scientifiques et de la littérature grise menée principalement dans les bases de données usuelles a permis d’extraire 53 346 documents dont 29 801 une fois les doublons retirés. Deux filtrations ont permis de retenir un total de 396 outils potentiels (kappa : 0.73, 1ère filtration; 0.79, 2e filtration ). Afin de cibler les outils les plus pertinents, trois nouvelles filtrations ont eu lieu en regard de critères relatifs à la mesure populationnelle (par exemple, passation unique, qualités psychométriques satisfaisantes, âge cible de l’outil : 18-30 mois). Une analyse minutieuse de l’ensemble de tous ces instruments a permis d’identifier au final cinq outils pouvant répondre au mandat, soit d’obtenir un portrait global dans les sphères du développement moteur, langagier, cognitif et socio-émotionnel.

 

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Les styles d’attachement et les problèmes interpersonnels dans les relations amoureuses
Stéphanie Laforte (Université du Québec à Montréal), Alison Paradis (UQAM), Sophie Boucher (UQAM - Université du Québec à Montréal), Andréanne Lapierre (UQAM)

La théorie de l’attachement a souvent été utilisée pour comprendre les comportements au sein des relations. Par exemple, l’attachement insécure a été associé à des difficultés dans les relations intimes (Feeney, 2008 ; Mikulincer et Shaver, 2005). Le modèle circomplexe des relations interpersonnelles fournit un cadre permettant de résumer les comportements interpersonnels et pourrait contribuer à la compréhension du concept d’attachement. L’objectif de la présente étude est d’examiner les associations entre les styles d’attachement au partenaire, évalués à l’aide de l’ECR (Brennan et al., 1998) et les profils interpersonnels problématiques,  mesurés par l’IIP-couple (Paradis et Boucher, 2007). Ce dernier propose 8 domaines de problèmes dans les relations intimes. Au total, 1945 universitaires ayant répondu à des questionnaires en ligne (M=25,2 ans, ÉT=6,49) ont été regroupés selon leur style d’attachement : sécurisant (n=783), préoccupé (n=574), détaché (n=236) et craintif (n=352). Les résultats indiquent que les répondants de style craintif rapportent plus de problèmes interpersonnels, toutes catégories confondues. Une fois les moyennes des répondants ajustées pour leur profil de réponse, les résultats révèlent que les répondants préoccupés rapportent être plus intrusif, surprotecteur et exploitable dans leur relation de couple. Ceux détachés présentent plus de problèmes de type socialement évitant et distant et ceux craintifs indiquent plus de problèmes de type non affirmé.

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L’agression sexuelle d’enfants : facteurs de risque dans l’enfance et caractéristiques personnelles à l’âge adulte
Maya Lambert Vandelac (UdeM - Université de Montréal), Jean Proulx (UdeM - Université de Montréal)

Les hommes adultes qui agressent sexuellement des enfants semblent présenter des problématiques dans l’enfance qui diffèrent de celles des agresseurs sexuels d’adolescents et d’adultes (Sigre-Leirós, Carvalho & Nobre, 2015). Ces problématiques seraient liées au développement de caractéristiques à l’âge adulte (Daversa & Knight, 2007) en cause dans le passage à l’acte délictuel. Afin d’améliorer la compréhension du passage à l’acte des agresseurs sexuels d’enfants, le but de la présente étude est d’identifier les relations entre ces facteurs de l’enfance et de l’âge adulte.

L’échantillon est composé de 586 hommes agresseurs sexuels. Des analyses de type régression linéaire multiple et régression logistique ont été effectuées afin d’identifier la nature des liens entre chacune des problématiques de l’enfance, telle que la violence sexuelle, et les caractéristiques personnelles qui y sont liées à l’âge adulte, tels que les intérêts sexuels déviants. Il est à noter que les divers types de problématiques à l’enfance semblent être principalement liées à des facteurs représentant des problématiques sexuelles. Ces relations sont présentées et analysées ainsi que les implications cliniques quant à la prévention en amont de la violence sexuelle et à l’intervention auprès des personnes identifiées comme étant des agresseurs sexuels d’enfants à l’âge adulte.

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Regards de parents sur les interventions en protection de l’enfance
Annie Lambert (UdeS - Université de Sherbrooke), Anne-Sophie Audet (UdeS - Université de Sherbrooke), Émilie Breault (Université de Sherbrooke), Roxane Guèvremont (Université de Sherbrooke)

L’affiche proposée découle des résultats d’un projet de recherche auprès de parents recevant des services de protection de l’enfance. Inspirée par la perspective de reconnaissance des savoirs expérientiels et ancrée dans une posture réflexive, cette recherche visait à saisir le vécu des parents au sein des trajectoires de services et à dégager leurs savoirs par l’analyse de leurs discours.

À partir d’une quarantaine d’entretiens individuels, il a été possible d’avoir accès à la réalité des parents et de mettre en lumière leurs représentations face aux interventions leur étant destinées. L’analyse des données permet de constater que le regard porté par les parents sur les interventions est évidemment relié à l’expérience vécue mais surtout, que les représentations qui s’en dégagent ont un réel impact dans la mise en place des interventions de protection. Par cette démarche réflexive, il a été possible de constater que la reconnaissance des représentations des parents par les intervenants peut permettre d’ouvrir un dialogue franc, créant des espaces dialogiques bénéfiques entre les différents acteurs.

Dans une visée égalitaire des différents savoirs portée par la perspective de la reconnaissance des savoirs expérientiels, la présentation de cette affiche vise à dégager les défis méthodologiques entourant l’accès aux représentations des parents dans un contexte encadré comme celui de la protection de l'enfance mais plus encore, à présenter les bénéfices cliniques qui en découlent.

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L’intimidation vécue au sein des relations d’amitié : lien avec l’intimidation générale et différences sexuelles
Mirjana Vucetic (UQAM - Université du Québec à Montréal), Mara Brendgen (Université du Québec à Montréal), Frank Vitaro (Université de Montréal), Ginette Dionne (Université Laval ), Michel Boivin (Université Laval)

La recherche sur l’intimidation s’est surtout intéressée à l’intimidation perpétrée par les camarades de classe ou par des pairs non familiers. Toutefois, environ 10% des adolescents sont victimes d’intimidation par un ami, suivant une dynamique similaire à celle de couples dysfonctionnels (Mischna et al., 2008). Cette étude examine la stabilité temporelle de chaque type d’expérience d’intimidation ainsi que leurs liens concomitants et longitudinaux auprès d’un échantillon de 1188 adolescents (49 % filles) suivis entre le secondaire 2 et le secondaire 3. Elle examine aussi le rôle prédicteur de l’agressivité proactive et réactive ainsi que de l’anxiété. Les analyses d’équations structurelles montrent que l’agressivité réactive augmente le risque d’intimidation par des pairs «non-amis». Par contre, les caractéristiques personnelles ne prédisent pas le risque d’intimidation par un ami. Les deux types d’intimidation demeurent également assez stables d’une année à l’autre, surtout chez les garçons, possiblement parce que ceux-ci recherchent moins l’aide d’une personne-ressource et utilisent davantage la confrontation pour répondre aux épisodes d’intimidation (Jóhannsdóttir, L. & Ólafsson, F., 2010). Pour les deux sexes, il existe aussi des liens réciproques entre les deux types d’expériences d’intimidation. En somme, l’intimidation par un ami peut marquer les victimes comme une proie facile pour les autres pairs, et vice-versa.

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La transmission intergénérationnelle des pratiques parentales chez les pères : une étude des modérateurs sous-jacents
Tania Renaud Fournier (Université du Québec en Outaouais), Genevieve Tardif (Université du Québec en Outaouais)

Dans l’étude de la transmission intergénérationnelle des pratiques parentales, l’historique développemental du parent, et plus particulièrement la façon dont celui-ci a été élevé, constitue un élément déterminant pour comprendre comment il agit envers son propre enfant (Belsky, 1984). La littérature soutient empiriquement une « tradition des pratiques parentales », c’est-à-dire une une tendance générale à la continuité des pratiques à travers les générations (van IJzendoorn, 1992). Considérant les changements importants observés au sein des familles depuis plus d'une cinquantaine d'années, particulièrement au niveau de la paternité, il est intéressant de se questionner sur les facteurs ayant une influence sur la transmission des pratiques parentales à travers les générations. Dans le cadre de la présente étude, des pères d'adolescents ont complété un questionnaire en ligne portant sur leur répertoire actuel de pratiques parentales et sur les pratiques parentales qu'ils ont reçues à l'adolescence par leurs deux parents. Par le fait même, les modérateurs suivants ont été explorés: le genre du parent, le niveau d'implication parentale et la qualité de la relation parent-enfant. Les résultats préliminaires nous permettent de constater que les pères d’aujourd’hui se comparent principalement aux pratiques de leurs pères et non à celles de leurs mères. Par ailleurs, ils rapportent un plus grand niveau d’implication parentale envers leur enfant comparativement à leurs propres pères.

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Le dépistage de symptômes anxieux chez les adolescents présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)
Catherine TAIEB-LACHANCE (UQAM - Université du Québec à Montréal), Nathalie Poirier (Université du Québec à Montréal), Nadia Moussa (UdeM - Université de Montréal), Amélie Lampron (UQAM - Université du Québec à Montréal )

Les troubles anxieux sont les troubles psychologiques les plus répandus chez les adolescents ayant un TSA. Selon les données rapportées par des parents d’enfants présentant un TSA, l’anxiété qu’éprouve leur jeune est plus incapacitante et difficile à gérer que les symptômes diagnostiques du TSA. Peu d’études décrivent les symptômes anxieux qui affectent ces jeunes. L’objectif de cette étude est de mieux définir le profil d’adolescents présentant un TSA, et ce, sur le plan de leurs symptômes anxieux. Vingt adolescents ayant un TSA (13 à 16 ans) et leurs vingt parents ont pris part à cette étude. Ceux-ci ont rempli le questionnaire MASC-2 pour évaluer la présence et la sévérité de divers symptômes anxieux. Selon une analyse préliminaire des données qui prend en compte des scores significatifs provenant des questionnaires autorapportés et/ou des questionnaires parents du MASC-2, la majorité de ces adolescents présentent des manifestations physiologiques associées à l’anxiété, soit la tension et l’agitation. La majorité a des symptômes d’anxiété de séparation et de phobies ainsi que des symptômes d’anxiété généralisée. La crainte de l’humiliation ou du rejet et la peur de performance associée à l’anxiété sociale sont également prévalentes chez ce groupe d’adolescents. Aucun adolescent ne présente de symptômes liés à l’évitement du danger. Une analyse exhaustive de ces données sera présentée dans lequel un profil plus détaillé des tendances anxieuses chez ces jeunes sera exposé.

