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316 - La promenade au 21e siècle dans les domaines du loisir, de la création et de la pédagogie

Alors que plusieurs villes se dotent de promenades urbaines (Québec, New York , Bordeaux, Montréal, Saragosse, etc.), que les artistes mobilisent également la promenade comme acte de création, que les citoyens et les organismes communautaires travaillent à travers la création de promenades à se réapproprier leur quartier et à le faire connaître, la nécessité d’organiser un colloque sur cette thématique s’impose. D’autant plus, que les effets positifs de la promenade sur la pensée, la santé, la mise en scène, la création et la découverte sont indéniables et documentés par différentes disciplines (sociologie, géographie, histoire, art, littérature, etc.). En effet, dès l’antiquité la promenade est mobilisée par les philosophes, ensuite par les écrivains, les grands penseurs, les artistes, les citoyens, etc. Qu’en est-il de nos jours? Que nous dit la promenade sur la relation des individus à la ville, qu’ils en soient habitants ou touristes? Sur la façon dont elle est mobilisée pour donner du sens au lien nature-ville, mais également pour explorer, analyser et s’approprier les interstices de la ville? Pour tenter de répondre à ces questions, nous nous référerons, d’une part, à la promenade en tant qu’activité et espace de loisir que l’on aménage selon certains principes, et, d’autre part, à la promenade porteuse de création tant artistique que citoyenne pour donner à voir et à vivre certains espaces différemment, et, enfin, à la promenade comme approche pédagogique immersive et réflexive à la fois.

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Colloque
Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines
Responsables
UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières
Université de Pau et Pays de l'Adour

Alors que plusieurs villes se dotent de promenades urbaines (Québec, New York , Bordeaux, Montréal, Saragosse, etc.), que les artistes mobilisent également la promenade comme acte de création, que les citoyens et les organismes communautaires travaillent à travers la création de promenades à se réapproprier leur quartier et à le faire connaître, la nécessité d’organiser un colloque sur cette thématique s’impose. D’autant plus, que les effets positifs de la promenade sur la pensée, la santé, la mise en scène, la création et la découverte sont indéniables et documentés par différentes disciplines (sociologie, géographie, histoire, art, littérature, etc.). En effet, dès l’antiquité la promenade est mobilisée par les philosophes, ensuite par les écrivains, les grands penseurs, les artistes, les citoyens, etc. Qu’en est-il de nos jours? Que nous dit la promenade sur la relation des individus à la ville, qu’ils en soient habitants ou touristes? Sur la façon dont elle est mobilisée pour donner du sens au lien nature-ville, mais également pour explorer, analyser et s’approprier les interstices de la ville? Pour tenter de répondre à ces questions, nous nous référerons, d’une part, à la promenade en tant qu’activité et espace de loisir que l’on aménage selon certains principes, et, d’autre part, à la promenade porteuse de création tant artistique que citoyenne pour donner à voir et à vivre certains espaces différemment, et, enfin, à la promenade comme approche pédagogique immersive et réflexive à la fois.

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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 00
Communications orales
Introduction
Présidence/Animation : olivier soubeyran (Université de Grenoble-Alpes)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
09 h 00
Mot de bienvenue
Sylvie Miaux (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
09 h 15
Introduction du colloque
olivier soubeyran (Université de Grenoble-Alpes)

Olivier Soubeyran est professeur à l'Institut de Géographie Alpine de l'Université de Grenoble et membre du laboratoire PACTE CNRS. Ses travaux portent sur l'évolution de la pensée aménagiste et géographique, les théories de la planification environnementale et la question du développement durable. Dans un de ses derniers ouvrages il explore la portée de l'improvisation dans le processus actuel de recomposition de la pensée aménagiste face aux enjeux environnementaux. Dans le cadre de ce colloque, Olivier Soubeyran introduira la question de la promenade au XXIème siècle dans une perspective aménagiste renouvelée afin d'ouvrir la réflexion, d'initier le questionnement qui nous mobilisera tout le long du colloque.

Résumé
10 h 00 à 11 h 45
Communications orales
Promenade et loisir (Partie 1)
Présidence/Animation : Laurent Turcot (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Discutant : olivier soubeyran (Université de Grenoble-Alpes)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
09 h 45
Introduction de la journée « promenade et loisir »
Laurent Turcot (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

En plus d'introduire les communications de la journée, une mise en contexte de la promenade d'un point de vue historique sera présentée le tout dans la perspective du loisir.

