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306 - Recherches sur les publics de la culture : esthétique, communication et éducation, théories et méthodes

Du jeudi 9 au vendredi 10 juin 2016

La question des publics de la culture appelle à prendre en compte leur importance dans la consolidation d’un espace public (Habermas, 1962) dynamique, susceptible d’accueillir débats et diversité de points de vue, mais aussi à mesurer à l’effet de pratiques culturelles ciblées au sein de communautés de tailles variées.

Les efforts déployés pour que les productions culturelles rejoignent des publics s’avèrent à présent considérables. D’ailleurs, les institutions culturelles comme les musées sont désormais évaluées en fonction de leur capacité à attirer des publics de plus en plus nombreux. La diversité de l’offre en culture, en loisir et en divertissement place différents établissements en concurrence afin d’attirer les non-publics (Jacobi et Luckerhoff, 2010). Les pratiques culturelles, de la lecture à la sortie au théâtre ou au musée, subissent aussi des mutations profondes sur les plans social, esthétique et technologique. Des facteurs propres à certains arts ou régions, tels les changements apportés aux politiques gouvernementales, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et la désindustrialisation participent à l’accélération de ces mutations.

Dans un contexte où les productions culturelles sont de plus en plus considérées comme des outils de développement économique (économie créative et culturelle), la pression de trouver des publics, locaux et touristiques, devient encore plus forte. Le colloque envisagé permettra de réfléchir aux esthétiques qui leur sont destinées et aux technologies qui façonnent leur expérience, aux stratégies mises en œuvre pour communiquer avec eux, à l’éducation nécessaire pour que le non-initié ait accès à des formes de culture et d’art plus sophistiquées, et aux lieux et aux pratiques qui cherchent à attirer et à fidéliser leurs usagers. Trois axes seront priorisés : 1) Esthétique; 2) Communication et éducation; 3) Théories et méthodes.

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Colloque
Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines
Responsables
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
Université Laval
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 25
Communications orales
Session 1
Présidence/Animation : Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
La citoyenneté culturelle et les publics de la culture : réflexions théoriques, empiriques et méthodologiques
Christian Poirier (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Cette communication propose une réflexion, aussi bien conceptuelle, empirique et méthodologique, concernant la citoyenneté culturelle. Cette notion a émergé dans la foulée d'une recherche réalisée concernant la participation culturelle des jeunes de 12 à 34 ans sur le territoire de l'Île de Montréal. Cette étude de nature qualitative visait à saisir et comprendre les diverses facettes de la participation aux arts et à la culture chez les jeunes, tant en termes de création, de consommation/fréquentation que de diffusion, partage et circulation. Sept dimensions ont été spécifiquement abordées : activités et pratiques culturelles, contextes et lieux, raisons et motivations, personnes et transmission, culture et numérique, impacts individuels et collectifs, perceptions et représentations de la culture. Une montée en généralité théorique a ensuite permis de proposer la citoyenneté culturelle comme clé interprétative afin d'analyser le rapport des jeunes aux arts et à la culture.
Cette recherche donne lieu, depuis plusieurs mois, à des forums régionaux portant sur la citoyenneté culturelle des jeunes, organisés par des conseils régionaux de la culture. Outre la présentation des principaux paramètres de la recherche, la communication mettra l'accent sur la citoyenneté culturelle, ses principales composantes, ses liens avec la démocratie culturelle ainsi que les façons de concevoir les publics de la culture.

Résumé
09 h 35
Publics de la culture et sociabilité numérique
Olivier Thevenin (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))

La diversité de l'offre culturelle et de loisirs et les transformations des écosystèmes des industries de contenus avec l'avènement du numérique complexifient l'analyse des publics de la culture. Partant de ce constat, l'objectif de cette contribution est à la fois de proposer une réflexion sur l'adossement théorique concernant l'usage de la notion de « public » comme objet d'étude et comme terrain de recherche en sociologie de la culture et de la communication, et de passer en revue les principales formes de sociographie récentes réalisées à partir des études sur la participation culturelle qui croisent analyses quantitatives et qualitatives à l'ère de l'émergence des méthodes d'analyses du web. Nous aborderons par ailleurs plus spécifiquement la question des sociabilités et des logiques sociales à l'œuvre dans les pratiques culturelles et médiatiques. Ainsi, nous ferons état de nouvelles problématiques de recherche en abordant la question de la place que tiennent désormais les usages domestiques de la culture et du loisir en lien avec le changement des formes de participation au spectacle ou aux offres des institutions (cinémathèques, bibliothèques ou musées notamment) en étayant notre propos à partir de l'expérience d'une série d'enquêtes réalisées en 2015 au Forum des Images de Paris.