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Les difficultés de sommeil chez les enfants d’âge préscolaire ayant un diagnostic psychiatrique
Gabrielle Chénier-Leduc (UdeM - Université de Montréal), Marie-Julie Béliveau (Université de Montréal), Nicole Smolla (Hôpital Rivière-des-Prairies), Karine Comtois-Dubois (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Claude Berthiaume (Hôpital Rivière-des-Prairies), Marie-Hélène Pennestri (McGill University)

L'importance du sommeil dans le développement de l’enfant est bien documentée. La prévalence des troubles du sommeil chez les enfants est élevée, même dans des populations non-cliniques. Compte tenu des impacts d’une faible qualité et durée de sommeil sur la santé, cette question est d’autant plus pertinente au sein de populations à risque. Cette étude vise à documenter la présence de difficultés de sommeil chez des enfants d’âge préscolaire ayant consulté dans une clinique de pédopsychiatrie, en fonction de leur diagnostic. Les 276 participants âgés de 1 à 6 ans inclus dans cette étude rétrospective ont été évalués par un psychiatre et lesdiagnostics ont été établis selon les critères du DSM-IV-TR. Les difficultés de sommeil ont été mesurées à l’aide de la sous-échelle correspondante du CBCL dont les scores bruts ont été comparés entre les enfants présentant ou non chacun des diagnostics. Les enfants ayant reçu un diagnostic de Trouble du comportement présentaient davantage de difficultés de sommeil que les enfants sans ce diagnostic (5,55±3,47 vs 4,49±3,6 ; p=0.02). Le même patron était présent pour les Troubles relationnels  (5,43±3,7 vs 4,46±3,45 ; p=0.03), alors qu’aucune différence n'a été observée pour les Troubles de la communication. Considérant l’importance du sommeil dans le développement de l’enfant, ces difficultés de sommeil risquent d’exacerber les symptômes cliniques d’une population déjà vulnérable, dans une période développementale sensible.

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La situation d’interaction hors du domicile de la personne vivant avec une aphasie
Carole ANGLADE (UdeM - Université de Montréal), Guylaine Le Dorze (CRIR - Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain), Claire Croteau (Université de Montréal )

Problématique : on constate que les personnes ayant l’aphasie (trouble de langage d’origine neurologique) participent moins dans leur communauté et s’en montrent insatisfaites. Bien que certains facteurs de l’environnement aient été relevés, les interactions elles-mêmes n’ont pas été étudiées pour ce qu’elles pourraient révéler de l’expérience d’interagir dans sa communauté. De plus, les points de vue des interlocuteurs de la personne ayant une aphasie (PAA) ne sont pas connus. 

Objectifs : 1) Comprendre l’expérience que les PAA ont de leurs interactions dans la communauté et comment cette expérience influence leur participation sociale; 

2) Comprendre comment les PAA et leurs interlocuteurs dans la communauté composent avec ces difficultés lors de leurs interactions.

Devis : étude de cas multiple. 10 PAA ont réalisé au minimum 1 entrevue semi-dirigée portant sur leur participation dans la communauté, et au maximum 2 entrevues et 5 sorties dans la communauté. Quand cela était possible, les interactions ayant cours lors de ces sorties ont fait l’objet d’enregistrement audio-visuel.

La communication proposée abordera les résultats préliminaires de ce projet doctoral. Une analyse qualitative des interactions sera effectuée à l'aide de l'analyse de conversation classique afin de faire ressortir le rôle des partenaires de l'interaction au succès de celle-ci. Une attention particulière sera portée aux contacts visuels, aux pauses et aux chevauchements (prise de parole interrompue).

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Signalement d’un proche radicalisé : enjeux et barrières rencontrés dans les communautés culturelles à Montréal
Rosalie Chevrette (UdeM - Université de Montréal)

Les communautés sont des acteurs de premiers plans dans les efforts de prévention de la radicalisation. En effet, la famille et les amis seraient parmi les premiers à observer des signes d’un individu en processus vers un engagement au sein d’activités extrémistes violentes. Néanmoins, nous n’en savons que très peu quant à l’opinion des communautés par rapport au fait de signaler une situation de radicalisation violente aux autorités. La présente étude s’intéresse à comprendre la manière dont les dimensions individuelles, contextuelles et socioculturelles influencent la décision de contacter une ressource extérieure pour un proche dans une situation de radicalisation. Les résultats obtenus à l’aide d’entretiens et de focus group démontrent plusieurs barrières au signalement d’un proche, à commencer par la méconnaissance du processus de signalement et des ressources disponibles. Ensuite, la perception d’être le mieux placé pour intervenir et la crainte de briser le lien avec le proche radicalisé s’imposaient de manière importante dans la décision de contacter une ressource extérieure. Enfin, la zone grise que représentent les comportements associés à la radicalisation pose problème dans l’évaluation de la gravité de la situation ; ce n’est que lorsque la personne est un danger pour elle-même ou pour autrui que les proches vont signaler l’individu à la police, qui est considérée comme une ressource de dernier recours.

Résumé
21
Communication, trouble oppositionnel et sentiment d’efficacité parentale chez les enfants provenant de différentes structures familiales
Noémie Gratton (Université du Québec à Montréal), Thérèse Bouffard (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le sentiment d’efficacité parentale (SEP) est défini comme la croyance d’un parent dans sa capacité à aider et à influencer favorablement le développement de son enfant dans toutes les sphères de sa vie (Coleman & Karraker, 2000; Jones & Prinz, 2005). Plusieurs liens ont été trouvés entre le SEP et des facteurs positifs pour l’enfant (Danis, Bouffard et Vezeau, 2016). Ce concept a cependant été peu étudié dans le contexte de la relation entre la structure familiale et la qualité de la relation parent-enfant.

Cette étude visait 1) à examiner si le sentiment d’efficacité parentale différait selon les trois structures familiales suivantes : nucléaire, monoparentale et recomposée et 2) à vérifier si le SEP est lié la relation parent-enfant mesurée par la présence de comportements oppositionnels de l’enfant et sa communication avec ses parents.

L’échantillon comporte 376 dyades mère/enfant ( 7 à 10 ans). Les résultats indiquent que les parents des familles nucléaires ont rapporté un SEP plus élevé que ceux des deux autres structures familiales. Le SEP était significativement corrélé avec la communication (0.45), et les comportements oppositionnels évalués par le parent (-0.27) et par l’enseignant (-0.16). Les résultats d’une analyse multivariée (MANCOVA) indiquent que les mères de familles reconstituées rapportent plus de comportements oppositionnels et une moins bonne communication avec leur enfant que celles des deux autres structures familiales. 

Résumé
22
« Non, pas comme ça! » : attachement, sensibilité et compétition parentale dans un contexte triadique
Audrey-Ann Deneault (Université d’Ottawa), Kim Yurkowski (Université d'Ottawa), Jeffry QUAN (Université d’Ottawa), Michela Gosselin Distefano (Université d'Ottawa), Jean-François Bureau (Université d’Ottawa)

L’implication accrue des pères dans l’éducation des enfants peut amener certains parents à rivaliser pour l’attention de l’enfant (Allen & Hawkins, 1999). Cette compétition pourrait découler de la perception que l’autre parent n’entretient pas une aussi bonne relation avec l’enfant (Caldera & Lindsey, 2006). Cette étude vise à déterminer si la correspondance d’attachement enfant-parent a une influence sur la compétition entre les parents dans un contexte triadique. La compétition a été mesurée dans une tâche de jeu libre entre les parents et leur enfant (N=83, Mâge=45,83 mois). La sécurité d’attachement de l’enfant envers chaque parent a été évaluée séparément avec la procédure de séparation-réunion préscolaire (Cassidy & Marvin, 1992). La sensibilité parentale (LT Task; Bureau et al, 2014) a également été évaluée au cours des séances en laboratoire. Des analyses de variance révèlent qu’il y a plus de compétition entre les parents quand l’enfant présente un attachement sécurisé à la mère et insécurisé au père (p=0,02). Une analyse post-hoc démontre que ce groupe présente aussi une plus grande disparité de sensibilité parentale en faveur de la mère (p=0,02), ce qui pourrait contribuer au plus haut niveau de compétition. Ces résultats suggèrent que les mères ayant une bonne relation avec leur enfant pourraient interférer et critiquer davantage un partenaire qui n’est pas en mesure de générer un tel sentiment de confiance chez son enfant, créant ainsi un climat de compétition.

Résumé
23
Une analyse du profil musical et des traits associés au trouble du spectre autistique chez la population générale
Gwenaelle Philibert-Lignieres (Université McGill), Victoria Poulton (McGill University), Eve-Marie Quintin (Université McGill)

Plusieurs études démontrent que les personnes ayant un trouble du spectre autistique (TSA) possèdent des habiletés supérieures dans le domaine de la perception musicale (ex: mémoire musicale). Notre étude examine la relation entre la perception musicale et les habiletés sociales présentes dans la population générale et déficitaires chez les individus avec un TSA. Nous avons utilisé le ‘Goldsmiths Musical Sophistication Index (Gold-MSI; Mullensiefen et al., 2014)’ pour mesurer la perception musicale ainsi que le ‘Social Responsiveness Scale-Second Edition (SRS-2; Constantino, 2012)’ pour évaluer différentes variables d’habiletés sociales, incluant la communication et l’interaction sociale, la sensibilité sociale, la motivation sociale, et les intérêts ou comportements restreints et répétitifs. Les résultats préliminaires (n=77) révèlent des corrélations significatives (ps < .05) entre le facteur d’habiletés perceptuelles musicales du Gold-MSI et deux variables du SRS-2 : communication et interaction sociale et sensibilité sociale. Ces résultats indiquent que les participants possédant une meilleure perception musicale rapportent de meilleures habiletés de communication et d’interaction sociale, ainsi que de sensibilité sociale. Le tout sera évalué dans le contexte où l’on retrouve des traits du TSA dans la population générale et le lien entre ceux-ci et la perception musicale.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Questions de genre et de sexualité
Présidence/Animation : Marjorie Rabiau (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
L’interdiction de discrimination en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne : l’éclairage de l’intersectionnalité
Vanessa Tanguay (Université McGill)

La Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit la discrimination entre personnes. La pratique judiciaire tente d’interpréter ce droit de façon à en garantir l’effectivité : par la prise en compte du contexte social et par la recherche de l’atteinte des deux objets de la norme, le respect de la dignité et la suppression des discriminations. L’intersectionnalité, considérée par certains comme l’outil idéal pour comprendre les inégalités dans toute leur complexité, a notamment été mobilisée pour étudier le droit constitutionnel à l’égalité. L’approche n’a toutefois pas été étudiée au regard de la Charte québécoise qui régit les rapports privés. Dans le cadre de cette communication, nous explorerons divers points d’ancrage pour mobiliser l’intersectionnalité dans l’interprétation de la norme antidiscriminatoire québécoise, à partir de la pratique judiciaire du Tribunal des droits de la personne. Nous en aborderons les opportunités et les limites pour appréhender le contexte social de discrimination et pour assurer la réalisation des objets de la Charte québécoise. Ces pistes de réflexion s’inscrivent dans un déplacement des tribunaux afin de reconnaître les discriminations multiples. Nous constaterons toutefois que l’adoption d’une approche intersectionnelle d’interprétation de la norme pourrait ouvrir à une reconnaissance encore plus large de la « réalité » sociale et, par conséquent, une plus grande réalisation de l’effectivité de la norme québécoise.

