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Le lundi 25 mai 2015

On s’intéressera aux effets (esthétiques aussi bien qu’éthiques) de la narration à la deuxième personne, laquelle semble faire figure d’exception aux côtés des textes narrés à la première ou à la troisième personne, qui correspondent aux formes canoniques du genre. Cette instance énonciatrice, qui remplit à la fois le rôle de narrateur-protagoniste et de narrataire, traduit souvent un flou identitaire, une sorte de prise de distance de soi à soi qui relève principalement du fait que, comme le suggère Benveniste, le « tu » est une « forme vide », un pur déictique qui n’a d’existence qu’en référence au « je ». Que se passe-t-il quand les textes énoncent un « tu » sans référence à un « je »? Comment se révèle, en creux, l’effacement du sujet? Pourquoi ce type de narration revient-il dans les œuvres contemporaines qui placent l’introspection et l’aveu au cœur du projet d’écriture? Si les études narratives ont insisté sur la façon dont l’indétermination référentielle permet une représentation de l’altérité subjective et du monologue intérieur tels que déployés dans le Nouveau Roman, on s’est moins penché sur l’incidence des récits narrés à la deuxième personne dans les textes contemporains. Or ce type de narration, qui semble faciliter une forme d’écriture blanche, anonyme, est utilisée aussi bien dans les intrigues amoureuses ou les enquêtes policières que dans les écritures dites « de l’absence » (Blanchot). La résurgence de la narration au « tu » dans l’autofiction ou l’« autofiction théorique » (voir Folle de Nelly Arcan et Testo Junkie de Beatriz Preciado) semble également reproduire cette dynamique référentielle qui agit par oscillation, car plus qu’une écriture adressée à un(e) absent(e) (un(e) ex-amant(e), un(e) défunt(e), etc.), ce type de voix permet de faire le récit de l’absence même. Dans ce contexte, le « tu » apparaît comme un élément fondamental et essentiel de toute construction identitaire, par définition intersubjective (Benjamin).

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Colloque

Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines

Responsables

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Avant-midi

08 h 45 à 09 h 30
Communication orale
Communications orales
Accueil et présentation de la problématique
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 00
Écrire au « tu » : de Kafka à Nelly Arcan
Karine Rosso (UdeS - Université de Sherbrooke)
09 h 15
Quand « je » se cache : enjeux intersubjectifs de l'écriture au « tu »
Isabelle Boisclair (UdeS - Université de Sherbrooke)
09 h 30 à 10 h 30
Communication orale
Communications orales
Fuites mimétiques
Présidence/Animation : Isabelle Boisclair (UdeS - Université de Sherbrooke)
09 h 30
Raconter à la deuxième personne : une entreprise littéraire invraisemblable?
Daniel Seixas Oliveira (UNIL - Université de Lausanne)
Résumé
10 h 00
« Là où nous sommes » : intimité, familiarité et reconnaissance chez Kim Doré, Carole David et René Lapierre
Ève Dubois-Bergeron (UdeM - Université de Montréal)
Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45 à 11 h 45
Communication orale
Communications orales
Le dispositif du procès
Présidence/Animation : Catherine Voyer-Léger (Université d’Ottawa)
10 h 45
Esthétique de la colère et discours d'accusation dans Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage de Martine Delvaux et Cru de Néfertari Bélizaire
Ariane Gibeau (Université d’Ottawa)
Résumé
11 h 15
Belle et bête de Marcela Iacub : la liberté d'expression littéraire et la vie matérielle
Eftihia Mihelakis (Brandon University)
Résumé
11 h 45
Dîner

Après-midi

13 h 00 à 14 h 30
Communication orale
Communications orales
Jeux intersubjectifs
Présidence/Animation : Karine Rosso (UdeS - Université de Sherbrooke)
13 h 00
Identités instables : intersubjectivité et résistance dans La peau des doigts de Katia Belkhodja
Sarah B. Lamarche (UdeS - Université de Sherbrooke)
Résumé
13 h 30
L'écriture de soi comme un autre : roman d'apprentissage et usage du « tu » dans Côte-des-Nègres de Mauricio Segura
Résumé
14 h 00
« Tu ne liras pas ce que j'écris » : absences, balbutiements et jeux de regard dans La convention de Suzanne Lamy
Adrien Rannaud (University of Toronto)
Résumé
14 h 30
Pause
14 h 45 à 16 h 00
Communication orale
Communications orales
Construire un sujet féminin
14 h 45
L'adresse à la mère comme tentative de désenfouissement dans Lambeaux de Charles Juliet : du portrait à posteriori à l'écriture de soi
Thomas Vandormael (Ulg - Université de Liège)
Résumé
15 h 15
L'émergence de Dorrit : la deuxième personne dans les essais de Nancy Huston
Catherine Voyer-Léger (Université d’Ottawa)
Résumé
15 h 45
Mot de clôture