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Les universités québécoises avant la Révolution tranquille

L'amélioration de la formation scientifique passait nécessairement par le développement du système universitaire francophone. À cet égard, les années 1930 à 1960 marquent une évolution considérable.

RacineOn a beaucoup insisté sur la signification historique de la Révolution tranquille dans le mouvement de modernisation du système universitaire québécois1. La création, en 1968, du réseau de l'Université du Québec matérialise l'importance symbolique de l'enseignement supérieur et de l'éducation en général dans la série de réformes entreprises à partir de 1960. En cette matière comme en tant d'autres, cependant, ce qui a été réalisé dans les années 1960 était déjà en préparation dans les années 1930, 1940 et 1950.

Au début du siècle dernier, les recherches réalisées dans les enceintes universitaires francophones semblaient médiocres à plusieurs observateurs. En 1933, par exemple, Mgr Camille Roy, recteur de l'Université Laval, déplorait la « part misérable […] faite aux laboratoires et aux cliniques » dans les écoles de médecine francophones2. Faisant écho aux discours du frère Marie-Victorin et de son collègue lavallois Adrien Pouliot, il appelait de ses vœux l'établissement d'une « formation scientifique supérieure et universitaire », particulièrement dans les domaines des sciences pures et appliquées. Il en allait de l'avenir de la nation canadienne-française3.

L'amélioration de la formation scientifique passait nécessairement par le développement du système universitaire francophone. À cet égard, les années 1930 à 1960 marquent une évolution considérable.

La construction d’un système universitaire

C'est un euphémisme de dire que le sort des établissements francophones, durant les deux premiers tiers du XXe siècle, était tributaire de l'Église catholique. Sur le plan administratif, la direction de l'Université Laval et de l'Université de Montréal revenait d'office à des hauts dignitaires ecclésiastiques. Sur le plan financier, la majeure partie des fonds d'opération provenait des revenus de l'Église et des campagnes publiques de souscription. Le gouvernement se confinant dans un rôle subsidiaire4, les sommes qu'il consacrait au développement de l'enseignement supérieur étaient le fruit de décisions discrétionnaires et donc sujettes à d'imprévisibles variations5.

Gouvernée par l'Église à l'instar de l'ensemble du système scolaire, l'université québécoise francophone n'était ni un espace de recherche scientifique à la manière des établissements d'enseignement supérieur allemands ou américains, ni un milieu accessible au plus grand nombre, ni un lieu d'expression de la pensée critique. Au contraire, elle était conventionnellement conçue comme un organe de reproduction de l'ordre établi et un vivier catholique de régénérescence du monde. Elle devait contribuer à la conservation et à la transmission du patrimoine culturel catholique au Canada ainsi qu'à la formation de l'élite intellectuelle, professionnelle et morale. L'institution était, pour le dire avec le directeur du Devoir, Gérard Filion, une « fabrique de messieurs6 » : un réservoir des forces vives de l'intelligence destiné à renouveler le bassin de main-d'œuvre des professions libérales qui, à cette époque, présidaient au devenir de la nation canadienne-française7.

Les années trente marquent un tournant dans le processus de scientifisation de la formation universitaire. Tout en demeurant prudentes face à la rationalité scientifique, les autorités se montrent de plus en plus sensibles aux bénéfices économiques et sociaux de la recherche et ouvertes à la rationalité et aux méthodes de la science moderne.

Les années trente marquent un tournant dans le processus de scientifisation de la formation universitaire. Tout en demeurant prudentes face à la rationalité scientifique, les autorités se montrent de plus en plus sensibles aux bénéfices économiques et sociaux de la recherche et ouvertes à la rationalité et aux méthodes de la science moderne. Seulement, si une place était faite à la science, celle-ci devait marcher main dans la main avec la foi, un principe bien exprimé par la devise de l'Université de Montréal – Fide splendet et scientia – « Elle rayonne par la foi et la science ». L'union entre science et religion demeurait indissoluble: hors de la religion ne pouvaient régner que l'erreur et la confusion. C'est dans cet esprit quelque peu ambivalent d'un point de vue épistémologique que sont fondées la Faculté des sciences de l'Université Laval, en 1937, et l'École des mines, en 1938. À l'Université de Montréal, le frère Marie Victorin, fondateur de l'Institut botanique, puis du Jardin botanique de Montréal, en 1933, milite depuis de nombreuses années pour la structuration des recherches scientifiques. Les sciences humaines et sociales connaissent elles aussi un essor vers la recherche méthodique avec la création de l'Institut d'études médiévales à Ottawa en 1935 et la fondation de l'École des sciences sociales, économiques et politiques de l'Université Laval par le père Georges-Henri Lévesque, en 1938. À la fin des années 1930, ces milieux de recherche, pour la plupart dirigés par des religieux, amorcent une mutation des universités québécoises qui va dans le sens d'une émancipation de la tutelle cléricale et de la doctrine catholique.