Résumé
10 h 00
Analyse croisée des expériences « in situ » des usagers et concepteurs de promenades urbaines : à travers les cas de Bordeaux, Québec et Saragosse
Sylvie Miaux (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

C’est un véritable changement au cœur des villes et de leur espace public qui s’opère et se matérialise sous différentes formes dans le monde : « espace partagé » aux Pays-Bas, « living street » au Royaume-Uni, promenade plantée et quartiers verts à Paris, « High-Line » à New-York, etc. À travers ces différents exemples, les espaces qui sont aménagés pour faciliter la mobilité durable ne se limite pas à la seule fonction de déplacement, ce sont aussi des espaces ludiques où l’usager peut « faire corps » avec la ville Parmi ces différents types d’aménagement existants, c’est sur la promenade urbaine que nous avons centré notre recherche. Trois promenades urbaines ont été retenues : les quais de Bordeaux, la promenade Samuel de Champlain à Québec et la promenade le long de l’Èbre à Saragosse.

Il s’agira, dans cette communication, de répondre à travers l’analyse de l’expérience des usagers et des concepteurs de ces différentes promenades, à différentes questions : que nous apprennent, à ce sujet, les expériences des « promeneurs » et des « concepteurs » du XXIe siècle ? Est-ce que les concepts d’aménagements développés autour de la promenade urbaine mettent en scène des espaces de déambulation, de convivialité, d’interaction propices à la cohabitation d’usages et au développement d’espaces de loisir ? Enfin, y-a-t-il singularisation ou, au contraire, reproduction de scénographies similaires en dépit de la distance physique et culturelle.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45
Le patrimoine et la promenade : les perspectives visuelles comme points de repère de création de parcours, le cas du site patrimonial le Sault-au-Récollet
Nour Riyadh Guessoum (UdeM - Université de Montréal)

Cette communication présente l’exploration et la mise en application d’une méthode d’identification et d’évaluation des perspectives visuelles. Une méthode qui pourrait instaurer une nouvelle définition de l’opération de montage d’un parcours dans un site patrimonial et enrichir, par conséquent, l’expérience des usagers ou des visiteurs.  La présentation qu’on propose se développe sur trois parties qu’on explique dans ce qui suit : dans sa première partie, on développe l’étroite relation entre la question de préservation des perspectives visuelles d’importance et le rôle que ces perspectives jouent dans la mise en valeur d’un site patrimonial. Dans la deuxième partie, on démontre d’une part l’opportunité et le potentiel que ces perspectives visuelles d’importance peuvent ramener pour un parcours. D’autre part, on démontre la possibilité de montage de parcours à partir des perspectives visuelles importantes. Dans la dernière partie de communication, on va présenter une méthode de définition et de sélection des perspectives visuelles d’importance dans un site patrimonial : le Sault-au-Récollet, à l’aune de la question suivante : « Quelles sont les perspectives visuelles méritantes d’être incluses dans un parcours représentatif du site patrimonial, le Sault-au-Récollet. Et sous quels critères la sélection de ces perspectives peut être faite»

Résumé
11 h 15
De l’aménagement des promenades de la baie d’Alger à l’évolution des pratiques ludiques
Lila Nouri (Université de Biskra (Algérie) - Laboratoire LACOMOFA), Abdallah FARHI (département d’architecture Université de Biskra, Algérie)

 

 Tandis que la promenade urbaine tend à définir un type d’aménagement spécifique et prisé par la planification, définissant une nouvelle tendance urbaine à travers des lieux propices à la déambulation et aux loisirs; la notion d’attractivité fait florès, elle est considérée comme un levier de développement des territoires, et tend à devenir incontournable tant dans les stratégies territoriales que dans les discours des élus. Au-delà de la volonté de satisfaire les usagers, sources de revenus, il y a aussi une volonté de créer des centralités attractives tout en offrant des espaces de qualité. 