Résumé
09 h 55
Usages des médias et de la culture : une recherche transfrontalière et interculturelle
Carsten Wilhelm (Université de Haute Alsace)

Cette communication intitulée vise à présenter une étape de travail d'un projet de recherche soutenu par le Centre de compétences transfrontalières NovaTris de l'Université de Haute-Alsace. Cette recherche centre son analyse sur le contexte et l'usage des médias et de la culture par des étudiants à partir de protocoles d'enquête réalisés en Allemagne et en France dans des universités frontalières (Université de Fribourg et de Haute-Alsace). La méthodologie de cette enquête s'inscrit dans le prolongement du projet nord-américain "Global Digital Literacy" en cherchant à prendre en compte les dimensions identitaires de la culture médiatique dans chaque pays afin de mener étude comparative. Nous disposons à ce jour de données provenant des journaux d'auto-observation sur l'usage médiatique des participants et du cahier des charges d'un dispositif de focus groups. L'objectif de notre contribution consistera ainsi à présenter la méthodologie déployée et également à aborder les premiers résultats relevant des problématiques des aspects culturels de la « litteracie numérique » et des effets interculturels. Le projet cherche également le développement et l'application de méthodologies elles-mêmes réellement interculturelles (focus groups interculturels, observation de terrains interculturels). Il interroge par ainsi l'hypothèse d'une médiatisation grandissante en regard d'un public international et d'un contexte de production et de réception transculturel.

Résumé
10 h 15
Discussion
10 h 25
Pause
10 h 40 à 12 h 00
Communications orales
Session 2
Présidence/Animation : Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
10 h 40
Les missions des musées au Québec
Jason Luckerhoff (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), olivier Champagne-Poirier (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Paulus (2010) rappelle que les textes décrivant la mission des musées, une sorte de déclaration d'intention qui oriente la gestion d'une organisation, se ressemblent tous. Selon elle, l'analyse de 140 déclarations de mission de musées d'art aux États-Unis montre que les missions de ces institutions se ressemblent à un tel point qu'elle les qualifie d'isomorphes. Elle cite notamment les travaux de DiMaggio et Powell (1983) qui, considérant cette tendance à l'homogénéité et à l'isomorphisme, expliquaient qu'elle n'était pas seulement liée à une quête d'efficacité, mais plutôt rattachée à la recherche d'une légitimité. Le mot isomorphisme réfère à trois modes de mise en conformité : la standardisation des réseaux éducatifs et leur professionnalisation, l'imitation d'organisations bénéficiant d'une forte légitimité sociale et la pression exercée par l'État ou par d'autres bailleurs de fonds qui peuvent imposer des façons de faire par le financement public ou privé.

Dans son article, Paulus montre que des objectifs tels que l'importance accrue de l'éducation et de la communication, la diversification des types de publics, l'augmentation du nombre de visiteurs et la volonté d'attirer de nouveaux publics se retrouvent dans la grande majorité de déclaration d'intention ou de mission des musées d'art.

Nous avons analysé les missions des musées du Québec afin de comparer les résultats et de dresser un portrait des missions de musées au Québec. 

Résumé
11 h 00
Point de vue du Musée des beaux-arts de Montréal sur son rôle social
Isabelle DESMEULES (UQO - Université du Québec en Outaouais)

En permettant aux non-publics d'investir leur espace, non seulement les musées diversifient leurs publics, mais ils peuvent aussi se targuer de jouer un rôle actif au sein de la société. Il y a un peu plus de quinze ans, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a développé et mis en œuvre une stratégie, avec son projet-pilote Franchir le seuil, pour permettre aux citoyens culturellement exclus d'avoir accès à ses collections par le biais d'activités éducatives. Le programme Le Musée en partage, qui est né de cette initiative en 2004, rejoint aujourd'hui plus de 20 000 de ces visiteurs aux besoins particuliers (nouveaux arrivants, analphabètes, familles de quartiers défavorisés, ainés, jeunes en difficultés, personnes ayant des troubles en santé mentale ou ayant un handicap physique ou intellectuel, etc.). Cette communication dévoilera les premiers résultats d'une recherche visant à définir le rôle et l'impact social du Musée avec ce programme. Grâce à une série d'entrevues réalisées auprès des employés responsables sa conception et de sa réalisation, ce premier pan de recherche proposera une nouvelle définition du rôle social poursuivi par le MBAM à l'égard des citoyens les plus démunis. 

