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622 - Quand l'ART renCONTRE la violence

Le dimanche 12 juin 2016

S’imposant depuis toujours comme un puissant moteur de création, la violence est constamment l’objet de représentations, voire de performances, dans un grand nombre de disciplines artistiques, allant, par exemple, de la danse à la littérature, du design graphique au cinéma. Le présent colloque vise une réflexion interdisciplinaire sur les multiples représentations de la violence dans les arts, d’un point de vue tant théorique que pratique. Il conviendra donc, dans un premier temps, d’analyser et de cerner le phénomène de la violence tel qu’il se manifeste dans différentes œuvres artistiques. Seront présentées dans un deuxième temps des œuvres (chansons, chorégraphies, etc.) mettant en scène différents aspects et enjeux de la violence (psychologique, physique, conjugale, etc.). Une telle confrontation entre l’univers de la recherche — de la théorie — et l’univers de l’expression artistique et de l’intervention sociale — de la pratique — permettra un dialogue fructueux sur les différentes postures et voies de solution possibles face à l’enjeu posé par l’omniprésence de la violence dans nos sociétés.

Ainsi, s’agit-il de dénoncer, d’exprimer, de révéler, de sublimer? Travaille-t-on plutôt sur la figure du témoin, de la victime ou de l’agresseur? L’auteur prend-il position ou se réserve-t-il la posture neutre de l’observateur? Tel que l’avance Steve Giasson (artiste conceptuel), si « la violence gratuite, qui court-circuite toute réflexion, n’est que pur spectacle », peut-on dire, par extension, que tout artiste dont la représentation de la violence est dépourvue d’intention politique, didactique ou thérapeutique « ne se distingue pas du terroriste » (Le Devoir, 28 mars 2013)? Autant de questions éthiques, épistémologiques ou plus simplement praxéologiques auxquelles ce colloque se donne comme objectif de répondre, suscitant ainsi échange d’idées et rencontre entre différentes disciplines, toutes interpellées par un thème commun qui représente un véritable enjeu de société.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
Bishop’s University
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 05
Communications orales
Mot de bienvenue
Présidence/Animation : Sylvie GENEST (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 05 à 10 h 30
Communications orales
Arts et violence : représentations, théories et pratiques (Partie 1)
Présidence/Animation : Sophie Boyer (Bishop’s University)
09 h 05
Dystopie au royaume de Thulé : violence et dysfonction familiale dans Sukkwan Island et Caribou Island de David Vann
Sophie Boyer (Bishop’s University)
09 h 30
Femmes autochtones et violence coloniale : productions médiatiques et souveraineté visuelle
Karine BERTRAND (Queen's University )

Depuis plus de 10 ans, les communautés autochtones du Canada tentent d'attirer l'attention de la population et du gouvernement sur le nombre élevé de femmes autochtones assassinées et disparues. Jadis considérées par les sociétés autochtones comme étant au cœur de l'économie, de la vie familiale et de la transmission culturelle, ces femmes doivent aujourd'hui négocier avec les conséquences découlant de l'assimilation et de la christianisation des Autochtones. Au-delà d'une simple question de sexe, les sévices physiques et psychologiques encourues par ces femmes sont directement reliés à une forme de violence coloniale qui perdure à ce jour. En réponse à cette violence, quantité de femmes autochtones se tournent vers les arts pour dénoncer les injustices, décoloniser les regards, se réapproprier leur identité et célébrer la force de survie de leurs peuples. À cet égard, le cinéma et les arts médiatiques se présentent comme des outils de transmission qui permettent la diffusion de messages à caractère politique. En nous inspirant de l'ouvrage de l'activiste autochtone Michelle Raheja sur la souveraineté visuelle, nous souhaitons mettre en lumière l'œuvre de deux activistes et créatrices autochtones, Elle-Maïja Tailfeathers et Cheryl L'Hirondelle. Notre analyse de leur art démontrera leur participation au mouvement de décolonisation de leur peuple, en luttant contre la violence coloniale et pour une souveraineté visuelle prenant racine dans la « survivance » (G, Vizenor).

