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618 - Pesticides : impacts sur la santé et l’environnement

Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.

 

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
Lise Parent
Télé-université, Université du Québec
Louise VANDELAC
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
08 h 30 à 09 h 25
Communications orales
Mot de bienvenue
Présidence/Animation : Lise Parent (Télé-université, Université du Québec)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
08 h 30
Mot de bienvenue
08 h 40
Pesticides et politiques publiques : enjeux, impacts, alternatives et transition
Louise VANDELAC (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Hélène Bacon (UQAM), Sébastien Pétrie (UQAM - Université du Québec à Montréal), Rémi Gagnon (UQAM), Paméla Prud'homme (UQAM)

Depuis Silent Spring de Carson, en 1962, la littérature scientifique a largement documenté les risques majeurs des pesticides et leurs coûts croissants sur l'environnement, la santé et la société. Le rapport de mars 2017 des rapporteurs spéciaux du droit à l’alimentation et des substances toxiques de l’ONU, s’inquiète de telles conséquences et blâme les fabricants de « déni systématique des méfaits » et d’entraves aux efforts de restriction des pesticides et il invite à créer « un processus mondial de transition vers une production alimentaire et agricole plus sûre et plus saine ». Centrée sur les enjeux socio-économiques et politiques des pesticides, leurs impacts sanitaires et environnementaux et les politiques publiques, cette conférence ciblera les herbicides à base de glyphosate, les plus vendus au monde. En dépit d’une hausse structurelle et exponentielle; des effets documentés de perturbation endocrinienne; des modalités d’évaluation contestées, des oppositions en Europe à leur ré-homologation et, en dépit, aux États-Unis, d’un scandale à la Erin Brockovich, suite au témoignage d’une ex-chercheure de l’EPA sur les effets cancérigènes du glyphosate (Le Monde (7/3/2017), le Canada s’apprête à reconduire pour 14 ans l’homologation du « glyphosate » sur d’étonnantes bases scientifiques et le Québec ose proposer une stratégie pesticide excluant les herbicides à base de glyphosate qui représentent 42% des pesticides. Transition vers une politique agroalimentaire écosanté?

Résumé
09 h 30 à 12 h 05
Communications orales
Pesticides : risques pour la santé et les écosystèmes
Présidence/Animation : Lise Parent (Télé-université, Université du Québec)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
09 h 30
Les risques associés aux pesticides
Onil Samuel (Institut national de santé publique du Québec)

L’homologation des pesticides se fait sur la base d’une approche d’évaluation des risques qui considère principalement la matière active et les données produites par le requérant. Cependant, il arrive que des études réalisées par des chercheurs indépendants viennent contredire et jeter un doute sur les évaluations des organismes d’évaluation, ce qui ajoute à la complexité du processus. En utilisant l’exemple du glyphosate, nous verrons comment il n’est pas toujours simple de conclure sur l’innocuité des produits concernés. Par ailleurs, des questions seront soulevées en lien avec le processus d’homologation qui ne répond pas toujours aux interrogations soulevées par la littérature scientifique. Plus précisément, les notions d’exposition chronique à de faibles doses de pesticides, d’effets endocriniens potentiels et de l’identification des déterminants de l’exposition pour les utilisateurs seront discutées.  

Résumé
09 h 50
Pistes de réflexion pour mieux protéger la population et l’environnement contre les pesticides
Louise Hénault-Ethier (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les pesticides sont par définition toxiques. On s’ingénue à quantifier leur toxicité avec des tests toxicologiques ciblés et nos gouvernements mettent en place des normes pour l’exposition humaine et environnementale censées protéger nos populations. Les risques sont jugés acceptables si on ne peut identifier un problème de sécurité avec un haut niveau de certitude mais qu’en revanche, un produit se montre efficace. Mais voilà que dans plusieurs juridictions, certaines substances actives sont interdites, tandis qu’elles continuent d’être homologuées au Canada. Plusieurs rapportent que les agro-industriels responsables des tests toxicologiques en vue de l’homologation des pesticides sont en conflit d’intérêt, et certains gouvernements se disent impuissants face à des géants internationaux. Enfin, chaque substance active est testée isolément, même si l’on sait qu’elle est utilisée en formulation avec d’autres produits chimiques, et qu’ultimement, dans notre environnement, les êtres vivants seront réellement exposés à un cocktail de pesticides et autres produits toxiques dont on connait très mal les conséquences. Tandis que nos gouvernements se font blâmer pour une gestion déficiente des pesticides, comment pourrions-nous réformer notre système de gestion des pesticides et notre système de production agricole pour minimiser concrètement les risques liés à l’utilisation des pesticides? Cette conférence tentera d’offrir des pistes de réflexion à cette problématique criante.