Massification, modernisation et professionnalisation universitaires

Comme elle l'a fait pour tant d'autres aspects de la société canadienne-française, la Deuxième Guerre mondiale a catalysé d'importants changements dans le milieu universitaire francophone. Elle produit d'abord un effet démographique. Le retour des soldats et d’une économie de paix génèrent une croissance rapide des effectifs étudiants dans les universités canadiennes8. À l'Université Laval, par exemple, on dénombre 1 807 inscriptions en 1939. Ce nombre passe à 5 206 en 1945, puis à 7 991 en 19559. En parallèle, les effectifs professoraux croissent et se professionnalisent tandis que les établissements s'organisent de manière à faire plus efficacement pression sur les responsables gouvernementaux. Dans l'ensemble des universités québécoises, le nombre de professeurs à temps plein passe de 1 121 en 1940 à 2 154 en 194510. Alors que les universités participent activement à l'effort de guerre, la Conférence nationale des universités et des collèges canadiens, un groupe de pression né en 1911, en profite pour se rapprocher du gouvernement11.

En 1949, la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada (Commission Massey) fait converger ces phénomènes concomitants. Cette commission a eu des conséquences déterminantes sur le développement de la recherche au Canada. La principale d'entre elles est d'entraîner un accroissement considérable du financement des universités au pays. Au Québec toutefois, les répercussions de cette enquête sont moins directes, mais tout aussi capitales à long terme. 

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Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, lettres et sciences au Canada, 1949. De gauche à droite : Norman Mackenzie, président, University of British Columbia; Vincent Massey, président de la Commission et recteur (chancellor), Toronto University; Georges Henri Lévesque, professeur de sociologie, Université Laval; Hilda Neatby, professeure d’histoire, University of Saskatchewan. Source : Division des archives de l’Université Laval – P151/D/5/5,4 Fonds Georges-Henri Lévesque.

Le rapport de la Commission Massey, déposé le 1er juin 1951, constitue une pièce maîtresse dans la stratégie de construction nationale du gouvernement libéral de Louis Stephen St-Laurent. Les auteurs du rapport recommandent notamment qu'en « plus de l'aide qu'il donne actuellement à la recherche et à d'autres fins, le gouvernement fédéral apporte annuellement des contributions financières à l'œuvre des universités au prorata de la population de chacune des provinces du Canada » et qu'après « consultation avec le gouvernement et les universités de chacune des provinces », ces contributions financières soient distribuées à chaque université au prorata du nombre des étudiants inscrits12. Le 19 juin, le gouvernement fédéral prend acte de cette recommandation et annonce une subvention de 7,1 M$ aux universités canadiennes. 

Cette intervention aiguillonne la sensibilité autonomiste pour le moins épidermique du gouvernement québécois de l'Union nationale et de son chef, Maurice Duplessis. Après avoir toléré la première année ce « précédent extrêmement délicat et dangereux13 » faute de pouvoir apporter une meilleure solution aux besoins urgents des institutions québécoises, le Premier ministre interdit définitivement en 1952 l'accès aux deniers offerts par Ottawa14. Aux yeux du chef québécois, ces octrois représentent une poussée de trop dans la brèche de l'autonomie provinciale entrouverte sous la pression du gouvernement central à la faveur de la Crise économique de 1930 et de la Deuxième Guerre mondiale15. En 1953, M. Duplessis commande à son tour une commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels, dont le mandat autorise les commissaires à examiner le sort des universités et les moyens de l'améliorer.

