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613 - Les anglophones, l'anglais et l'économie créative de Montréal : associations et dissociations

Du dimanche 12 au lundi 13 juin 2016

La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.

Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012. 

En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)  
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)

Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.

Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016 

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Université Concordia
ICRML - Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques
Université Concordia
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 50
Communications orales
Les anglophones et l'économie créative : portrait global et statistiques
Présidence/Animation : Brian LEWIS (Université Concordia)
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
Les industries culturelles et créatives de la ville de Montréal
Emmanuelle HÉBERT (Ville de Montréal)

Cette présentation présentera le rôle du Service de la culture de la Ville de Montréal par rapport aux enjeux entourant les industries culturelles et créatives de la ville. 

Résumé
09 h 30
Approche socioculturelle de l'économie créative dans le contexte anglo-québécois
Tracy ZHANG (Queen's University )

À l'échelle des provinces, la population d'expression anglaise du Québec forme la plus importante communauté de langue officielle en situation minoritaire au Canada. Depuis 1980, sa composition se diversifie. Outre cette mutation démographique, la culture anglo-québécoise évolue. À Montréal, elle façonne organismes artistiques et entreprises culturelles. Dans son exposé, Mme Zhang décrit son cadre de recherche : saisir le lien entre économie créative et secteurs artistique, culturel et patrimonial des communautés anglophones du Québec (CAQ).

La chercheuse étaye son analyse par la documentation sur l'essor collectif et le secteur de la création. Ses données empiriques émanent d'un groupe de discussion composé de neuf intervenants locaux – experts de l'économie créative et praticiens des domaines artistique, culturel et patrimonial – ainsi que de huit entrevues auprès de personnes-ressources.

Pour cerner les occasions et les enjeux liés à l'essor d'une économie créative dans les CAQ, Mme Zhang se sert d'exemples de réussites et des recommandations des participants à son étude. Ainsi, bon nombre de travailleurs culturels d'expression anglaise rencontrent des obstacles majeurs : sources de financement précaires, inégalité des développements urbain et rural, discrimination envers les nouveaux arrivants, barrières linguistique et culturelle... La chercheuse soutient qu'une approche socioculturelle à l'économie créative favorisera la diversité culturelle et la vitalité des CAQ. 

Résumé
09 h 50
Visualiser le paysage créatif de la population anglophone à Montréal
Jan Warnke (Université Laval)

L'objectif de cette présentation est de décrire et de localiser la population de langue anglaise qui participe dans l'économie créative au Québec pour contextualiser la problématique des inégalités de revenu et d'emploi qui touchent les anglophones au Québec. Comment est-ce que l'économie créative, ce moteur de développement local (UNESCO, 2013), pourrait affecter la population anglophone au Québec historiquement confrontée à des revenus plus bas et des taux de chômage plus élevés que la majorité francophone ? La Région métropolitaine de recensement de Montréal (RMRM) regroupe 80 % de la population anglophone du Québec. Nous utiliserons un système géographique interactif en ligne pour cerner les quartiers les plus probables de contenir une concentration de la population de langue anglaise engagée dans l'économie créative à l'échelle des quartiers dans la RMRM. Ce système analytique visuel utilise des données de la population totale du recensement 2011 et de l'Enquête nationale auprès des ménages (2011) pour superposer des couches de distribution par quartier des occupations et des emplois dans les arts, la culture, la récréation, les sports, les spectacles et les loisirs sur la distribution de la population anglophone de première langue officielle parlée. Le système de visualisation et les données qui y sont rattachées seront rendus accessibles en ligne après la présentation.

Résumé
10 h 10
Cadre conceptuel pour les données statistiques sur les professionnels d'expression anglaise du Québec dans le domaine de l'économie créative
Anne ROBINEAU (ICRML - Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques)

Cette communication propose de s'interroger sur la portée et les limites des données quantitatives expliquant l'apport des professionnels d'expression anglaise du Québec à l'économie créative de Montréal. Pour amorcer l'élaboration d'un cadre conceptuel, nous exposerons les principales critiques liées à l'approche économique de la culture et de la primauté des supports numériques dans les nouvelles conceptualisations issues de recherches sur les industries culturelles. Ces recherches font le lien entre la transformation des pratiques culturelles par l'usage des nouvelles technologies, l'émergence de catégories de professionnels culturels désignés par le terme « créatifs » et de processus générant de nouvelles alliances entre créateurs, consommateurs et diffuseurs. Ces recherches montrent aussi l'influence du secteur économique dans la définition de nouvelles stratégies de politiques culturelles dont certaines misent sur le bilinguisme et le plurilinguisme. Après avoir fait un survol de ces recherches, nous comparerons différentes classifications d'indicateurs de l'économie créative récentes et nous critiquerons leurs limites vis-à-vis de la dimension linguistique concernant la population anglophone du Québec. Nous espérons offrir un regard critique sur l'utilisation des données de recherche sur ce sujet.