L’objectif de cette communication est de montrer que la fréquentation et l’usage d’un lieu, résulte de facteurs multiples et variant en fonction des temporalités. La volonté municipale est déterminante dans la mesure où l’aménagement et la réglementation influent sur les pratiques, sans pour autant en retirer leur spontanéité. L’aménagement de promenades urbaines en front de mer algérois sur un lieu anciennement terrain vague et délaissé, a engendré un attrait particulier pour cette zone côtière, stimulé par une offre d’espaces entretenus et sécurisés, adaptés à la promenade, aux pratiques sportives, aux rassemblements festifs, et aux rendez-vous entre amis ou en famille. 

Résumé
Dîner
11 h 45 à 13 h 30
Dîner
Repas
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
Après-midi
13 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Promenade et loisir (Partie 2)
Présidence/Animation : Laurent Turcot (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Discutant : Laurent Turcot (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
13 h 30
Quand les vignobles deviennent des lieux de promenade…
Amélie ROBERT (UMR CITERES (CNRS/Université de Tours)), Jean-Louis Yengué (Université de Tours)

L’œnotourisme connaît un réel essor en France. Cette tendance est à mettre en lien avec le désir de nature des citadins. La campagne, ses vignobles deviennent des espaces de loisirs, où l’on vient se promener. Quelles promenades sont proposées aux touristes ? Quelles en sont les implications pour les territoires, notamment en termes d’aménagements ? La présente proposition se fonde sur l’exemple de vignobles situés dans le Val de Loire, où ont été réalisées des observations in situ ; elles ont complétées par des entretiens semi-directifs menés auprès d’acteurs locaux et par l’analyse de sites internet et de la littérature grise. Des promenades le long de parcours sont proposées aux touristes ; ce sont les « routes des vignobles », les parcours entre vignes et Loire, voire la Loire à vélo – les vignobles ont participé à l’inscription d’une partie de la Loire au patrimoine mondial de l’UNESCO. Des promenades sont aussi organisées dans le cadre de manifestations annuelles. Ces nouvelles activités de loisirs ont des répercussions dans les paysages. Outre les panneaux, des aménagements sont créés. Et pour attirer les touristes, la vigne est mise en scène. On assiste aussi à une patrimonialisation des vignobles, perceptible par la restauration du patrimoine viticole bâti. Décors de ces promenades, les paysages viticoles, leur histoire sont mis en avant, ce qui n’est pas sans conséquence pour les viticulteurs, pour qui ces lieux de promenade sont leurs lieux de travail.

Résumé
14 h 00
La promenade comme argument marketing : ouverture et aménagement du secteur brassicole français
ANTOINE DABAN (Université Orléans)

Depuis 1985, le secteur brassicole français observe l’apparition d’un nouvel acteur : la microbrasserie. Au sein d’un marché brassicole oligopolistique et désincarné, comment ces micro-entreprises ont-elles su se réinventer ? Notre hypothèse interroge la place de la promenade comme argument marketing : local, patrimonial et naturel. Par l’intermédiaire de questionnaires, deux enquêtes ont été réalisées, permettant la définition d’un échantillon de 780 microbrasseries, et deux routes de la bière. Celles-ci permirent la mesure quantitative et spatiale de 2 variables ; l’ouverture à la visite des entreprises et la composition des routes de la bière. De l’étude de ces données se dégagent trois grands résultats : La généralisation et l’agrémentation de promenades au sein des entreprises brassicoles. La construction de ces promenades autour d’identité originale. Et la mise en avant d’un paysage brassicole réinventé. Ceci tend à confirmer le caractère marketing de promenades ancrées localement autour d’aspects patrimonial et naturel. Une conception tryptique de la promenade, propre à développer l’empathie et l’identification à l’entreprise et ses produits, suivant les courants actuels locavore, slow food et bio.

 

Résumé
14 h 30
Marcher pour animer / Animer pour marcher
Souad LARBI MESSAOUD (UdeM - Université de Montréal), Sébastien Lord (UdeM - Université de Montréal), Perla Serfaty-Garzon (UdeM - Université de Montréal)

L’intérêt que porte la ville de Montréal à la marche se révèle par son plan de transport et la charte du piéton, prenant acte des enjeux multiples de la marche- écologique, de santé publique, et de sociabilité urbaine, nous conduisant à poser la question des critères qui conditionnent la mise en œuvre des projets de piétonisation: Quelle est la nature du lien entre la marche et l’ambiance urbaine?