Résumé
2
La reconnaissance des manifestations de sexisme dans les contextes scolaires et professionnels
Judith Déry Baillargeon (Université Laval), Chantale Jeanrie (Université Laval), Hélène Lee-Gosselin (Université Laval)

L’égalité entre les sexes n’est pas encore atteinte (Institut de la statistique, 2016). Le sexisme dit hostile, représente une idéologie de domination et de supériorité masculine et se manifeste, par exemple, sous forme de blagues sexistes et de remarques négatives envers les femmes (Glick et Fiske, 1996).  Certaines formes de sexisme sont cependant plus subtiles. Le sexisme bienveillant traduit une idéologie traditionnelle idéalisant les femmes mais ce, dans les rôles traditionnellement féminins (Glick et Fiske, 1996). C’est  une idéologie sexiste car elle encourage les stéréotypes basés sur le genre bien qu’elle se manifeste par une attitude d’apparence positive envers les femmes (Glick et Fiske, 1996). Constatant l’absence d’outil d’évaluation de cette forme de sexisme au Québec, ainsi que le besoin de savoir si celle-ci est détectée par les gens qui la vivent ou la voient, un questionnaire a été construit afin d’évaluer la reconnaissance de ces deux types de sexisme dont les manifestations sont très distinctes,  dans des contextes scolaires et professionnels. Le format bandes dessinées a été privilégié afin d’inclure, dans chaque question, des informations contextuelles qui auraient indûment allongé des énoncés textuels. Les résultats indiquent à quel point  les répondants reconnaissent les situations de sexisme, selon la forme de sexisme associée, selon le sexe, le domaine d’étude ou d’emploi des répondants. Des pistes de sensibilisation et de réflexion sont proposées.

Résumé
3
La construction identitaire genrée dans le sport : la bi-catégorisation et ses conséquences
Guillaume Latour (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La sociologie du sport et les études de genre tendent de plus en plus à se croiser étant donné que le sexe est un critère transversal touchant tous les sports et qu'il permet de déterminer où les participant-e-s ont le droit de s'inscrire (Lorber et Moore, 2011). L'objectif principal de ma présentation sera de démontrer comment cette conception binaire du genre dans le sport forme un type de discrimination systémique contre les femmes et les personnes trans. Pour ce faire, il sera d'abord question de mettre en évidence les travaux de biologistes qui ont démontré que la binarité des genres n'est pas une réalité biologique, mais bien idéologique (Peyre et al., 1991; Krauss, 2000). Par la suite, à l'aide d'auteur-e-s comme Iris Marion Young (1980) et Christine Mennesson (2004), je présenterai de quelle façon le monde du sport construit une idéologie différentialiste lui permettant de maintenir cette division binaire des genres. Il s'agira de mettre l'accent sur le caractère construit des aptitudes sportives et sur la différenciation genrée qui est pratiquée dans cette construction. Ultimement cette présentation servira de base pour mettre de l'avant un programme de recherche sur le rôle des entraîneur-e-s dans la construction identitaire genrée des athlètes puisque comme le mentionne Raibaud cette question n'a pas encore été abordée pour le sport et les loisirs (2007).

Résumé
4
Pratiques masturbatoires féminines et santé sexuelle : une exploration qualitative de la perspective des femmes
Valérie Morin (Université du Québec à Montréal)

La sexualité des femmes a longtemps été réprimée et plusieurs études concluent encore que les femmes portent un regard négatif sur leur masturbation et leur droit au plaisir sexuel (Hogarth et Ingham, 2009; Kaestle et Allen, 2011). Les études sur la masturbation féminine réalisées à ce jour n’ont pas réussi à détailler les processus de la masturbation des femmes et son rapport avec la santé sexuelle. Cette recherche qualitative exploratoire s’intéresse aux manières que la masturbation régulière (définie comme une fois par mois ou plus) module la santé sexuelle des femmes à travers le développement du concept de soi sexuel. En explorant le vécu de la masturbation à partir du point de vue des femmes et en interprétant ces expériences à l’aide du concept de soi sexuel et des théories critiques féministes, nous tenterons de décrire les processus qui sont sous-jacents à une sexualité plus épanouie et une meilleure santé sexuelle. Quatorze femmes âgées de 18 à 30 ans qui se masturbent régulièrement ont participé à des entrevues individuelles semi-dirigées. Les analyses préliminaires indiquent qu’il y a des différences entre les débuts masturbatoires à l’enfance et à l’adolescence. Aussi, nous décelons une différence entre les femmes hétérosexuelles et les femmes homosexuelles dans leur vécu de l’entrée à la sexualité dyadique qui semblent être plus aisé pour ces dernières. Des pistes de recherches futures et d’interventions seront développées lors de cette communication.

Résumé
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Gérontologie
Présidence/Animation : Mélanie Couture (CIUSSS Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal)
Batiment : (MC) MCCONNELL
Local : (MC) 11
1
Vieillir en migration : état des connaissances sur l’avancée en âge des personnes âgées immigrées en France
Aurélien Martineau (ESO-Angers (Espaces et Sociétés) UMR CNRS 6590, Université d'Angers), Mathilde PLARD (CNRS - Centre national de la recherche scientifique)

Vieillir en migration est devenue une situation commune à un nombre grandissant de personnes en France. En 2008, près de 890 000 personnes immigrées étaient âgées de 65 ans et plus, et une personne de 55 ans ou plus sur dix était une personne immigrée en 2013. L’augmentation constante du nombre d’immigrés âgés représente un enjeu social et politique comme en témoignent les récents travaux de l’Assemblée nationale (Jacquat et Bachelay, 2013).

L’avancée en âge des migrants met à jour les difficultés supplémentaires (Samaoli, 2012) par rapport aux personnes non immigrées dans la vieillesse : conditions de vie moins avantageuses, inégalités économiques, barrière de la langue, non-recours à certains droits sociaux, éloignement des proches restés au pays, faible recours aux services gérontologiques.

Cette communication s’intéresse aux apports de la littérature scientifique et professionnelle sur les conditions de vieillissement de la population immigrée en France. À partir d’un examen d’un corpus (75 documents) et d’une analyse thématique systématique réalisée à l’aide du logiciel Nvivo, l’objectif sera de faire un état des lieux des connaissances actuelles pour documenter les conditions de vie des migrants âgés en France. Les résultats soulignent la pluralité des situations des immigrés âgés, la complexité de leurs parcours et les principaux enjeux gérontologiques au regard de la santé (i), de l’habitat (ii) et de l’aide (in)formelle (iii).

 

Résumé
2
Intervenir en contexte de conjugalité et d’Alzheimer : quand l’art-thérapie et le service social se rencontrent
Nancy COUTURE (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Sophie Éthier (Université Laval), Patrick Villeneuve (Université Laval)

Née d’une intuition qui a pris forme au cœur d’une pratique en service social, la question touche à deux grandes disciplines de l’intervention : le service social et l’art-thérapie. Plus précisément, l’intérêt de la recherche dont les résultats préliminaires sont présentés est l’intervention en art-thérapie auprès de couples dont l’un des partenaires est atteint de la maladie d’Alzheimer.

Les six couples participants ont bénéficié d’une intervention en art-thérapie, réalisée à domicile pendant dix semaines, à raison d’une heure par semaine. Le but de l’intervention était essentiellement de soutenir les couples dans le développement de stratégies leur permettant de mieux composer avec la maladie.

Dans ce contexte, l’art a été un outil de médiation du lien conjugal. Se rejoignant autour de projets artistiques mettant en images leur histoire, les couples ont pu se retrouver et développer de nouveaux modes de communication. La réalisation de projets créatifs leur a permis de transformer une relation aidant-aidé en une relation où l’intimité et la complicité ont repris leur juste place.

L’art-thérapie demeure un outil d’intervention puissant, qui favorise l’établissement de rapports où la personne est au cœur et ce, en dépit de ses défis.  

Résumé
3
Solidarités intergénérationnelles : contribution des aînés à la santé des personnes et des familles autochtones
Chantal Viscogliosi (UdeS - Université de Sherbrooke), Hugo Asselin (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Mélanie Levasseur (Université de Sherbrooke)

Introduction : Pour promouvoir la santé et le bien-être des Autochtones, Santé Canada met l’accent sur les approches de promotion de la santé. Une approche de collaboration utilisant la participation sociale des aînés en tant que facteur de robustesse, rejoindrait les modèles traditionnels autochtones favorisant la guérison. Objectifs : Cette étude s'intéresse aux associations entre les relations intergénérationnelles impliquant des aînés et la santé physique et mentale des familles autochtones. Méthode : Il s’agit d’un devis transversal portant sur l’analyse des données de l’Enquête auprès des peuples autochtones (2012) et de l’Enquête de santé générale (2013) pour lesquelles les données de 24 803 répondants autochtones canadiens et 14 714 répondants canadiens incluant 346 personnes autochtones respectivement sont disponibles. Des régression logistiques et linéaires permettront de tenir compte de l’âge, du genre, du revenu, du surpeuplement et de la défavorisation matérielle et sociale dans l’analyse des relations entre les solidarités intergénérationnelles impliquant des aînés et les différentes variables de santé des familles. Avec 2604 aînés autochtones, on peut détecter une corrélation supérieure à 0,055 (r>|0.055|) avec une puissance de 80% à un niveau alpha de 0,05. Résultats : Les résultats seront disponibles en février 2017. Conclusion : Ces résultats pourraient mener à une recherche action impliquant les aînés autochtones pour améliorer la santé des familles.