Résumé
10 h 00
Au-delà de la violence gratuite : perspectives vidéoludiques sur le suicide
Kristopher POULIN-THIBAULT (University of Toronto)

En tant que médium de prédilection des deux dernières générations, les jeux vidéos ont fait couler beaucoup d'encre quant à leur présentation de la violence et l'effet de cette dernière sur les jeunes. Il n'est plus à démontrer que la principale tranche démographique ciblée par l'industrie vidéoludique est également la plus à risque de suicide, un véritable fléau de notre société. Qu'est-ce que les jeux vidéos ont à dire sur ce phénomène?

Un regard plus attentif aux jeux qui sont d'une part critiqués pour leur violence gratuite montre en fait le suicide sous une variété impressionnante d'angles. Parfois glorifié et romantisé en tant qu'ultime acte héroïque de sacrifice et d'agentivité, parfois exprimé d'une façon tout à fait touchante et montrant avec lucidité l'étendue du drame de l'acte, il s'agit d'analyser le thème du suicide tel que présenté narrativement et visuellement dans les jeux vidéos. Ainsi, nous inclurons des jeux vidéos tels que Life Is Strange, LISA, The Stanley Parable et Fire Emblem: Awakening à notre discussion du suicide au sein d'un médium souvent défini par sa violence. En tant que forme d'art impliquant son public de façon extrême de par le contrôle du joueur ou de la joueuse sur le développement-même du récit littéraire et visuel, nous souhaitons en outre observer ce que le concept théorique de co-narration vidéoludique implique au niveau de l'étude du suicide et de la violence, ainsi que son effet sur le joueur et la joueuse.

Résumé
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Arts et violence : représentations, théories et pratiques (Partie 2)
Présidence/Animation : Sophie Boyer (Bishop’s University)
11 h 00
La musicothérapie dans le contexte de violence
Connie Isenberg-grzeda (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication porte sur l'utilisation thérapeutique de la musique auprès des enfants, adolescents et adultes souffrant des séquelles de violence de différents types sur le plan individuel, familial, groupal et social. L'utilité de la musique en tant qu'outil thérapeutique dans le contexte de la violence ainsi que certaines méthodes employées seront élaborées.



Résumé
11 h 30
Anodines, les chansons d'amour? Petite enquête sur les techniques de manipulation utilisées par les « chanteurs à minettes »
Sylvie GENEST (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette étude privilégiant une approche musicologique et féministe traite des violences discrètes, imperceptibles ou ordinaires qui, d'une part, peuvent se glisser au quotidien dans les communications au sein des couples homme-femme ; et qui, d'autre part, se trouvent illustrées, parfois de manière inattendue, dans les chansons d'amour et de rupture parmi les plus appréciées du répertoire francophone des années 50 à 90. À cet effet, des œuvres d'Aznavour, Bécaud, Brassens, Brel, Ferré, Pagny, Sardou et autres seront examinées. Il sera démontré que, dans ces chansons choisies pour leur valeur exemplaire, des stratégies musicales, littéraires, scéniques, médiatiques et autres se combinent pour établir un rapport de force et de proximité entre Lui, homme dont la personnalité est magnifiée par les effets du vedettariat, et Elles, femmes que le rôle d'auditrice réduit au silence, à l'anonymat et au néant identitaire par les mécanismes d'une massification renvoyant péjorativement au seul statut de genre. Si les conclusions de cette analyse pourront sembler simplistes, voire même tautologiques (à savoir que les chansons d'amour et de rupture les plus vendues, écoutées et reprises au fil des générations ont atteint la sensibilité du public grâce à des stratégies de manipulation efficaces, copiant des modes de communication se déployant au sein des couples), elles ne sont pas pour autant stériles alors qu'elles nous informent au sujet d'un art populaire beaucoup moins anodin qu'il n'y paraît.



Résumé
Après-midi
12 h 00 à 14 h 00
Assemblée générale
Dîner
14 h 00 à 15 h 30
Communications orales
Design et création contre la violence
Présidence/Animation : Sylvie Pouliot (Université Laval)
14 h 00
Recherche-création de type participatif avec des femmes victimes de violence conjugale et des hommes au comportement impulsif dans un contexte de design d'auteur
Sylvie Pouliot (Université Laval), Maude BOUCHARD (Université Laval)