Nous nous proposons de cerner la notion définie comme 'nomade' d'ambiance urbaine. S’adossant tantôt sur la dimension objective et physique de l’espace public, tantôt sur la dimension subjective et sensible de l’expérience vécue, elle exige de comprendre l’expérience corporelle déambulatoire, dans un contexte particulier, celui d’animation urbaine éphémère à Montréal.

Notre approche vise donc à cerner l’expérience de la marche en tant que loisir et la création d'ambiances éphémères comme outil d'aménagement et de gestion de la vie collective urbaine, en adoptant un cadre théorique au croisement de plusieurs disciplines, soit la géographie sociale, l’urbanisme, la phénoménologie et la psychologie environnementale, et en utilisant des méthodes de recherche sur le terrain, telles la carte psycho-géographique et la vidéo captation in situ, afin de rendre compte de phénomènes relevant du registre perceptif, sensoriel, et comportemental, dépassant les audits urbains actuels qui mesurent la marchabilité d’un site urbain à sa seule dimension physique, excluant la dimension vécue du marcheur.

Résumé
15 h 00
Promenade fleuve-montagne
Julie Boucher (Ville de Montréal), Véronique Angers (Ville de Montréal)

La Promenade Fleuve-Montagne trace le lien pieÅLton entre les deux ico^nes naturelles de la ville, soit le fleuve Saint-Laurent, au sud, et le Mont-Royal, au nord. Servant à la fois de guide et d’occasion déambulatoire unique, ce parcours de 3 km se découvre au fil d’expériences distinctes qui font vivre au promeneur le coeur emblématique de Montréal. Ce legs du 375e anniversaire de la fondation de Montréal propose des aménagements qui améliorent la sécurité et le confort des piétons, en plus de créer des moments de pause et des occasions de rencontres. Dans un environnement réaménagé et ponctué d’oeuvres d'art public, ce tracé met en scène une myriade de rues et de places publiques iconiques. La Promenade Fleuve-Montagne s’adresse au grand public comme aux amateurs de culture, de patrimoine, d’architecture, d’art ou d’histoire. Elle s’inscrit dans le quotidien des citoyens, des riverains du projet et des travailleurs du centre-ville et est une destination de choix pour les touristes nationaux et internationaux, ainsi que pour les familles. Pour son année inauguratrice, une programmation soutenue d'activités ponctuelles est prévue afin de rendre la Promenade vivante et de favoriser son appropria6on par les citoyens et les riverains. Ces activités viendront en support au projet d'aménagement et créeront des occasions de rencontre, de pause et de divertissement. Marché public, exposition artistique ludique, aménagements comestibles, comptoir gourmand, kiosque proposant les produits de créateurs montréalais, bibliothèque en plein air, rendez-vous musicaux et culturels, ateliers éducatifs sont au nombre des activités développées en étroite collaboration avec de nombreux partenaires de la Promenade sur tout le tracé de la Promenade.

Résumé
15 h 30
Période de questions
Soir
16 h 30 à 19 h 00
Cocktail
Promenade extérieure
Batiment : Extérieur du campus
Local : Non applicable
16 h 30
Promenade ou enquête? Marcher avec Hendrik Sturm (Partie 1)
Hendrik Sturm (Ecole supérieure d'art et design Toulon Provence Méditerranée)

Hendrik Sturm, artiste et enseignant à l’école des Beaux-Arts de Toulon (France) organise des promenades pour le grand public, en milieu urbain ou péri-urbain, où il initie les marcheurs à rester à l’affût des « traces », des indices d’appropriation humaine des lieux, présents ou passés.

La promenade dirigée par Hendrik Sturm invite à ralentir, à s’arrêter, sur les lieux qui comportent des traces. Il donne ensuite des clefs pour les déchiffrer, les instruire. C’est dans cette perspective, qu’Hendrik Strum proposera une promenade dans les rues de Montréal.

Promenade d'une durée de 2h30

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 45
Communications orales
Promenade et création
Présidence/Animation : Luc GWIAZDZINSKI (Université Grenoble Alpes)
Discutant : Luc GWIAZDZINSKI (Université Grenoble Alpes)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
09 h 00
Introduction : promenade et création
Luc GWIAZDZINSKI (Université Grenoble Alpes)
09 h 15
La promenade comme fabrique d’espace public et nouvelle forme d’urbanité déambulatoire : le cas des berges de Rabat
Abdellah Moussalih (Institut National d'Aménagement et d'Urbanisme), Luc Gwiazdzinski (Universirté de Grenoble (France)), Aziz Iraki (l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme de Rabat)

De Shanghaï à Paris en passant par Bordeaux, les façades maritimes et fluviales des métropoles sont devenues les vitrines de leurs nouvelles ambitions et des espaces de sociabilité et où la fonction de promenade est devenue centrale.