Dirigée par le juge Thomas Tremblay, qui lui donna son nom, cette commission est instituée en partie pour répondre aux problèmes constitutionnels soulevés par la question des subsides fédéraux aux universités. Sans doute plus élaboré que ne l'aurait souhaité le Premier ministre, son rapport – soumis en 1956 – est rapidement remisé. Il inspirera néanmoins certains axes de la Révolution tranquille, notamment en ce qui concerne l'enseignement supérieur16. Reconnaissant « la gravité de la situation » les commissaires souscrivent notamment à deux suggestions parmi celles qui leur ont été soumises par les universités lors des audiences: « la création d’un fonds pour l’enseignement supérieur qui s’alimenterait à même une partie des impôts sur les sociétés, et la mise sur pied d’un Conseil des universités composé d’universitaires qui se chargeraient de distribuer – sans interventions politiciennes – les subventions à l’enseignement supérieur »17. Pallier aux déficits financiers des universités par des octrois ponctuels et inconstants ne suffit plus. Selon les commissaires, il faut y remédier par une refonte complète des modalités d'allocation des ressources, tel que le suggérait le mémoire de l'Université Laval : 

  • « Il n'est pas suffisant que les octrois soient établis en vertu des lois; il faut en outre que ces lois en précisent les modalités de versement, en fixent le montant global pour une période donnée, et aillent même jusqu'à déterminer les sommes annuelles minima. Autrement ces lois ne constituent qu'une autorisation accordée à l'Exécutif de payer, s'il le juge à propos, une somme maxima donnée pour la période désignée dans ces lois; mais elles ne créent aucune obligation véritable quant au paiement de la somme de l'octroi, ni quant aux versements annuels, ni quant à la date, ni quant à toute autre condition jugée utile18. »

Le gouvernement choisira d'ignorer ces recommandations et de continuer à octroyer les fonds publics selon sa propre évaluation des besoins universitaires, maintenant du même coup la question universitaire au cœur des débats sociaux durant toute la décennie. Comme le montrent les comptes publics de la province (Tableau 1), le financement public des universités subit une hausse soudaine en 1951, puis retombe aussi subitement en 1952, avant de connaître une hausse fulgurante, en 1956, à la faveur d'octrois spéciaux aux universités Laval et de Montréal. Ces investissements sont rendus possibles par le rapatriement d'une partie de l'impôt sur le revenu des particuliers consacré par la Loi assurant à la province les revenus nécessités par ses développements.

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Si elle n'entraîne pas de changements immédiats dans la façon dont le financement public est octroyé aux établissements, la crise des subsides fédéraux a tout de même pour effet de faire entrer la question universitaire dans le champ des responsabilités étatiques. Au même moment, l'Église admet que ses ressources ne suffisent plus à combler besoins croissants des établissements19

Les commissions Massey et Tremblay marquent aussi l'apparition d'un nouvel acteur dans le jeu politique canadien et québécois : l'universitaire. Comme le souligne le sociologue Jean-Charles Falardeau dans un article paru en 1952, au cours des années d'après-guerre « s'est multipliée une espèce nouvelle dans notre […] faune intellectuelle : celle du professeur de carrière, qui s'est ajoutée à l'espèce traditionnelle du spécialiste qui ne consacrait à l'université que les heures de son enseignement ou de quelques recherches »20

Cette émergence entraîne deux conséquences majeures sur la notion d'université. D'abord, les acteurs qui l'animent commencent à se saisir d'une certaine conscience de classe qui les pousse à intervenir de manière plus ferme et mieux organisée dans les débats qui touchent leur milieu socioprofessionnel. Ensuite, ces « professeurs de carrière » insistent de plus en plus sur l'aspect de leur travail qui concerne l'avancement des connaissances : la recherche. Dans un article de 1956, le botaniste Pierre Dansereau, par exemple, rappelle que les institutions d'enseignement supérieur « can hardly pretend to their title if they merely function as depositories of knowledge and do not in some measure contribute to its increase »21.