Résumé
10 h 30
Période de questions
10 h 50
Pause
11 h 05 à 12 h 00
Communications orales
Création et consolidation de communautés artistiques anglo-montréalaises
Présidence/Animation : Sylvia Martin-laforge (Quebec Community Group Network )
11 h 05
Le cégep comme « moyen » de la poésie anglo-québécoise
Jason Camlot (Université Concordia)

Ma communication examine l'émergence des institutions d'enseignement supérieur de langue anglaise, en particulier les Cégeps de langue anglaise, en tant que « moyen » (dans le sens de l'environnement de maintien et de plate-forme pour la préservation/diffusion) important de la production littéraire anglo-québécoise et de sa diffusion depuis les années 1970. Alors que l'Université McGill a continué d'être le campus principal d'où venaient les poètes anglo-québécois dans les années 1960, de nombreux étudiants de McGill et du nouveau programme de 2e cycle en « English and Creative Writing » de l'Université Concordia ont eu des carrières en enseignement au Cégep. Le Cégep est devenu l'espace d'une idée proactive et auto-définie du poète/critique, modelée sur une variété de conceptions de l'intellectuel public. Cette présentation s'appuie sur une enquête concernant la politique entourant la création des Cégeps de langue anglaise, leurs programmes et leur composition démographique, ainsi que les activités et les publications des poètes d'expression anglaise qui se sont établis au sein de la communauté anglophone avec l'aide de cette plate-forme institutionnelle. Cette communication démontrera le rôle important des cégeps dans la production littéraire (des années 1970 à aujourd'hui) en émettant l'hypothèse de l'émergence d'une «poétique anglo-cégepienne » en raison des structures éducatives spécifiques au Québec

Résumé
11 h 25
Les prix METAs (Montreal English Theatre Awards) : expression culturelle de langue anglaise dans une configuration du champ théâtral
Wendy Reid (HEC Montréal)

Créés voilà trois ans, les METAs célèbrent le théâtre tant professionnel qu'amateur et soulignent les réalisations accomplies sur la scène anglo-montréalaise. Des bénévoles spécialistes du domaine, qui composent aussi le jury, planifient et produisent la remise des prix. Elle revêt les caractéristiques des « événements configurateurs de champ », qui propagent des valeurs de collaboration, de diversité, d'histoire et de fierté du lieu. Cette évaluation par les pairs s'oppose à l'unique Masque et aux prix des critiques de théâtre décernés auparavant. Contrairement au financement et à la politique du fédéral pour protéger les communautés linguistiques en situation minoritaire, les METAs montrent une agentivité qui récuse la « suppression » de l'anglais après l'adoption de lois linguistiques au Québec. Dans l'univers pancanadien du théâtre d'expression anglaise comme française, quels changements annoncent les METAs?

La cérémonie fait l'objet d'une étude de cas, basée sur la fréquentation de l'événement ainsi que sur l'analyse d'entrevues d'organisateurs clés et de textes et de vidéos connexes. Selon toute probabilité, ses résultats montreront l'évolution, à Montréal, d'un art où se renouvelle et se régénère l'expression de langue anglaise. De même, ils illustreront la récente reconnaissance de la métropole québécoise comme importante plaque tournante du théâtre anglophone au Canada. Enfin, ils refléteront une influence sur les valeurs mêmes du théâtre francophone à Montréal. 

