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307 - Mobilité des savoirs et partage des pratiques : de la pertinence des réseaux en histoire de la santé

Du mercredi 14 au jeudi 15 mai 2014

Ce colloque se propose d’interroger l’importance des réseaux dans l’histoire de la santé moderne et contemporaine. Autour des notions de transfert, d’échange, de parcours et d’influence, il entend s’attarder sur les processus de transmission et de déplacements qui ont forgé et transformé les pratiques et les discours relatifs à la santé, afin de mettre en lumière leur nature essentiellement dynamique, collective et réticulaire. Il souhaite en outre valoriser les fonctions méthodologiques et historiographiques de ces notions en questionnant le rôle des échanges transdisciplinaires dans le travail historique propre au domaine de l’histoire de la santé.

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Colloque
Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines
Responsables
Université Laval
Institut Catholique de Paris
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Avant-midi
09 h 00 à 09 h 30
Communications orales
Accueil et mot de bienvenue
09 h 00
Le réseau : du collectif au concept
Alexandre KLEIN (Université Laval)

Mot de bienvenue

Résumé
09 h 30 à 10 h 30
Communications orales
Les réseaux de la santé au 18e siècle
09 h 30
Les réseaux dans la vie du médecin au 18e siècle 
Anaïs LEWEZYK-JANSSEN (Université de Toulouse II - le Mirail)

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Dans le cadre d'un travail de recherche s'inscrivant dans un champ prosopographique autour des médecins méridionaux de la France du XVIIIe siècle, la notion de réseau est apparue omniprésente. La problématique de départ posant la question du devenir de près de 300 médecins fraîchement diplômés des universités méridionales (Toulouse, Cahors et Montpellier) révèle les différents réseaux constitués par ces derniers dès l'université. Ainsi se dessine une réticularité multiple tout au long de leur vie, s'avérant inégale en fonction des individus (tous n'ayant pas eu la même carrière). La notion de « réseau » amène une nouvelle problématique : Quels sont ces réseaux et quelle est leur influence sur la vie de ces médecins ? L'étude de diverses sources telles que les archives universitaires, les correspondances, les registres notariés, permet de mettre en lumière au-delà des réseaux eux-mêmes, la construction des discours et des pratiques de santé. L'exemple des médecins correspondants de la Société royale de médecine répond à cette problématique.

Résumé
10 h 00
Police et histoire de la santé au 18e siècle
Nicolas VIDONI (Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1))

 Au XVIIIe siècle, la police, spécialement à Paris avec la Lieutenance générale, s'est intéressée très fortement à l'espace urbain et aux corps humains qui vivaient dans ce « milieu », afin de procurer sûreté et propreté à la ville et au peuple. Ce changement de regard s'opéra grâce au concours des médecins. Mais quelle fut la teneur de la relation médecins-policiers, tant intellectuelle qu'institutionnelle et pratique ? Les agents de police ont eu besoin de nouveaux outils intellectuels pour déchiffrer la ville et l'appréhender d'un point de vue matériel. Cette démarche rationnelle s'est appuyée sur un savoir dit scientifique reconnu et institutionnalisé (Faculté et Académie de médecine). Les médecins ont recouru à l'institution policière pour légitimer de nouvelles formes de savoir qui débouchaient sur une « capacité à agir ». Cette interrelation a reposé sur des réseaux de médecins, liés à des administrateurs et au « politique », qui ont infléchi les savoirs médicaux et les pratiques de gouvernement. On le saisit par l'étude des aspects policiers dans les grandes publications médicales (Tissot, Le Bègue de Presle, Jaquin) ; par les écrits des médecins pour les « magistrats » policiers (topographies médicales de l'Académie de médecine) ; et par le travail de terrain policiers-médecins (expertises dans la ville pour des fours à pain, pour les cimetières) et par la canalisation des savoirs médicaux par les policiers grâce aux concours académiques (pour les questions d'hygiène ...).

