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Présentateur des activités scientifiques

643 - Exploration des différentes facettes du processus de rétablissement et de mieux-être en dépendance : implications pour les personnes concernées, les services et les politiques publiques

  • Vendredi 15 mai 2026

Responsables

Le concept de rétablissement a été adopté dans un premier temps dans le domaine de la santé mentale puis s’est élargi au champ des dépendances. Toutefois, le rétablissement en dépendance est l’objet de controverses, traversé par l’existence de plusieurs définitions qui peuvent évoluer selon les contextes socio-culturels. Certaines de ces définitions proposent une vision normative du rétablissement, mettant l'accent sur l'abstinence ainsi que sur l'adhésion à un mode de vie axé sur le civisme (ASAM, 2005). D'autres privilégient une approche où le rétablissement est perçu comme un processus de transformation orienté vers le bien-être, sans imposer l’abstinence (SAMHSA, 2012). Bien que cette vision normative puisse parfois être acceptée par les personnes présentant un trouble de l'usage de substances (McQuaid et al., 2017), d'autres estiment que le terme rétablissement ne parvient pas à rendre compte de leur expérience de manière adéquate. Certains font valoir que cette définition implique des objectifs irréalistes sur lesquels ils n'ont pas de contrôle (par exemple, l'absence de craving : Neale et al., 2015) ou qu'elle néglige la quête de mieux-être facilitée par la consommation de substances (Tomlinson, 2024). De fait, l'étude des trajectoires de rétablissement a été principalement menée auprès d'hommes adultes en contact avec les services spécialisés en dépendance ou bénéficiant de nombreuses ressources personnelles et sociales (Hennessey, 2017) et ne prend pas suffisamment en compte les perspectives et expériences diverses (jeunes adultes, personnes âgées, femmes, personnes en situation de précarité, etc.). Un constat qui incite à développer une vision plus inclusive de la notion de rétablissement intégrant par exemple la dimension de la réduction des risques et pas uniquement celle de l’abstinence.  


Appel à communications

Le domaine des dépendances est plus traditionnellement orienté sur l’étude des déficits et des vulnérabilités(Rudzinski et al.,2017), ce qui peut engendrer des représentations sociales négatives (ex. individu dépourvu de volonté, de responsabilité et d’autonomie) et donner lieu à différentes formes de stigmatisation (Cournoyer-Lemaire et al.,2021;Jauffret-Roustide,2009). Organisé dans le cadre d'une collaboration entre le programme D3S (drogues, sciences sociales et sociétés de l'EHESS et l'Universite de Montréal, ce colloque vise à faire progresser les connaissances en explorant les trajectoires de rétablissement et de mieux-être des personnes aux prises avec cette problématique, tout en mettant en lumière leurs forces, leurs ressources, leurs motivations ainsi que les mécanismes qui les aident à naviguer à travers cette longue et complexe trajectoire souvent parsemée de défis. Ce colloque permettra de réunir les expertises diversifiées de chercheurs, étudiants, cliniciens et personnes concernées qui se sont penchés sur l’étude des trajectoires de rétablissement auprès de population sous-représentées, dans différents contextes socio-culturels(Québec, France).L’évènement facilitera un dialogue inédit et enrichissant sur cette question avec une attention à ce qui permettrait de soutenir leur processus de rétablissement, lors de leur utilisation de services. La réflexion sur le rétablissement est un débat théorique, elle a des implications pratiques pour les personnes concernées, la planification des services. En s'intéressant à des populations marginalisées ou sous-représentées, ce colloque vise à atténuer l'injustice épistémique dont ces individus sont souvent l’objet(Friedman,2021). L'injustice épistémique se manifeste par le refus de reconnaître certaines expériences comme valables en particulier lorsqu'elles sont confrontées à des approches de rétablissement qui privilégient l’abstinence. En portant la voix de ces individus, nous pouvons non seulement enrichir notre compréhension des parcours de rétablissement, mais aussi développer des pratiques et des politiques qui répondent réellement à leurs besoins.

Section multi#643 Vendredi 15 mai 2026 colloque en hybride (sur place et en ligne)

Date limite de réception des propositions - 6 février 2026

Personne à contacter pour soumettre votre proposition : myriam.beaulieu.1@umontreal.ca ET marie.jauffret-roustide@inserm.fr

Format de la soumission : au maximum 1 500 caractères espaces comprises (environ 200 mots) et avoir un titre d'un maximum de 180 caractères

Les personnes conférencières seront choisies en fonction de leur contribution envisagée à l’atteinte des objectifs fixés pour le colloque. Un souci particulier sera apporté à la sélection de personnes conférencières d’horizons variés afin de mettre en lumière un éventail d’expériences de rétablissement. De même que des personnes qui portent un regard critique, qui interrogent ou mettent en débat différentes conceptions du concept de rétablissement(voire le concept lui-même).