Résumé
11 h 20
Étude des non-publics et des publics occasionnels des musées de la civilisation
Lucie Daignault (MCQ - Complexe muséal du Musée de la civilisation à Québec)
11 h 40
Discussion
Après-midi
12 h 00 à 13 h 30
Assemblée générale
Dîner
13 h 30 à 14 h 50
Communications orales
Session 3
Présidence/Animation : Jason Luckerhoff (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
13 h 30
Le Plan culturel numérique du Québec
Mathieu Rocheleau (MCCCF - Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine)

La première phase du Plan culturel numérique du Québec (PCNQ) a été lancée le 29 septembre 2014 par le ministère de la Culture et des Communications (http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/). La deuxième phase, lancée au printemps 2016, comportera de nouvelles mesures à réaliser pour l'année 2016-2017. Les actions
mises en oeuvre par le PCNQ sont regroupées en trois axes principaux qui sont d'autant de cibles à poursuivre pour assurer le virage numérique du réseau de la culture :
· Créer des contenus culturels numériques
· Diffuser des contenus culturels numériques et assurer leur accessibilité
· Innover pour s'adapter à la culture numérique
L'univers numérique évoluant si rapidement que ce n'est pas sans surprise qu'est accueilli le nouveau rapport du Fonds des médias du Canada (FMC) sur les tendances 2016. Ce dernier indique que c'est maintenant l'expérience utilisateur qui mène la création et la distribution de contenu numérique. Cela signifie, pour le PCNQ, qu'il est primordial, au final, de bien comprendre l'évolution du comportement des divers publics et d'anticiper l'évolution des usages culturels pour bien cibler les actions à mettre en oeuvre en fonction des trois axes du PCNQ.

Résumé
13 h 50
La plateforme muséale ÉducArt dans l'œil d'enseignants de différents domaines disciplinaires au secondaire : une évaluation formative
Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Denis Simard (Université Laval), Katryne OUELLET (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Mélanie DEVEAULT (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le Musée des beaux-arts de Montréal développe la plateforme Web nommée ÉducArt en vue de proposer l'exploitation pédagogique de sa collection encyclopédique au secondaire. Parmi les principes qui guident sa conception se trouvent une approche thématique de la collection, la multidisciplinarité pour la lecture des œuvres, ainsi que la co-création et l'expérimentation de scénarios pédagogiques avec des intervenants scolaires. Une évaluation formative a aussi été intégrée à son développement. Ainsi, à partir d'une première version beta, quels regards des enseignants de différentes disciplines portent-ils sur cette plateforme? Jusqu'à quel point apparaît-elle une ressource pertinente pour la classe? S'inscrivant dans le développement de cette plateforme muséale ÉducArt, l'évaluation formative que nous menons vise à identifier des ajustements nécessaires en cours de développement et à cerner les enjeux techniques, disciplinaires, didactiques et culturels qui seront éventuellement rencontrés dans son appropriation et son usage en classe. Elle entend aussi explorer son potentiel au regard d'une certaine approche culturelle de l'enseignement, alors que l'enseignant est invité, selon les orientations ministérielles, à agir comme passeur culturel (Zakhartchouk, 1999; MEQ, 2001) et à intégrer une dimension culturelle à l'enseignement (MEQ, 2003). Après avoir présenté la plateforme, nous rendrons compte des premières données recueillies auprès d'enseignants de différentes écoles. 