La communication présentera la démarche et les déclinaisons visuelles de la campagne sociale du projet intitulé : Recherche-création de type participatif avec des femmes victimes de violence conjugale et des hommes au comportement impulsif dans un contexte de design d'auteur. Celui- ci a été réalisé dans le cadre d'une subvention obtenue du Fonds de Recherche sur la Société et la Culture (FRQSC).Ce projet est né d'un désir de mettre à profit, pour une cause sociale, divers aspects positifs de la communication visuelle, il avait comme objectif de contribuer à faire une différence dans la vie des personnes vivant ce problème sociétal, puisqu'il amène notamment à comprendre la violence conjugale psychologique tout en démontrant qu'il est possible de s'en sortir. Également, une des particularités de ce projet se situe plus particulièrement à l'étape de la recherche documentaire participative. Comme le titre l'indique, cette recherche s'est effectuée à titre d'auteur, c'est-à-dire qu'elle ne relève pas d'un mandat-client. Il s'agit d'une initiative des deux professeures chercheures. L'équipe regroupe deux autres professeures de l'Université Laval : Estelle Lebel, théoricienne en communication et en rhétorique visuelle, ainsi que Geneviève Lessard, spécialiste en violence conjugale et directrice du CRI-VIFF.

Résumé
14 h 00
Recherche-création de type participatif avec des femmes victimes de violence conjugale et des hommes au comportement impulsif dans un contexte de design d'auteur
Maude BOUCHARD (Université Laval), Sylvie Pouliot (Université Laval)

La communication présentera la démarche et les déclinaisons visuelles de la campagne sociale du projet intitulé : Recherche-création de type participatif avec des femmes victimes de violence conjugale et des hommes au comportement impulsif dans un contexte de design d'auteur. Celui- ci a été réalisé dans le cadre d'une subvention obtenue du Fonds de Recherche sur la Société et la Culture (FRQSC).Ce projet est né d'un désir de mettre à profit, pour une cause sociale, divers aspects positifs de la communication visuelle, il avait comme objectif de contribuer à faire une différence dans la vie des personnes vivant ce problème sociétal, puisqu'il amène notamment à comprendre la violence conjugale psychologique tout en démontrant qu'il est possible de s'en sortir. Également, une des particularités de ce projet se situe plus particulièrement à l'étape de la recherche documentaire participative. Comme le titre l'indique, cette recherche s'est effectuée à titre d'auteur, c'est-à-dire qu'elle ne relève pas d'un mandat-client. Il s'agit d'une initiative des deux professeures chercheures. L'équipe regroupe deux autres professeures de l'Université Laval : Estelle Lebel, théoricienne en communication et en rhétorique visuelle, ainsi que Geneviève Lessard, spécialiste en violence conjugale et directrice du CRI-VIFF.

Résumé
14 h 45
Ateliers de création auprès d'enfants : miser sur leur conception de la violence conjugale et de ses solutions pour l'élaboration d'une stratégie préventive
Kathy MATHIEU (Table Carrefour violence conjugale Québec-métro)

En 2009, la Table carrefour violence conjugale Québec-métro, a formé un comité préoccupé par la sensibilisation des enfants à la violence conjugale.

Un premier projet a identifié des enjeux propres aux stratégies de prévention de l'exposition à la violence conjugale et une recension d'écrits et d'expériences terrain auprès d'informateurs-clés. Un rapport a été produit démontrant l'absence d'outil de sensibilisation en prévention primaire de l'exposition à la violence conjugale qui s'adresse directement aux enfants de moins de 12 ans tout en tenant compte des facteurs de protection.(Dumont et al.,2012). Face à ce constat, la solution proposée est la création d'un outil de sensibilisation qui s'adresse aux enfants de 5 à 12 ans.

Un deuxième projet a permis la réalisation d'ateliers de création auprès d'enfants. Les thèmes abordés lors de ces ateliers permettaient aux enfants des'exprimer sur leurs conceptions de la violence conjugale ainsi que sur les solutions qu'ils identifient pour faire face à cette violence. En effet, lesdessins expressifs des enfants sont porteurs d'une valeur communicative irremplaçablepour rejoindre d'autres enfants permettant ainsi la transmission de messages concrets entre pairs (Hartog,2011).

Ce sont les résultats de ces ateliers de création qui seront dévoilés lors de cette présentation. 



Résumé
15 h 30
Pause
16 h 00 à 17 h 00
Panel
Table ronde : expérience de la violence — expérience de l'art
Présidence/Animation : Alain FOURNIER (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Kathy CASEY (Montréal Danse), Deborah DUNN (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sylvie GENEST (UQAM - Université du Québec à Montréal), Claire GONTHIER (UQAM - Université du Québec à Montréal)