Résumé
4
Bénévolat ou métier? Les enjeux liés à la professionnalisation de l’action bénévole dans la lutte contre la maltraitance matérielle et financière envers les personnes aînées
Jordan Bédard-Lessard (UdeS - Université de Sherbrooke), Marie Beaulieu (UdeS - Université de Sherbrooke)

Dans le secteur de la lutte contre la maltraitance matérielle et financière (LMA-MF) envers les personnes aînées (PA), des organismes sans but lucratif (OSBL) mobilisent des bénévoles afin d’appuyer leur mission. Certains OSBL recrutent des bénévoles selon leurs antécédents professionnels dans des domaines tels que les services policiers, le droit, l’enseignement et l’intervention sociale, tandis que d’autres ne souhaitent pas arrimer leur stratégie de recrutement à l’expérience professionnelle des bénévoles. L’objectif de la présente communication est d’observer les raisons qui motivent les OSBL à endosser une stratégie de professionnalisation de l’action bénévole dans la LMA-MF auprès des PA.

Notre étude sur la professionnalisation de l’action bénévole repose sur une analyse secondaire des données recueillies dans le cadre du projet de recherche sur L’action bénévole dans la lutte contre la maltraitance matérielle et financière envers les personnes aînées (ABAM-MF) mené par la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées. Les résultats préliminaires se fondent sur des études de cas auprès de cinq OSBL canadiens. L’échantillon est composé de 49 entretiens auprès de 62 acteurs du milieu. Nous observons, au sein d’un continuum qui vise à positionner le degré de professionnalisation des OSBL, que la majorité des cas observés tendent vers une plus grande professionnalisation afin de renforcer leur offre de services aux PA.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Art et langage
Présidence/Animation : Mbaye Diouf (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
Se mettre belle pour soi, pas pour gagner : concours de reines amérindiennes
Laurence Hamel-Charest (UdeM - Université de Montréal)

Des communautés amérindiennes du Québec élisent des reines (ou des princesses) lors de carnavals ou de festivals. Ces concours aux dimensions communautaires s’inscrivent dans une programmation comprenant des activités sportives et ludiques. D’anciennes candidates ou organisatrices de concours interrogées dans le cadre d’entrevues insistent pour dire qu’il ne s’agit pas de concours de beauté. Ceci étant dit, certaines candidates en profitent pour se mettre belles. Pourquoi ? Quelles sont les fonctions de ces mises en beauté ?  Nous verrons qu’elles participent à faire de l’occasion un évènement spécial et divertissant, mais qu’elles permettent aussi aux candidates de se dépasser et revitaliser leur confiance personnelle. L’habillement des candidates varie selon la thématique du concours et la communauté. Toutefois, les robes de soirée sont souvent portées quand les candidates sont de jeunes femmes. La communication ciblera principalement les enjeux entourant ces dernières qui renvoient à un imaginaire de princesses, souvent de Disney. L’analyse montrera qu’il est envisagé dans une optique positive : des femmes fortes, autonomes et déterminées. Les jeunes filles et femmes amérindiennes semblent identifier leurs idéaux à ces images. Il sera proposé que l’univers romantique perceptible dans la mise en beauté des candidates témoigne d’un espace de construction de la féminité renvoyant à un « girl power ».

Résumé
2
Les bienfaits de l’art après une catastrophe
Nancy COUTURE (UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Suzanne Houle (La Croix-Rouge)

La catastrophe ayant frappé la communauté de Lac-Mégantic en juillet 2013 a marqué l’imaginaire populaire. Et les cicatrices sont encore vives. Une étude réalisée par le CIUSSS de l’Estrie sur l’évolution de la santé psychologique de la population méganticoise en 2015 révèle que les personnes âgées de 65 ans et plus démontrent notamment plus d’hypervigilance, d’isolement, de tristesse, d’anxiété et de troubles du sommeil que l’année précédente. Bref, la situation des aînés méganticois évolue de manière préoccupante.

La Croix-Rouge canadienne (CRC) a été présente à Lac-Mégantic et a contribué de diverses façons au rétablissement de la communauté. Elle y offre encore le programme Arts et métiers, un projet d’animation d’activités artisanales offertes aux personnes âgées ainsi qu’à leurs proches. Les bienfaits de l’expression créative ne sont plus à démontrer mais une recherche évaluative des effets de ce projet sur les aînés de Lac-Mégantic a permis de décrire l’expérience vécue par les participants(es) et leurs proches et de documenter les effets vécus et perçus par eux aux plans psychologique, physique, relationnel, social et spirituel.

La mise en lumière de ces éléments permet de mieux cerner les conditions qui favorisent l’atteinte des objectifs poursuivis par de tels projets. Cette analyse sera présentée et ouvrira sur les perspectives d’avenir pour des projets de création artistique dans une perspective d’intégration citoyenne et de mieux-être individuel et collectif.

Résumé
3
Le langage du corps, cet objet scientifique : analyse bibliométrique
Pierrich Plusquellec (UdeM - Université de Montréal)

L’étude du langage du corps est un sujet fascinant pour le grand public car il semble offrir l’opportunité à celui qui en a la connaissance de lire ceux qui l’entourent et de détenir un pouvoir  presque divinatoire. De nombreux charlatans se proposent d’ailleurs de former le grand public à des prix parfois faramineux. Peu d’entre eux revendiquent leurs connaissances scientifiques sur le sujet. Pourtant, depuis Darwin et son livre sur l’expression des émotions chez l’homme et les animaux en 1872, de nombreux chercheurs se sont intéressés et ont publié des articles scientifiques sur le sujet.

Nous nous proposons de présenter une synthèse bibliométrique des 1000 articles les plus cités dans ce domaine afin de mettre en lumière les connaissances les plus citées dans ce domaine multidisciplinaire. Ainsi, 297 journaux scientifiques accueillent ces 1000 articles, 743 auteurs distincts y ont contribué, principalement aux États-Unis et en Angleterre, et expression faciale apparait comme le mot clef le plus fréquent. 50% de ces articles les plus cités ont été publiés dans la décennie 2000-2010, révélant l’actualité et l’explosion de ce champ d’étude. Les résultats présentés illustreront à quel point les sciences du langage du corps sont productives et génèrent des connaissances qui devraient être transférées au public, ce qui est le mandat du Centre d’études en sciences de la communication non verbale dont l’auteur de cette communication est le directeur.

Résumé
4
Contribution herméneutique à une anthropologie modale à travers l’examen morphologique du parler 
Mike GADRAS (Université Paris-Nord (Paris 13))

L’objectif de Cette communication est d’ouvrir une discussion épistémologique et méthodologique à partir de la présentation d’un procédé d’investigation herméneutique portant sur l’étude du « parler », en tant qu’il signale la manière dont le vivre (Erlebnis) est appréhendé par une personne quand elle vient à dire depuis et avec sa situation quelque chose au sujet de sa vie et/ou de la Vie. En effet, la façon dont une personne parle rend compte de la manière dont elle pense et façonne les réalités sur lesquels se fondent son pouvoir d’exister.

D’orientation herméneutique, cette recherche s’appuie sur un corpus d’entretiens de recherche biographique et d’observations ethnographiques menées dans le cadre d’une étude longitudinale auprès d’un groupe de migrants en situation dite « irrégulière », en France.

Si l’on admet avec Ricœur que l’expression vive est ce qui dit l’existence vive (Ricœur, 1975), on peut alors faire l’hypothèse que le discours parlé rend visibles les liaisons qui s’opèrent entre la nature même de la vie (dans sa dimension psychophysiologique) et l’exister, en tant qu’il est en son pouvoir-être le produit de rapports symboliques. Prenant appui sur les conférences de Heidegger (1950, 1957, 1959), notamment, cette démarche d’étude se déploie en trois phases.

Les premiers résultats mettent en évidence différents mécanismes d’appropriation et de subjectivation permettent de comprendre la polyphonie des significations qui résultant de l’ex-pressivité du parler.

Résumé
5
Exalter la vertu d’une bonne Amérindienne : être Miss, princesse des bois et princesse indienne dans les communautés algonquiennes du Québec (1960-2014)
Anny Morissette (USP - Université Saint-Paul)

Dans un concours de miss, rien à priori ne représentait quelque chose de connu pour les peuples algonquiens du Québec avant leur implantation, à partir des années 1960, dans les fêtes paroissiales des communautés sédentaires à peine émergentes. Ces concours aux règles strictes allaient pourtant influencer l’image de la femme algonquienne en délimitant les contours de ce qu’est une bonne Amérindienne en jugeant les participantes sur leur comportement et leurs talents. Jadis influencés par les missionnaires et les programmes de « canadianisation » des Autochtones qui tentaient d’inculquer les valeurs sociales et morales de la société dominante, les critères de sélection des concours contemporains sont désormais régis par la bande qui tente de définir une normativité féminine tout en valorisant la culture locale. Couronnée pour une journée ou un an, quelle charge symbolique ou vision exemplaire des femmes incarne la princesse indienne actuelle?

À partir d'une réflexion sur les prototypes moraux et en nous appuyant sur une recherche archivistique et ethnographique au sein de communautés algonquiennes du Québec, nous retracerons l’origine des premiers concours de miss amérindienne et entendons montrer comment ceux-ci font de nos jours surgir des modèles féminins qui doivent inspirer leurs pairs en personnifiant un idéal de la féminité autochtone qui exalte une certaine vertu : maîtrise de la culture, de la langue, de l’art oratoire, de soi et de sa santé.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Immigration et questions interculturelles
Présidence/Animation : Ana Fostik (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
La participation des minorités ethnoculturelles à la vie collective
Elke Laur (Ministère de l'Immigration, Diversité et Inclusion)

La participation de toutes et de tous dans l'ensemble des sphères de la vie collective est le but ultime de toute société, en particulier lorsque l'intégration de personnes immigrantes ou l'inclusion de minorités sont concernées. Comment aborder cette participation? Comment la mesurer? Comment en faire le suivi?