Résumé
14 h 10
Stratégies d'affichage sur les réseaux sociaux : figurations de modèles communicationnels entre les musées et leurs publics
Nicolas NAVARRO (UQAM - Université du Québec à Montréal), Lise RENAUD (Université d'Avignon et des pays de Vaucluse)

L'augmentation du nombre d'utilisateurs des sites de réseautage social pousse les musées à accroître leur présence sur ces plateformes et à les intégrer à leur communication numérique. Si cette tendance est relativement récente, nous émettons l'hypothèse qu'elle puise sa justification dans le travail de rénovation d'image du musée et qu'elle reflète un double mouvement plus ancien inscrit dans un tournant participatif et un tournant commercial.

À partir d'une analyse sémiotique du webdesign des liens hypertextuels de sites de réseautage social affichés sur les pages d'accueil des sites web de 130 musées de France, il est possible de mesurer les stratégies sous-jacentes à cet affichage. Ce corpus a été construit à partir d'un relevé des musées ayant participé à la MuseumWeek, considérant que cette action indiquait une sensibilité aux échanges et à l'animation sur ce type de plateforme.

Cette analyse sémiotique confirme tout d'abord, pour certains musées, la recherche d'une valorisation institutionnelle à travers les stratégies de marquage. La figuration de liens vers les sites de réseautage sociaux est alors une manière de s'adjoindre des valeurs valorisées dans les sociétés contemporaines (et mobilisée dans l'histoire de la muséologie) comme la modernité et la participation. Mais surtout les figurations des petites formes étudiées expriment une pluralité de modèles communicationnels témoignant des rapports entre le musée et ses publics-internautes.

Résumé
14 h 30
Discussion
14 h 50
Pause
15 h 10 à 16 h 30
Communications orales
Session 4
Présidence/Animation : olivier Champagne-Poirier (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
15 h 10
Présentation d'une étude sur la sortie au théâtre en contexte scolaire au Québec
Anne NADEAU (UQAM - Université du Québec à Montréal)

En 2014, le Conseil québécois du théâtre a commandé une étude sur la sortie au théâtre en contexte scolaire à Anne Nadeau, médiatrice culturelle, enseignante et doctorante en Études et pratiques des arts à l'UQAM. Cette étude a été financée par le programme « Leadership pour le changement » du Conseil des arts du Canada. Le rapport propose des réponses à la question suivante : dans un contexte où on ne cesse d'investir l'école de diverses missions et où la relation culture-éducation se complexifie, comment accroître la fréquentation du théâtre par les écoliers du Québec et la rendre plus uniforme sur le territoire? Il dresse d'abord un portrait du lien entre la sortie au théâtre (et plus largement la sortie culturelle) et l'école québécoise avant de s'attarder à décrire le contexte actuel de la sortie scolaire. Cette section ayant été nourrie par des entretiens avec diverses instances et par un questionnaire auquel plus de 200 intervenants scolaires ont répondu, sur tout le territoire québécois. La troisième section propose des pistes de solutions pour accroître la fréquentation du théâtre par les publics scolaires. 

Résumé
15 h 30
Des enfants médiateurs pour d'autres enfants : une situation de communication et son potentiel éducatif
Thérèse MARTIN (Université Bordeaux Montaigne)

Si dans les musées en France, le constat a pu être fait par Cohen (2003) du caractère trop scolaire des services éducatifs, cette communication vise à montrer les enjeux et les limites éventuelles de la mise en place d'un dispositif d'enfants médiateurs pour d'autres enfants.

Nous nous appuierons sur les résultats de la mise en place du dispositif de mise en situation de rôle de guide (pour le chercheur) que nous avions inventé afin de mettre en évidence les logiques d'interprétation des visiteurs-enfants, ceci dans deux institutions muséales de sciences en France ainsi que des observations réalisées dans les musées d'histoire au Québec où nous avons exploré chez des enfants le rôle de « guide » en vue de mieux cerner leurs manières d'appréhender les objets ou les personnages historiques. Nous montrerons en quoi donner la parole aux enfants contribue d'une part pour les « guides » à prendre en mains la visite et imaginer une mise en scène, à progresser vers une quête d'autonomie et à s'approprier des connaissances, à exprimer sa sensibilité. D'autre part ce « guide » s'adresse à d'autres enfants, visiteurs, chez lesquels on peut imaginer un effet de contagion du fait du caractère esthétique de la visite et de l'identification à ce « guide » de leur âge environ. Nous évoquerons les enjeux et les conditions de réalisation de la mise en place de ce rôle de guide en contexte muséal.