Dans l’histoire de la ville de Rabat au Maroc, il a fallu attendre le début du 21ème siècle pour que les berges du Bouregreg ne deviennent un site de promenade à fréquenter, un lieu à visiter, à habiter, où consommer et rencontrer, une scène où voir et être vu. Depuis lors, la mutation socio-économique du site s’est accélérée et la réputation du Bouregreg et de ses quais universalisée.

A partir de l’observation des circulations et des interactions, nous nous interrogerons sur la promenade comme forme d’expression urbaine fondée sur le mouvement, sorte «d’urbanité déambulatoire», dans laquelle les corps se croisent, s’effleurent, s’esquivent selon des codes précis, mettant en œuvre de nouvelles chorégraphies et géographies. Nous nous interrogerons aussi, sur ce lieu produit selon les nouveaux standards internationaux des métropoles et du tourisme, comme «géosymbole d’une urbanité» et d’une sociabilité cosmopolite à la fois inclusif et exclusif et sur cette fabrique d’espace public où les femmes et les jeunes couples prennent une place importante.

Résumé
09 h 45
Narrations de l’espace urbain : promenades littéraires et artistiques franco-québécoises
carole Bisenius-Penin (UL - Université de Lorraine)

Cette communication s’attachera tout d’abord à saisir la promenade comme une possible pratique de développement territorial, en focalisant notre étude sur la gestion de l’urbanité qui relève à la fois d’enjeux divers (culturels, touristiques, patrimoniaux) et qui pose la question de la participation des populations par le biais par exemple de parcours crées « par et pour les citoyens ». A travers une exploration de zones mixtes urbaines, ce premier axe nous donnera aussi l’occasion d’aborder la promenade comme « stratégie de revitalisation urbaine », sous l’angle conceptuel en réfléchissant aux catégories et notions (tiers espace, tiers paysage) qui structurent le territoire.

Ensuite, il sera intéressant de montrer comment la promenade apparaît comme un médium artistique, à la fois « acte et support », un dispositif de narration de l’espace qui met en scène un imaginaire des lieux, une cartographie des interstices de la ville sur le plan littéraire (Georges Perec, André Carpentier) et artistique (L’Agence Touriste de Mathias Poisson).

Enfin, dans une ultime partie, nous appréhenderons, au gré de quelques déambulations (Promenade des écrivains de Québec, Promenade de la poésie de Trois-Rivières, Promenades sonores de Radio Grenouille à Marseille), l’espace hodologique (Besse, 2004) comme une forme d’interaction sociale et collective, à travers sa dimension sensorielle et corporelle visant à créer du lien, à partager les lieux, à fabriquer des souvenirs.

Résumé
10 h 15
La promenade littéraire : entre découverte des lieux et lecture des œuvres
Rachel Bouvet (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette communication étudiera la promenade littéraire à partir de deux angles différents : la recherche-création et l’expérimentation. Je présenterai dans un premier temps le parcours sonore géolocalisé « L’écho du lac » réalisé par la coopérative d’artistes Audiotopie en 2014 en collaboration avec La Traversée-Atelier de géopoétique. Étant à l’origine de ce projet, j’expliquerai son contexte, la manière dont il s’intègre dans la balade littéraire « Sur les pas de Marie Le Franc » (Bretagne), comment l’installation d’un panneau a donné lieu à une création artistique, elle-même devenue le support d’une création collective (carnet multimédia). Cette promenade vise à développer les liens entre la littérature et la dimension sonore des lieux et à vivre une expérience géopoétique. Dans un deuxième temps, j’exposerai quelques réflexions issues de l’expérimentation d’un tout autre type de promenade littéraire, faite à partir d’un guide de la collection « L’esprit des lieux », qui propose des parcours dans la ville intramuros de Saint-Malo axés sur la découverte des auteurs ayant vécu dans ce lieu ou l’ayant visité. L’analyse mettra en évidence la dimension géocritique de la promenade tout en observant le rapport entre la lecture et la marche, le texte et l’espace vécu. Pour terminer, j’expliquerai comment j’intègre la promenade comme dispositif pédagogique dans mes cours de 1er cycle et de cycles supérieurs consacrés à la géopoétique et aux liens entre littérature et géographie.