Résumé
10 h 45
Nouvelles méthodes pour l’analyse ultra-trace d’insecticides systémiques par chromatographie liquide couplée à la spectrophotométrie de masse
Juan Manuel Montiel Leon (UdeM - Université de Montréal)

Les néonicotinoïdes sont une nouvelle génération d’insecticides hydrosolubles et faiblement bioaccumulables. Les premières études semblaient indiquer que ces derniers présentaient une relative innocuité pour les organismes non ciblés, ceci leur permettant d’être placés parmi les insecticides les plus vendus en 2008. Cette utilisation massive des néonicotinoïdes dans l’environnement a probablement impacté les écosystèmes terrestres et aquatiques. Récemment, les premières conséquences liées à cette utilisation accrue ont frappé les pollinisateurs naturels tels que les abeilles domestiques. De nombreuses espèces d’insectes pourraient en outre être affectées, ce qui pourrait également nuire aux populations d’oiseaux et autres petits prédateurs insectivores.

Compte tenu de ces découvertes, les organismes internationaux ont établi des normes de qualité pour l’eau et d’autres produits de consommation, les limites fixées étant généralement de l’ordre de la dizaine de ng·L-1, ce qui nécessite la mise en œuvre de méthodes d’analyse sensibles.

Le présent travail de recherche consistait à développer des méthodes analytiques sensibles et rapides par chromatographie liquide ultra-haute performance couplée à la spectrométrie de masse en tandem. L’application de ces méthodes a permis de documenter les niveaux et profils d’insecticides néonicotinoïdes dans les eaux de surface et l’eau potable au Québec, les fruits et légumes, ainsi que d’autres produits de consommation.

Résumé
11 h 05
Exposition cutanée aux pesticides et pratiques de prévention chez les producteurs de pommes québécois
Danièle Champoux (IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail), Caroline Jolly (IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail), Ludovic Tuduri (IRSST)

L’utilisation des pesticides croît dans l’agriculture québécoise mais une ambiguïté persiste quant aux effets sur la santé. Deux projets multidisciplinaires apportent des perspectives complémentaires sur l’utilisation des pesticides et les pratiques de prévention des producteurs de pommes.

La production fruitière intégrée préconisée par la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture recoupe les objectifs de prévention à la source par l’élimination et la réduction de l’utilisation des pesticides. Les producteurs traitent différemment mais les contraintes environnementales et financières et le manque d’information sur le risque pesticides font que l’efficacité des traitements demeure un critère de choix des pesticides plus important que la protection de l’environnement et de leur santé.

L’analyse de l’activité des producteurs révèle peu d’incidents mais des situations de micro-exposition cutanée nombreuses et répétées. L’utilisation des équipements de protection individuelle, incontournable en contexte agricole, n’est pas systématique. Les difficultés décrites pour le choix des vêtements de protection (VP) sont fondées : la désignation claire et la normalisation des VP requis selon les expositions, les tests en situation réelle, le confort et la disponibilité des VP posent problème. Des pratiques de prévention basées sur les savoir-faire de métier sont cependant utilisées.

 Les résultats démontrent que les producteurs sont aux prises avec objectifs difficiles à concilier.

Résumé
11 h 25
Exposition aux insecticides et développement de l’enfant : estimer les risques pour la population générale
Maryse Bouchard (UdeM - Université de Montréal)

Les pesticides sont abondamment utilisés, surtout pour en agriculture mais également pour des utilisations domestiques. Une enquête populationnelle récente a montré que 15% des ménages canadiens ont utilisé des pesticides au cours du dernier mois.  Si l’utilisation des pesticides dont la toxicité est la mieux documentée tend à diminuer, celle de produits moins bien étudiés pour leurs risques sanitaires augmente proportionnellement. Plusieurs études épidémiologiques récentes suggèrent des liens entre l’exposition aux pesticides et des déficits cognitifs ainsi que des problèmes de comportement chez les enfants. Une hypothèse est que l’exposition aux pesticides interfère avec le développement normal du système nerveux – notamment pendant le développement prénatal -- et contribue ainsi à la prévalence de ces problèmes développementaux. L’objectif de la conférence est de présenter les nouvelles avancées scientifiques sur les risques neurotoxiques des pesticides pour la santé des enfants.

