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422 - Communication internationale et conflits dans le monde à l'ère des technologies émergentes

Du mardi 7 au mercredi 8 mai 2013

Le traitement médiatique de l’actualité internationale par les principales agences de presse (AFP, Associated Press, Reuters et Xinhua) et les grands médias internationaux (BBC, CNN, Fox News ou Al-Jazeera) fait souvent débat depuis plusieurs décennies aussi bien dans le milieu universitaire que dans l’opinion publique. La question du déséquilibre des flux d’informations et des manipulations médiatiques est un débat que l’on peut qualifier d’ancien (cf. Rapport Mac Bride) même si cette situation est encore d’actualité. La dernière décennie, à l’instar des précédentes, a vu les médias accorder une place importante à un certain nombre de conflits. Outre l’éternelle crise israélo-palestinienne, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, la situation en Colombie et plus récemment le printemps arabe ont occupé une place importante dans l’actualité internationale. La nouvelle politique interventionniste de certains États sous le couvert de l’ONU (Côte d’Ivoire, Libye, Syrie) a également été diversement interprétée. À l’ère des technologies émergentes, les grands médias traditionnels doivent faire face à la concurrence d’une nouvelle génération de journalistes-citoyens et des réseaux sociaux. Avec Internet et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), on observe une diversité importante des sources d’information.

Cette diversification des sources d’information a-t-elle un impact sur la qualité du traitement de l’actualité internationale ? Contribue-t-elle au rééquilibrage des flux d’information? Peut-elle influencer la perception qu’a l’opinion publique des peuples « autres » mis en scène par les médias? Comment les populations touchées par ces conflits interprètent-elles le traitement qui en est fait? Quelles sont les conséquences du traitement de l’actualité internationale par les grands médias internationaux sur les rapports interculturels? Quelles sont les nouvelles formes de manipulations médiatiques que l’on observe?



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Colloque
Section 400 - Sciences sociales
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 00
Communications orales
Allocution introductive
09 h 00 à 10 h 30
Communications orales
Conférences inaugurales
Présidence/Animation : Gaby Hsab (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 00
Médias et analyses des tensions sociales : bis repetita
bertrand cabedoche (Université Stendhal Grenoble 3)

Les acteurs de l'instance médiatique procèdent
facilement à la stigmatisation des productions - voire des producteurs - de
connaissances sur le terrain des médias, que les travaux s'investissent sous
l'angle des industries culturelles, des contenus rédactionnels, des pratiques
professionnelles ou des jeux d'acteurs impliqués dans les procès croissants d'informationnalisation
ou de « relations publiques généralisées » ! Et pourtant, plus que jamais, les
Sciences de l'Information et de la Communication ont légitimité à produire un
savoir distancié et à le voir reconnu et diffusé, quand à chaque mouvement
populaire, les lectures médiatiques dominantes s'évertuent désormais à
expliquer les tensions et leurs résolutions exclusivement à partir des
technologies de l'information et de la communication. Même si quelques prises
de conscience ponctuelles corrigent le tir, ce déterminisme est particulièrement
à l'œuvre lorsque le terrain convoqué est extérieur. Cette altérité devrait
obliger à la lente analyse des contextes spécifiques, mais ce patient travail
d'investigation se révèle trop souvent incompatible avec l'absence de
pré-requis académiques des journalistes contemporains, en particulier
fraichement débarqués dans le métier et la pression du live, instituée sans plus
de protocole comme nouvelle forme d'écriture quand il n'est pas fait état d'une
nouvelle valeur du journalisme. L'exemple des couvertures médiatiques
des mouvements sociaux arabes est révélateur, de ce point de vue.

Résumé
09 h 30
Pourquoi observer le traitement médiatique de l'agenda international? La contribution des observatoires dans la recherche universitaire en communication
Carmen Rico (UQAM - Université du Québec à Montréal)

À partir d'une préoccupation éthique sur la
responsabilité universitaire  dans la
production et divulgation des connaissances, la communication partage les
potentialités d'un outil méthodologique de méta-recherche (L'Observatoire de la
communication internationale et interculturelle,www.obscomii.uqam.ca).