Résumé
10 h 45
Pause
11 h 00
Histoires de paysages sonores
Isabelle Clermont (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Épopée de quelques semaines en terre européenne, entre Lyon, Nantes et Besançon, des marches se sont érigées sur les chemins de parcours sensoriels.

Marcher pour façonner l’espace, pour imaginer des architectures d’écoute, pour glaner des souvenirs audio-kinesthésiques et relationnels. Marcher pour transposer nos sons en couleurs et nos couleurs en sonores. Marcher pour mesurer la beauté comme fragilité intrinsèque du monde.

Marcher au rythme des lieux, en saisir sa musique, son intériorité,  successions de passages, d’ouvertures et de resserrements, de surplombs et d’immersions de paysages sonores construits et in situ.

Des offrandes de « fields recording » illustrant une expérience sensible du territoire au cœur de multiples cartographies, seront l’amorce de ce partage.

Résumé
11 h 40
Balades habitantes : lever le pied! Activer le sens?
Hélène DOUENCE (UPPA), Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour)

Les villes proposent de plus en plus de balades urbaines accompagnées, au rythme lent de la marche. Ceux qui y participent aspirent à prendre part différemment aux lieux et y envisagent autrement leur mode d’habiter la ville; chemin faisant, ils découvrent, testent, imaginent, interagissent, se surprennent, se racontent, collaborent… et expériencent (expériencer, mélange d’expérience et d’expérimentation incluant une part d’aventure - Michel Lussault, 2014) les espaces urbains sous un angle sensible et cognitif inhabituel. Mais ne peut-on pas en dire autant à propos des porteurs de projets de ces balades, que ces dernières engagent d’abord eux-mêmes dans un processus de découverte, de soi, des autres et de l’espace environnant? Les trois balades ici retenues (« Les 5 saisons de l’arbre », « randonnée urbaine autour des trésors citoyens » et « Pau, ville comestible ») ont pour point commun une volonté de « reconnecter » les individus à des dimensions d’un quotidien urbain (consciemment ou non) négligées, méconnues, voire occultées (reconnexion à la nature et à la localisation de l’alimentation en ville, au monde de la vieillesse et de la maladie, à la pauvreté ou à l’initiative citoyenne discrète). Contexte et média, la balade est un espace-temps de rencontres où places, ancrages, visibilité, déploiement, occupation, frontières et passages… se jouent en mouvement. Après avoir présenté brièvement chaque dispositif, nous les envisagerons comme terrain privilégié d’apprentissages multiples en relation avec la matière géographique.

Résumé
12 h 10
Période de questions
Dîner
12 h 45 à 13 h 45
Dîner
Repas
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
Après-midi
14 h 30 à 17 h 00
Communications orales
Atelier promenade avec Hendrik Sturm
Présidence/Animation : Hendrik Sturm (Ecole supérieure d'art et design Toulon Provence Méditerranée)
Discutant : Luc GWIAZDZINSKI (Université Grenoble Alpes)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
14 h 30
Promenade ou enquête? Marcher avec Hendrik Sturm (Partie 2)
Hendrik Sturm (Ecole supérieure d'art et design Toulon Provence Méditerranée)

Hendrik Sturm, artiste et enseignant à l’école des Beaux-Arts de Toulon (France) organise des promenades pour le grand public, en milieu urbain ou péri-urbain, où il initie les marcheurs à rester à l’affût des « traces », des indices d’appropriation humaine des lieux, présents ou passés.

La promenade dirigée par Hendrik Sturm invite à ralentir, à s’arrêter, sur les lieux qui comportent des traces. Il donne ensuite des clefs pour les déchiffrer, les instruire. C’est dans cette perspective, qu’Hendrik Strum proposera une promenade dans les rues de Montréal.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Promenade et pédagogie
Présidence/Animation : Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour)
Discutant : Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
09 h 00
Introduction : promenade et pédagogie
Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour)
09 h 15
Une balade géo-littéraire dans le Panier (Marseille) sur les pas de Jean-Claude Izzo pour faire, et faire faire, de la géographie « autrement »
Florence TROIN (CNRS - Centre national de la recherche scientifique)

Dans la « Trilogie » d’Izzo, la ville que parcourt et décrit le héros est bien plus que le simple décor d’une enquête policière, c’est le personnage principal du récit. Cette ville, c’est Marseille… La profusion de toponymes cités – révélée par un travail précédent de « mise en cartes » des romans – incite à vouloir mettre ses propres pas dans ceux de Fabio Montale, emboîtant assurément ceux de l’écrivain.