Résumé
11 h 45
Pesticides et santé reproductive : où en sommes-nous?
Patricia Monnier (Université McGill)

L’OMS définit un perturbateur endocrinien comme "une substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien (le système qui sécrètent nos hormones) et a des effets nocifs sur la santé de l'individu touché ou sur sa descendance". Les pesticides appartiennent à cette famille de produits et sont partout. Les sources de contaminants sont nombreuses, souvent occultes, et à l'heure actuelle, la vaste gamme de conséquences positives et négatives sur l'écosystème et la santé humaine n'est que partiellement comprise. Deux principes de toxicologie seront revisités, à savoir, la relation dose-effet et l’effet cocktail puis nous ferons le point sur nos connaissance actuelles sur l’impact potentiel sur la santé reproductive des pesticides. De plus, il faut prendre en compte le moment de l’exposition d’un organisme à ces substances (fenêtre de susceptibilité), ce qui veut dire qu’à certains moments de la vie un organisme est plus sensible à la toxicité d’une substance chimique. Les indices s’accumulent sur la relation entre les expositions durant la grossesse et l'apparition de maladies dans la vie adulte (ou encore DoHaD ²developmental origin of health and disease²). Ainsi, les mécanismes épigénétiques, c’est-à-dire les mécanismes moléculaires qui régulent l’activité des gènes, pourraient expliquer comment l'environnement induit des changements stables au sein d’un embryon, à l’origine éventuellement de maladies, héritables sur plusieurs générations.

Résumé
Dîner
12 h 05 à 13 h 15
Dîner
Dîner
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
Après-midi
13 h 15 à 14 h 15
Communications orales
État de l’encadrement public des pesticides
Présidence/Animation : Louise Hénault-Ethier (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
13 h 15
Produit antiparasitaire ou pesticide? Les bases de la construction d’une législation au Canada et au Québec
Sébastien Petrie (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les pesticides sont de juridictions partagées entre le fédéral et le provincial, chacune avec ses compétences propres mais aussi, chacune avec leurs univers de sens.  Un examen de l’encadrement des pesticides ne peut se faire en examinant que leurs seules compétences, nous devons porter un regard sur le choix des termes utilisés pour construire les lois et règlements. Les définitions à la base des différentes lois et règlements seront analysées afin de mettre en lumière la portée et les limites des dispositifs législatifs et réglementaires canadiens et québécois. La double définition du terme antiparasitaire dans la législation canadienne constitue un des éléments des limites des lois sur les pesticides.  Dans le but d’avoir une meilleure compréhension de l’encadrement des pesticides au Canada et au Québec, nous identifierons certains éléments clés de la construction des politiques publiques. L’examen de la législation nous oriente sur l’importance légale de l’étiquette élaborée par les fabricants de pesticides. De plus, nous porterons un regard critique sur la construction des différentes normes en matière de pesticides dans l’eau et l’alimentation.

Résumé
13 h 35
La stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture : des actions concrètes pour réduire l’usage et les risques des pesticides
Marie-Hélène April (Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec)

La Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture (SPQA) vise une réduction de 25 % des risques pour la santé et pour l’environnement liés à l’utilisation des pesticides en milieu agricole d’ici 2021. Elle vise également à accroître l’adoption de la gestion intégrée des ennemis des cultures. La mise en œuvre de cette stratégie est sous la responsabilité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, du ministère de la Santé et des Services sociaux, de l’Union des producteurs agricoles et d’autres partenaires sectoriels.

Afin de réduire les risques environnementaux ainsi que l’exposition des travailleurs et de la population aux pesticides, des aides financières sont offertes aux producteurs; de nombreux projets sont financés (ex. le programme Prime-Vert) pour développer des moyens et des stratégies de lutte contre les ennemis des cultures à moindre risque; et divers services et outils sont développés, tels le Réseau d’avertissements phytosanitaires, SAgE pesticides, IRPeQ-express et la Trousse d’information sur les pesticides : pour protéger l’environnement et la santé humaine.