 

Pourquoi observer? Quel est l'objet d'observation?
Comment observer?

Voilà des défis posés par le nombre croissant
d'observatoires des médias dans le monde académique et la société civile.

Partant
d'une  cartographie des différents types
d'observatoires des médias, on présentera quelques résultats d'une recherche en
cours sur la couverture médiatique de l'agenda international. La communication
se concentrera  sur la place des conflits
internationaux dans les recherches universitaires de deuxième et troisième
cycle. Comment sont-ils traités? Quels sont les principaux concepts et théories
mobilisés? Quelles régions et types de conflits attirent plus l'attention des
étudiants des cycles supérieurs francophones à Montréal?

 

Nous inspirant de
l'OBSCOMII en tant qu'instrument méthodologique de méta-recherche, la
communication  montrera  les possibilités de contribution de la
recherche universitaire, lorsqu'elle est placée sous la loupe d'un observatoire.

Résumé
10 h 00
Discussion
10 h 30
Pause
10 h 45 à 13 h 00
Communications orales
Politique internationale, médias et opinion publique
Présidence/Animation : Caterine Bourassa-Dansereau (UQAM - Université du Québec à Montréal)
10 h 45
Le renouvellement des dispositifs de participation comme stratégie d'adaptation des médias internationaux : les Observateurs de France 24
Henri Assogba (Université Laval)

Permettre et organiser la
participation des publics dans le continuum des productions médiatiques ne sont
pas en soi un phénomène nouveau. Mieux, cela fait même partie des stratégies
utilisées et promues par les médias traditionnels d'information dans une
perspective d'accroissement de leurs audiences. À l'ère des technologies
émergentes, ces pratiques journalistiques se renouvèlent en contribuant, à en
croire Axel Bruns (2012, 2008), à un changement de paradigme dans le
journalisme. Ainsi, le traditionnel rôle de Gatekeeper (White, 1954) du
journaliste serait, de plus en plus délaissé, au profit de celui de
Gatewatching faisant des publics une « ressource dynamique, évoluée et en
expansion ».   Partant de ce postulat,
notre communication se propose d'analyser le cas du dispositif mis en place
depuis 2007 par la chaîne d'information internationale France 24 : Les
Observateurs. Ce dispositif est défini par la chaîne française comme « un site
d'information et d'une émission participative dont tous les contenus publiés
(vidéos, textes, photos) viennent d'“amateurs”, mais ils sont sélectionnés,
vérifiés, traduits et expliqués par les journalistes de France 24 ». Nous
essayerons de voir, à partir des contenus publiés disponibles en ligne, les
permanences et ruptures de cette « sous-traitance par les publics de la
présélection et de la collecte des informations » (Assogba, 2012) dans le
traitement de l'actualité africaine.

Résumé
11 h 05
Regard rétrospectif sur les premières heures de la révolution en Égypte :  place des médias internationaux dans la transmission des messages et la diffusion des discours dominants
Hassane Beidou (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Aujourd'hui le monde
arabe est en
pleines mutations sociales et politiques dues aux révoltes populaires qui se
déchainent chaque jour ça et là dans ces pays, pour des raisons à la fois
démocratiques et de liberté. De la ‘‘Révolution de Jasmin'' en Tunisie janvier
2011, en passant par la chute
du « Pharaon » depuis la ‘‘place Tahrir'' dans les rues de la Syrie présentement les peuples
des ces pays respectifs avaient plus que jamais décidés de prendre leur destin
en main pour des aspirations plus profondes d'une vie meilleure.

