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39 - La formation doctorale : pratiques d'encadrement et postures de recherche des encadrants

Du jeudi 9 au vendredi 10 juin 2016

La formation à la recherche constitue de plus en plus un enjeu majeur en contexte universitaire. Elle fait l’objet d’analyse de plusieurs études à l'échelle internationale et de maintes prescriptions et orientations politiques dans différents pays. Dans le champ de la recherche sur la formation doctorale (l’une de ses composantes) qui nous intéresse ici, un intérêt grandissant se manifeste pour les processus préparatoires des étudiants au métier de chercheur et de la problématique de l’abandon des études en cours de formation, car le taux élevé d’abandon dans les programmes de doctorat se maintient depuis de nombreuses années, autant au Canada et au Québec qu’ailleurs dans le monde (Lovitts, 2005; McAlpine et Ashgar, 2010; Skakni, 2011). Dans ce cadre, sont désignés comme facteurs d’influence la discordance entre les objectifs des étudiants, la formation doctorale et les carrières (Bair et Haworth, 2004); le financement des études et l’insatisfaction relative à l’encadrement (King, Eisl-Culkin et Desjardins, 2008); l’expérience académique (Gemme et Gingras, 2006; Skakni, 2011); le manque de supervision constructive des étudiants et la conception inadéquate des programmes (ACES, 2003; Gemme et Gingras, 2006; Williams, 2005). En ce qui nous concerne, nous proposons, dans le cadre du 84e congrès de l’ACFAS, de mettre en discussion nos regards pluriels sur la formation doctorale dans nos différents pays. Il s’agit plus particulièrement de la posture de recherche des encadrants et la manière dont ils conduisent le processus d’encadrement de leurs étudiants. Ainsi seront interrogées, d’une part, les dimensions relationnelles et intellectuelles des doctorants avec leur directeur de recherche et avec leurs pairs en formation, d’autre part, les politiques de leur intégration au sein des activités scientifiques des équipes et laboratoires de recherche. Au-delà et en lien avec les analyses et les réflexions qui y seront développées, les objectifs généraux de notre colloque visent, outre de regrouper des chercheurs en vue d’atteindre une masse critique satisfaisante de : 1) créer un environnement favorable aux échanges et à la collaboration entre des chercheurs venant de différents horizons; 2) faciliter la conception et la réalisation de projets de recherche exigeant une mise en tension de différents regards sur la formation doctorale; et 3) de publier dans un ouvrage collectif ou une revue en ligne les résultats du colloque. Notre objectif à long terme consiste à développer une collaboration stable autour de la problématique de la formation à la recherche en général et de la formation doctorale en particulier. Cet objectif nécessite l’organisation d’un réseau structuré mobilisant différentes sources de financement, notamment par l'entremise d'un programme d’appui aux projets novateurs et de la sollicitation de subventions de recherche auprès des différents fonds nationaux et provinciaux de divers pays.

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Colloque
Enjeux de la recherche
Responsables
UdeM - Université de Montréal
UL-Université Lille
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Avant-midi
10 h 00 à 12 h 15
Communications orales
Formation à la recherche : politiques et processus d'institutionnalisation
Présidence/Animation : Francisco Antonio Loiola (UdeM - Université de Montréal)
10 h 00
Accueil et présentation de la problématique du colloque
Francisco Antonio Loiola (UdeM - Université de Montréal), Mokhtar KADDOURI (UL-Université Lille )
10 h 45
L'institutionnalisation des processus de formation des chercheurs et sa relation avec le champ scientifique
Ricardo PÉREZ MORA (Universidad de Guadalajara )

L'activité scientifique, qui a grandi à la fois dans un prestige et une reconnaissance sociale, a avancé vers la formalisation et l'institutionnalisation de ses formes d'organisation. De même, les processus de formation des chercheurs ont eu d'importantes transformations : les anciennes pratiques artisanales de la formation des chercheurs ont été professionnalisées dans des structures bureaucratiques. En étant passé d'une formation située dans le domaine, à l'intérieur des communautés scientifiques, à des processus de formation scolarisées à travers des études du troisième cycle. La transition ne génère pas de transformations qui peuvent se différencier d'une manière simple et linéaire, sinon des processus complexes dans lesquels on peut visualiser des formes diverses et hétérogènes qui évoluent entre des formes individualisées et collectives de la formation des chercheurs - le tutorat, les séminaires d'investigation, les pratiques des laboratoires- ; parmi des dimensions pédagogiques – du développement de compétences, des habilités - ; dimensions sociales – surtout leurs implications éthiques et politiques- ; et dimensions économiques - d'inversion en capitaux économiques, humains, sociaux, culturels et symboliques. L'article présente quelques réflexions sur les implications des processus d'institutionnalisation de la formation des chercheurs et leurs relations dans le domaine scientifique à partir de rapprochements exploratoires en troisième cycle à l'Université de Guadalajara.