La SPQA porte fruit : les interventions gouvernementales en matière de pesticides sont concertées et convergent toutes vers une réduction des risques des pesticides pour la santé et pour l’environnement en assurant de la viabilité aux entreprises agricoles.

Résumé
13 h 55
Une stratégie efficace pour réduire l’usage des pesticides
Jean Cantin (CREPPA)

Beaucoup d’argent et d’efforts sont investis pour réduire les risques et les usages des pesticides. Les expertises acquises permettent leur réduction dans plusieurs des cas. Toutefois, le recours à ces expertises est parfois onéreux et demeure « volontaire ». Même s’il est d’usage de penser que la recommandation de pesticides soit un champ d’expertise réservé uniquement aux agronomes, il est exceptionnel de voir sur le terrain une recommandation d’application de pesticides signée par un agronome. Les producteurs agricoles ont la liberté d’acheter au comptoir de vente et d’appliquer tous les pesticides homologués pour leurs cultures tant et aussi longtemps qu’ils se conforment à la prescription de l’étiquette du produit à appliquer, et qu’ils disposent d’un permis d’utilisation délivré par le MDDELCC.

L’usage des pesticides en agriculture est en réalité soumis aux seules règles du marché où les profits prédominent sur les impacts que ces produits ont sur notre santé et notre environnement. Aucun principe de précaution n’est pris en compte dans la décision d’appliquer ou pas un pesticide. Aucun levier légal ne force le choix d’un pesticide tout aussi efficace, mais à moindre risque, en comparaison à un autre plus à risque. Au Québec, des volumes non négligeables de pesticides sont épandus chaque année sans aucune justification agronomique ou scientifique au préalable. Cette situation peut et doit changer!

Résumé
14 h 15 à 15 h 15
Communications orales
Alternatives aux pesticides
Présidence/Animation : Louise Hénault-Ethier (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
14 h 15
La réduction de pesticides au Québec : avez-vous pensé aux alternatives?
Fabrice Kamion (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le système agricole québécois est essentiellement dominé par la monoculture intensive. Ce modèle d’agriculture fait appel entre autres à un usage accru des intrants chimiques dont les pesticides. Plusieurs études de par le monde révèlent des externalités négatives de ces produits sur la santé et l’environnement. Bien que le gouvernement du Québec se soit doté des différentes stratégies pour réduire l’utilisation des pesticides, la province peine à atteindre ses cibles. Le vérificateur général du Québec a dressé un portrait préoccupant: le bilan de ventes indique une tendance à la hausse soutenue, la présence des pesticides a été détectée dans l’eau (souterraine et surface en milieu agricole), les mesures mises en places sont insuffisantes afin d’influencer les agriculteurs à opter pour des pratiques respectueuses de l’environnement, peu de mesures réglementaires sont déployées afin de réduire l’usage des pesticides en agriculture.

Afin d’y remédier, nous estimons nécessaire de repenser ce modèle d’agriculture. À cet effet, il existe plusieurs alternatives aux pesticides, et ce, de différents ordres : stratégies agricoles, mesures sociopolitiques et économiques etc. Dans le contexte québécois, l’agriculture biologique et les mesures sociopolitiques et économiques sont deux stratégies qui peuvent aider la province à atteindre ses objectifs de réduction des pesticides.

Résumé
14 h 35
L’équation Pesticide : compatible avec des alternatives non chimiques?
ERIC LUCAS (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L’adoption des pesticides d’un point de vue historique s’est faite à l’intérieur d’une équation à l’échelle humaine, dans une perspective d’augmentation des rendements agricoles. Néanmoins, cette équation s’inscrit également dans une optique environnementale et plus particulièrement dans une optique de service écosystémique de contrôle naturel des organismes dit ravageurs.

Les organismes dits utiles, qui sont en temps « normal » responsables du contrôle naturel des ravageurs, sont particulièrement exposés aux pesticides, de par la diversité des voies d’entrées des composés et de par leur histoire évolutive différente de celle des ravageurs. La fenêtre d’utilisation des outils non chimiques avec des outils chimiques devient donc très étroite, voire même parfois complétement fermée. Les pesticides appellent alors les pesticides.