Ainsi, le but de
cette communication est de revivre d'une part les moments forts qui ont marqué
la révolution égyptienne jusqu' à la chute de Mubarack et d'autre part, d'appréhender
la place et le rôle qu'avaient joué les médias internationaux à travers le
relai, la diffusion, la propagande et l'entretien des discours dominants (occidentaux)
face à cette crise qui survient dans un des pays que les occidentaux
considèrent comme impératif de lui apporter les valeurs suprêmes et fondamentales. C'est ainsi,
« ébahis, les téléspectateurs se trouvaient brusquement dans un monde où
la réalité et reconstruction de la réalité était impossible à démêler; la
logique de l'événement et la logique d'explication de l'événement étaient
inextricablement mêlées » (Stoiciu, 2006). Pendant ces
périodes de crise, selon Roger Silvestone (1988) et Stuart Hall (1982), les
nouvelles données par les médias s'apparentent généralement au récit mythique.

Résumé
11 h 25
Que peuvent faire les médias face à des situations de crise à l'ère du numérique? 
Mustapha Belabdi (UQAM - Université du Québec à Montréal)
11 h 45
#YoSoy132 ou quand les étudiants mexicains se mêlent à la campagne présidentielle
Farrah Bérubé (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Le 1er juillet, les Mexicains ont porté au pouvoir le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et son président Enrique Peña Nieto. La campagne électorale qui devait se dérouler sans surprise fut perturbée en mai par un mouvement de contestation étudiant, #YoSoy132, qui fit boule-de-neige dans les médias sociaux, s'exporta hors des frontières du pays et trouva des appuis au sein des travailleurs, des journalistes et des intellectuels. #YoSoy132 (je suis le 132e) est un manifeste diffusé sur des sites internet, des vidéos sur YouTube et des conversations Twitter. Les partisans y dénoncent les liens anti-démocratiques entre les systèmes politique et médiatique. Malgré un engouement rapide, le mouvement n'a pas empêché l'élection de Peña Nieto et il a perdu toute visibilité. Dans cette communication, il sera question de l'état des lieux du mouvement #YoSoy132, soit ses origines, son manifeste et ses usages des médias sociaux, et ce, en plein coeur de la campagne présidentielle mexicaine. La méthodologie employée est celle de l'analyse documentaire et de contenu. L'étude de ce cas permettra de répondre aux questions portant sur les nouvelles formes de traitement médiatique en période de conflits. À savoir que, il a perturbé la campagne en permettant à d'autres voix de s'exprimer autrement. Il ne dura pas dans le temps, malgré des milliers d'adeptes au Mexique et ailleurs. Enfin, la non impartialité des médias traditionnels comptait parmi les ras-le-bol que dénonçaient les 132e.

Résumé
12 h 05
Entre discours humanitaire et interventionnisme international : quelle place pour la relation interculturelle? 
Fanny Guérin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les conflits dans le monde soulèvent des considérations humanitaires
dont se font l'écho de nombreux acteurs qui entendent défendre la dignité
humaine, mais dont les intérêts réels sont souvent obscurs. Rarement remis en
question du fait de son caractère noble, le discours humanitaire, à la fois
développé par les institutions internationales, les Etats ou les organismes
humanitaires, et corroboré par le discours médiatique, ne rend pas toujours
service à cet Autre lointain, victimisé et infériorisé. Sous l'égide de la
solidarité internationale, ce discours qui se veut humaniste contribue à
façonner une vision de l'Autre infidèle, sur laquelle repose un rapport de
force mondial déséquilibré. Non seulement les relations interculturelles se
trouvent altérées par le peu de considération porté à l'individu et à sa
culture, mais pire encore, ce discours sur l'Autre participe à la légitimation
de l'ingérence humanitaire soutenue par l'Organisation des Nations Unies.
Récemment, celle-ci s'est à nouveau illustrée dans l'invocation de la «
Responsabilité de protéger » pour intervenir en Libye en 2011 et au Mali il y a
peu. Dès lors que le discours s'actualise par l'action, il importe de
déconstruire les représentations de l'altérité qui sont mises de l'avant pour
explorer et comprendre leur incidence sur les relations internationales et
interculturelles.