Résumé
11 h 30
Le rapport entre la notion de « contexte » et les approches d'encadrement aux études supérieures
Cesar BARONA (UAEM - Universidad Autónoma del Estado de Morelos), Mabel OSNAYA (UAEM - Universidad Autónoma del Estado de Morelos), Ofmara ZUÑIGA (UAEM - Universidad Autónoma del Estado de Morelos)

Le problème décrit dans cette communication concerne l'utilisation du terme «contexte» en lien avec le processus du développement de la formation à recherche aux études supérieures. Les pensées et les actions des étudiants gradués sont profondément affectées par le contexte éducatif ou de l'environnement dans lequel ils apprennent. Un encadrement de qualité implique un effort permanent d'en apprendre davantage sur le lien entre la compréhension des étudiant(e)s et des effets du contexte sur eux, précisément parce que la recherche sur la pratique sur l'encadrement aux cycles supérieurs a laissé de côté cette dimension. Nous faisons l'hypothèse qu'une partie importante d'un bon encadrement est d'essayer de comprendre ces effets contextuels et d'y essayer adapter des stratégies pédagogiques en conséquence. Nous nous proposons d'examiner l'usage de cette notion d'un point de vue conceptuel en faisant des liens avec nos propres recherches avec le but de montrer comment ces pistes de recherche, lorsqu'elles sont mobilisées avec notre propre expérience d'encadrant, peuvent nous aider à décider des meilleures façons d'organiser nos actions afin de favoriser la persévérance aux cycles supérieurs.?

Résumé
Après-midi
12 h 15 à 14 h 00
Assemblée générale
Dîner
14 h 00 à 17 h 00
Communications orales
Fonction d'encadrement : discours et représentations
Présidence/Animation : Mokhtar KADDOURI (UL-Université Lille )
14 h 00
Les études doctorales en sciences de l'humain et du social : formation à la recherche ou épreuve initiatique?
Isabelle Skakni (Lancaster University)

S'il est admis que les aptitudes intellectuelles ne peuvent suffire pour progresser dans les études doctorales, les modalités de la formation ainsi que les particularités du milieu et du contexte d'études, ont en revanche des répercussions concrètes sur l'expérience doctorale. À une époque où les administrations universitaires se disent préoccupées par les délais d'achèvement et les faibles taux de diplomation au doctorat, l'encadrement des doctorant.e.s apparaît dès lors comme une responsabilité institutionnelle collective. Pourtant, peu d'études portent sur la façon dont l'interaction de facteurs individuels et structurels affecte la progression dans la formation. Sous l'angle de la théorie de la structuration de Giddens (2005), nous postulons que certaines valeurs, traditions et pratiques du monde académique —perpétuées, consciemment ou non, par les différents acteurs universitaires— peuvent nuire à la progression des doctorant.e.s. Cette communication vise à partager les constats issus de l'analyse d'entretiens semi-directifs menés auprès de 36 doctorant.e.s, 14 superviseur.e.s de thèse et 5 administrateurs.trices des sciences de l'humain et du social. Nos résultats montrent que le doctorat est perçu essentiellement comme une épreuve initiatique, ce qui induit une norme tacite de « sacrifice », de conformité et d'autonomie. Cette norme se répercute sur le rôle des superviseur.e.s, tout en complexifiant l'expérience doctorale d'étudiant.e.s aux profils de plus en plus atypiques.

Résumé
14 h 50
Les profils de croyances épistémiques d'un groupe d'étudiants qui démarrent sa formation doctorale
Walter TERRAZAS (Université Católica del Norte), Alejandro PROESTAKIS (Universidad Católica del Norte Antofagasta - Chile)

La question des compétences cognitives a souvent été soulignée dans des études portant sur les prérequis pour développer de la recherche. En effet, celle-ci confronte le chercheur à la sélection et construction d'approches conceptuelles et méthodologiques, que selon leurs bases, s'avèrent le plus pertinentes pour aborder une problématique déterminée. Selon certaines investigations, cette élaboration répond à des critères fortement ancrés sur les représentations relatives à la nature et la production de la connaissance ou croyances épistémiques, plus particulièrement dans un contexte de diversité paradigmatique comme celui de sciences humaines. La présente recherche vise à décrire ces représentations dans un groupe d'étudiants qui démarre sa formation doctorale. Une méthodologie basée sur des dilemmes comme suggéré par King et Kitchener (1994) a permis d'identifier et caractériser des profils de croyances épistémiques comportant la manière de comprendre la relation entre le plan empirique et théorique, le degré de certitude de la connaissance et les bases que la soutiennent ainsi que la façon de gérer la diversité paradigmatique. Les profils identifiés, leur relation avec la pratique de recherche ainsi que les conséquences pour la formation doctorale sont discutés.