La communication présente une conceptualisation de la participation qui tient compte de l'engagement individuel des personnes tout comme de la disposition sociétale qui la rend possible et ceci dans une optique d'interaction constante entre l'individu et la société. Plusieurs dimensions participatives permettent d'appréhender différentes facettes de l'engagement individuel et d'en mesurer certains aspects tel que le bénévolat, l'usage du français ou les dons dans une perspective comparative lorsqu'un accès aux bases de données le permet. Il en résulte un aperçu parcellaire mais novateur de quelques mesures de comportements économiques, linguistiques, identitaires, communautaires, culturels et citoyens.

Résumé
2
L’influence de la famille et du couple dans les prises de décisions face à la retraite des Maghrébins de Montréal
Selma TANNOUCHE BENNANI (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les cohortes d’immigrants maghrébins arrivés au Québec dans les années 1980 et 1990 arrivent progressivement à l’âge de la retraite. Pour la plupart issus de la catégorie des travailleurs qualifiés, leurs motivations à quitter le Maghreb dépassaient toutefois les seules raisons économiques (Lenoir et al., 2007), l’objectif étant d’améliorer leurs conditions de vie et de celles de leurs enfants. Parrainant souvent leur conjoint-e dans un premier temps, et plus tard d’autres proches, leur famille et leur couple occupent une place primordiale dans leur vie. Cette présentation vise à mettre en évidence les influences conjugales et familiales dans les prises de décisions de cette cohorte d’immigrants maghrébins, et ce à l’approche de leur retraite. Pour ce faire, nous avons réalisé 24 entretiens en profondeur sous forme de récits de vie auprès de Maghrébins et Maghrébines âgés de plus de 50 ans et vivant à Montréal depuis plus de 15 ans. Deux groupes de discussion ont été réalisés comme compléments à la collecte de données. Il ressort que l’influence de la famille et du couple dans les prises de décision est constante durant le parcours migratoire, et qu’elle se poursuit à l’approche de leur retraite. Cette influence concerne à la fois le moment de la retraite, la question du retour dans le pays d’origine, l’institutionnalisation éventuelle, ainsi que les projets de retraite et le lieu de leur réalisation.

Résumé
3
L’influence de la culture d’origine sur la planification de la retraite des immigrants maghrébins de Montréal
Selma TANNOUCHE BENNANI (UdeS - Université de Sherbrooke)

Les cohortes d’immigrants maghrébins arrivés au Québec dans les années 1980 et 1990 atteignent progressivement l’âge de la retraite. Dans leur pays d’accueil, la planification de la retraite est mise en avant en tant qu’effort visant à éviter que des problèmes majeurs ne se développent dans le futur, soit au moment de sa retraite (Jacobs-Lawson, Hershey, et Neukam, 2004). Elle est encouragée par l’État et incombe de plus en plus à l’individu. À l’opposé, le concept de planification trouve rarement sa place dans la culture maghrébine qui est liée aux valeurs musulmanes accordant une place importante au destin, au « Maktoub » (Eid et Fadel, 2013).  Cette présentation vise à identifier l’influence du bagage culturel des immigrants maghrébins de Montréal sur leur représentation de la planification de la retraite ainsi que sa mise en oeuvre. Pour ce faire, vingt-quatre entretiens individuels ont été réalisés auprès de Maghrébins et Maghrébines âgés de plus de 50 ans et vivant au Québec depuis plus de 15 ans. Deux groupes de discussion non mixtes ont complété la collecte de données. L’étude permet d’établir des liens forts entre les comportements face à la planification de la retraite chez cette population et le bagage culturel du pays d’origine, mais relève aussi une influence notoire de leur acculturation au fil des années passées au Québec.

Résumé
4
Les Latino-Américains à Montréal : aperçu général de leur histoire
Reina victoria Vega (Chercheure indépendante)

Le terme ‘Latino-Américain’ est désigné pour les personnes originaires ou descendantes de l’un des 19 pays de l’Amérique latine (incluant les Brésiliens). Depuis les années 1970, les immigrants nés en Amérique latine se sont progressivement établis à Montréal. Les immigrants latino-américains forment un groupe hétérogène. Ils ont des origines raciales, culturelles et sociales différentes les unes des autres. Une première vague est arrivée dans la période comprise entre 1973 et 1980. Elle était composée par un bon nombre de personnes hautement qualifiées originaires du Chili, d’Argentine, de la Colombie et du Pérou, admises dans le cadre de programmes spéciaux d’accueil aux Latino-Américains en situation de détresse ou de recrutement de la main-d’œuvre qualifiée. Une deuxième vague migratoire s’est produite au début des années 1980, composée par des réfugiés, moins scolarisés que ceux de la première vague, provenant du Salvador et du Guatemala, en Amérique centrale. Jusqu’en 1986, les Chiliens demeurent le groupe le plus nombreux à Montréal. Entre les années 1991 et 1996, ce sont les Salvadoriens qui sont le groupe le plus nombreux, suivi des Chiliens, des Péruviens et des Guatémaltèques. Cette communication aborde l’analyse de la présence de la communauté Latino-Américaine à Montréal, à partir des statistiques gouvernementales, des rapports de presse et des travaux savants. Le but est celui de reconstruire l’histoire de la communauté Latino-américains établie à Montréal.

Résumé
5
« Il vient d’où ton accent? » : discrimination linguistique et immigration péruvienne au Québec
Genevieve LAPOINTE (Université Laval)

Plusieurs immigrants qui s’installent au Québec sont des travailleurs qualifiés. Choisis pour leur capital humain (tel leur niveau d’éducation, expérience de travail et connaissance du français), ils sont sélectionnés en raison de leurs bonnes perspectives d’emploi. Dans les faits, par ailleurs, ces immigrants font face à différents défis pour trouver un emploi. Alors que des études ont identifié des raisons derrière ce phénomène (discrimination, manque d’expérience canadienne, difficulté à faire reconnaître les diplômes étrangers, etc.), peu de travaux ont porté sur la question de l’accent. En s’inspirant des écrits de Bourdieu sur le capital linguistique, cette communication propose d’examiner en quoi un accent « étranger » peut affecter la recherche d’emploi. Basée sur des entrevues effectuées à Montréal et à Québec auprès de 24 immigrants péruviens, cette présentation indique que le fait d’avoir un accent dit « latino » a un impact sur l’expérience d’immigration. Alors que plusieurs répondants mentionnent s’être sentis discriminés en raison de leur accent, d’autres ont fait valoir que leur accent les avait avantagés. En utilisant une approche davantage axée sur le paradigme de l’intersectionnalité plutôt que sur celui du capital humain, cette étude prend en compte l’accent d’une personne – en tant que capital linguistique interrelié à d’autres marqueurs d’inégalité (tel le genre, la classe sociale et l’ethnicité, entre autres) – pour mieux comprendre l’immigration.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Violence physique et sexuelle
Présidence/Animation : Rachel Langevin (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
Relation entre la violence subie dans la vie professionnelle et dans la vie personnelle des femmes offrant des services sexuels
Sabrina BÉDARD (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Karine Côté (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Christopher Earls (Université de Montréal), Delphine Lagacé (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

La victimisation est un terme omniprésent lorsqu’il est question de prostitution. Pour conserver une image positive d’elles, les prostituées disent compartimenter leur vie professionnelle et personnelle. Or, la victimisation observée dans leur travail se reproduit souvent dans leur couple. Des études ont évalué séparément la violence subie au travail et dans le couple des prostituées, mais aucune n’a évalué le lien entre la violence dans ces deux contextes. Cette étude évalue le lien entre la violence subie au travail et celle subie dans le couple chez 68 femmes offrant des services sexuels (escortes, danseuses et masseuses érotiques; M=30 ans, ET=9). Elles ont été recrutées par les mêmes méthodes que celles utilisées par les clients. En entrevue, les participantes ont répondu à une question ouverte sur la violence au travail et ont identifié, via une liste d’items (ex. être menacé, coupé), les types de violence subie. Elles ont répondu à des questions (oui/non) sur la violence physique, verbale et psychologique perpétrée par un conjoint actuel ou passé. Les résultats démontrent que 59% des participantes ont déjà subi de la violence au travail et 85% ont subi de la violence conjugale. Celles ayant subi de la violence au travail n’ont pas subi significativement plus de violence conjugale (90%) que celles n’ayant pas subi de violence au travail (77%). Les retombées pratiques et théoriques des résultats seront discutées.

Résumé
2
Récits d’étudiantes de premier cycle ayant vécu de la violence sexuelle en milieu universitaire
Catherine Rousseau (Université du Québec à Montréal), Manon Bergeron (UQAM - Université du Québec à Montréal)

À ce jour, les recherches portant sur les violences sexuelles en milieu universitaire (VSMU) ont surtout documenté les prévalences et caractéristiques de cette problématique. Toutefois, peu ont examiné les propos des personnes ayant subi des VSMU en ce qui concerne la façon dont elles qualifient la situation vécue. Les qualifications sont comprises comme étant la façon dont la personne se représente et décrit l'évènement de VSMU subi (p. ex. gravité perçue, justification des gestes, etc.). Cette présentation permettra de documenter les différentes catégories de qualifications employées par les étudiantes universitaires de 1er cycle. Il s’agit d’une analyse de contenu des récits obtenus par le biais du questionnaire en ligne de l'enquête ESSIMU, menée au Québec en 2016. Un échantillon de 250 récits a été extrait de la banque de données. Une approche féministe sera utilisée afin de conceptualiser les qualifications présentes dans les récits. Les résultats nous informent que plusieurs types de qualifications sont exprimées (p. ex. minimisation, rationalisation, etc.). Il y aurait également des liens entre la qualification utilisée et le type de gestes subi, de même que le statut hiérarchique de l'agresseur. Il importe de mettre en relation ces différentes variables afin d’établir un portrait complet des situations de VSMU vécues par les étudiantes de 1er cycle, et ainsi mieux orienter les interventions futures auprès de la communauté universitaire.

