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302 - Création artistique et littéraire

Le vendredi 10 mai 2013

La création artistique et littéraire (Domaine 302) s'articule autour de communications portant sur la musique, le théâtre, l'histoire de l'art et le cinéma. Y seront abordées les approches multidisciplinaires, les nouvelles technologies en musique, la création collective en théâtre, la construction identitaire en peinture, les démarches d'artistes photographes, la recherche-création en cinéma, le cinéma documentaire mobile, l'interprétation musicale ainsi que la mise en scène. Cette rencontre de diverses pratiques artistiques contribuera à favoriser des réflexions croisées et  d'aller au-delà des frontières disciplinaires.



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Domaine
Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
10 h 45 à 12 h 30
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Cinéma et histoire de l'art
1
Le documentaire, une recherche-création en milieu universitaire
Joelle Rouleau (UdeM - Université de Montréal)
Cette communication s’intéressera au recours à la recherche-création dans une démarche doctorale autoethnographique. Plus précisément, cet exposé soutient que l’utilisation de technologies numériques permet de bien répondre aux défis épistémologiques et méthodologiques qui accompagnent inévitablement cette méthode de travail. D’une part, l’expression « recherche-création » sous-tend un sens de performance, de simulation qui ouvre les possibles dans l’utilisation du médium de la création (Sawchuk et Chapman, 2011). D’autre part, elle implique un positionnement assumé, permettant au chercheurE/artiste de situer son savoir à l’intérieur de sa recherche (Haraway, 1988). Les choix de la technologie et du médium sont d’importance, puisqu’ils influencent le procédé de recherche et la proximité entre le chercheurE/artiste et son projet. La technologie numérique a comme caractéristique d’être moins coûteuse que la technologie analogique (la pellicule), tout en étant plus légère, rapide et compacte – mais aussi plus éphémère. Chacune de ces caractéristiques ponctuent le cheminement du chercheurE/artiste et doivent être prises en considération à l’intérieur de sa démarche de recherche. Cette proximité entre l’objet d’étude, le médium et le/la chercheurE/artiste permettent de façon singulière d’énoncer une problématique de recherche et de la quesitonner.
Résumé
2
Les peintures murales d’Orgosolo. Expérience artistique entre autodétermination locale et construction d’une identité nationale
Laura Giancaspero (Université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3))

La présente communication vise à analyser la fonction de construction identitaire que les peintures murales d’un petit village de l’arrière-pays de la Sardaigne ont exercé auprès de la population locale. Orgosolo, ancien village de bergers fermé dans un esprit fort archaïque, a vécu pendant la fin des années 60 et durant toute la décennie suivante, une période de forte contestation, suivant la vague des mouvements sociaux nationaux de 1968 et des années de plomb. Toujours en contraposition avec le pouvoir national par lequel la Sardaigne se percevait opprimée et dominée, les peintures murales sont nées avec l’intention de montrer dans quelle mesure la population locale avait participé à l’épopée nationale italienne. Les représentations des histoires personnelles, liées à la guerre de libération du nazi-fascisme ou aux revendications des paysans, ont servi à la population pour réfléchir sur un passé commun. Cependant, cette initiative est née de l’idée d’un professeur d’école siennois, étranger à la mentalité sarde de part sa formation et son horizon culturel. Comment est-ce ainsi possible qu’une personne étrangère ait pu faciliter le processus d’autodétermination des citoyens d’Orgosolo ? A travers l’étude formelle de la production muraliste et des témoignages de l’époque,  nous montrerons dans quelle mesure l’expérience d’Orgosolo peut être considérée comme un mouvement d’art populaire, selon les catégories critiques-interprétatives de A. Hauser.