Résumé
10 h 30
Pause
11 h 00 à 12 h 00
Communications orales
La construction réticulaire des savoirs médicaux spécialisés
11 h 00
Étude du rôle des réseaux médicaux français autour de la construction et de la diffusion du savoir alimentaire de la fin du 19e siècle au milieu du 20e siècle
Claire MARCHAND (Université François Rabelais Tours)

Si aujourd'hui les liens entre l'alimentation et la médecine n'ont jamais été aussi présents, il est important de s'interroger sur les personnalités médicales qui ont joué un rôle déterminant dans le passage d'une diététique hippocratique à une alimentation rationnelle de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle.  Basée sur le modèle prosopographique et l'analyse des réseaux sociaux, notre réflexion s'attache à mettre en exergue l'évolution du discours nutritionnel, les actions prophylactiques et les initiatives de vulgarisation d'un groupe de cent cinq médecins français autour de la construction des recommandations alimentaires. Si la figure du médecin est au cœur de notre travail, la comparaison de trajectoires individuelles permet de mener une réflexion plus globale sur les pratiques sociales des médecins. La participation aux congrès médicaux ou aux sociétés savantes induit une dynamique d'échange du savoir entre les acteurs, mais également une dynamique d'innovation. À partir de l'étude de leurs écrits scientifiques, des rapports présentés dans les instances médicales, de leurs ouvrages de vulgarisation alimentaire, et de leurs actions prophylactiques auprès de populations ciblées, nous nous interrogeons sur la construction d'un savoir nutritionnel, l'élaboration de préceptes alimentaires dits « sains », mais aussi des moyens de diffusion du savoir destiné au corps médical, mais aussi au grand public.

Résumé
11 h 30
Circulations internationales de savoirs et de pratiques physiothérapeutiques : deux exemples en Suisse romande dans la première moitié du 20e siècle 
Véronique HASLER (Haute école de santé Vaud)

Dans l'Entre-deux-guerres, la physiothérapie – en tant que profession médicale auxiliaire – fait progressivement l'objet de réglementations en Suisse. Cette institutionnalisation se produit de manière indépendante dans chaque canton en raison du système fédéraliste du pays. Cela a pour effet de multiplier les définitions et les dénominations de l'activité professionnelle en question, et conséquemment de beaucoup segmenter le domaine des thérapies physiques. Pour autant, les savoirs et les pratiques physiothérapeutiques circulent tant au niveau national entre les segments qu'au niveau international. Cette contribution cherche à travers la présentation de deux études de cas situés en Suisse romande (francophone) à mettre en lumière ce phénomène de circulations internationales et d'examiner à travers les discours comment les savoirs et pratiques importés sont intégrés et adaptés.

Résumé
12 h 00
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les réseaux de la santé mentale
14 h 00
De la tisane au Valium... : le concept de la continuité des soins dans les politiques de santé mentale dans le Québec des années 1960
Karine Aubin (Université d’Ottawa)

L'histoire contemporaine des concepts scientifiques en santé est peu développée, surtout en ce qui concerne leur transfert dans les politiques sociosanitaires. Cet aspect méconnu sera exploré en prenant l'exemple de la continuité des soins.  Dans la mesure où il s'introduit progressivement dans les milieux de soins québécois, c'est sa conceptualisation et son transfert dans les politiques de santé mentale des années 1960 qui font l'objet de cette communication. À partir d'une analyse historique des politiques publiques, on se questionne sur ses fondements et son introduction dans les milieux de soins. Puis, on s'intéresse à son influence dans la prise de décision dans les politiques de santé mentale en observant ses différentes manifestations dans le développement et la résolution des problématiques qui lui sont associées. Pour ce faire, diverses sources sont exploitées : politiques, rapports d'étude et d'enquête, extraits de journaux, articles scientifiques et monographies sur la santé contemporaine. Cette communication présente la conclusion des analyses d'une recherche doctorale dans laquelle on a pu observer un passage d'une théorie à une autre dans les milieux de soins en santé mentale au Québec dans lesquels la continuité des soins a pris sa forme conceptuelle. Ce passage se manifeste également dans les politiques de santé mentale québécoises et les réformes qui suivirent. Il contribue à mettre en place différentes solutions qui semblent être associées à la continuité des soins.