Résumé
3
Est-ce que l’insensibilité émotionnelle et les expériences de victimisation sont des facteurs associés aux comportements sexuels intrusifs manifestés pendant l’enfance?
Marie-Jeanne Tremblay (UdeM - Université de Montréal), Isabelle V. Daignault (Université de Montréal), Nathalie Fontaine (UdeM - Université de Montréal)

Si les enfants victimes d’agression sexuelle ont été largement étudiés, notre compréhension des enfants qui abusent sexuellement d’autres enfants demeure précaire. Notre projet se focalise sur les facteurs associés aux comportements sexuels intrusifs pendant l’enfance. Les objectifs de l’étude sont 1) de comprendre comment les expériences de victimisation non sexuelle (par exemple l’abus physique) et les traits d’insensibilité émotionnelle (par exemple le faible sentiment de culpabilité et le manque d’empathie) influencent les comportements sexuels intrusifs et 2) d’évaluer si ces facteurs sont aussi associés à une plus grande résistance au changement. Cette recherche s’intègre à un projet dirigé par Isabelle V. Daignault, Ph.D., et ses collègues, dont l’objectif est d’évaluer l’efficacité d’une psychothérapie de groupe d’approche cognitive-comportementale et systémique visant des enfants ayant commis des gestes sexuels intrusifs ainsi que leurs parents. La collecte des données a lieu au Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF). Entre septembre 2016 et janvier 2018, 45 dyades parent-enfant seront évaluées au moyen de questionnaires validés. Les résultats préliminaires de la recherche seront présentés. Les retombées de ce projet permettront de faire avancer l’état des connaissances sur les facteurs associés aux comportements sexuels intrusifs manifestés pendant l’enfance ainsi que sur l’efficacité de stratégies d’intervention adaptées à cette clientèle.

Résumé
4
L’intervention sociojudiciaire en violence conjugale : une pratique à la source d’une identité professionnelle?
Célyne Lalande (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Depuis la publication de la Politique d’intervention en matière de violence conjugale (gouvernement du Québec, 1995), l’État oriente les pratiques dans le domaine de la violence conjugale (VC) au Québec selon une approche intégrant les réponses psychosociales et judiciaires. En cohérence avec ces orientations, des récits de pratiques provenant d’intervenants psychosociaux œuvrant en périphérie du système judiciaire en VC ont permis de documenter des services spécialisés où le judiciaire et le social coexistent au quotidien (Bélanger, 2012; Dufour, 2012; Poupart, 2012). Devant ces pratiques, il est pertinent de se demander si cette coexistence a eu pour effet de créer un nouvel univers de travail et par ricochet, une identité professionnelle propre à ces intervenants. En vue notamment de répondre à cette question, 37 intervenants psychosociaux et pénaux pratiquant auprès des personnes aux prises avec la VC dont la situation est judiciarisée ont participé à des entretiens individuels semi-directifs où ils ont été questionnés au sujet de leurs représentations professionnelles. La présentation orale proposée exposera certains résultats de ces entrevues. Il sera par exemple questions des motivations et des compétences évoquées par les personnes rencontrées pour œuvrer dans ce domaine. Ces résultats seront discutés et mis en relation avec la façon dont ces intervenants définissent leur identité professionnelle.

Résumé
5
Portrait de la violence sexuelle dans les relations amoureuses des jeunes Québécois
Valérie Théorêt (UQAM - Université du Québec à Montréal), Amélie Tremblay-Perreault , Martine HÉBERT (UQAM - Université du Québec à Montréal), Francine Lavoie (Université Laval), Martin Blais (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La violence dans les relations amoureuses des jeunes représente un problème de santé publique. Si les études réalisées à ce jour ont permis de mieux cerner la prévalence de la violence physique et psychologique, peu d’études ont examiné la prévalence de la violence sexuelle (VS) vécue en contexte amoureux. Cette étude vise à établir la prévalence de la VS au sein des couples adolescents du Québec selon le genre. Les données sont issues d’un échantillon représentatif de 8194 adolescents.es provenant de 34 écoles secondaires du Québec. Une version adaptée du «Sexual Experiences Survey» (Koss et Oros, 1982) a été utilisée pour mesurer l’occurrence de la VS chez les couples adolescents, ainsi que la fréquence, la sévérité (attouchement, tentative de relation sexuelle, relation sexuelle avec pénétration) et les moyens utilisés (coercition verbale, force physique, utilisation de substance). Une fille sur 5 (20%) et 6% des garçons rapportent avoir été victimes de VS au cours des 12 derniers mois. Les attouchements constituent les gestes les plus fréquemment rapportés par les filles et les garçons. L’utilisation de la coercition verbale est le moyen utilisé dans la majorité des cas et la plupart des adolescents.es rapportent avoir été victimes de VS une ou deux fois. Ces résultats soulignent l’importance d’aborder davantage la coercition verbale dans les programmes de prévention, puisque cette tactique semble perçue comme étant plus socialement acceptable par les adolescents.es.

Résumé
6
Comparaison des motivations à utiliser la violence physique envers son partenaire intime selon le style d’attachement
Andréanne LAPIERRE (UQAM - Université du Québec à Montréal), Alison Paradis (Université du Québec à Montréal), Sophie Boucher (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La violence physique dans les relations intimes (VPRI) est un phénomène inquiétant subi par 28% des hommes et 33% des femmes (Breiding, Chen & Black, 2014) qui engendre de graves conséquences sur leur santé (Dillon et al., 2012). La VPRI peut être perpétrée pour diverses raisons, par exemple par colère ou pour se défendre (Shorey et al., 2010), mais celles-ci sont encore peu étudiées. Les personnes qui ont un attachement insécurisé sont plus à risque d’utiliser la VPRI que celles qui ont un attachement sécurisé (Dutton & White, 2012), mais aucune étude n’a examiné si leurs motivations pour ce faire diffèrent. Menée auprès de 1854 universitaires de 17 à 65 ans (M = 25,2, ÉT = 6,5), cette étude a ainsi pour objectif de documenter les motivations des utilisateurs de la VPRI (n = 250) selon les 4 styles d’attachement : craintif (n= 65) détaché (n=27), préoccupé (n=91) et sécurisé (n = 71). Les résultats confirment que les répondants insécurisés rapportent avoir utilisé plus de VPRI que les sécurisés et indiquent que les 4 styles diffèrent quant aux motivations qu’ils rapportent (p < 0,01). Les analyses ont notamment révélé que 1) les répondants préoccupés rapportent plus utiliser la VPRI par colère, 2) les craintifs pour s’être sentis abandonnés, intimidés, humiliés ou jaloux, pour contrôler leur partenaire, pour se défendre ou se venger et 3) que les détachés ont moins rapporté toutes les motivations que les autres styles. Les implications de ces résultats seront discutées.

Résumé
7
Évaluation du projet pilote en prévention du suicide « Et moi, comment ça va? »
Patrick Villeneuve (Université Laval), Philippe Roy (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), François Déry (Université Laval)

Au Canada seuls le NB et l'Alberta ont des taux équivalents ou supérieurs au taux de suicide québécois (INSPQ, 2015). Les groupes les plus à risque sont les hommes de 35-49 et 50-64 ans. Le niveau socioéconomique joue aussi un rôle (Pratt, 2011). C'est dans ce contexte qu'un projet pilote en prévention du suicide visant à sensibiliser et informer plus particulièrement les hommes les plus à risque a été mis sur pied, soit le projet « Et moi, comment ça va ? » (EMCCV). Cette évaluation vise à identifier la nature et le niveau de rayonnement des extrants de ce projet. Elle vise ensuite à examiner dans quelle mesure les objectifs visés à court et moyen terme par chacun des extrants, puis par le projet en entier, sont atteints. Pour chaque extrant, puis globalement, les principaux aspects retenus, les points forts et les limites sont également examinés. Cette évaluation est une étude de cas où le « cas » étudié est le projet EMCCV. Une variété de sources de données, quantitatives mais surtout qualitatives, sont utilisées afin de permettre la triangulation. Des statistiques de fréquentation et de diffusion sont utilisées ainsi que quatre focus groups d'hommes de différentes tranches d'âge et un focus group d'experts cliniques. Les groupes les plus réceptifs aux différents extrants du projet ont été les hommes des groupes d'âge visés. Plusieurs objectifs ont été atteints (à des niveaux divers) mais pas tous. Plusieurs recommandations sont faites pour bonifier les suites du projet.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Troubles de communication, d’apprentissage et du spectre de l’autisme
Présidence/Animation : Linda Peltier (Université McGill)
Batiment : (L) LEACOCK
Local : (L) 541
1
Étude des points de vue des adultes autistes de haut niveau de fonctionnement à l’égard de leur participation sociale
Marie GAGNON (Université Laval), Elise Milot (Université Laval), Marie Grandisson (Université Laval)

De nos jours, plusieurs adultes autistes reçoivent des services en soutien à leur intégration dans la société. Par contre, des experts mettent en lumière des inadéquations entre leurs besoins et les services reçus, ce qui nuit à l’exercice de leur participation sociale. Cette communication vise à présenter les résultats d’une étude exploratoire réalisée dans le cadre d’un projet de maîtrise en service social. Les objectifs de ce projet sont de mieux comprendre comment les adultes autistes âgés de 18 à 35 ans se représentent leur participation sociale à travers leur transition à la vie adulte et de comparer leur situation actuelle à une situation souhaitée en termes d’exercice de rôles sociaux et d’habitudes de vie. Dix adultes autistes ont été sélectionnés pour participer à des entrevues semi-dirigées. Celles-ci seront retranscrites pour mener une analyse de contenu inductive. Les résultats préliminaires seront présentés à partir des thèmes qui émergeront du discours des participants, dans la perspective de mettre en valeur leurs points de vue sur les obstacles et facilitateurs rencontrés dans l’atteinte de leurs objectifs de participation sociale. Il est supposé que cette étude permettra d’accéder à des connaissances utiles à l’optimisation des services offerts aux adultes autistes. En effet, pour mieux adapter cette offre tout au long de leur transition vers une vie active et épanouie, il est primordial de connaître leurs préoccupations et leurs besoins sur le sujet.