Résumé
12 h 25
Discussion
13 h 00
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 16 h 45
Communications orales
Le traitement médiatique des conflits mondiaux à l'ère des technologies émergentes
Présidence/Animation : Carmen Rico (UQAM - Université du Québec à Montréal)
14 h 00
Les médias internationaux scrutés par la critique tunisienne : quels enjeux et quelles représentations? 
Zouha DAHMEN-JARRIN (Université Lille 3)
14 h 20
Usage et appropriation des communications mobiles textuelles (Twitter, SMS, Crowdsourcing) par les acteurs de la réponse humanitaire du séisme en Haïti
Isabelle Depelteau (Acfas - Association francophone pour le savoir)

La recherche que je
souhaite présenter au colloque porte sur la contribution des communications
mobiles textuelles (SMS et Twitter) dans une dynamique de crowdsourcing par les acteurs au sein des Nations Unies lors de la réponse humanitaire en Haïti. 

L'hypothèse
énonce que malgré l'effervescence et la médiatisation des techniques, leur
contribution fut limitée par l'état des lieux, la dynamique de l'organisme de
la réponse, ainsi que par l'appropriation de la technique par les acteurs.

Les
résultats de cette étude de cas corroborent l'hypothèse, mettant en lumière
l'écart des usages et appropriation des techniques au sein du groupe des
participants en comparaison à la communauté locale, l'influence de la dynamique
du développement sur la coopération internationale en temps de réponse, ainsi
que le peu d'importance accordée à la communication par l'organisme de la
réponse en temps de crise. Les résultats indiquent également que le séisme en
Haïti constitue un événement historique marquant un changement de paradigme
quant au rôle de la technique et des communications dans la gestion de futurs
désastres par certains acteurs au sein de l'ONU.

Malgré
le fait que cette recherche ne traite pas directement l'impact des technologies
émergentes sur la représentation médiatique des conflits sur la scène
internationale, elle met néanmoins en lumière le potentiel et la limite de la
technique dans des zones affectées par la guerre ou par un désastre.

Résumé
14 h 40
 Traitement de la crise postélectorale ivoirienne par la RTI, TCI et France 24 entre le 2 décembre 2010 et le 11 avril 2011 
Raymond KRA (Université Félix Houphouët-Boigny)
15 h 00
Discussion
15 h 15
Pause
15 h 30
L'information citoyenne à l'assaut des médias officiels : la couverture des conflits arabes sur les réseaux sociaux
Samia Mihoub (UdeS - Université de Sherbrooke)
15 h 50
Le traitement médiatique des relations interethniques lors des conflits en Afrique subsaharienne : le cas des radios vernaculaires au Kenya
Philip ONGUNY (USP - Université Saint-Paul)
16 h 10
Communication, crises et technologies : les otages de la toile

La présente communication vise à comprendre le
traitement médiatique de nombreuses crises internationales contemporaines dans
un contexte d'émergence de nouveaux médias. Généralement, la médiatisation
classique circonscrit l'événement à des univers de sens identifiables et
proches des publics auxquels elle se destine. C'est ainsi que plutôt que de diffuser
une information qui permet une distanciation et suscite l'intérêt de l'opinion
sur ce qui est important pour elle, les différentes sources d'information vont
privilégier une production de messages qui visent à provoquer des sentiments de
victimisation ou encore de valorisation auprès de ses publics.

Dès lors, la diversité des sources d'information
préserve-t-elle encore la qualité de l'information ? Un équilibre des flux
d'information empêche-t-il pour autant les manipulations médiatiques d'où
qu'elles viennent ? D'un autre côté, la perception de l'opinion s'affranchit-elle
nettement de l'influence médiatique sur les publics ?