Résumé
15 h 40
Pause
16 h 20
Représentations des fonctions de la recherche en sciences de l'éducation et postures d'encadrements de thèses
Mokhtar KADDOURI (UL-Université Lille ), Francisco Antonio Loiola (UdeM - Université de Montréal), Rodney LEUREBOURG (Université d’Ottawa)

Il se manifeste depuis quelques années un intérêt grandissant pour la question de la préparation des étudiants aux métiers de la recherche, qu'ils soient exercés au sein ou en dehors de l'université. En cohérence avec la problématique du symposium, nous envisageons dans cette communication à deux, de mettre l'accent sur les fondements des postures de recherche mobilisées par les enseignants chercheurs dans ce processus préparatoire aux métiers en question. Nous nous poserons plus particulièrement la question des motifs qui sous-tendent les pratiques des encadrants concernés et les postures qu'ils mobilisent dans la  direction de leurs doctorants. Nous faisons l'hypothèse que les orientations que prennent ces postures dépendent en grande partie des paradigmes d'inscription des enseignants chercheurs, de leurs trajectoires et de leurs ancrages socioprofessionnels au sein et à l'extérieur de l'université. Par l'analyse de la littérature en la matière que nous compléterons par une série d'entretiens menés auprès d'une dizaine d'encadrants de thèse (au Québec et en France), nous tenterons d'analyser les liens entre les postures et les pratiques d'encadrement et les représentations que se font les enseignants chercheurs de leur métier ainsi que du rôle qu'ils assignent à la formation doctorale et plus globalement à leur discipline, en l'occurrence ici, les sciences de l'éducation.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 00
Communications orales
De quelques pratiques d'encadrement et devenir des doctorants? (Partie 1)
Présidence/Animation : Francisco Antonio Loiola (UdeM - Université de Montréal)
09 h 00
Polytechnique Montréal soutient ses doctorants par une formation complémentaire intégrée à leur curriculum
Élise Saint-jacques (Polytechnique Montréal), Jean DANSEREAU (École Polytechnique de Montréal), Michel PERRIER (Polytechnique Montréal)

Former des chercheurs qualifiés et innovants est au cœur de la mission des programmes d'études supérieures. Alors que la majorité des titulaires d'un diplôme de doctorat occuperont un emploi en dehors du milieu académique, il y a lieu de s'assurer que la formation actuelle, basée sur l'acquisition de compétences en recherche, évolue afin de répondre aux exigences d'un marché de l'emploi de plus en plus diversifié et compétitif. Polytechnique Montréal a conçu son programme de formation complémentaire pour soutenir la réussite des étudiants pendant leur parcours doctoral, mais aussi pour les préparer davantage à contribuer à un éventail de secteurs, à devenir des acteurs de progrès, partout dans la société. En place depuis 2012, la formation consiste en une série d'ateliers d'un crédit chacun, déployés en trois étapes, lesquelles correspondent environ à une année de parcours doctoral. Les sujets abordés ont été déterminés à l'aide d'une grille de compétences, élaborée selon les critères de réussite fixés par un groupe de travail composé de professeurs et d'étudiants de cycles supérieurs. Les quatre ateliers de la première étape sont suivis par tous les doctorants avant la fin de leur 4e trimestre d'inscription. Chacun consiste en 15 heures d'atelier en classe, en plus de travaux en lien avec le projet de recherche de l'étudiant, lui permettant d'analyser et d'approfondir les problématiques qui lui sont propres. Les ateliers des 2e et 3e étapes sont suivis sur une base volontaire.?