Résumé
2
Revue systématique sur les interventions visant l’amélioration de la communication et des relations interpersonnelles des adultes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)
Jennifer Taylor (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Bernard Michallet (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Julie McIntyre (UdeM - Université de Montréal), Claire Dumont (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Mélanie Couture (UdeS - Université de Sherbrooke)

Ces dernières années, beaucoup de chercheurs se sont intéressés aux meilleures pratiques d’intervention pour améliorer la participation sociale des enfants autistes. Les interventions auprès des adultes présentant un TSA restent toutefois peu documentées. Cette communication présente une synthèse des connaissances sur les interventions visant l’amélioration de la communication et des relations interpersonnelles auprès des adultes de 16 à 40 ans présentant un TSA. Plus spécifiquement, elle vise à identifier, documenter et synthétiser les preuves scientifiques quant aux meilleures pratiques de soutien au développement des habiletés sociales, relationnelles et communicationnelles de cette population. Nous constatons que les interventions proposées dans les écrits recensés se divisent en trois grandes catégories : les interventions de groupe, les interventions informatisées et les interventions utilisant une approche systémique. La majorité des programmes vise l’intégration sociale par diverses stratégies comme l’amélioration des capacités de résolution de problèmes, la reconnaissance des émotions, la compréhension d’inférences, etc. Quoique prometteurs, ces programmes rencontrent des problèmes de transfert, de maintien et de généralisation des apprentissages. La discussion porte sur l’applicabilité et l’efficacité des programmes, ainsi que sur le rôle des intervenants auprès des adultes présentant un TSA.

Résumé
3
Le soutien à l’employeur dans l’inclusion professionnelle des personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme
Jean Sebastien Goulet (CRISPESH), Jean Sebastien Goulet (CRISPESH), Marise LACHAPELLE (Centre de recherche pour l'inclusion scolaire et professionnelle des étudiants en situation de handicap (CRISPESH)), Aurélie Angrignong Atkins (CRISPESH)

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Ouest (CISSSMO) et le Centre de recherche pour l’inclusion scolaire et professionnelle des étudiants en situation de handicap (CRISPESH) ont uni leurs efforts et expertises dans le but de faire une recherche appliquée visant à favoriser la mise en place de pratiques de gestion de la diversité inclusive des personnes vivant avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Cette recherche est basée sur une revue de littérature en matière de gestion de la diversité, de leadership d’inclusion et de changements de pratique de gestion, ainsi que sur des entrevues semi-dirigées auprès de 20 gestionnaires d’entreprises de la Montérégie. Nous avons ainsi obtenu un portrait des obstacles vécus et des pratiques facilitant l’inclusion professionnelle des personnes touchées par une DI ou TSA. Les résultats de notre analyse peuvent contribuer au développement de pratiques de préparation et de soutien aux employeurs vers une gestion plus inclusive de ces usagers des services du CISSSMO. En effet, le soutien aux employeurs en fonctions de leurs besoins spécifiques lors de l’inclusion d’employés en situation de handicap dans leurs milieux de travail est un créneau encore peu développé. Dans ce contexte, ce projet constitue une contribution au développement, au Québec, d’un cadre de gestion de la diversité en emploi qui s’intéresse particulièrement aux personnes en situation de handicap.

Résumé
4
Portrait des pratiques de soutien à l’autodétermination d’intervenants en déficience intellectuelle et troubles du spectre de l’autisme
Martin Caouette (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Louis-Simon Maltais (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Les personnes présentant une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) doivent composer avec différentes limitations du fonctionnement intellectuel qui entravent de façon significative leur fonctionnement quotidien. Il est désormais reconnu qu’elles ont un plus faible niveau d’autodétermination que la population générale. Ce concept réfère à la gouvernance de sa vie sans influence externe indue, c’est-à-dire à la capacité d’être maître d’œuvre de sa vie. Un niveau élevé d’autodétermination est notamment associé à une meilleure qualité de vie. Les intervenants qui gravitent autour des personnes présentant une DI ou un TSA peuvent jouer un rôle majeur dans le développement de leur autodétermination. Or, nous ignorons dans quelle mesure les intervenants disposent des connaissances nécessaires et adoptent des pratiques qui favorisent l’autodétermination. De même, nous ignorons quelles barrières rencontrent les intervenants pour développer l’autodétermination des personnes. Cette étude réalise un portrait de ces questions. Par le biais d’un questionnaire électronique, plus de 200 intervenants en DI et TSA sont rejoints. Des analyses statistiques descriptives, corrélationnelles et inférentielles sont réalisées. Les résultats comparent les pratiques des intervenants en DI et en TSA, auprès d’enfants et d’adultes. Ils permettent d’améliorer les interventions réalisées en soutien à l’autodétermination des personnes présentant une DI ou un TSA.

Résumé
5
Mieux servir les usagers ayant un trouble de la communication : une formation pour les chauffeurs de transport adapté
Alexandra TESSIER (UdeM - Université de Montréal), Claire Croteau (Université de Montréal)

Pour mettre en place une ville inclusive, il faut s'assurer d'adapter l'environnement physique, mais également l’environnement humain. En effet, les personnes ayant un trouble de la communication nécessitent que les interlocuteurs qu’ils rencontrent dans la communauté ajustent leur communication, sans quoi elles expérimentent des échanges difficiles ce qui peut les amener à éviter les lieux publics (Howe, Worrall et Hickson, 2004). L’objectif de cette présentation est de décrire le développement d’une formation visant à faciliter les échanges entre les personnes ayant un trouble de la communication et les chauffeurs du transport adapté de la Société de transport de Montréal. Pour ce faire, une approche de recherche-développement (Harvey et Loiselle, 2009) a été utilisée. Une formation de 6 heures avec une approche participative a été développée puis offerte à 5 chauffeurs. Des stratégies pédagogiques tels que la discussion, les jeux rôles ainsi que l’analyse de vignettes vidéo ont permis de reconnaître l’expertise des chauffeurs et de leur enseigner des stratégies de communication pour mieux accueillir les usagers avec un trouble de la communication. La formation telle que celle développée dans le cadre de ce projet favorise la transformation de la ville en communauté plus accessible pour les personnes ayant un trouble de la communication.

 

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Protection de la jeunesse
Présidence/Animation : Tonino ESPOSITO (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1120
1
Influence réciproque de l’agression physique/verbale des mères et des troubles extériorisés chez des jeunes à risque
Rachel Langevin (Université McGill), Dale STACK (Université Concordia), Lisa A. Serbin (Université Concordia)

Les comportements violents envers les enfants sont associés à des conséquences délétères, dont des troubles extériorisés (TE; ex., agressivité, délinquance) (Burnette et al., 2012; Mills et al., 2013). Des études ont identifié un processus d’influence réciproque: les TE exacerbent les comportements violents des parents, qui en retour alimentent les TE des enfants (ex., Serbin et al., 2015). Ainsi, la présente étude longitudinale propose de tester des modèles d’influence réciproque avec l’agression physique et verbale des mères et les TE chez des jeunes à risque. Des dyades mères-enfants (n=117) issues du Concordia Longitudinal Risk Project ont été rencontrées à trois reprises : 6-8 (T1), 9-12 (T2) et 13-15 ans (T3). Aux trois temps de mesure, les mères ont évalué les TE de leur enfant (Child Behavior Checklist; Achenbach & Rescorla, 2001). Au T2 et T3, elles ont rapporté leurs comportements violents (Conflict Tactics Scale 2; Straus et al., 1986). Des analyses de trajectoires croisées ont montré une continuité dans le niveau des TE et des comportements violents à travers les années. Elles ont également montré que les TE au T1 sont associés à davantage d’agression physique de la part du parent au T2, qui à son tour est associée à davantage TE au T3, ce qui ne s’est pas avéré pour l’agression verbale (Figure 1). Ces résultats montrent la pertinence d’étudier les processus d’influence réciproques et d’en tenir compte dans les interventions offertes aux familles vulnérables.

Résumé
2
Le projet Écho et ses retombées, tels que perçus par les familles dont les enfants vivent des problématiques multiples et par leurs intervenants
Emmanuela Rémy (Université du Québec en Outaouais), Annie Bérubé (UQO - Université du Québec en Outaouais), Kim Mercier (UQO), Karine Léveillée (UQO), Annie Castonguay (Vallée Jeunesse), Josiane Lapointe (CISSSO)

Depuis quelques années, le CISSSO ainsi que ses partenaires proposent des services spécialisés intensifs à une clientèle jeunesse multiproblématique âgée de quatre à dix-sept ans. Le projet Écho mise sur une approche systémique qui implique le jeune, la famille et tous les réseaux qui l’entourent. Dans le cadre d'une recherche évaluative mixte, nous nous sommes intéressés aux effets perçus par les acteurs clés. Des familles (n=13) et des intervenants (n=3) ayant participé au projet ont témoigné de leur expérience par le biais d'entrevues individuelles semi-structurées. De plus, des questionnaires tels que l’Outil place aux parents et Moi comme parent, l’Indice de stress parental, l’Échelle de dépression CES-D ainsi que le Dominique interactif ont permis de décrire d’autres aspects importants liés à la situation familiale. Force est de constater que les familles rencontrées se retrouvent souvent au bout d’un long parcours marqué par un niveau de stress élevé et une dynamique familiale négative. Selon nos résultats, cette intervention de milieux favorise une amélioration des liens entre les membres. Le projet Écho développe aussi l’empowerment et le sentiment d’auto-efficacité des parents. Cette présentation abordera donc le vécu des familles ainsi que les retombées associées à ce projet.

Résumé
3
Récurrence d’évaluation et de prise en charge en protection de la jeunesse : facteurs de risque pour les jeunes allochtones et des Premières Nations
Mireille DE LA SABLONNIÈRE-GRIFFIN (Université McGill), Tonino ESPOSITO (UdeM - Université de Montréal), Delphine Collin-Vézina (Université McGill)

Problématique La prévention de la récurrence de la maltraitance est au cœur du mandat des services de protection de la jeunesse (SPJ). L’étude des indicateurs de récurrence permet de mieux comprendre si les services offerts par un SPJ ont pu prévenir de nouveaux épisodes de maltraitance chez les enfants desservis.

Objectifs Cette présentation examinera les facteurs de risque associés à la récurrence de la maltraitance (nouvelle évaluation et une nouvelle prise en charge, suite à une fermeture de dossier) pour les enfants allochtones et des Premières Nations (PN) desservis par un SPJ du Québec

Méthode Les données administratives de tous les enfants ayant vécu une fermeture de dossier entre 2002 et 2013 par ce SPJ (n=3081) ont été utilisées. Un comité aviseur, constitué de représentants du SPJ et des services sociaux des PN de la région, a été mis en place pour valider les objectifs, les analyses et leurs interprétations.

