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506 - Philosophie de l’éducation, histoire et études comparatives

Le mardi 8 mai 2018

Cette session comprend une diversité de communications faisant appel à la philosophie pour comprendre différents enjeux en éducation. La gestion axée sur les résultats, l’éducation des enfants et la pratique réflexive sont autant de thèmes qui permettent d’aborder des questions relatives à la souffrance des enseignants, à leurs perceptions, à la reconnaissance, à la résistance et au développement professionnel, selon différentes perspectives.

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Domaine
Section 500 - Éducation
Responsables
Monica Cividini
UQAC - Université du Québec à Chicoutimi
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 00
Communications orales
Les communications durent 15 minutes chacune. Au cours de la session, il y aura une pause et une période de questions. Les présidents de sessions pourront revoir l’ordre des communications avant la session.
La philosophie pour aider à comprendre différents enjeux de l’éducation
Présidence/Animation : Monica Cividini (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi)
Batiment : UQAC
Local : P1-6080
1
La souffrance des enseignants québécois : Habermas et la distorsion communicationnelle entre les acteurs de l’éducation
Arianne ROBICHAUD (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Hélène Masse-Lamarche (UQAM - Université du Québec à Montréal)

La souffrance vécue par les enseignants québécois est un phénomène qui préoccupe de plus en plus les sociologues et philosophes de l’éducation : difficultés d’adaptation, stress, épuisement, anxiété, dépression, voire abandon du métier sont autant de phénomènes qui sonnent l’alarme au regard de l’état actuel de la profession enseignante au Québec. Pour mieux comprendre ces phénomènes, cette communication présente les résultats d’une recherche menée auprès de 20 enseignants, et dont les objectifs sont de mieux comprendre les sources de ces différentes problématiques à l’aide d’entrevues semi-dirigées. À la lumière de ces résultats, il apparaît que différentes difficultés relationnelles et communicationnelles (enjeux liés à une forte perception de hiérarchie entre la direction d’établissement et les enseignants, frustrations dans le cadre des communications avec la commission scolaire, difficultés relationnelles entre collègues) participent directement à la souffrance enseignante telle que vécue par les participants : pour analyser ces enjeux, nous présentons ainsi les apports des théories du sociologue et philosophe allemand Jürgen Habermas, et plus particulièrement son concept d’intercompréhension développé dans Théorie de l’agir communicationnel (1987), afin de voir de quelle façon les enseignants peuvent non seulement mieux saisir les causes de leur souffrance au travail, mais également s’émanciper des limites et des problèmes soulevés.

Résumé
2
Gestion axée sur les résultats en éducation au Québec et liberté dans l’exercice de leurs fonctions des enseignants : une perspective inspirée des travaux de Horkheimer et Adorno
Maxime Gauthier-Lacasse (UdeM - Université de Montréal)

Durant les années 2000, le Québec s’est engagé sur la voie de la régulation par les résultats en éducation, courant de pilotage s’inscrivant dans la mouvance de la Nouvelle Gestion Publique. Cette Gestion Axée sur les Résultats (GAR) représente un virage important dans le champ de l’éducation et a contribué de près ou de loin à son lot de polémiques : palmarès des écoles, manipulation des notes, diplômes à rabais, etc. Si la couverture médiatique se concentre généralement sur ces débats, la littérature scientifique se focalise, quant à elle, sur l’analyse de ces politiques du point de vue de leur institutionnalisation. Ainsi, peu de travaux proposent des réflexions fondamentales sur le sujet de la GAR, et encore moins sur les effets vécus par les acteurs du système. Cette communication propose donc de s’interroger sur les impacts sur les enseignants amenés par la GAR en empruntant une perspective inspirée des travaux de Horkheimer et Adorno, philosophes et sociologues de l'École de Francfort ayant réfléchi sur les mécanismes de rationalisation instrumentale des systèmes et leurs effets sur les acteurs sociaux, particulièrement sur les incidences au regard de leur liberté au sein d’un tel système rationalisé. Nous compléterons cette réflexion en présentant des résultats préliminaires d’une recherche où des enseignants québécois sont interrogés au sujet de la souffrance qu’ils vivent au travail. Nous verrons donc si nos spéculations théoriques s’actualisent dans leur quotidien.