Ainsi est née une « balade géo-littéraire », centrée sur le quartier du Panier, choisi pour cette déambulation car c’est le plus « parcouru » d’une part, et parce que le centre historique de Marseille revêt de multiples facettes d’autre part : espace « de la mémoire sociale », espace « martyr » en 1943, espace qui a vu pousser les « immeubles Pouillon » lors de la reconstruction, espace en cours de gentrification à la fin des années 1990, espace touristique aujourd’hui puisqu’il n’est pas rare d’y rencontrer des croisiéristes en escale.

La principale valeur de cette expérience pédagogique – la balade dure environ 2 h, entrecoupées de pauses-lectures – est qu’elle permet une double connexion : celle de la fiction avec la réalité de son terrain dans un premier temps, et celle du terrain avec la géographie (topographie, paysages, itinéraires, architecture...) dans un second. En somme, elle concrétise le fait que la littérature est bien une source d’analyse dont peuvent, et doivent, s’emparer les géographes.

 

 

Résumé
09 h 45
La balade en ville comme outil pour apprivoiser les mathématiques
Nadia Lafrenière (UQAM - Université du Québec à Montréal), Stéphanie Schanck (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le but de cette contribution est de présenter une expérience réalisée à Montréal, dans laquelle nous nous sommes servies de la balade comme d’un support pédagogique pour initier les participantes, participants à différents concepts mathématiques. Nous avons pour ce faire utilisé différents monuments et autres éléments d’urbanisme pour les associer à des notions mathématiques accessibles à un large public. Par exemple, la circulation routière nous a amenées à aborder des notions de théorie des graphes et une carte du Quartier des spectacles a servi de point de départ à l’explication de la preuve par induction. Les balades Maths en ville ont été présentées à des groupes mixtes d’initiés aux mathématiques et de curieuses et curieux. La réaction des personnes ayant participé a montré que le fait d’errer dans la ville permet non seulement de jeter un nouveau regard sur les objets qui nous entourent, mais aussi de modifier la perception qu’a le public des mathématiques, notamment en les présentant sous leurs aspects les plus concrets et omniprésents. Le projet Maths en ville a également été présenté dans le cadre d’activités scolaires à des groupes d’écoles secondaires et de cégeps et nous présenterons les résultats de ces expériences. Enfin, nous insisterons sur l’apport du jeu dans la pédagogie et sur les façons dont il peut enrichir l’apprentissage.

Résumé
10 h 15
Pause
10 h 30
Parcours géographiques apprenants : entre innovation ouverte et néo-situationnisme
Luc GWIAZDZINSKI (Université Grenoble Alpes)

La communication s’intéresse aux « parcours géographiques apprenants » comme dispositifs pédagogiques immersifs et réflexifs qui s’appuient sur l’expérience par la pratique et sur l’éprouvé de participants issus de disciplines et d’univers différents. Elle explore les approches déambulatoires de la discipline géographique qui convoquent le sensible et offrent une place nouvelle à l’expérience et au mouvement sur le terrain à partir de protocoles orientés vers la recherche, l’apprentissage, l’animation territoriale ou la co-construction de politiques publiques.

Elle s'appuie notamment sur l’analyse d’expériences suivies ou initiées depuis une vingtaine d’années dans une logique d’innovation ouverte : exploration urbaine, apprentissage scolaire et universitaire ; animation et mobilisation territoriales. Elle décrypte le fonctionnement de ces « situations » mobiles temporaires, entre planification et improvisation. Elle met en évidence l’hybridation des protocoles (scientifiques, professionnels, artistes) et s’interroge sur l’émergence d’une scène néo-situationniste et de compétences géo-artistiques.

Enfin, elle s’intéresse aux apports de ces protocoles in vivo en mouvement dans la pédagogie, la recherche et la fabrique urbaine et s’interroge sur cet intérêt et les limites de ces hors les murs.