Résultats Les résultats préliminaires des modèles longitudinaux suggèrent que les enfants des PN desservis pour négligence, ainsi que les enfants allochtones desservis pour mauvais traitement psychologique et troubles de comportement, sont plus à risque de vivre de la récurrence.

Retombées Ces résultats permettront d’identifier des pratiques prometteuses soutenant les interventions des SPJ visant à prévenir la récurrence. Ces résultats seront discutés en considérant le contexte canadien de surreprésentation des enfants autochtones en protection de la jeunesse.

Résumé
4
Mieux comprendre les besoins en transfert de connaissances chez les intervenants en protection de la jeunesse
Marc-Olivier SCHÜLE (UdeM - Université de Montréal), Sarah Dufour (UdeM - Université de Montréal)

Dans cette recherche nous souhaitons contribuer à améliorer l’efficacité de tous les outils écrits de transfert de connaissances (TC) qui sont mis à disposition des intervenants (ex. : flyers, site Web, guide de pratiques, etc.) en identifiant plus précisément les besoins auxquels ceux-ci doivent répondre.

Notre recherche poursuit donc trois objectifs: (1)Déterminer les catégories de besoins exprimés par les intervenants (2)Établir l’importance relative de chacune de ces catégories (3)Déterminer si ces besoins diffèrent selon l’expérience et la direction pour laquelle travaille l’intervenant.

Pour cela nous avons utilisé un devis mixte et avons effectué une analyse thématique ainsi que des analyses de variances(ANOVA+MANOVA).

Les résultats ont permis de : (1)Mettre en lumière 42 catégories différentes de besoins (2)Définir un groupe de neuf besoins prioritaires (3)Déterminer que l’importance ressentie des besoins ne diffère pas significativement selon la direction, mais diffère significativement selon l’expérience.

Dans la discussion, les résultats sont mis en contexte parmi les autres types de besoins existants et les autres caractéristiques des connaissances qui doivent être prises en considération. De plus, les différences liées à l’expertise sont discutées et plusieurs hypothèses explicatives sont envisagées.

Cela permet de formuler des recommandations pour optimiser le TC et ainsi améliorer les services psychosociaux.

Résumé
09 h 00 à 11 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Enfants, jeunes et familles
Présidence/Animation : Ignacio Nazif-Munoz
Batiment : (E) SCIENCES DE L'ÉDUCATION
Local : (E) 129
1
La résilience pour des jeunes adultes ayant grandi en contexte de violence psychologique intrafamiliale
Catherine ROUSSEL-LECONTE (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette présentation permettrait d'explorer l'émergence de la résilience pour de jeunes adultes qui ont grandi en contexte de violence psychologique intrafamiliale. Il y a de nombreux facteurs de risque et facteurs de protection associés au vécu de cette forme de violence. Parmi ceux-ci, les relations et certaines dynamiques relationnelles semblent être essentielles à l'émergence de la résilience. Cette recherche, conduite dans le cadre d'une maîtrise en travail social, s'est donc intéressée à explorer ces relations qui constituent des liens médiateurs de résilience. Partant d'un cadre théorique ancré dans le constructionnisme social, on s'inspire ici de la «relationnal resilience», issue du «Relational Cultural Theory» développé entre autres par Jean Baker Miller et Judith Jordan, une perspective initialement centrée sur la réalité des femmes, mais ultérieurement ouverte à la réalité des individus sans égard au genre. On a pu conduire des entretiens qualitatifs semi-dirigés auprès de jeunes adultes qui s'identifient résilients et qui ont accepté de parler des personnes présentes durant leur jeunesse qui ont pu les aider à devenir résilients, des relations qui ont générés ce potentiel de résilience, mais également de ce qui a maintenu ou brisé ces relations. Ce sont des résultats qui pourront être présentés pour une première fois lors de cette présentation. 

Résumé
2
Évaluation des retombées d’un programme d’insertion socioprofessionnelle sur les mères et leurs enfants vivant en contexte de vulnérabilité
Marie-Pier Piché (Université du Québec en Outaouais), Jessica Turgeon (Université du Québec en Outaouais), Sarah Bathalon (Université du Québec en Outaouais), Annie Bérubé (UQO - Université du Québec en Outaouais), Vicky Lafantaisie (Université du Québec en Outaouais)

Un programme d’insertion socioprofessionnelle implanté en Outaouais a pour but d’améliorer la situation des jeunes mères en situation de vulnérabilité en les amenant à poser des actions concrètes et à faire des choix concernant leur avenir. Le programme vise également à les soutenir dans leur rôle parental. Cette recherche évaluative examine les retombées du programme sur les jeunes mères et leurs enfants. Pour ce faire, des entrevues semi-dirigées ont été réalisées auprès de 11 intervenants et 9 participantes. Ces entrevues ont permis de colliger des informations concernant le stress parental, le bien-être psychologique et le réseau social. À l’aide du logiciel Nvivo, des analyses de contenu ont été effectuées afin de connaître les retombées du programme. Les résultats confirmés à la fois par les parents et les intervenants s’inscrivent dans les diverses sphères de la vie des mères, soit aux plans personnel (p.ex. : bris de l’isolement, meilleur réseau social), familial (p.ex. : meilleure compréhension des besoins de leur enfant, amélioration de la relation parent-enfant) et professionnel (p.ex. : amélioration des connaissances par rapport aux outils et méthodes de recherche d’emploi). En conclusion, les retombées du programme s’inscrivent dans un cycle de changements dépassant même les objectifs du programme et les effets attendus.

 

Résumé
3
Avis scientifique sur le choix d’outils de mesure populationnelle du développement des enfants québécois de deux ans
Genevieve Tardif (Université du Québec en Outaouais), Annie Bérubé (UQO - Université du Québec en Outaouais), Diane Dubeau (UQO - Université du Québec en Outaouais), Sylvain Coutu (UQO - Université du Québec en Outaouais), Claudine Jacques (UQO - Université du Québec en Outaouais), Lise Lemay (Université du Québec à Montréal)

Le Fonds Avenir d’enfants, financé par la Fondation Lucie et André Chagnon et le gouvernement du Québec, soutient divers projets locaux et régionaux visant le développement des enfants d’âge préscolaire. Afin de l’appuyer dans ce mandat, l’Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) évalue le développement des enfants alors qu’ils sont à la maternelle. Une meilleure connaissance des habiletés psychomotrices, cognitives/langagières et comportementales des enfants bien avant leur entrée à l’école permettrait de mettre en place des interventions précoces et adaptées au développement des jeunes enfants. Afin de les soutenir dans l’identification d’outils potentiels permettant la mesure populationnelle du développement des jeunes enfants, une synthèse des connaissances sur les instruments de mesure pouvant être utilisés sur une base populationnelle afin de documenter l’état de développement des enfants de ±2 ans a été réalisée. Les résultats de la recension indiquent qu’aucun outil n’a été conçu pour répondre à un mandat spécifique de mesure populationnelle du développement pour ce segment de la population. Dans ce contexte, les chercheurs proposent plutôt l’une des trois options suivantes : a) considérer la proposition d’outils faite par le sous-comité Développement de l’enfant (Renaud, 2010), b) construire une adaptation de l’IMDPE pour les enfants de deux ans ou, c) construire ou adapter une grille basée sur les indicateurs développementaux (milestones).

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Le devenir-jihadiste des jeunes occidentaux à l’ère d’Internet : événements, affects et sens
Maria Mourani (Université d’Ottawa)

Le phénomène des jeunes occidentaux rejoignant des groupes armés à l’étranger n’est pas nouveau. Depuis 2013, le départ de jeunes Européens et Nord-américains, attirés par les conflits en Syrie et en Irak, est devenu un objet de préoccupation et demeure une source de questionnement, en l’occurrence, quant au rôle joué par Internet dans le parcours jihadiste. Si le cyberespace est régulièrement mis à l’index comme un lieu de propagande, de recrutement, de prosélytisme, d’opérationnalisation d’attaques terroristes et de financement, nous en savons peu sur ce qui affecte un jeune par ce médium, voire, comment il s'y transforme. À partir de l’approche rhizomique deleuzienne, qui revient à penser l'humain comme un devenir et de la méthodologique du récit de vie, nous avons tenté de comprendre la germination du devenir-jihadiste chez des jeunes Canadiens, Belges et Français, en nous intéressant plus particulièrement à la coprésence de consultations Internet autour du jihad. Comment émerge ce moment où soudainement l’on perçoit les choses autrement lors de cette rencontre virtuelle, humaine ou non-humaine, qui affecte, fait agir et donne sens à une ligne de fuite ? Il s'agit de mieux comprendre cet événement qui force à penser et ressentir autrement, alors qu’une autre façon de vivre et de sentir s'enveloppe en nous.

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Portrait de la presse québécoise sur le mésusage de médicaments stimulants chez les jeunes
Alison Pellerin (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Alexandra Richard (Université du Québec à Trois-Rivières), Natacha Brunelle (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

La consommation et l’abus de médicaments stimulants à des fins non médicales (mésusage) ont augmenté dans les dernières années chez les jeunes. La prise de médicaments sans prescription chez les élèves du secondaire a doublé entre 2008 et 2013. Or, le mésusage de médicaments stimulants peut affecter le fonctionnement (ex. anxiété, tachycardie, problèmes de sommeil) et entraîner l’abus ou la dépendance à ces substances. Ce phénomène social est encore peu documenté dans les écrits scientifiques et dans les médias. Or, les médias occupent un rôle important quant à la transmission d’informations. Cette recherche vise à décrire l’information que la presse écrite québécoise a transmis à la population au sujet du mésusage de médicaments stimulants chez les jeunes entre 2009 et 2014. Une analyse de contenu thématique des 22 articles de cette revue de presse québécoise révèle les motivations et les perceptions des jeunes au sujet du mésusage de médicaments stimulants. Les motivations qui ressortent sont la performance, l’automédication et se droguer pour le plaisir. Des perceptions de banalisation, d’accès facile et de sécurité ressortent également. En comparant le contenu de la presse écrite à la littérature, une assez grande concordance des informations est observable. Quelques différences émergent cependant et permettent d’identifier ce dont la presse écrite devrait davantage faire mention au sujet du phénomène de mésusage de médicaments stimulants chez les jeunes.

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