Résumé
15 h 50
Discussion
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Avant-midi
08 h 30 à 10 h 10
Panel
Panel sur le passé et l'avenir de l'Enquête sur les pratiques culturelles au Québec (MCC)
Présidence/Animation : Stéphane LABBÉ (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Participants : Rosaire GARON , Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Gilles Pronovost (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
08 h 30
Mot de bienvenue
10 h 10
Pause
10 h 25 à 12 h 00
Communications orales
Session 6
Présidence/Animation : Jason Luckerhoff (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
10 h 25
Quels publics pour quel cinéma européen? Construction communicationnelle autour d'un objet culturel ambigu
Raluca CALIN (Université d'Avignon et des pays de Vaucluse)

La question que nous souhaitons traiter ici concerne l'existence même du/des cinéma(s) européen(s)et de ses publics. Vu tantôt comme un art, tantôt comme une industrie, le cinéma européen se définit plus facilement par la négative. Il n'est pas un cinéma national, il n'a pas d'identité propre, il est difficilement identifiable au sein même du territoire européen. Cependant, à l'extérieur de ce territoire il existe comme une évidence, sous une forme unifiée, basée sur une esthétique et une culture communes, comme le montre notre enquête par questionnaire.

Sur la base de nos recherches doctorales, nous considérons ici le cinéma européen comme un objet culturel qui se développe à l'attention d'un public. Qui est ce public ? Comment l'identifier dans la masse spectatorielle ? Comment l'élargir et surtout comment l'atteindre, comment l'éduquer à une image européenne ? Après investigations, les publics du cinéma européen ne parlent pas la même langue, n'ont pas la même culture, ont des nationalités distinctes et défendent leurs différences. Ils sont unis dans leur diversité par un capital culturel commun (héritage) que l'Union Européenne tente de consolider par le biais des programmes culturels.

Notre travail de recherche combine une perspective socioculturelle avec l'analyse des discours afin d'apporter un nouvel éclairage quant à une définition plus précise de cet objet et de ses publics.

 

Résumé
10 h 45
De l'expérimentation des créateurs à l'expérience du public au théâtre
Hervé GUAY (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Terme à la mode dans les études théâtrales comme dans l'esthétique en général, la notion d'expérience possède, au sein de la théorie dramatique, une longue histoire qui remonte au moins au Théâtre Libre d'Antoine et au naturalisme. À la suite de Zola, Antoine inscrit sa démarche artistique dans le sillage de Claude Bernard et de sa méthode expérimentale. Plus près de nous, au Québec, le Nouveau théâtre expérimental installé à l'Espace libre, nommé en l'honneur d'Antoine, a poursuivi cette tradition. Les théâtres laboratoires et d'essai indiquent de même cette prégnance d'une conception des arts de la scène calquée sur la métaphore de l'expérience scientifique.  Comment est-on passé cependant d'une conception de l'expérimentation, valant surtout pour les créateurs, au terme d'expérience, qui insiste plutôt la réception procurée au spectateur ?  L'histoire de cette notion au théâtre permet-elle de repérer des critères définitoires qui caractériseraient une expérience théâtrale ? Enfin, dans quelle mesure un tel concept se distinguerait-il d'autres conduites esthétiques ? C'est à un premier survol de cette question complexe que j'aimerais parvenir par cette communication. 

Résumé
11 h 05
Discussion
Après-midi
12 h 00 à 13 h 50
Assemblée générale
Dîner
13 h 50 à 15 h 10
Communications orales
Session 7
Présidence/Animation : Marie-claude Larouche (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
13 h 50
Du recueillement à l'interprétation sur les sites de la Première Guerre mondiale 
Pascale Marcotte (Université Laval)

Alors que l'on commémore le Centenaire de la Première Guerre mondiale, se pose un ensemble de questions sur les choix de conservation des lieux de batailles, sur les discours à transmettre : sur la signification que l'on doit, ou devrait, accorder à ces sites. Les témoins vivants ayant disparus, que choisira-t-on de raconter et avec quels moyens?