Résumé
14 h 30
Mesurer la santé mentale des enfants : le rôle du réseau international de collaboration du psychologue Alfred Binet (1857-1911) dans la création de l'échelle métrique de l'intelligence
Alexandre KLEIN (Université Laval)

Le psychologue français Alfred Binet (1857-1911) a consacré une majeure partie de sa carrière et de sa vie à l'étude de la santé mentale des enfants, notamment à travers ses recherches sur les enfants anormaux menées en collaboration avec son disciple le psychiatre Théodore Simon (1873-1961). Dans cette entreprise, il s'est constamment aidé de collaborateurs spécialisés pour mener à bien ses investigations de terrain, pour enrichir ses propres perspectives d'apports disciplinaires extérieurs ou encore pour soumettre ses intuitions et conclusions à la critique. En partant du cas particulier de la fondation de la célèbre échelle métrique de l'intelligence, nous montrerons comment Binet travaillait en réseau avec des collaborateurs de différents statuts auxquels il assignait des rôles particuliers. Pour ce faire, nous analyserons les volumes de l'Année psychologique, la revue qu'il fonda en 1894 et qu'il dirigea jusqu'à sa mort, mais également la correspondance qui lui permettait d'établir et de maintenir ses relations professionnelles notamment internationales. Nous pourrons ainsi mettre en évidence les différents cercles de collaborations autour desquels Binet avait établi un réseau qui lui permit finalement de construire l'un des outils les plus importants de la psychologie contemporaine.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 30
Henri Ellenberger (1905-1993) et le développement de l'ethnopsychiatrie : dynamique des réseaux francophones et anglophones ayant contribué à l'Encyclopédie médico-chirurgicale
Emmanuel DELILLE (Institut d'histoire de la médecine de Berlin)

Henri Ellenberger (1905-1993), mieux connu dans le champ de la santé comme historien de la psychiatrie, est également l'auteur pour l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale de la première synthèse de langue française sur les savoirs de l'ethnopsychiatrie (1965). L'originalité de cette source est double, institutionnelle et linguistique : publiée dans un ouvrage français, au sein d'une sociabilité à la fois médicale et savante constituée en dehors de l'université (le groupe de l'Évolution Psychiatrique), elle constitue une archive inédite de l'enseignement universitaire anglophone de psychiatrie sociale à l'Université McGill (Division of Social and Transcultural Psychiatry), où  Ellenberger est associé en 1959, avant de devenir professeur à l'Université de Montréal en 1962. À partir de ce corpus publié et de documents d'archives, je proposerai tout d'abord de reconstituer des phénomènes de transferts de savoirs, en les articulant au rôle d'acteur intermédiaire incarné par Henri Ellenberger, étant entendu que les échanges sont à comprendre entre le Canada (Montréal) et la France (Paris), mais aussi entre les cultures médicales de langues anglaise (Université McGill) et française (Université de Montréal). Ensuite, je m'intéresserai à la dynamique dans le temps, des années 1960 aux années 1980, du développement de ces savoirs à l'EMC, en interrogeant leur rapport à l'épidémiologie psychiatrique dans les réseaux universitaires, et à la psychanalyse, dans la sociabilité préalablement définie.

Résumé
16 h 00 à 16 h 30
Communications orales
Présentation d'ouvrages
16 h 00
Présentation de l'ouvrage Une histoire des pratiques de santé (XVIIIe-XXe siècles) dirigé par A. Klein et  S. Parayre (Québec, PUL, 2014)
Alexandre KLEIN (Université Laval), Séverine Parayre (Institut Catholique de Paris )

Présentation de l'ouvrage présentant les actes du colloque organisé par le réseau Historiens de la santé à l'ACFAS en 2012.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 00
Communications orales
Approches réticulaires des institutions hospitalières
09 h 00
L'empreinte territoriale et la mise en réseau de l'hôpital québécois, 1880-1972
François Guérard (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)

Au XIXe siècle et durant la première moitié du XXe, la création d'hôpitaux au Québec origine le plus souvent d'acteurs locaux qui entreprennent spontanément des démarches pour obtenir l'ouverture d'un établissement dans l'agglomération où ils résident. Partant de ce constat d'initiatives amplement dispersées, il est tentant de postuler que le dispositif hospitalier québécois s'est longtemps développé sans grande concertation ou en l'absence d'une planification d'ensemble, et dans cette perspective, tentant aussi de concevoir que son organisation et ses activités ne peuvent se penser en termes de réseaux, avec leurs points nodaux, leurs hiérarchies territoriales et les échanges qui transitent sur leurs branches. Nous estimons pourtant que cette notion peut être utile à une meilleure compréhension de l'évolution du dispositif hospitalier, aussi bien dans les décennies précédant la fin de la Seconde Guerre mondiale, que par la suite, lorsqu'au sein de l'État s'énonce une volonté de restructurer l'espace sanitaire hospitalier.