Résumé
3
Honneth et la perception des enseignants du Québec de la gestion axée sur les résultats (GAR) : reconnaissance, mépris, résistance
Arianne ROBICHAUD (UQAM - Université du Québec à Montréal), Camille Raunet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Depuis les années 2000, le système éducatif québécois s’est engagé dans la voie de la Gestion axée sur les résultats (GAR). Si le processus politique de mise en œuvre de ce courant est bien documenté, peu d’études se sont encore penchées sur la façon dont les enseignants perçoivent les transformations causées par ces politiques publiques dans l’exercice de leurs fonctions : cette communication présente ainsi les résultats d’une recherche menée auprès de 20 enseignants, dont les objectifs sont de mieux comprendre leur compréhension et perception des impacts directs de la GAR sur leur travail, et ce, à l’aide d’entrevues semi-dirigées. À la lumière de nos résultats, les participants rapportent différents enjeux (manque de consultation de leurs points de vue à propos de ces nouvelles politiques, manque de considération des réalités quotidiennes d’une salle de classe par le Ministère, manque de reconnaissance des valeurs fondamentales des enseignants, souvent en décalage par rapport à une vision ''comptable'' de l’éducation, etc.) qui ne sont pas sans soulever bon nombre de questions fondamentales au sujet du rôle de l’enseignant au Québec. Pour analyser ces enjeux, nous présentons ainsi les apports des réflexions du théoricien allemand Axel Honneth, et plus particulièrement des concepts développés dans La lutte pour la reconnaissance (2000) afin de voir de quelle façon nous pouvons interpréter, en termes critiques, les impacts de la GAR sur le travail des enseignants québécois.

Résumé
4
Relire Dewey : éduquer les enfants pour les rendre ingouvernables?
CHRISTOPHE POINT (Université de Lorraine)

Nous souhaitons interroger l'idée suivante : l'idéologie de l'éducation qui rend nécessaire l'éducation des enfants par des adultes repose sur deux postulats : 1/ éduquer et gouverner sont des actes parallèles, car 2/ ils reposent sur le même constat de l'insuffisance d'une intelligence privée. En effet, gouverner et éduquer sont des actions considérées selon une inégalité entre celui qui dirige l'action et celui qui la subit. Inégalité naturelle d'un puissant sur un faible, inégalité d'un savant sur un ignorant, bref, inégalité d'un « majeur » sur un « mineur ». Mais le plus troublant dans cette proximité entre éduquer et gouverner est leur codépendance rarement réfutée dans l'histoire. Celui qui gouverne a besoin d'être celui qui éduque et imposer son gouvernement est également indispensable à celui qui éduque. Nous souhaitons montrer ici que John Dewey est conscient de ce parallèle fondateur de l'idéologie de l'éducation. Il cherchera à rompre avec celui-ci en donnant dans ses écrits une finalité commune paradoxale à ces deux actes : celle d'en finir avec cette relation de codépendance de la politique et de l'éducation par la construction d'une intelligence collective. Ainsi il s'agit de dépasser la finalité commune de la pédagogie et de la politique pensée par les Lumières, c'est-à-dire de faire en sorte que cesse l'implication réciproque entre éducation et gouvernement  pour proposer, avec John Dewey, un dépassement de cette finalité commune en opposant les deux actes.

Résumé
5
Étude exploratoire sur l’évaluation des projets de design collaboratif
Virginie Tessier (UdeM - Université de Montréal), Mithra Zahedi (Université de Montréal)

La recherche traite de l’évaluation pédagogique des projets de design collaboratif. Ces projets impliquent des équipes multidisciplinaires composées d’experts collaborant sur des problèmes complexes. La formation professionnelle en design prépare les étudiants au milieu du travail en utilisant des méthodes comme l’évaluation authentique. Ces évaluations, calquées sur la pratique future, sont cruciales pour susciter la motivation et la réflexivité des étudiants. L’évaluation étant le plus grand motivateur à l’apprentissage, nous présentons notre questionnement sur l’authenticité des activités d’évaluation pour les projets de design collaboratif. Nous suggérons d’investiguer les pratiques d’évaluation professionnelles pour proposer des ajustements pour le milieu de l’éducation. Or, comment évaluer pédagogiquement les projets de design collaboratif afin de susciter des dynamiques cognitives semblables à celles sollicitées par la pratique? Afin de favoriser les solutions innovantes, nous adoptons la théorie de l’activité comme cadre théorique et méthodologique. Ce cadre est composé de cycles d’observations et de discussion-réflexion avec les acteurs-clés (enseignants, étudiants, praticiens) impliqués dans les dynamiques collectives de l’étude pour contribuer à l’émergence de solutions adaptées. En plus d’étudier un sujet peu exploré jusqu’ici, ce projet permet d’encourager la création d’un dialogue entre les choix pédagogiques d’évaluation et les attentes du milieu professionnel.

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