Résumé
09 h 50
Lutter contre l'abandon au doctorat : une nouvelle dimension
Anne Mai WALDER (UdeM - Université de Montréal)

Le taux de réussite aux cycles supérieurs s'avère faible au Québec (FNEEQ-CSN, 2011). L'abandon à la maîtrise et au doctorat demeure une préoccupation majeure pour les politiques et les domaines de l'éducation. Un bon directeur de mémoire et de thèse engendre un impact positif sur l'étudiant (Jones, 2013). Cette communication expose une pratique exemplaire d'accompagnement d'étudiants à lamaîtrise et au doctorat. Face à la durée de diplomation rallongée, une problématique canadienne connue depuis de nombreuses années (Royal Society of Canada, 1991 ; Canadian Association for Graduate Studies, 1992), renforcée par le domaine de recherche qui implique une longue période d'observation, un directeur de thèse confronté à l'abandon de ses étudiants décide d'implanter une innovation pédagogique et de dépasser les deux dimensions de l'encadrement des étudiants aux cycles supérieurs (Jutras et al., 2010), la dimension administrative et institutionnelle et la dimension relationnelle et intellectuelle avec le directeur de mémoire ou de thèse, pour s'étendre à celle des pairs de l'étudiant. Il s'agit de s'engager dans un rôle de guide de la socialisation professionnelle de l'étudiant. Selon Taylor & Basley (2005), l'accompagnement à cette socialisation comprend la création d'un réseau. Cette pratique exemplaire met en lumière une alternative en matière de lutte contre l'abandon et l'implication du directeur de thèse dans l'accompagnement de l'étudiant à la socialisation professionnelle.?

Résumé
10 h 50
Pause
11 h 15
Les poursuites de carrière des jeunes docteurs : quel rôle pour l'encadrant

Cette communication a pour objectif de traiter la question de l'encadrement doctoral et notamment de la relation encadrant-encadré quant au sujet de l'après doctorat. En effet, aujourd'hui en France, une majorité des docteurs se dirigera vers des métiers hors recherche. Cette réalité est de plus en plus connue par les doctorants qui sont le plus souvent invités à penser un autre projet professionnel qu'une carrière académique durant leurs temps de formation. Cependant, nous pouvons nous poser la question du rôle que peuvent ou doivent jouer les encadrants dans la maturation d'un projet professionnel hors carrière académique, étant donné que les encadrants ont pour leur grande majorité un parcours quasi exclusif dans le milieu académique. Aussi, nous nous demandons quels impacts cette réalité peut-elle avoir sur la relation encadrant – encadré et notamment sur l'apprentissage des codes et des rites propres au monde de la recherche académique ?  Nous proposons dans un premier temps de présenter un état des lieux des poursuites de carrière des docteurs et de leurs déterminants, les conclusions de ces études mettront en évidence les compétences mises en œuvre par les docteurs qui occupent un poste en dehors du monde académique et en dehors des métiers de la recherche. Nous nous intéresserons alors plus particulièrement au mode d'acquisition de ces compétences et des enjeux que cela recouvre sur la relation encadrant-encadré.

Résumé
Après-midi
12 h 00 à 14 h 00
Assemblée générale
Dîner
14 h 00 à 16 h 15
Communications orales
De quelques pratiques d'encadrement et devenir des doctorants (Partie 2)
Présidence/Animation : Mokhtar KADDOURI (UL-Université Lille )
14 h 00
Discours sur les pratiques d'encadrement doctoral en sciences humaines et sociales : entre postures normées et modèles d'intégration basés sur l'utilité du diplôme
Daniel BART (Université Lille 3), Stéphanie FISCHER (Université Lille 3)

Cette communication vise à contribuer au débat sur les pratiques d'encadrement et les postures de recherche des encadrants en sciences humaines et sociales en s'intéressant notamment aux politiques promues d'intégration des doctorants au sein des équipes de recherche. Les évolutions récentes du paysage français de la formation doctorale tendent en effet à insister de manière croissante, via des réformes, dispositifs et structures diverses, sur les apprentissages extra-scientifiques et le développement de compétences transversales des doctorants. De nouvelles formes d'"excellences" doctorales sont ainsi mobilisées au-delà des seules perspectives académiques en insistant par exemple sur des modèles entrepreneuriaux ou socioéconomiques. Nous verrons donc comment des discours sur des pratiques et modèles d'encadrement tendent à articuler d'une part conceptions et postures de recherche et d'autre part ces types de références à des logiques hors champ académique centrées notamment sur une utilité "externe" du diplôme et des logiques plus intégratives des doctorants (aux recherches, aux laboratoires, etc.). Cette réflexion s'appuiera sur des entretiens menés avec des enseignants-chercheurs diversement impliqués dans la formation doctorale (responsabilités diverses dans les ED, organismes d'accompagnement de la recherche) et des acteurs œuvrant au sein de structures d'accompagnement à la formation de troisième cycle (organismes publics, cabinets spécialisés, partenaires socio-économiques…).  

Résumé
15 h 00
Discussion
15 h 45
Synthèse
16 h 00
Mot de clôture