Au milieu des années 1950, l'université québécoise se trouve donc au confluent de phénomènes conjoints : massification prochaine, modernisation technique et morale, et professionnalisation du personnel enseignant et administratif. Ces phénomènes convergent tous vers un développement institutionnel planifié. D'autant qu'au même moment, on demande à l'université de fournir à la société la main-d'œuvre qualifiée et l'expertise dont elle a besoin pour poursuivre sa marche accélérée dans un monde en mutation. En corollaire, l'idée même d'université évolue vers une conception progressiste qui peine à s'accommoder de la vision conservatiste entretenue par les responsables gouvernementaux et une part du clergé. Si les principes d'humanisme chrétien qui animaient l'enseignement supérieur sont maintenus, ils sont désormais soumis à l'exigence de charité sociale qui fait de l'université non plus une institution de reproduction de l'ordre établi, mais bien un centre de développement de la connaissance, un lieu de la pensée critique, bref, un incubateur de changement social.

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Jean-Charles Falardeau. Source : Fonds Faculté des sciences sociales, Université Laval, U567/92/2, Mosaïque de 1941.

Les chaînes de Prométhée

Dans un article éloquemment intitulé « Les chaînes de Prométhée », publié en 1959, Falardeau dresse un état des lieux de l'université québécoise qui témoigne du chemin parcouru. Dénonçant l'asservissement de l'enseignement et de la recherche universitaires aux besoins de l'économie, il lève un doigt accusateur vers les nouvelles menaces au sain développement de l'université, témoignant par le fait même de l'autonomie acquise par les professeurs-chercheurs au cours des années cinquante.

Sclérosée en facultés, écoles et instituts qui se conçoivent comme autant d'entités autonomes, l'université se trouve, selon Falardeau en proie aux demandes de main-d'œuvre qualifiée qui fusent de toutes parts. Si elles persistent à répondre obligeamment aux sommations des corps professionnels, les facultés courent le risque « de se muer en "écoles professionnelles" » et les professeurs, d'être réduits « au rôle de technicien, voué seulement à produire d'autres techniciens encore plus efficaces que lui-même »22

Les périls ne sont pas qu'exogènes. Les universités subissent aussi la pression intérieure de succomber aux attraits de l'efficacité entrepreneuriale et de mouler ses structures administratives selon les mêmes objectifs de productivité et de « rentabilité comptable immédiate ». Or, ces finalités ne sont pas compatibles, selon Falardeau, aux impératifs méthodiques de la recherche scientifique fondamentale, détachée des incidences matérielles de ses découvertes et tournée vers la patiente et perpétuelle construction du savoir, qu'elle tient pour une fin en soi. Le sociologue observe ainsi avec inquiétude la place croissante de « l'administrateur » dans le processus décisionnel des institutions universitaires.

  • « [Car] l'administrateur, de par sa définition, est porté à traiter le professeur en fonctionnaire salarié subalterne dans l'exercice même de ses fonctions de professeur. Il proposera, et graduellement imposera au professeur la notion de rentabilité pécuniaire de la fonction qu'il exerce. Il insistera sur l'importance, voire sur la nécessité du grand nombre d'élèves dans son département ou sa faculté. Il prêchera la nécessité d'une formation immédiatement monnayable à donner aux étudiants. Il proclamera l'urgence de mener à bien, rapidement, des recherches pratiques. L'administrateur, par la force des choses, est celui contre lequel le professeur devra le plus solidement se prémunir pour ne pas se voir transformer en fantassin de la comptabilité23. »

L'intervention de Falardeau marque une nette évolution de la pensée réflexive des universitaires devant les changements qui affectent le rapport de l'université à la société depuis les années 1930 et qui s'accélèrent depuis la fin du second conflit mondial. Par la contribution qu'elle a apportée à l'effort de guerre canadien entre 1939 et 1945, l'université a fait la preuve du potentiel matériel des recherches qu'on y mène. Dans la société d'abondance qui caractérise l'après-guerre24, elle est appelée à jouer un rôle économique majeur et pour ce faire, à se reconfigurer selon les principes directeurs de l'organisation économique de l'époque, scandés par la professionnalisation du travail administratif et bureaucratique. 