Résumé
11 h 00
La marche comme espace d’expérimentations : approche réflexive des liens qui nous font
Guillaume Matuzesky (École normale supérieure de Lyon)

 

 La promenade est pratiquée dans des contextes extrêmement divers, et ses pratiquants quêtent des moments de marche différents : le circuit sportif et convivial pour accéder au bien-être; la randonnée en immersion dans la nature sauvage; la marche quasi mémorielle sur les traces du proche; l’expérience esthétique ou mystique de la montagne. Ces portraits peuvent nourrir une réflexion sur la portée pédagogique de la marche. D’abord, en reconnaissant la perception subjective du marcheur, l’environnement traversé peut être mobilisé comme un cadre propice à l’imagination. Dans cette dynamique, l’expérimentateur est projeté dans les conditions de la création littéraire et artistique : chacun peut s’autoriser à créer. Ensuite, la marche dévoile les liens qui nous font. Pratique solitaire, elle est aussi entièrement faite de l’environnement traversé et des co-marcheurs. Intériorités et extériorités s’entremêlent, les échanges collectifs permettent d’entrevoir un instant ce qu’est ce corps en marche, un noeud changeant fait de son environnement humain et non-humain. Enfin, il s’agit d’envisager les restes de cette balade. Dans le temps, des images travaillent et peuvent resurgir dans d’autres contextes. Elles sont porteuses d’imaginaires, de projets à expérimenter et de futures marches à vivre. La question pédagogique de la transmission de l’engagement, au double sens de la rigueur envers soi et autrui, est également abordée par la pratique de la marche, entre autonomie et solidarité. 

Résumé
11 h 45
Période de questions
Dîner
12 h 00 à 13 h 00
Dîner
Repas
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
Après-midi
13 h 00 à 14 h 30
Communications orales
Promenade et pédagogie
Présidence/Animation : Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
13 h 00
Marche-démarche : retour sur une expérience menée avec l’artiste « marcheur-sculpteur d’espace » Hendrik Sturm
Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour), sylvie Miaux (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Hélène Douence (UPPA), Bruno Charlier (UPPA)

Notre proposition de communication s’inscrit dans la mouvance des promenades d’artistes qui s’inspirent, entre autres, de l’hodologie comme science des chemins, des routes et des voyages (Besse, 2009 ; Sturm, 2010) et qui se développent depuis quelques années (Miaux, Roulez, 2014). Ces promenades ouvrent de nouvelles perspectives en matière de lecture des espaces tant urbains que ruraux dans leurs formes d’habiter (Stock, 2004), d’habitabilité récréative (Corneloup, 2014). C’est dans le cadre d’un Workshop proposé aux étudiants de Master II de géographie, dans l’objectif de les initier à une nouvelle façon de lire l’espace urbain et notamment le rapport ville-nature, en suivant le cours du Laü (petit ruisseau urbain), que nous avons fait l’expérience de co-création d’une promenade avec l'artiste marcheur-sculpteur d'espace Hendrik STURM (2010). Quelle forme d’habitabilité récréative se construit autour de l’expérience de la co-création d’une promenade artistique ? Cette habitabilité récréative semble se jouer à la fois à travers l’expérience sensible où le corps est convoqué pour saisir l’espace parfois même pour transgresser certaines règles et également en tant que promenade cognitive dans la construction de connaissances qui interroge, entre autres, les notions de cospatialité (Lévy, 2013; Sturm, 2009), de performativité, etc. 

Résumé
14 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Table ronde et conclusion : la promenade, paradigme, révélateur, observatoire, laboratoire, atelier, etc.?
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 1214
14 h 30
Quelle(s) suite(s) à donner au colloque?
Sylvie Miaux (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières), Danièle Laplace-Treyture (Université de Pau et Pays de l'Adour), Hélène Douence-Treyture (UPPA)

La table ronde sera, d'une part, l'occasion de faire un bilan sur le colloque et, d'autre part, d'ouvrir la discussion sur les suites à donner à cet événement : à la mise en place éventuelle d'un réseau de chercheurs sur penser, créer, faire vivre, etc. la promenade et ceci dans différents contextes. Les propositions, les commentaires des conférenciers permettront de cerner les opportunités d'échange, de création et de réflexion à privilégier dans le futur. 

Résumé