Longtemps les lieux de batailles et les cimentières, visités par les seuls membres des familles endeuillées, n'offraient aucun moyen d'interprétation. La mémoire vive, puis transmise par la famille proche suffisait à comprendre le sens des lieux. Aujourd'hui, alors que les origines de cette Grande Guerre sont de moins en moins connues, les moyens d'interprétation se multiplient pour remettre en contexte les événements et les lieux. Au-delà de la complexité historique, qui nécessite des outils d'interprétation particuliers, on constate que les outils varient aussi selon les publics visés : les scolaires, les touristes, les gouvernements étrangers, les résidents locaux. Selon les objectifs poursuivis par les responsables de ces sites, les formes changeront également, des plus sobres, aux plus spectaculaires.

Cette communication vise à présenter comment les différents moyens de communication (des panneaux de signalisation les plus élémentaires aux institutions muséales les plus sophistiquées) concourent à transmettre une certaine mémoire des événements, tout en répondant à des considérations sociales et économiques bien contemporaines. 

Résumé
14 h 10
Exposer l'exode de guerre : se raconter, historiser et enseigner 
Virginie SOULIER (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

La Guerre civile espagnole est peu muséalisée dans son pays (Rodriguez, 2012 et Cuesta, 2012). Néanmoins, nous observons en Catalogne un mouvement de mémoire qui débute en 1977, avec la création de la fondation Machado et qui connaît ensuite une plus grande ampleur en 1999 avec le 60e anniversaire de l'exode. Cet exil forcé touche encore de nombreuses personnes et demeure en résonance avec l'actualité. Mettre en exposition l'enfermement de plus de 200 000 Républicains espagnols dans des camps de barbelés soulève plusieurs enjeux de mémoire (Barba, 2009).

Nous avons mené un projet de recherche qui vise à comprendre le processus de patrimonialisation des camps d'internement de la Retirade à la frontière franco-ibérique. L'objectif est de saisir comment les associations de mémoire et les élus, composés entre autres des descendants des réfugiés espagnols, présentent aux publics ce passé douloureux, mais aussi comment ils se l'expliquent et se le représentent.

Notre contribution porte un éclairage sur la « démarche citoyenne » de la communauté locale dans son double rôle de médiateur et de public (Meunier et Soulier, 2010) et permet de cerner cette forme de « muséologie testimoniale » (Idjéraoui-Ravez, 2012). 

Résumé
14 h 30
Un « parcours culturel citoyen » pour faire adhérer de nouveaux publics scolaires à la République française
Veronique CASTAGNET (Ecole supérieure du professorat et de l'éducation de Toulouse Midi-Pyrénées ESPE)

Le 22 janvier 2015, alors que l'ensemble de la société française est bouleversée par l'attentat terroriste survenu contre le journal Charlie Hebdo, le Ministre de l'Éducation nationale annonce une « grande mobilisation de l'École pour les valeurs de la République ». Cette volonté ministérielle a été réaffirmée après les événements tragiques de novembre 2015 à Paris et reste une priorité dans le contexte actuel.
La volonté d'encourager de nouvelles politiques éducatives et culturelles à destination des publics scolaires passe premièrement par la « nécessité de développer la citoyenneté et la culture avec tous les partenaires culture de l'École » et deuxièmement par la création d'un « parcours citoyen » pour transmettre « la laïcité et les valeurs républicaines ».
Cette réflexion a donc pour but de réfléchir aux stratégies réciproques possibles des institutions éducatives et des institutions culturelles afin de promouvoir un « parcours culturel citoyen ». Plusieurs axes sont à privilégier : la question des ressources accessibles notamment à des publics éloignés de centres urbains qui concentrent l'offre culturelle ; les modalités de travail entre les écoles (les enseignants et leurs élèves) et les institutions culturelles (conservateurs de musées ou d'archives, médiateurs et animateurs du patrimoine) ; et l'inscription d'une visite culturelle (musée ou archive, fondation) dans la modélisation d'un parcours pour des élèves âgés de 3 à 12 ans.

Résumé
14 h 50
Discussion
15 h 10
Pause
15 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Session 8
Présidence/Animation : Jason Luckerhoff (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
15 h 30
Le traitement de la culture par les journalistes : analyse de la presse écrite sur douze mois au Québec
olivier Champagne-Poirier (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Jason Luckerhoff (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Les mutations de la presse écrite, depuis les années 1970, ont mené à une redéfinition du contexte journalistique (Brin & coll., 2004). Les impératifs commerciaux et promotionnels qui régissent ce nouveau contexte ne sont pas sans rappeler que la destinée du journalisme est intrinsèquement liée à celle de la presse, son support (Habermas, 1992).