Nous appuierons notre réflexion sur une analyse de
la situation des otages français enlevés en septembre 2010 au Niger et détenus dans
le Sahel par le groupe Al-Quaïda au Maghreb Islamique. Cette étude de cas devra
permettre de relever les dimensions cachées de ce changement de paradigme dans
le rapport des médias à leurs publics.

Résumé
16 h 30
Discussion
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Avant-midi
08 h 00 à 13 h 00
Communications orales
Technologies numériques, entre conquête de la démocratie et nouvelles formes de manipulations médiatiques
Présidence/Animation : bertrand cabedoche (Université Stendhal Grenoble 3)
08 h 20
 Usages des réseaux sociaux numériques et sens de la communication politique en Côte d'Ivoire 
N'Guessan Julien ATCHOUA (Université Félix Houphouët-Boigny)
08 h 40
Médias et conflits : entre censure et sensure
Aimé-Jules Bizimana (UQO - Université du Québec en Outaouais)

Les récents conflits internationaux en Irak et en Afghanistan sont des marqueurs
importants de l'évolution du contrôle des médias par les belligérants. Dans ces
deux guerres, l'accès des médias sur le terrain des opérations militaires s'est
effectué sous le modèle de l'intégration journalistique chez plusieurs
belligérants (Tumber, 2004 ; Katovsky et Carlson, 2003). L'intégration marque le passage d'un contrôle répressif vers une stratégie de séduction (Lewis, 2006 ; Arboit et Mathien, 2004; Charon et Mercier, 2003). La répression réfère ici à l'ancien modèle de contrôle basé sur la censure par l'accès auquel on peut rattacher le journalisme des deux guerres mondiales (Bizimana, 2007) et le dispositif des pools de la période post Vietnam (Sharkey, 1991; Combelles-Siegel, 1996).

 

Cette communication exposera le passage du modèle de la censure à celui de la sensure.
Ce dernier concept emprunté à Noël (1975) renvoie à l'idée d'une privation de sens. On soulignera rapidement qu'il s'agit d'analyser une tendance lourde et non un passage définitif d'un modèle à un autre car les manifestations de la censure n'ont pas encore totalement
disparues. Il s'agira de présenter les nouvelles formes de contrôle qui cherchent à dicter le sens des différents flux d'information qui circulent en temps de conflit.

Résumé
09 h 00
Médias, technologies numériques et conquête de la démocratie : les droits humains en péril?
Jean-Jacques Bogui (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christian Agbobli (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 20
Influence des médias, religion et pétrole dans les révolutions arabes – Analyse du rôle d'Al-Jazeera 
Awatef Ketiti (Université de Valencia en Espagne)

Comme tout événement politique d'envergure historique, les révolutions arabes qui ont éclaté dans les rues et les places publiques de plusieurs pays arabes sont en train de se développer parallèlement dans le champ du symbolique. La séparation entre les lieux géographiques et les espaces de représentation sociale est, sans doute, une simple dissociation théorique étant donné  le caractère dialectique de leur relation. Cependant, tandis que les aspects  politique et sociologique des évènements accaparaient presque exclusivement l'attention portée sur les révolutions arabes,  les dimensions symbolique, sémiotique et imaginaire sont passées inaperçues. Cette omission n'est pas un détail négligeable  surtout lorsque l'on constate que l'explosion du discours depuis les révolutions est chargées de significations et de symbolismes suggestifs. Ces derniers constituent probablement une source d'information inestimable susceptible d'ouvrir de nouveaux horizons dans l'étude et l'analyse des événements.

Cette communication propose d'explorer la dimension symbolique des discours sociaux et médiatiques qui accompagnent les transformations dans  la région,  en mettant l'accent particulièrement sur le discours médiatique de la chaîne Al Jazeera et le discours islamiste émergent. L'argument principal sera axé sur le rôle influent et la relation intrinsèque entre les trois acteurs stratégiques dans la configuration  des rapports de force dans la région: les médias panarabes, la religion et le pétrole.