Résumé
3
«Cinéma documentaire mobile»,
Élène Tremblay (UdeM - Université de Montréal)

Dans cette communication, je discuterai de pratiques s’inscrivant dans le courant du cinéma mobile qui proposent un renouvèlement des traditions de réception du cinématographique dans la création de nouveaux parcours, interactions et lieux pour l’appréhension de l’image en mouvement dans la ville. De tels projets tiennent compte des changements dans les postures spectatorielles actuelles en utilisant des stratégies nouvelles qui s’adressent à un spectateur équipé de technologies mobiles, en mouvement, pressé, « multitâche». Je suggère que de telles pratiques in situ, ont le potentiel de re-lier le spectateur inattentif à son environnement. Ces interventions urbaines explorent la possibilité que cette rencontre avec le cinématographique puisse être le lieu de l’exercice du lien social. Elles s’inscrivent dans ce que Paul Ardenne a nommé un art contextuel, un art soucieux d’interagir avec le contexte où il s’insère. Je présenterai à titre d’exemples, le travail du collectif français Raspouteam et les résultats d’un projet-pilote de recherche-création que j’ai réalisé cette année et qui insérait dans un espace public à l’aide de codes QR des portraits vidéos pour les rendre accessibles sur téléphones intelligents. Les codes QR (Quick Response), surtout utilisés en marketing pour téléphone mobile pour ajouter à l’offre d’information sur les produits, sont ici détournés vers un usage artistique.



Résumé
4
Le photographique et ses conditions d’existences : art descriptif et apparence vivante
Denis Rioux (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Depuis la fin des années 70 et les années 80, la démarche d’artistes-photographes, particulièrement celle issue d’une culture nordique, notamment originaire d’Allemagne et des Pays-Bas, s’est avérée paradigmatique d’une façon de voir et d’une manière de représenter qui semble s’appuyer sur les principes d’une approche descriptive en art, notamment par la clarté et le rendu net et précis des détails, ainsi que par une conception singulière de l’espace pictural en tant que surface, mettant en valeur une esthétique tout à fait particulière en photographie. Il semble que dans ces démarches nous soyons en mesure d’observer, dans ce renouvellement d’une approche descriptive à travers la pratique photographique, un travail de réflexion sur un rapport simple et direct aux choses tel qu’elles se présentent, ostentatoire et descriptive, ainsi que sur l’enregistrement et l’inventaire des choses comme principe d’une pratique en art. Dans cette recherche, il s’agit de définir le photographique en tant que forme singulière d’appropriation et de représentation du monde qui nous entoure et comme mode de pensée, notamment déterminée par un rapport à l’espace et à la temporalité qui lui est propre. Cette recherche s’appuie sur l’idée qu’il existe un photographique identifiable à une « vue de l’esprit », mais aussi à une expérience singulière du monde, originaire et de l’ordre de l’apparition, en dehors et précédent l’invention du procédé photographique, et qui transcende les médias.

Résumé
Après-midi
13 h 00 à 16 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
Théâtre et musique
1
L’ « appropriation artistique » comme étape du travail d’interprétation musicale
Marie-Soleil Fortier (UQAM - Université du Québec à Montréal), Isabelle HÉROUX (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Si plusieurs recherches auprès de musiciens experts ont permis de définir ce que sont des répétitions efficaces (Ericsson, K. A., Krampe, R. T., & Tesch-Römer, C. 1993),  d’identifier les éléments constituant l’expressivité (Juslin et Sloboda, 2010) et de décrire les étapes de travail d’une œuvre (Miklaszewski, 1989. Chaffin,2001;2006, Chaffin et al, 2003, Sloboda.2005), aucune n’aborde le travail de l’interprétation musicale sous l’angle d’un processus de création. Pourtant, comprendre comment s’effectue le travail créatif des interprètes est essentiel pour former les futurs musiciens dont le jeu sera jugé, en partie, sur ses qualités artistiques et son originalité. Lors d’une étude exploratoire, réalisée sous forme de recherche-création (Bruneau et Villeneuve, 2007), Héroux et Fortier (2012) ont identifié la présence des étapes de travail déjà définies dans la littérature (Chaffin et al, 2003), mais aussi celle d’une étape supplémentaire : l’«appropriation artistique». L’analyse par théorisation ancrée (Paillé, 1994) des données, obtenues par l’enregistrement de répétitions avec verbalisation, par des entretiens d’explicitation (Vermersch, 1994) et d’auto confrontation (Theureau, 2010), a permis d’identifier les composantes des phénomènes observés, lors de cette étape, qui pourrait constituer une partie importante du processus de création d’une interprétation musicale.