La bureaucratisation des structures administratives de l'université va de pair avec la marchandisation de ses activités. Forts d'un poids démographique et symbolique plus marqué que jamais auparavant dans l'histoire de la province, les professeurs-chercheurs réalisent la nécessité de définir eux-mêmes leur rôle dans ce changement de vocation avant qu'il n'emporte leurs aspirations professionnelles profondes.

La bureaucratisation des structures administratives de l'université va de pair avec la marchandisation de ses activités. Forts d'un poids démographique et symbolique plus marqué que jamais auparavant dans l'histoire de la province, les professeurs-chercheurs réalisent la nécessité de définir eux-mêmes leur rôle dans ce changement de vocation avant qu'il n'emporte leurs aspirations professionnelles profondes. Pour ce faire, ils doivent se constituer en une force politique cohérente et non plus laisser la direction universitaire parler au nom de l'université en entier. Le dépôt, en 1953, d'un mémoire de l'Association des professeurs de carrière de l'Université Laval devant la commission Tremblay participe assurément de cette volonté mobilisatrice. Dans les mots de Falardeau, l'universitaire « devra plaider contre l'ensemble de la société laquelle, de manière subtile ou impérieuse, cherche à le transformer à son image et à sa ressemblance. C'est à lui qu'il incombe, en tout premier lieu, de proposer, de justifier et de faire reconnaître la conception qu'il croit la plus juste de l'université et de l'enseignement supérieur »25. La recherche, celle que l'on fait librement, sans entrave, avec la découverte pour seule ambition, est au cœur de cet appel à la défense de l'autonomie universitaire.

En conclusion

En provoquant de sérieux questionnements sur l'avenir de l'enseignement supérieur et la relation de l'université et de son milieu, la crise des subsides fédéraux a catalysé durant l'après-guerre une mutation de l'université amorcée dès les années 1930. Il faudra que Paul Sauvé, successeur de Duplessis en 1959, accepte finalement les fonds fédéraux conservés en fiducie depuis 1952 pour que l'impasse financière soit dénouée. Dans l'ordre du discours, cependant, un pas décisif avait été franchi. La question du financement universitaire avait fait son entrée au cœur des préoccupations publiques. Désormais, elle n'en sortirait plus.

