415 - Polymorphie des modes de prise en charge de la crise psychique : tensions, arrimages et points de fuite des dispositifs clinico-juridiques

Section 400 - Sciences sociales

  • Lundi 7 mai 2018


Responsables
  • Pierre Pariseau-Legault - Université du Québec en Outaouais
  • Guillaume Ouellet - Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal
  • Audrey-Anne DUMAIS MICHAUD - UQAM - Université du Québec à Montréal

Malgré les visées politiques d’intégration sociale, les personnes composant avec des problèmes de santé mentale ou un handicap intellectuel sont susceptibles de se retrouver dans des espaces d’exclusion (ex. : rue, psychiatrie, prison). Ce problème souligne les limites du travail institutionnel cloisonné et appelle les acteurs mobilisés à repenser leur intervention dans une posture collaborative.

Appel à communications

Les personnes composant avec des problèmes de santé mentale ou avec un handicap intellectuel et qui adoptent des comportements dits problématiques sont susceptibles de faire l’objet de processus sociaux contribuant à leur mise à l’écart au sein d'espaces hétérotopiques (Foucault, 1967). Ces espaces sont variés et peuvent, par exemple, référer à la rue, à l’unité psychiatrique ou à la prison. Cette situation suscite un malaise dans plusieurs milieux d’intervention en contexte de post-institutionnalisation, questionnant ainsi l’omniprésence de processus d’exclusion sociale. Ce phénomène semble inéluctable. Indépendamment de la volonté des acteurs, la judiciarisation de ces personnes prend la forme d’une conséquence non intentionnelle (Giddens, 1987). Face à ce problème, qui souligne les limites du travail institutionnel disciplinaire cloisonné, ces derniers reconnaissent la nécessité de croiser leurs « mondes » (Meyer, Skuza, 2016), de s’approprier des outils développés par d’autres champs d’intervention et de repenser leurs pratiques dans une posture collaborative.

Le processus pénal constitue sans conteste la partie la plus visible de ces mesures, mais il est souvent précédé ou adjoint d'une vaste diversité d'actions se situant au carrefour des domaines cliniques et juridiques. Ces actions ont un effet certain sur la nature des soins et des services offerts en amont du processus pénal, sur la mise en place de processus de judiciarisation affectant souvent ces personnes, ainsi que sur leur cheminement au sein du système pénal. Alors que chaque dispositif de prise en charge se présente comme un moyen de soutenir l’intégration sociale, le véritable dénominateur commun du travail des agents normatifs mobilisés se traduit dans le devoir de neutraliser, de contrôler, d’encadrer ou d’invisibiliser sous un autre statut les individus qui ne se qualifieront jamais comme citoyens à part entière (Ouellet, 2017). Comme ces dispositifs sont soutenus par différents types d'acteurs (policiers, travailleurs sociaux, médecins, infirmiers, etc.), la pertinence d'une mise en commun de leurs expertises particulière apparait comme une possibilité d'action vis-à-vis cette situation.

Quels sont les effets potentiels issus du croisement de ces modes d’intervention ? Assistons-nous à l’émergence de disciplines hybrides propres à l’interface sociojudiciaire ou plutôt à la reconfiguration d’anciennes formes de régulation qui, sous le vernis de la grammaire contemporaine de la concertation, demeurent pratiquement inchangées ? En adoptant une perspective interdisciplinaire, ce colloque propose de réfléchir aux réponses probables qu’il est possible de formuler vis-à-vis ces questions. Ce colloque se tiendra dans la journée du 7 mai 2018. Les propositions de communication (titre et résumé) doivent être d'une longueur maximale de 300 mots ou 1500 caractères et doivent être acheminées à M. Guillaume Ouellet (guillaume.ouellet.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca) avant le 15 février 2018.

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