Résumé
11 h 45
Période de questions
12 h 00
Pause
Après-midi
12 h 00 à 17 h 30
Assemblée générale
Dîner (libre) suivi d'une table ronde au Théâtre Rialto et d'une visite guidée du Mile End (activités hors Acfas, détails dans la description ci-dessus)
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Avant-midi
09 h 30 à 10 h 25
Communications orales
Patrimoine, tourisme et développement communautaire
Présidence/Animation : Rémy TREMBLAY (TÉLUQ - Université du Québec)
09 h 30
Possibilités de développement du tourisme culturel et patrimonial dans les communautés d'expression anglaise du Québec
Allen RICHARDS (CEDEC - Community Economic Development and Employability Corporation), Émilie BOURDAGES (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Ainsi, les habitants de Grosse-Île aux îles de la Madeleine et de Campbell's Bay en Outaouais ont tiré profit de leur unicité culturelle pour créer produits et attractions touristiques. Pour fournir une base durable et tactique à une telle valorisation, il faut une stratégie globale. Forte de ses compétences sectorielles, la CEDEC mesure tout le potentiel du tourisme. De concert avec Industrie Canada et la Chaire de tourisme Transat de l'UQAM, elle a donc conçu le plan Tourisme 2025, qui aborde le développement touristique axé sur la culture et le patrimoine anglo-québécois. De même, il propose la réalisation d'une étude sur les priorités sectorielles des communautés anglophones du Québec et l'adoption de mesures ciblées. Cela dit, plusieurs questions se posent : quels sont actuellement les produits touristiques vedettes? quel potentiel auraient de nouveaux produits? quelles clientèles doit viser le marketing? quelle est l'approche la plus efficace?

L'essor économique des communautés de langue officielle en situation minoritaire repose sur la diversification. Si certaines percent dans plusieurs secteurs, dont l'économie du savoir, bon nombre dépendent toujours de l'exploitation des ressources naturelles. Depuis quelques années, des efforts ciblés sont déployés au Canada pour promouvoir le tourisme. Les collectivités francophones et anglophones en situation minoritaire comptent sur ce moyen pour transformer leur économie et se libérer de leur dépendance à la mono-industrie.

 

Résumé
09 h 50
Possibilités touristiques s'offrant aux communautés anglophones du Québec
Guy RODGERS (ELAN (English Language Arts Network))

Financé par Industrie Canada, le projet de recherche examine les études et les projets récents portant sur la production et la présentation d'activités culturelles en zones rurales, ainsi que les possibilités d'utilisation des arts et de la culture pour stimuler le développement touristique et économique.

Après un tour d'horizon de la documentation et des rapports publiés sur les récents projets, le projet de recherche élabore divers scénarios et il les valide dans quatre régions pilotes auprès de quatre prestataires de services complémentaires : artistes de la scène ou en arts visuels, artisans, restaurateurs et hôteliers.

Résumé
10 h 10
Période de questions
10 h 25
Pause
10 h 40 à 12 h 00
Communications orales
Perspectives historiques sur la culture anglo-montréalaise
Présidence/Animation : Patrick Donovan (Université Concordia)
10 h 40
La socialité et l'économie créative de Montréal : ce que le Pen and Pencil Club de Montréal peut nous apprendre
Claudine GÉLINAS-FAUCHER (Collège Saint -Lambert Champlain)

Dans les décennies qui précèdent la première guerre mondiale, on assiste à l'apparition de clubs sociaux et artistiques à Montréal. De toutes ces associations, la plus intéressante est sans contredit le Pen and Pencil Club de Montréal (1890-1914), dont les membres sont des peintres, écrivains, architectes, illustrateurs et sculpteurs francophones et anglophones. Les créations artistiques des membres du Pen and Pencil font maintenant partie intégrante du paysage artistique et architectural de la métropole. En prenant appui sur les archives du Pen and Pencil, je soutiens que la participation de la communauté anglophone de Montréal à l'économie créative de la ville dépend d'abord d'un échange social. L'étude du fonctionnement et de la production artistique du Club révèle que la création artistique d'il y a cent ans, comme celle d'aujourd'hui, est d'abord stimulée par le contact interdisciplinaire et interculturel. La composante sociale du Club nourrit la coopération et la créativité de ses membres, qui critiquent de façon informelle le travail des autres membres et qui entreprennent des projets conjoints. Ces clubs et associations élitistes n'existent plus, mais il importe de se demander si d'autres formes de socialité ont le potentiel de stimuler l'économie créative de Montréal. Plus spécifiquement, comment les ruches socio-artistiques telles que les coopératives d'habitation pour artistes peuvent-elle agir à titre de sites d'échange linguistique, social et artistique?