Résumé
09 h 40
Obstinées, mobilisatrices et leaders : les hauts, les bas et les coulisses socionumériques de deux activistes
Heidi Miller (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le projet s'inscrit dans un parcours de recherche-création qui, à travers son
volet Web, cible la conscientisation autour de la consommation. Or, on peut se
poser la question : quelles qualités ont les projets sociaux-numériques
qui inspirent les gens à se mobiliser? 
On peut peut-être trouver une partie de la réponse chez des leaders qui
ont réussi à inspirer des gens sur le Web. Obstinées, mobilisatrices, et leaders malgré
elles, 
se veut une recherche ethno-biographique exploratoire sur deux femmes qui
semblent être des leaders mobilisatrices actives dans les réseaux sociaux:
« Geneviève l'Obstineuse » (la personne derrière le site
controversé : libéraux.net) et Melissa Mollen Dupuis  (activiste du volet Québécois de « Idle
no more »).

Parmi
les questions explorées

-pourquoi
les gens se mobilisent autour d'une cause ou d'une personne?

-qu'est-ce
qui transforme une personne d'apparence « ordinaire » en leader?

-quels
sont les vécus de la personne mobilisatrice et des gens mobilisés?

Cette
recherche exploratoire indépendante comprend une courte analyse qualitative, un
sondage, et un résumé d'entrevues avec ces deux femmes qui se sont retrouvées
dans des tourbillons médiatiques et sociaux-numériques. Une discussion suivra
pour voir comment ces observations peuvent aider à créer des projets Web
engagés.

Résumé
10 h 00
Discussion
10 h 30
Pause
11 h 00
Les réseaux sociaux numériques : vers une nouvelle forme de propagande 
Yassine OUSSAIDANE (Université de Bejaïa)
11 h 20
Les médiamensonges : cas de la Libye et de la Syrie
, Zahra ID AHMED (Université Rennes 2)



Résumé
11 h 40
Jeunes tunisiens, Médias sociaux et la révolution du 14 janvier 2011 
Ines Touir (Association tunisienne des études sur la culture des jeunes), Maissoun Ben fraj (Association tunisienne des études sur la culture des jeunes), Ghada Touir (UQAM - Université du Québec à Montréal)

S'appuyant sur deux enquêtes de terrain menées auprès des jeunes tunisiens issus de différents milieux (ruraux et urbains) qui s'adonnent aux échanges dans ce qu'il est convenu d'appeler «médias sociaux», «sites de réseaux sociaux» ou «réseaux socionumériques» (tels que Facebook, Twitter, MySpace, Youtube, etc.), cette communication dresse une synthèse des résultats de deux recherches (assez complémentaires) décrivant comment, dans l'expérience de ces internautes, le recours à ces univers emblématiques du renouvellement de l'Internet contemporain permettra de faciliter les échanges entre eux (sociaux, amicaux, etc.) d'une part et d'explorer et approfondir les possibilités de débats (sociaux, démocratiques, économiques...) et d'influence de la collectivité mondiale ayant menées entre autres, à la révolution tunisienne et la chute du régime politique (en place depuis 23 ans) d'autre part. Les résultats viennent confirmer l'idée selon laquelle l'usage de ces médias sociaux d'échange, de partage et de diffusion instantanée des informations au quotidien, tel Facebook, est avant tout à dimension amicale et familiale, pour devenir pendant et après la révolution tunisienne (du 14 janvier 2011) plutôt informationnel et incitatif de nouvelles formes d'action civique et d'une nouvelle culture virtuelle allant jusqu'à modifier leurs rituels et habitudes coutumières. 