Alors, que faire pour se sortir de cette spirale? Il existe dans les faits une batterie de moyens alternatifs de lutte non chimiques, qui peuvent permettre un contrôle efficace des organismes nuisibles. Il existe aussi des voies par lesquels ces moyens peuvent être compatibles avec une lutte chimique ciblée et donc s’inscrire dans l’équation pesticide et par le fait même la modifier.

Résumé
14 h 55
Vers une modélisation sociométabolique de l’agriculture intensive en pesticides dans la vallée du Saint-Laurent : le cas du complexe soya-maïs-porcin
Éric Pineault (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Nous présenterons les linéaments d'un modèle sociométabolique (Giampetro 2001) de l'agriculture intensive développée dans la vallée du Saint-Laurent combinant grandes cultures céréalières (Maïs-Soja) et élevage intensif hors-sol (porc et volaille). La production primaire céréalière est soutenue par un apport intensif d'intrants pétrochimiques, ayant trois fonctions métaboliques principales : énergiser la machinerie, fournir des nutriments sous forme de minéraux assimilables et « protéger » les cultures avec des pesticides de synthèse. Une partie significative de la production primaire est ensuite convertie en biomasse animale destinée aux marchés d'exportation ou de consommation locale, avec une efficacité de conversion variable. La balance est exportée sous forme de matière brute ou absorbée comme intrant dans l'industrie agroalimentaire. La valeur économique de la filière repose sur la production intensive de ces 3 extrants : biomasse animale (viande), céréales et légumineuses exportées ou transformées. Le modèle socio-métabolique vise à identifier les processus écologiques (incluant les services écosystémiques mobilisés ou perdus) et économiques (intrants, machinerie, heures de travail) nécessaires pour produire la valeur économique finale et vise à mesurer "l'efficacité biophysique" de la production de la valeur économique à partir de quelques indicateurs types. Nous analyserons un flux qui résulte de la production porcine visant le marché d'exportation. 

Résumé
15 h 15
Pause
15 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Conférence de fermeture
Présidence/Animation : Louise VANDELAC (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
15 h 30
Effets toxiques des herbicides à base de glyphosate sous les seuils réglementaires
Robin Mesnage (King's College London)

Les herbicides à base de glyphosate sont les pesticides les plus utilisés à travers le monde, leur utilisation s’intensifiant avec les cultures d’OGM conçues pour les tolérer. Nous avons réalisé la seule étude de toxicité évaluant les effets à long-terme du Roundup. Nos résultats montrent des impacts sur les foies et les reins de rats, ainsi que le développement de tumeurs, à partir de faibles doses environnementales, sous les seuils réglementaires. Ces effets s’expliquent par la toxicité de co-formulants qui sont considérés comme inertes dans les formulations de pesticides. Les co-formulants éthoxylés, 10.000 fois plus toxiques que le glyphosate sur les cellules humaines, sont de bons candidats pour expliquer les effets toxiques du Roundup. D’une manière générale, les co-formulants des pesticides sont impliqués dans des épidémies de perturbations endocrines aussi bien chez les animaux sauvages que dans les populations humaines. Ces lacunes entraînent une sous-estimation de la dose journalière admissible du glyphosate. Nous recommandons la réalisation de nouvelles études toxicologiques, et l’abaissement de la dose journalière admissible, afin de tenir compte des incertitudes présentes dans l’évaluation du risque des effets du glyphosate. Les normes réglementaires pourraient être améliorées par l'ajout de facteurs d'incertitudes visant à prendre en compte les effets cocktails des mélanges de pesticides auxquels les populations sont exposées par l'eau ou l'alimentation.

Résumé
16 h 00 à 16 h 50
Panel
Gestion des pesticides au Québec et à l’international
Présidence/Animation : Louise VANDELAC (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Participants : Jean Zigby (Association canadienne des médecins pour l’environnement), Lucie Granger (Association pour la santé publique du Québec), Lucie Sauvé (UQAM - Université du Québec à Montréal), Robin Mesnage (King's College London)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
16 h 50 à 17 h 00
Communications orales
Mot de la fin et annonces pour le CREPPA
Présidence/Animation : Louise VANDELAC (UQAM - Université du Québec à Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1B24
Soir
17 h 00 à 19 h 00
Cocktail
Anniversaire du CREPPA