Résumé
11 h 00
Coup de chapeau à Wilson, ou l'épanouissement culturel du Montréal noir dans le quartier Saint-Antoine de 1919 aux années 1960

Dr Williams explore les beaux jours – de 1919 à 1929 – de la communauté noire anglo-montréalaise et les racines de son épanouissement culturel. Elle prend d'emblée position : la période glorieuse de l'hégémonie culturelle des Noirs ne résulte pas d'un avantage spatio-économique que possède Montréal quand les États-Unis décrètent la prohibition. La vogue croissante du jazz, du swing et du be-bop ainsi que la position hégémonique de la musique nègre découlent plutôt des relations industrielles et économiques qu'entretient un sous-prolétariat noir de passage à Montréal. Selon les historiens de la musique, l'afflux d'interprètes noirs place la ville dans un contexte de créativité musicale unique en Amérique du Nord. Aux États-Unis, l'adoption du dix-huitième amendement mène en 1919 à la prohibition, puis au déclin du quartier noir de Harlem. Montréal devient l'un des trois centres de la culture noire. La question « Mais pourquoi donc Montréal? » se résout facilement : les hommes qui, à l'époque, travaillent pour les sociétés ferroviaires montréalaises voyagent sur la côte est; avec eux circulent biens, cultures, gens et idées. Dans le quartier Saint-Antoine, ils forment un pôle créatif, qui engendre des Oscar Peterson et des Maynard Ferguson. Tandis que le jazz se localise dans le secteur, les arts prospèrent, l'argent coule à flots dans les lieux de divertissement montréalais. Ces effets perdurent jusqu'à ce que Pax Plante et Jean Drapeau lancent leur croisade contre le vice.

Résumé
11 h 20
Période de questions
11 h 40 à 13 h 30
Assemblée générale
Dîner (libre)
Après-midi
13 h 30 à 15 h 10
Communications orales
Musique et scènes musicales anglo-montréalaises 
Présidence/Animation : Miranda CAMPBELL (Ryerson University)
13 h 30
Scène et collectivité
William Straw (Université McGill)

Le concept de scène circule depuis une vingtaine d'années pour nommer les contextes informellement circonscrits dans lesquels la culture urbaine se développe.  « Scène » peut désigner un lieu de culture (lorsqu'on parle de la « scène Mile End » à Montréal), les producteurs et consommateurs d'un style de culture (lorsqu'on parle de la « scène punk ») ou les groupes sociaux partageant une identité quelconque (comme la « scène étudiante » des bars sur le boulevard St-Denis à Montréal).  Malgré ce manque de cohérence apparent, le concept de scène se révèle utile pour faire valoir la multiplicité de niveaux dans la culture des villes.  Dans mon introduction au panel sur les scènes musicales montréalaises, je dresserai un inventaire des façons dont le concept de scène à été appliqué à l'étude des communautés culturelles montréalaises. 

Résumé
13 h 50
L'étiquette de musique indépendante comme traducteur d'activité culturelle : le cas de Constellation Records
Francois MOUILLOT (Université McGill)

Cette communication examine l'étiquette de musique indépendante Constellation Records comme point focal d'un réseau de rock expérimental associée à la communauté anglophone de Montréal. Depuis 1997, cette micro-compagnie du Mile-End exerce une influence importante dans le milieu international de la musique populaire expérimentale en distribuant la musique d'artistes principalement locaux. En s'appuyant sur l'analyse d'entretiens menés avec les dirigeants de Constellation Records et de données récoltées au travers du réseau d'institutions de petite taille étroitement lié à l'étiquette, nous présenterons l'idée que l'étiquette fonctionne comme point de ‘traduction' entre la scène musicale anglophone du Mile-End au sens où l'entend Alan Blum – c'est-à-dire un espace d'intimité créé dans la vie collective de la ville (179) – et la perception de cette même scène par des publics nationaux et internationaux, contribuant à ce que Geoff Stahl a appelé une des « mythographies » – la combinaison de multiples histoires et récits donnant à une ville ses textures culturelles (141) – propre à Montréal. En jouant ce rôle de ‘traducteur' culturel entre les activités interne de la scène musicale montréalaise et sa réception externe, l'étiquette contribue ainsi à l'image souvent véhiculée dans divers discours – aussi bien provinciaux, nationaux et qu'internationaux – à propos de la vitalité culturelle de la ville au travers des activités de sa population anglophone.