 



Résumé
12 h 00
L'intériorisation du conflit international à l'échelle nationale : les enjeux autour de l'arrestation de M. Park, Jung-Geun en Corée du Sud
Cheolki Yoon (UQAM - Université du Québec à Montréal)
12 h 20
Discussion
13 h 00
Dîner
Après-midi
14 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Conférences
Présidence/Animation : OLIVIER PULVAR (Université des Antilles et de la Guyane)
14 h 30
La guerre en Colombie, un conflit où vérités et mensonges se confondent, où ce qui se passe et ce qui relève de la spéculation deviennent une réalité médiatique et nationale
Martin Movilla (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les combats, la violence, l'espoir, les victimes et les coupables du conflit colombien ont été abondamment couverts dans la presse nationale, mais plusieurs mythes faussent la lecture de la réalité, comme s'il y avait deux pays, un virtuel et un réel, qui se ressemblent, mais n'ont pas la même essence.

La responsabilité de la désinformation, la manipulation et la propagande revient aux médias colombiens et aux acteurs du conflit qui utilisent la presse pour véhiculer leurs idées et agendas politiques. Il y a aussi le « syndrome de Stockholm » de certains journalistes qui finissent par adhérer au discours de leurs sources, devenant un simple transmetteur de leurs idées et objectifs.

Enfin, s'il n'y a pas de censure en Colombie, l'autocensure et l'imposition d'un discours majoritaire contre les défenseurs des droits de la personne, des politiciens et ceux qui osent critiquer les détenteurs du pouvoir, règnent. Ainsi, les médias ont éliminé le concept de conflit armé interne pour affirmer il n'y a pas de guerre politique, que la guérilla ne défend pas d'idées et qu'elle est seule source des problèmes nationaux. Or la propriété des médias revient aux grands groupes économiques qui négocient avec l'État, financent des présidents, des gouverneurs, des députés, et, parfois, des groupes armés illégaux. Comment parler alors de presse libre si les médias sont à ce point mêlés dans le conflit, couvrant la distribution, la réalisation et la production de l'information sur la réalité nationale?



Résumé
15 h 00
Les nouvelles formes de communication face aux conflits et à la paix dans le monde : des promesses incertaines
Gaby Hsab (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L'émergence des nouveaux moyens de communication ayant occupé l'avant scène
de la représentation des guerres et des conflits dans le monde, fait croire à
l'émergence de nouvelles formes de contestations et de défiance des populations
opprimées ou défavorisées par les systèmes despotiques et totalitaires. Prenant
appui sur ce qui a été convenu de nommer 
le « printemps arabe », cette émergence fait croire aussi
qu'une nouvelle ère de démocratie et d'épanouissement social est en train de se
dessiner dans le monde entier.

D'un côté, ces croyances font partie d'une tendance historique commune à
l'émergence de toute nouvelle technologie médiatique, en commençant par
l'imprimerie. Elle est d'autant plus soutenue, puisqu'elle est en partie vraie.  Mais, d'un autre côté, ces croyances sont
tellement amplifiées et vénérées par le discours politique et médiatique de ce
qu'on peut traditionnellement appelé le Nord, au point de camoufler les
réalités tragiques et existantes des populations qui vivent encore sous l'égide
de l'oppression et de la propagande, et qui sont devenues les otages de ce
discours et de ses promoteurs.

Les révoltes dans les pays arabes, tout comme le conflit israélo
palestinien nous servent ici d'exemple pour illustrer les effets pervers de ces
« émergences » dont se nourrissent les discours triomphants.

Résumé
15 h 30
Discussion
16 h 00
Pause
16 h 15 à 17 h 45
Panel
Communication internationale et conflits dans le monde à l'ère des technologies émergentes : regards théoriques et pratiques
Présidence/Animation : Christian Agbobli (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : OLIVIER PULVAR (Université des Antilles et de la Guyane), Christian Agbobli (UQAM - Université du Québec à Montréal), Aimé-Jules Bizimana (UQO - Université du Québec en Outaouais), bertrand cabedoche (Université Stendhal Grenoble 3), Gaby Hsab (UQAM - Université du Québec à Montréal), Jean-Jacques Bogui (UQAM - Université du Québec à Montréal), Martin Movilla (UQAM - Université du Québec à Montréal), Yassine OUSSAIDANE (Université de Bejaïa)