  • 1. Voir par exemple Lucia FERRETTI, « La Révolution tranquille », L'Action nationale. LXXXIX, 10 (décembre 1999). p. 59-91.
  • 2. Camille ROY, Nos problèmes d'enseignement, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1935, p. 167.
  • 3. Ibid.
  • 4. La subsidiarité est un « principe d'organisation, qui sert à départager les responsabilités sociales, pose que l'État doit seconder la société civile dans l'accomplissement de ses responsabilités, non s'y substituer sans nécessité. » Marc CHEVRIER, « La conception pluraliste et subsidiaire de l'État dans le rapport Tremblay de 1956: entre l'utopie et la clairvoyance », Les cahiers d'histoire du Québec au XXe siècle, 2 (1994), p. 49.
  • 5. Raymond DUCHESNE, La science et le pouvoir au Québec (1920-1965), Québec, La documentation québécoise, Éditeur officiel du Québec, 1978, p. 47.
  • 6. Gérard FILION, « L'université est l'affaire de tout le monde, 27 octobre 1947 », dans CORBO, L'idée d'université..., p. 196.
  • 7. Voir à ce sujet Jules RACINE ST-JACQUES, L'engagement du père Georges-Henri Lévesque dans la modernité canadienne-française, 1932-1962. Contribution à une histoire intellectuelle de l'Église et de la modernité au Canada français, Thèse de doctorat, Université Laval, 2015, p. 268-276.
  • 8. Selon les données du Dominion Bureau of Statistics, le nombre d'étudiants universitaires au Canada est passé de 36 386 en 1940 à 64 731 en 1945 avant d'atteindre 72 737 en 1955. Dominion Bureau of Statistics, Post-Secondary Eduction, série W340-438. Full-time university enrolment, by sex, Canada and provinces, selected years, 1920 to 1975. En ligne: http://www.statcan.gc.ca/access_acces/archive.action?l=eng&loc=W340_438….
  • 9. Relevés numériques des étudiants des annuaires de l'Université Laval des années 1939-1940, 1945-1946 et 1955-1956.
  • 10. Dominion Bureau of Statistics, Post-Secondary Education, série W475-485. Full-time university teachers, Canada and provinces, selected years, 1920 to 1975. En ligne: http://www.statcan.gc.ca/access_acces/archive.action?l=eng&loc=W475_485…. La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU) évalue à 10 000 le nombre de professeurs à l'heure actuelle.
  • 11. Voir à ce sujet la thèse exhaustive de Gwendoline PILKINGTON, « A History of the National Conference of Canadian Universities, 1911-1961 », Thèse de doctorat, Toronto, University of Toronto, 1974, p. 505-558.
  • 12. DOMINION DU CANADA, Rapport de la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, lettres et sciences au Canada, Ottawa, Imprimeur du Roi, 1951, p. 411.
  • 13. Débats de l'Assemblée législative du Québec, 24e Législature, 1ère session, Québec, Assemblée nationale du Québec, séance du 16 février 1953, p. 663.
  • 14. Soulignons que de Pierre Eliot Trudeau à François-Albert Angers en passant par Michel Brunet, des intellectuels représentant l'ensemble du spectre idéologique au point de vue constitutionnel se sont ralliés derrière l'autonomisme de M. Duplessis dans ce combat, comme l'illustrent bien les contributions au numéro de L'Action nationale sur le sujet, daté de janvier-février 1957.
  • 15. Jules RACINE ST-JACQUES, « Introduction historique », Débats de l'Assemblée législative du Québec, 24e Législature, 1ère session (du 12 novembre 1952 au 26 février 1953), vol. 1, Québec, Assemblée nationale du Québec, 2010, p. xvii-xviii.
  • 16. On lira à ce sujet Dominique FOISY-GEOFFROY, « Le Rapport de la Commission Tremblay (1953-1956), testament politique de la pensée traditionaliste canadienne-française », Revue d'histoire de l'Amérique française, 60, 3 (Hiver 2007), p. 257-294 et Jules RACINE ST-JACQUES, « Un patrimoine mort-né? Représentations et usages parlementaires du rapport de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels (1953 à 1962) », Bulletin d'histoire politique, 23, 3 (printemps 2015), p. 60-81.
  • 17. René DUROCHER et al., Histoire du Québec contemporain, T. II, Le Québec depuis 1930, Montréal : Boréal, p. 345.
  • 18. Association des professeurs de carrière de l'Université Laval, Mémoire de l'Association des professeurs de carrière de l'Université Laval à la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels de la province de Québec, Québec, Université Laval, 1953, p. 32.
  • 19. Alphonse-Marie PARENT, « La misère croissante des Universités québécoises », Le Devoir, 16 janvier 1954, p. 4; « La misère croissante des Universités québécoises, II », Le Devoir, 18 janvier 1954, p. 4.
  • 20. Jean-Charles FALARDEAU, « Les universités et la société » dans Claude Corbo et Marie Ouellon (coll.), L'idée d'université. Une anthologie des débats sur l'enseignement supérieur au Québec de 1770 à 1970, Montréal, PUM, 2001, p. 217.
  • 21. Pierre DANSEREAU, « Uncertain Aims, Inadequate Means » dans Idem, p. 235-36.
  • 22. Jean-Charles FALARDEAU, « Les chaînes de Prométhée », Liberté mars-avril 1959, p. 75.
  • 23. Idem, p. 75-76.
  • 24. Sur la prospérité des Trente glorieuses au Canada: Desmond MORTON, « Crises d'abondance, 1945-1988 », dans Craig BROWN (dir.), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.
  • 25. Idem, p. 76.

Auteur(e)

Jules Racine St-Jacques
Université Laval

Jules Racine St-Jacques est diplômé du doctorat en histoire du Québec contemporain à l'Université Laval. Il s'intéresse à l'histoire intellectuelle et politique de la religion ainsi qu'à l'histoire des universités au Québec. Il prépare actuellement la publication de sa thèse, intitulée L'engagement du père Georges-Henri Lévesque dans la modernité canadienne-française, 1932-1962. Contribution à l'histoire intellectuelle du catholicisme et de la modernité au Canada français.