Résumé
2
Musique et médiatique
Patrick Saint-Denis (UdeM - Université de Montréal)

Le décloisonnement entre les différentes disciplines artistiques ne constitue pas une nouveauté en soi. Les approches de la mixité dans les arts sont aujourd'hui multiples, depuis les propositions audio-visuelles provenant du cinéma, jusqu'aux installations sonores robotisées, jamais les propositions artistiques ne se sont déclinées en des formats aussi divers que depuis les dix ou quinze dernières années. Cependant, l'engouement pour le multimédia dans les milieux musicaux demeure un phénomène encore relativement récent, voir même émergent dans certains cas. La multitude des foyers où son intérêt se manifeste confirme par contre une tendance lourde de sorte qu'une investigation du cadre théorique associé à ces nouvelles propositions s'impose de plus en plus.

Si nous croyons que les propositions hybrides constituent plus que la somme de leurs composantes (« on ne voit pas la même chose quand on entend; on n'entend pas la même chose quand on voit »[1]) il nous reste à savoir s'il persiste dans les œuvres multimédia une perspective qui serait spécifique au musicien.

Nous proposons de chercher des éléments de réponse à même les propositions artistiques qui nous semblent pertinentes en regard de notre analyse. Nous intérêt se limitera pour le présent exercice à l'alliage son-image tel que proposé par le corpus d'œuvres regroupées sous les appellations visual music, vidéomusique ou encore vidéoacousmatique.

[1]CHION M., L'Audio-Vision, Armand Colin, Paris, 2008



Résumé
3
Outil dramaturgique logiciel, un moyen de gérer la mise en scène de la complexité
Marc Philippe Parent (Université Laval), Robert Faguy (Université Laval)

À l’ère du tout numérique, il est rare de voir un spectacle théâtral à sa plus simple expression :  comédiens qui jouent le texte qui a été répété. La technologie permet de pousser l’art de la représentation plus loin, en donnant de plus en plus de liberté au concepteur. Le cinéma a aussi amené le spectateur à être de plus en plus habitué aux mouvements rapides de la caméra, aux changements rapides dans le montage des scènes, à l’arrivée continuelle de nouvelles informations. Les concepteurs ont donc de plus grand défis à relever du côté du spectacle pour le rendre encore plus attractif.

Nous pouvons utiliser des outils mécaniques, électriques, numériques ou télévisuels, comme les machines à fumée, les éclairages, la projection vidéo ou les effets sonores. Mais on peut aussi utiliser des moyens humains comme l’intensité du jeu, les déplacements, la variation de la projection de la voix. De plus, il est possible de choisir les moments où on fait intervenir ces mécanismes.

C’est ici que les méthodes traditionnelles utilisées dans la conception de spectacles théâtraux atteignent leur limite. En effet, comment décrire sur le texte ou sur un cahier de notes avec un simple crayon l’impact désiré de ces divers outils? Comment bien gérer la ligne du temps représentant l’apparition des différents événements prévus? Comment visualiser de façon évidente la conception complexe imaginée par le metteur en scène mais aussi comment démontrer le résultat désiré à toute l’équipe? 

Résumé
4
« Médita(c)tions créatives » à l’intention des utilisateurs des Cycles Repère
Chantal Prud'homme (Université Laval)

Dans la création théâtrale en collectif suivant l’approche des Cycles Repère, l’entraînement de l’acteur se compose parfois d’exercices de méditation auxquels on attribue des bienfaits aux plans de la présence, de la concentration et de la créativité.

On y aborde alors la méditation et la création comme deux activités destinées à être exécutées séparément, la première étant souvent une étape préparatoire à la seconde.

L’expression « partition exploratoire » désigne, dans l’approche Repère, le modèle employé pour ébaucher les consignes qui actionneront le processus créateur (exemple en annexe).

Cette proposition a pour sujet une démarche d’investigation qui a cherché à savoir comment rédiger des partitions exploratoires qui poursuivraient simultanément des objectifs de production créative et de pratique méditative.

La méthodologie repose sur l’écriture d’une trentaine de partitions exploratoires et la consignation des rapports d’expérimentation (objectifs, étapes et résultats) aux fins de la documentation de la démarche.

Au fil de cette communication, la chercheure expliquera le modèle de partition exploratoire des Cycles Repère, résumera les principes de la méditation ainsi que la méthodologie employée pour cette expérience. Elle présentera les partitions écrites sous forme de « médita(c)tions créatives », conçues dans l’intention de favoriser, du même souffle, le développement des compétences des utilisateurs de l’approche Repère et la pratique de la création théâtrale.

Résumé