631 - Penser les « origines » dans les familles contemporaines : comparaison France-Québec et perspectives internationales

Section 600 - Colloques multisectoriels

  • Mardi 28 mai 2019
  • Mercredi 29 mai 2019


Responsables
  • Isabel Côté - UQO - Université du Québec en Outaouais
  • Agnès Martial - CNRS
  • Kévin Lavoie - UdeM - Université de Montréal

S'inscrivant dans le champ des études du genre et de la parenté contemporaine, ce colloque abordera la question de l’accès aux origines personnelles, revendiqué par un nombre croissant de personnes adoptées ou nées du recours à la procréation assistée. Dans l’adoption, un relatif consensus sur le droit à connaître ses origines semble s’être instauré sous l’effet des dispositions internationales relatives aux droits des enfants adoptés et des recommandations issues des sciences psychologiques, tandis que cette possibilité suscite encore d’importants débats concernant l’anonymat des dons de gamètes. Quels sont les effets de ces changements sur le droit ? Comment se traduisent-ils dans la réalité des parcours personnels, des vies familiales, et dans les façons de concevoir et définir la parenté ? Pour répondre à ces questions, ce colloque mobilisera différentes disciplines ainsi que des approches théoriques plurielles en sociologie, travail social, anthropologie, psychologie et droit. Nous mettrons en perspective différentes approches : l’analyse des dispositifs juridiques ; l’étude des pratiques institutionnelles -  administratives ou médicales - et des « supports » (dossiers administratifs, tests génétiques) associés à la connaissance des origines ; l’exploration, dans les familles, des représentations, des significations et du vécu de la notion « d’origines ». La comparaison privilégiera le Québec et la France, où cette question s’avère particulièrement actuelle du fait des changements législatifs récents concernant les personnes adoptées, ainsi que par les débats qui s’y déroulent quant à la levée de l’anonymat des dons dans la procréation assistée. La question des origines pourra être envisagée dans les formes « traditionnelles » de circulation des enfants, dans l’adoption contemporaine puis dans le champ de la procréation assistée, afin d’en analyser les différentes significations. L’étude d’autres contextes culturels ou nationaux sera bienvenue pour enrichir la comparaison.  

Ce colloque permettra d’éclairer la fabrication et l’application des lois relatives à l’accès aux origines, tout en apportant des éléments de connaissances sur la manière dont sont perçues et /ou vécues les origines dans les vies des personnes et de leurs familles. De par sa dimension internationale et comparative, il permettra aussi d’esquisser un tableau des changements qui affectent la parenté « euro-américaine » dans la pluralité de ses manifestations.

Appel à communications

Ce colloque interdisciplinaire abordera la question des origines, dans les familles constituées par l’adoption ou la procréation assistée. Une telle question constitue une entrée inédite pour comprendre les configurations relationnelles créées par l’adoption ou la procréation assistée et analyser leur devenir. Elle interroge le statut et la place des personnes ayant donné leurs gamètes, des parents de naissance, le rôle pouvant être attribué à une femme ayant porté l’enfant d’autrui, mais également la construction du couple parental et l’univers familial des enfants adoptés ou issus de la procréation assistée.  La question des origines se révèle également l’un des moteurs des évolutions législatives à l’œuvre dans les formes familiales actuelles. Au Québec, la loi 113 permet, depuis juin 2018, que les personnes adoptées aient accès aux données nominatives de leurs parents de naissance, si ces derniers y consentent. Les possibles incidences de cette disposition pourront être comparées au cas français, où la création du Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) en 2002 a organisé le recueil d’informations et un accès plus important des personnes nées dans le secret aux données administratives et personnelles concernant leur naissance. Le champ de procréation assistée n’est pas en reste alors que la levée de l’anonymat des personnes qui donnent leurs gamètes est à l’agenda de la révision actuelle de la loi française de bioéthique, suscitant de nombreux débats et de nouvelles questions. Au Québec, le Comité consultatif sur le droit de la famille, dans son rapport déposé en 2015, recommande la levée de l’anonymat des donneur.se.s de gamètes, considérant le droit de connaître ses origines comme étant dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Que révèle la question des origines sur notre compréhension de la parenté contemporaine ? Comment se traduit-elle dans la réalité des parcours personnels, des vies familiales, et dans les façons de concevoir et définir la famille ? Pour répondre à ces questions, ce colloque mobilisera différentes disciplines ainsi que des approches théoriques plurielles en sociologie, travail social, anthropologie, psychologie et droit et souhaite mettre en perspective différentes approches méthodologiques. La comparaison privilégiera le Québec et la France, où cette question s’avère particulièrement actuelle du fait des changements législatifs récents concernant les personnes adoptées, ainsi que par les débats qui s’y déroulent quant à la levée de l’anonymat des dons dans la procréation assistée. La question des origines pourra être envisagée dans les formes « traditionnelles » de circulation des enfants, dans l’adoption contemporaine puis dans le champ de la procréation assistée, afin d’en analyser les différentes significations. L’étude d’autres contextes culturels ou nationaux sera bienvenue pour enrichir la comparaison. 

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