Le passage d'un journalisme d'information, centré sur la diffusion d'une actualité objective, vers un journalisme de communication, axé sur la concurrence et les préférences des publics (Charron & de Bonville, 1996) a été étudié notamment en journalisme politique, économique et international (Charron, 2000 ; Marthoz, 2008 ; Riutort, 2006).

Peu de recherches, cependant, ont abordé le journalisme culturel ou le journalisme à propos de la culture (Luckerhoff, 2012). Nous avons constitué le corpus de tous les articles traitant de culture dans 16 quotidiens québécois en 2008 (12 334 articles) afin de répondre, notamment, aux questions classiques posées par Lasswell : Qui? Quoi? Où? Pourquoi? Comment? Quand? Nous avons aussi porté un regard sur la valorisation de la culture par des critères culturels ou par des critères de marché (Luckerhoff, 2012). 

Résumé
15 h 50
L'analyse des relations entre culture et territoire : le choix d'une typologie adéquate
Stéphane LABBÉ (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-claude Lapointe (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Au Québec, l'analyse des relations entre culture et territoire s'est le plus souvent traduite par l'étude de l'offre culturelle déployée ou des pratiques des publics selon un découpage territorial donné. D'ailleurs, depuis les années quatre-vingt-dix, la très grande majorité des statistiques culturelles produites au Québec utilise un découpage selon les régions administratives du Québec, à savoir la typologie des espaces culturels régionaux développée par Harvey et Fortin (1995) sur la base de l'offre culturelle.

Or, selon la nature de l'objet étudié, notamment le type de pratique culturelle à laquelle on réfère, et la typologie territoriale, y incluant l'échelle, doit faire l'objet d'un choix adéquat et cohérent. Peut-on recourir à une même échelle territoriale pour l'analyse de phénomènes tels que la fréquentation d'une bibliothèque et celle d'une salle de théâtre? Qu'en est-il des pratiques numériques, lesquelles ne sont pas ancrées dans un territoire : peuvent-elles être comparées sur la même base que des pratiques pour lesquelles le lieu physique importe?

À la lumière de travaux menés à partir de la typologie de Harvey et Fortin (1995), cette communication présente les résultats de recherche sur les comparaisons territoriales à deux échelles différentes : régionale et municipale, et pour des objets culturels variés ou spécifiques. Les résultats montrent l'importance d'un arrimage adéquat entre la nature du phénomène culturel à l'étude et la typologie territoriale utilisée. 

Résumé
16 h 10
Les données du Conseil des arts du Canada pour mieux comprendre l'influence de l'art dans la vie des Canadiens 
Gabriel ZAMFIR (Conseil des arts du Canada)

Cette présentation du Conseil des arts du Canada met en lumière les plus récents projets de recherche réalisés sur un échantillon d'organismes des différentes disciplines.
 
Dans le cadre de comparaisons avec les autres agences de soutien aux arts au niveau provincial ou au niveau national, la présentation mentionnera les faiblesses liées à la collecte et l'analyse des données représentatives du milieu culturel qui démontrent l'impact de l'art et de la culture dans la vie des citoyens.
 
La valeur des nouvelles approches développées par le Service de la recherche, de l'évaluation et des mesures du rendement (REMR) du Conseil des arts du Canada renforce le fait que les données qualitatives et quantitatives liées à l'incidence sociale de la participation aux arts et à la culture, à leur production et à leur consommation pourraient être utiles aux décideurs qui sont à la recherche de données pouvant soutenir une solide justification économique et sociale des arts.
 
Dans un contexte où les méthodologies et les études qui aident à démontrer l'incidence sociale et la valeur des arts deviennent de plus en plus importantes, les rapports réalisés par le REMR contribuent également au développement des cadres conceptuels pour catégoriser et mesurer cette incidence et cette valeur sociale; soutiennent l'élaboration de politiques de financement articulées sur des données probantes; et font ressortir la valeur de la base de données du Conseil des arts du Canada au public.

Résumé
16 h 30
Discussion
16 h 50
Mot de clôture