Résumé
14 h 10
Faites passer le chapeau : musique de rue, langues et échanges culturels à Montréal
Jhessica REIA (UFRJ - Universidade Federal do Rio de Janeiro)

Ayant acquis ses lettres de noblesse, la musique de rue est un genre auquel les médias, les municipalités et les chercheurs s'intéressent de plus en plus depuis quelques décennies. À Hong Kong, au Brésil ou au Canada, ce genre artistique soulève d'importantes questions, notamment sur la notion de ville contemporaine, l'utilisation de l'espace public, la réglementation, le financement public et privé de la culture, ainsi que le rôle des échanges culturels. Montréal a organisé les artistes de rue en les autorisant officiellement à se produire en divers endroits de la ville,  notamment dans le cadre du programme Étoiles du métro. Conçue par le Regroupement des musiciens du métro de Montréal et la Société de transport de Montréal, cette initiative permet à des musiciens de se produire en certains endroits du métro. Ainsi, chaque année depuis 2012, des musiciens ayant des parcours et des perspectives de carrière aussi variés que leurs origines ethniques et leurs langues maternelles (anglais, français, espagnol, portugais, etc.) passent des auditions et payent des frais pour participer à ce programme. La présente proposition vise à mettre en lumière le caractère multilingue de la musique de rue au moyen d'entrevues approfondies et semi-structurées (réalisées auprès de musiciens) et d'observation participante, et à examiner les possibilités d'échanges culturels et de carrières artistiques associées à ce genre de musique, ainsi que les rôles qu'il peut jouer dans une ville comme Montréal.

Résumé
14 h 30
Les rôles culturels des universités anglophones à Montréal : recadrer la relation université-ville
Jonathan ROULEAU (Université McGill)

Ma présentation examine les rôles des deux universités montréalaises anglophones – Concordia et McGill – dans la structuration, le façonnement et la transformation de la scène musicale anglophone de Montréal. Il s'agit d'exposer un volet de la « troisième mission » des universités, lui qui vient s'ajouter à leurs dimensions « recherche » et « enseignement ». Si les impacts technologiques et économiques des universités sur les villes sont largement documentés, leurs rôles comme animatrices culturelles le sont beaucoup moins. Théoriquement, mon travail repose sur une actualisation du concept de « scène », central dans les analyses en musique populaire, que j'utilise pour approcher une communauté d'étudiants qui ne gravitent pas autour d'un objet culturel particulier, mais qui sont des éléments constituants d'un écosystème culturel complexe. Méthodologiquement, mon travail s'appuie sur une cartographie de cet écosystème culturel et universitaire anglo-montréalais, alors que j'insiste particulièrement sur la circulation des acteurs humains et de l'information culturelle en ville à travers différentes institutions locales « médiatrices » (festivals, salles de concert, universités). Cette approche topographique met en lumière les éléments visibles (et moins visibles) de cet écosystème culturel. Mon approche redessine les impacts des universités sur la culture urbaine, en plus de charrier un potentiel productif pour les politiques culturelles urbaines.

Résumé
14 h 50
Période de questions
15 h 10
Pause
15 h 30 à 16 h 45
Communications orales
Conférencière d'honneur
Présidence/Animation : Lorraine O'Donnell (Université Concordia)
15 h 30
Évolution de l'écriture et de l'édition au sein de l'économie créative de Montréal
Linda LEITH (Linda Leith Éditions)

À Montréal, le milieu littéraire anglophone a considérablement changé depuis 1945, année de la parution du livre Deux solitudes de Hugh MacLennan devenu un succès de librairie du jour au lendemain. Même si le secteur canadien de l'édition, tant en français qu'en anglais, n'en est alors qu'à ses balbutiements, Montréal est, durant les années 40 et 50, la capitale incontestée de la littérature au Canada dans les deux langues. Dans les années 60, Toronto devient le creuset de la littérature anglo-canadienne, et Montréal, le haut lieu de celle de langue française. Les écrivains anglophones, notamment les romanciers, sont alors laissés pour compte jusqu'à la création, dans les années 90, de l'infrastructure nécessaire : prix littéraires, événements, organismes. Cette infrastructure est à l'origine d'une renaissance de la littérature en anglais à Montréal, caractérisée par des succès nationaux et internationaux, une diversité croissante, la création d'un pôle littéraire et l'évolution des relations entre les écrivains anglophones et le milieu littéraire francophone majoritaire. Toutefois, certains obstacles demeurent, notamment pour les écrivains issus de cultures non européennes. Ici comme ailleurs, la révolution numérique continue de toucher les écrivains et les éditeurs. Si écrire en anglais reste une activité marginale au Québec, les écrivains et les éditeurs anglophones ont découvert le bon côté de cette situation, à savoir l'avantage sur le plan créatif de faire bande à part.




Résumé
16 h 15
Période de questions
16 h 30
Mot de clôture
16 h 45
Pause
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
Cocktail