Résumé
09 h 30
Réseaux sociaux et autorité dans la gestion d'un hôpital psychiatrique au Liban : le cas d'Al Fanar
Filippo Maria MARRANCONI (EHESS - École des hautes études en sciences sociales)

Cette intervention s'appuie sur une enquête ethnographique de 8 mois à Al Fanar, seul hôpital psychiatrique « laïc » du Liban. Al Fanar (en arabe : « Le Phare »), fondé en 1962 par le docteur Sabban, psychiatre communiste formé au Royaume Uni, est encore aujourd'hui la propriété de la famille Sabban, qui le gère. Ma contribution vise à montrer l'intérêt de concevoir cet espace non pas comme une institution dont le but est la gestion d'individus malades, mais comme un dispositif composite dont il est nécessaire de retracer l'ensemble des éléments qui en déterminent le fonctionnement. Nous verrons comment une analyse conduite en termes de réseaux sociaux est particulièrement utile dans cette perspective : le réseau au centre duquel se trouve la famille Sabban constitue en effet l'élément spécifique de ce dispositif et en détermine son mode particulier de fonctionnement.

 

Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
L'internationalisation des réseaux de santé
10 h 30
La circulation des savoirs et pratiques de l'hygiène scolaire à travers le monde : les enjeux d'une idéologie médicale, politique et pédagogique (1852-1913)
Séverine Parayre (Institut Catholique de Paris )

Au début du XIXe siècle, l'hygiène préconise des principes de conservation de la santé. Ses savoirs et pratiques vont se diffuser, s'échanger, se discuter en Europe, puis dans le monde au sein de congrès internationaux, au point de faire office de précurseur par rapport au mouvement scientifique international. Des années 1852 à 1912, 15 congrès internationaux d'hygiène vont se succéder, lieux de rencontres propices, d'échanges fructueux, d'apport de nouveaux savoirs et pratiques, relatifs à tous les âges et domaines de l'hygiène, de l'enfance à l'âge adulte, du monde scolaire au monde du travail. Si ces congrès ont déjà été étudiés sous le rapport de la diffusion générale des savoirs et savoir-faire et des enjeux idéologiques, sanitaires et politiques, en revanche les angles scolaire et pédagogique n'ont pas été encore exploités. Nous proposons d'étudier les 15 congrès internationaux d'hygiène (3 à Bruxelles et Paris, Turin, Genève, La Haye, Vienne, Londres, Budapest, Madrid, Berlin, Washington) et les 4 congrès internationaux d'hygiène scolaire de 1904 à 1913 (Nuremberg, Londres, Paris, Buffalo), afin d'appréhender les changements et avancées de l'hygiène à l'école, la circulation des savoirs en Europe et dans le monde et les influences possibles dans chacun des pays, les personnes initiatrices de nouvelles connaissances et pratiques, la place des membres de l'Instruction publique, enfin les débats et enjeux idéologiques, sanitaires, politiques et pédagogiques dominants.

Résumé
11 h 00
Médecins et santé dans les réseaux d'experts de l'Organisation internationale du Travail et élaboration d'un savoir transnational, 1920-1948 
Isabelle LESPINET-MORET (Université Paris Ouest Nanterre La Défense (Paris 10))

Cette communication se propose de montrer comment se constitue le réseau de l'Organisation internationale du Travail, son fonctionnement et l'apport des recherches en réseau, entre 1920 -date de création du Service d'hygiène industrielle au sein de l'OIT-  et la création en 1948 de l'OMS.



Résumé
11 h 30
Synthèse